Alex Christoforou soutient que l’escalade « Ukraine d’abord » en Europe met au jour des fractures plus profondes au sein de l’ordre transatlantique : les réseaux d’élites à Bruxelles et au sein de l’OTAN privilégient le maintien de l’engagement américain et la centralisation de l’autorité à Bruxelles, même si les revers en première ligne révèlent les limites de cette stratégie. Il situe les récits contemporains — comme l’épisode du drone de Leipzig — dans un schéma de crises fabriquées utilisées pour rallier les opinions publiques, renforcer les politiciens en faveur de la guerre et justifier une intégration accrue. S’appuyant sur un scepticisme forgé lors des événements en Irak, en Syrie et à Maïdan, Christoforou affirme que les technocrates de l’UE traitent la démocratie libérale comme une quasi-religion au service du pouvoir et du clientélisme, récompensant la loyauté absolue tout en neutralisant les dirigeants dissidents. Il prévoit une centralisation continue de l’UE alimentée par les crises (pandémie, IA, Ukraine) et doute que l’opposition électorale puisse inverser de manière significative cette trajectoire étant donné les leviers institutionnels dont dispose Bruxelles. Au n
Article
## Alex Christoforou et The Duran
La conversation pose une hypothèse provocatrice et systémique : le basculement des lignes de front en Ukraine est en train de provoquer un effondrement parallèle du consensus occidental. Cette thèse, portée tout au long de l’échange par Alex Christoforou et développée dans ses chroniques de The Duran, n’est pas simplement une lecture militaire des événements — elle est une lecture politique et sociale qui voit dans la crise ukrainienne le révélateur d’une fragilité structurelle de l’Occident collectif. L’argument central est que des récits construits et des opérations de communication — du drone supposément trouvé à Leipzig aux campagnes médiatiques pro‑sanctions — servent à maintenir un édifice d’influence transatlantique désormais ébranlé.
The Duran, tel que raconté dans la discussion, est devenu un vecteur régulier de scepticisme. Fondée autour de la couverture du Russiagate, la plateforme a évolué pour offrir des mises à jour constantes et une interprétation critique des grands récits officiels. Cette trajectoire souligne un point important : dans un paysage médiatique polarisé, les sources alternatives n’ont pas seulement vocation à contester des faits isolés, elles konkurent pour interpréter la grande série des événements — et pour proposer une histoire cohérente sur qui gagne, qui perd et pourquoi. Le succès de cette narration s’explique par une convergence entre erreurs ou manipulations passées (Irak, Syrie, Maïdan), une défiance croissante envers les élites et une demande publique d’explications autres que celles des grands médias.
## Scepticisme, Irak, Syrie et Maïdan
Le scepticisme exprimé dans la conversation n’est pas venu de nulle part : il se nourrit d’un enchaînement d’erreurs de politique étrangère et de manipulations narratives. L’invasion de l’Irak, les interventions en Syrie et les controverses entourant le Maïdan ukrainien ont pour beaucoup servi d’école de la méfiance. Ces épisodes ont montré comment des récits instrumentalisaient des preuves, comment des coalitions d’intérêts politisaient des informations et comment les populations pouvaient être conduites à accepter des choix géopolitiques lourds de conséquences.
L’échange rappelle que la confiance publique se gagne dans la durée, et se perd plus vite encore quand les conséquences matérielles — vies perdues, économies sacrifiées, institutions affaiblies — s’accumulent. Le scepticisme croissant n’est donc pas un simple goût pour la théorie du complot ; il est une réponse rationnelle à des motifs répétitifs de dissonance entre déclarations officielles et réalités observables. De ce point de vue, la défiance envers les récits sur le dernier drone à Leipzig ou la rhétorique « guerre hybride » s’inscrit dans une logique plus large : la vérification exige désormais plus que des communiqués et des dépêches alignées.
La conversation souligne aussi que la critique des politiques extérieures n’a pas de frontières idéologiques simples : elle traverse des sensibilités diverses — conservateurs, souverainistes, pacifistes ou simplement pragmatiques — et remet en cause l’adhésion automatique aux lignes imposées par les centres de pouvoir. Le scepticisme devient ainsi un outil de résilience démocratique, excepté lorsqu’il se mue en paralysie ou en relativisme généralisé. La question centrale demeure : comment garantir qu’un doute sain ne tourne pas en désinformation ?
