L’escalade vers la DÉFAITE : les USA perdent sur les DEUX fronts | Stanislav Krapivnik

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Stanislav Krapivnik soutient que les guerres en Asie occidentale et en Europe de l’Est convergent, alors que l’escalade verticale des puissances occidentales faiblit et que les acteurs cherchent une expansion horizontale pour entraîner de nouvelles parties prenantes. Il soutient que les récentes frappes impliquant l’Iran, l’Ukraine et les services de renseignement américains signalent des risques d’escalade délibérée, l’Iran pouvant déployer des forces pour acquérir de l’expérience au combat et la Russie pouvant tolérer des contingents alliés. Krapivnik évalue les limites militaires et énergétiques des États-Unis — faibles capacités de combat déployables, dépendance à l’uranium étranger — ainsi qu’un dépassement politique qui risque de se retourner contre eux via des tarifs et une confrontation élargie. Il salue la retenue russe pour avoir évité des représailles à grande échelle tout en notant des mesures sélectives telles que des interdictions en mer Noire et des frappes sur des lignes logistiques soutenant des campagnes de drones. Sur le front ukrainien, il décrit l’effondrement de la profondeur défensive dans le Donbass : des villes fortifiées cédant la place à des plaines ouver

Article

## Introduction La discussion récente entre analystes met en évidence une dynamique inquiétante mais logique : les conflits apparemment séparés du Moyen-Orient et de l’Europe de l’Est ne restent plus cantonnés à leurs théâtres respectifs. L’escalade « verticale » – frappes, ripostes, opérations localisées – a atteint ses limites et les acteurs cherchent maintenant à étendre le champ de bataille horizontalement, entraînant des tiers et tissant des liens opérationnels et politiques entre des zones éloignées. Cette interconnexion accroît la complexité stratégique et révèle des failles profondes dans la capacité des puissances extérieures, en particulier les États‑Unis, à gérer simultanément deux conflits de haute intensité sans s’affaiblir politiquement, militairement et économiquement. ## Affirmations concernant les frappes contre l’Iran et escalade plus large Un élément déclencheur récent de cette trajectoire d’escalade est l’attaque d’un pétrolier iranien en mer Caspienne, attribuée à l’Ukraine et, selon les intervenants, appuyée par des renseignements et des relais logistiques occidentaux. La gravité de l’acte réside moins dans l’incident isolé que dans le précédent qu’il instaure : lorsque des États tiers sont frappés ou que des opérations transfrontalières sont menées, la logique de riposte tend à dépasser l’incident initial. Stanislav Krapivnik souligne que l’Iran, loin d’accepter des excuses, est susceptible de répliquer « œil pour œil », voire « œil pour deux yeux », ce qui élargit rapidement l’arène des hostilités. La discussion montre que les capacités de projection de l’Iran — missiles, drones, éventuellement recours à des renseignements satellitaires russes — rendent possible des frappes à longue distance, y compris contre des cibles en Europe. Le caractère intentionnel de l’attaque et la certitude d’un relais de renseignement occidental alimentent la perception iranienne d’une agression coordonnée. Dès lors, l’escalade devient moins un enchaînement d’accidents qu’une dynamique volitive : des acteurs cherchent à instrumentaliser des incidents pour mobiliser des alliés, faire pression politique et gagner du terrain expérience‑combat. ## Le dilemme des États-Unis sur deux fronts La conversation met en lumière un dilemme structurel pour les États‑Unis. Militairement, les forces américaines ne sont pas illimitées : la part « réellement combattante » de l’US Army et du Corps des Marines est estimée comme nettement inférieure aux effectifs officiels. Rassembler et déployer des forces sur deux fronts distants poserait des problèmes logistiques, politiques et sociaux considérables. L’instauration d’une conscription, souvent évoquée en hypothèse extrême, serait politiquement explosive et susceptible de provoquer des tensions internes comparables à une crise majeure. Plus encore, l’analyse développe un point souvent négligé : la guerre moderne exige des capacités industrielles et énergétiques massives. Le coût en munitions, en maintenance et en infrastructures est astronomique ; le soutien pour des opérations prolongées sur deux théâtres épuise les stocks et met à l’épreuve les chaînes d’approvisionnement. Les choix politiques — par exemple imposer des tarifs massifs à des États commerçant avec la Russie — risquent d’alourdir l’ardoise économique intérieure, tout en réduisant la marge de manœuvre stratégique. Il apparaît donc que pousser à la jonction des conflits, en visant à entraîner directement les États‑Unis, serait contre‑productif pour ceux qui cherchent un engagement américain maximal : les risques d’épuisement matériel, d’effondrement politique interne et de montée des coûts énergétiques sont réels. ## Retenue russe et escalade en mer Noire Un autre fil rouge de la conversation est la retenue relative dont a fait preuve la Russie face à certaines provocations, notamment aériennes et maritimes. Les intervenants s’interrogent sur les raisons pour lesquelles la Russie n’a pas abattu les drones et les avions de renseignement occidentaux plus tôt, alors que ces vols contribuent à la localisation des cibles et à la conduite d’opérations offensives. La retenue peut être interprétée comme une stratégie politique consciente : éviter une escalade ouverte avec l’OTAN qui déclencherait une réponse militaire directe sur une échelle incontrôlable. Pour autant, la mer Noire reste un espace d’aspérité stratégique où incidents et affrontements limités peuvent se multiplier. Les Événements récents montrent que les règles tacites existantes sont fragiles : une erreur d’appréciation, un tir de riposte mal calibré ou une attaque ciblée sur un navire non étatique peut rapidement détacher les garde‑fous. La Russie, en contrôlant une part significative des leviers régionaux (maritime, énergétique, logistique), dispose d’options d’escalade graduées, et la façon dont elle choisira de les employer reste un facteur déterminant pour la trajectoire future de la crise. ## Défenses de l’Ukraine et pression sur la ligne de front Sur le théâtre ukrainien, la conversation pointe deux réalités : d’une part, l’Ukraine a bénéficié