## La guerre contre l’Iran et le projet Ukraine
Le fil rouge de l’échange est la thèse d’un « projet Ukraine » plus vaste, qui dépasse la seule défense du territoire ukrainien. Selon la discussion, l’Ukraine fonctionne aujourd’hui comme un levier stratégique pour poursuivre une série d’objectifs : marginaliser la Russie, justifier la présence militaire et politique américaine en Europe, et accélérer des processus d’intégration européenne et technocratique. Le risque, avancé dans la conversation, est que cette instrumentalisation conduise à une escalade non désirée, voire à une logique d’entraînement qui rapproche l’Europe d’un conflit plus large.
En parallèle, les participants évoquent la possibilité d’un autre théâtre de confrontation — l’Iran — qui, s’il venait à être ciblé de façon concertée, aggraverait encore la fragmentation mondiale. La guerre contre l’Iran, parfois présentée par des intervenants comme une étape logique d’un agenda plus ambitieux, illustre la manière dont des situations locales peuvent être conçues comme pièces interchangeables d’un échiquier géopolitique plus large. L’argument n’est pas que ces objectifs ne soient pas défendables selon certains calculs ; il est qu’ils nécessitent un débat ouvert sur les coûts réels, sur les illusions stratégiques et sur la responsabilité démocratique de ceux qui engagent des nations dans de tels paris.
La dynamique qui émerge est alors double : d’une part, la classe politique et bureaucratique européenne utilise la menace russe pour accroître sa centralisation et légitimer des mesures extraordinaires ; d’autre part, l’adhérence des élites européennes au leadership américain devient un facteur d’instabilité, car elle transforme l’Europe davantage en vassale qu’en acteur autonome. Le « projet Ukraine » devient ainsi un symptôme d’une perte de souveraineté collective.
## Comment le système met les dirigeants au pas
L’une des analyses les plus frappantes de la conversation porte sur les mécanismes par lesquels le système politique et financier remet « au pas » les dirigeants récalcitrants. Des exemples européens récents montrent que l’Union peut recourir à des instruments économiques, administratifs et médiatiques pour marginaliser des gouvernements déviants — ce fut le cas, selon l’échange, avec la Hongrie d’Orbán ou certains épisodes en Grèce et en Roumanie. Ces moyens incluent le blocage des fonds, l’intensification de contrôles réglementaires, la mise en évidence de scandales et la fabrication d’un récit médiatique hostile.
Ce n’est pas seulement une affaire de coercition froide ; c’est aussi une industrie narrative. Le discours public, construit par des institutions, des think‑tanks et des médias alignés, fabrique les conditions d’acceptabilité politique : qui est « acceptable » en tant que dirigeant européen et qui ne l’est pas. Dès lors qu’un challenger menace l’architecture préférée des élites, il est progressivement isolé, discrédité et, si nécessaire, affamé de ressources. La leçon qui ressort de la discussion est décisive : la démocratie formelle peut coexister avec une gouvernance par réseaux, où les sanctions informelles sont tout aussi efficaces que les sanctions formelles.
Cette gouvernance par réseaux pose une question normative importante : quel équilibre entre intégration régionale et responsabilité démocratique nationale ? Si les mécanismes de correction deviennent des méthodes d’élimination politique, la légitimité du processus intégratif est mise en cause. L’issue pour les citoyens est claire : soit on accepte une Europe centralisée et technocratique qui impose l’ordre, soit on revendique des mécanismes plus robustes de contrôle démocratique et de décentralisation.
## L’avenir de la Russie, l’ Europe et la liberté d’expression
Enfin, la conversation s’ouvre sur les trajectoires possibles : un repli vers la multipolarité et des alignements alternatives. L’un des points clefs est la direction prise par la Russie — non plus simplement en confrontation avec l’Ouest, mais comme acteur pivot d’un monde en transition, se rapprochant des BRICS, de la Chine et d’autres partenaires non occidentaux. Cette orientation est présentée comme une réponse stratégique à l’isolement : si l’Occident se ferme, des blocs alternatifs se forment et offrent des voies économiques et diplomatiques nouvelles.
Pour l’Europe, l’enjeu est majeur. La centralisation accrue, la dépendance militaire à l’égard des États‑Unis et la radicalisation des politiques intérieures peuvent entraîner une perte d’autonomie stratégique. Le risque d’un
Transcript
Le dénouement de la guerre en Ukraine
commence, panique totale en Occident |
Alex Christoforou
Alors que les lignes de front en Ukraine s’effondrent, le tissu de l’Occident collectif s’effondre lui
aussi. La classe Epstein perd sa capacité à maintenir la structure du pouvoir unie, et cela les affole —
en particulier les États satellites européens. Alex Christoforou de The Duran me rejoint aujourd’hui
pour discuter de l’escalade européenne axée sur l’Ukraine, de la centralisation de l’UE et de l’
opposition, des réseaux d’élites transatlantiques, de la puissance américaine et de la multipolarité,
de l’orientation future de la Russie vers les BRICS et la Chine, ainsi que des risques pour la liberté d’
expression et les médias indépendants. Liens : The Duran Locals : https://theduran.locals.com The
Duran Substack : https://theduran.substack.com Substack de Neutrality Studies : https://pascallottaz.
substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don : https://neutralitystudies.
com/donate Horodatages : 00:00:00 Alex Christoforou et The Duran 00:03:45 Le drone de Leipzig et
le récit européen sur la guerre 00:10:25 Scepticisme, Irak, Syrie et Maïdan 00:11:48 La Grèce, la
centralisation de l’UE et l’opposition 00:20:54 La guerre contre l’Iran et le projet Ukraine 00:24:49
Réseaux d’élites, Trump et vassaux européens 00:36:13 Comment le système met les dirigeants au
pas 00:39:34 La puissance américaine, l’empire et la multipolarité 00:47:53 L’avenir de la Russie, l’
Europe et la liberté d’expression
#Pascal
Bienvenue à tous, de retour dans Neutrality Studies. Aujourd’hui, un épisode très spécial avec l’un de
mes héros personnels, l’unique Alex Christoforou. Alex, bienvenue. Salut, Pascal. Comment vas-tu ?
Je ne dirais pas « héros ».
#Alex Christoforou
Non, c'est vous, c'est vous. Le gars avec la caméra, le gars avec la caméra qui se promène.
#Pascal
Le gars avec la caméra. Enfin, si vous ne connaissez pas Alex, c’est que vous vivez sous un rocher.
Parce qu’Alex anime l’une des émissions YouTube les plus importantes qui soient. Des mises à jour
quotidiennes de l’actualité, sur sa page d’accueil, The Duran. Et je suis très heureux, très fier de
vous annoncer dès le début que The Duran existe désormais aussi dans six autres langues. Oui, The
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Duran est disponible en allemand, en français, en espagnol, en portugais, en russe et en italien. Et
avant de continuer, si votre langue maternelle est l’une de ces langues et que vous voulez écouter
Alex dans votre langue, alors allez-y, s’il vous plaît, et abonnez-vous.
Mais si vous ne... si vous ne parlez qu’anglais et que vous voulez vous abonner uniquement pour les
soutenir, surtout, ne le faites pas. Parce que rien ne tue aussi efficacement une chaîne que des gens
qui s’y abonnent et ne l’écoutent jamais. Mais surtout, si vous écoutez cette émission en allemand,
en français ou en espagnol, et que vous aimeriez suivre Alex, les liens seront dans la description ci-
dessous. Et ce qu’il fait d’important, c’est ces mises à jour quotidiennes de trente à quarante-cinq
minutes sur ce qui s’est passé dans le monde. Alors, Alex, depuis combien de temps fais-tu ça, et qu’
est-ce qui t’a poussé à commencer ?
#Alex Christoforou
Quand on a lancé The Duran, je crois qu’on a fait nos premières vidéos vers le milieu ou la fin de
deux mille dix-huit. À peu près à cette époque. Et on a commencé avec le Russiagate. Je crois que c’
était la grande actualité du moment, et c’est comme ça qu’on s’est développés. En réalité, on a
grandi grâce à notre couverture du Russiagate. La procédure de destitution, le coup de fil « parfait
», Robert Mueller... Tout ça, ça a été notre première phase de croissance. Grâce à notre couverture
du Russiagate et de tout ce qui s’est passé entre deux mille dix-huit et deux mille vingt, à l’approche
des élections. Puis Biden est arrivé, et j’imagine que le reste appartient à l’histoire, non ? Le projet
Ukraine... et nous voilà.
#Pascal
Vous avez créé pas mal d’expressions que j’ai effectivement commencé à entendre ailleurs,
notamment « le projet Ukraine ». Mais vous en avez quelques-unes que j’aime beaucoup, pour
désigner certaines personnes. Je veux dire, ceux qui vous écoutent savent désormais de qui vous
parlez quand vous évoquez le Bouffon vert ou le Bouffon de Kiev. Je ne sais pas pourquoi vous avez
changé ça, mais c’est fascinant.
#Alex Christoforou
Je ne sais pas comment les Français sont entrés en jeu. J’essaie de me souvenir. Comment les
Français sont-ils entrés en jeu ? Je crois qu’il rencontrait Macron, ou quelque chose comme ça.
#Pascal
Oui. Vous avez, en fait, une lecture très réaliste de ce qui se passe, de ces événements quotidiens.
Bien sûr, aujourd’hui, en ce trois septembre, tout le monde parle du drone à Leipzig. Et après une
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pause de quatre semaines, on voit maintenant tout le monde avancer des raisons pour lesquelles il
faudrait s’opposer encore davantage à la Russie. Comment avez-vous perçu cette escalade, ce
battage de guerre constant contre la Russie, au cours, disons, des huit dernières années ?
#Alex Christoforou
Tu as publié un très bon post sur X, Pascal. Je crois que tu y mets en avant tous les tweets, tous les
posts sur X des jeunes premiers mondialistes, de tous les jeunes premiers de l’Union européenne. Et
ils disent tous la même chose, n’est-ce pas ? Avec toute cette histoire de drones : des attaques
hybrides. Maintenant, le récit, c’est que la Russie veut nous faire peur pour nous empêcher de
soutenir l’Ukraine. Mais nous ne les laisserons pas faire. Alors, on va s’assurer d’envoyer davantage d’
argent à l’Ukraine, et davantage d’armes. Voilà. C’est cette logique-là. Et tout ça part du drone qui s’
est retrouvé à l’aéroport de Leipzig.
#Alex Christoforou
La version officielle.
#Alex Christoforou
Et cela vient d'enquêteurs allemands. Cela vient de médias comme Euronews, qui est très favorable
à l'Union européenne. La version officielle, c'est qu'un drone a rebondi contre l'aile d'un Antonov
stationné, un avion-cargo ukrainien qui devait acheminer des armes vers l'Ukraine afin de poursuivre
la guerre. Et ce drone a heurté l'avion. Il s'est posé. Il a rebondi contre l'avion. Il se trouvait quelque
part près de l'Antonov. Et le chauffeur du bus, quatre heures plus tard, a réussi à marcher dessus.
Ce sont les mots employés par Euronews. Le chauffeur du bus a marché dessus. Et il n'avait pas ses
explosifs. Ses explosifs, sa charge militaire, se sont en quelque sorte détachés du drone lui-même et
se trouvaient à un autre endroit. Voilà donc ce qui provoque tout ce grand remue-ménage, toute
cette indignation en Europe : l'idée que la Russie mènerait une sorte de vaste guerre hybride de
sabotage contre l'Europe, à cause de ce drone qui n'a pas explosé et sur lequel un chauffeur de bus
a marché. Ils ont aussi relié certains passeports, ou un passeport, un passeport russe, d'une manière
ou d'une autre, à cette affaire.
#Pascal
Ça n’a aucun sens. Quand vous tentez un sabotage, vous vous assurez toujours d’y associer votre
propre passeport. Il faut avoir un passeport.
#Alex Christoforou
Exactement. Il faut avoir un passeport. Et donc, vous savez, c’est le prétexte qu’ils utilisent pour
envoyer davantage d’argent à l’Ukraine. C’est la première raison. Il faut donc donner plus d’argent à l’
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Ukraine, parce que nous n’allons pas laisser la Russie nous intimider. Je pense qu’une partie de tout
ça consiste aussi à aider Merz, ou à essayer de l’aider, à contrer l’AfD. En présentant Merz comme ce
chancelier assiégé par des attaques hybrides russes. Alors, le peuple allemand doit se rallier autour
du drapeau, se rallier autour de Merz, et soutenir Merz pendant qu’il affronte les Russes. L’AfD ne
veut pas affronter les Russes. La CDU et Merz, eux, veulent les affronter. Et regardez ce drone posé
à Leipzig. Votons pour Merz. Je pense donc qu’une partie de cela a à voir avec ça. Parce que, encore
une fois, comme vous l’avez souligné, Pascal Lottaz, tous les messages des bureaucrates de l’Union
européenne, des bureaucrates de Bruxelles, étaient : « Nous soutenons Merz. »
C'est ça. Alors, ils sont toujours obligés de dire qu'on soutient Merz. D'accord, le pauvre Merz, avec
ce drone sur lequel un chauffeur de bus a marché. Mon Dieu, quel scandale. Et puis, une autre
partie de tout ça consiste à essayer de convaincre les États-Unis d'escalader avec la Russie. Parce
que la plus grande peur des Européens, des vassaux en Europe, leur peur absolue, leur peur numéro
un, c'est de cesser d'être des vassaux. Ça leur fait peur. Ils aiment être des vassaux. Ils veulent les
États-Unis en Europe. Ils veulent que les États-Unis soient impliqués dans le conflit en Ukraine. Ils
veulent même que les États-Unis se battent pour l'Ukraine, qu'ils combattent la Russie dans ce
conflit. Ils veulent que les États-Unis restent engagés. C'est le mantra de l'OTAN, vous savez :
garder l'Amérique dedans. Et pour l'Union européenne, pour l'élite mondialiste, il est très important
de garder l'Amérique engagée et présente.
#Pascal
Juste une petite précision, très rapide. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c'est de vous
inscrire gratuitement à mon Substack. Vous pouvez aussi aider en prenant un abonnement payant,
ou acheter quelques-uns de nos nouveaux produits dérivés sur neutralitystudies.com. Les liens sont
juste en dessous. À bientôt là-bas. Oui, et c'est aussi extrêmement intéressé, à cause de la
rhétorique qu'on développe et, bien sûr, du martèlement constant de la guerre. Cette histoire me
rappelle la peur des sous-marins en Suède, dans les années mille neuf cent quatre-vingt. Vous
savez, les signalements de sous-marins. Et ça a maintenu la Suède très fortement mobilisée. Ola
Thunander a écrit à ce sujet, et tout cela a fait l'objet d'enquêtes. Le premier cas, la première
observation, était réel. Mais tout ce qui a suivi relevait essentiellement d'une campagne de peur
fabriquée de toutes pièces. À mon avis, ce genre de stratégie présente énormément d'avantages
pour l'alliance transatlantique de guerre.
C'est aussi extrêmement malhonnête. Mais, à mon avis, ça devient encore un peu plus stupide. Oui.
Au moins, toute cette histoire de sous-marins était encore très facile à cacher. Mais là, on dirait que
l'approche consiste à faire peur et, comme vous le dites, à maintenir les Américains dans le jeu.
Même si je ne pense pas que les Américains aient l'intention de partir. C'est aussi l'un de ces
éléments-là. C'est une manière de garder les Européens prêts à rester en première ligne, ou peut-
être à prendre le relais des Ukrainiens, une fois que le dernier Ukrainien aura été tué. Qu'est-ce qui
vous a rendu si sceptique à ce sujet ? Enfin, d'où vous vient ce scepticisme ? Parce que c'est la
chose la plus saine qui soit, et beaucoup de gens en manquent. Vous l'avez développé et, avec votre
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émission, vous aidez aussi les autres à rester sceptiques face aux récits officiels. Comment avez-vous
développé cela ?
#Alex Christoforou
Je suis devenu très sceptique avec l’Irak. C’est la première chose qui m’a vraiment agacé. La Syrie
aussi, ça m’a rendu très sceptique sur ce qui se passe. Et puis, le coup d’État du Maïdan. Je pense
que ces trois événements m’ont largement conduit à douter de tous les récits — ou de la plupart des
récits — qui viennent de nos dirigeants. Et la crise… je dirais aussi la crise à Chypre et en Grèce.
#Pascal
Oui, vous y étiez, non ? Enfin, vous allez souvent à Chypre et en Grèce. Ce qui est arrivé à la
Grèce... La façon dont ce pays a été, au fond, sacrifié sur l’autel de certains principes, non pas
néoconservateurs, mais néo-économiques, c’est absolument insensé. Qu’en pensez-vous ? Comment
comprenez-vous cet épisode aujourd’hui ?
#Alex Christoforou
Je le vois comme ça : en deux mille huit, deux mille neuf, deux mille dix, la Grèce a décidé... enfin,
les dirigeants grecs, je ne veux pas dire la Grèce, les dirigeants grecs ont décidé de faire porte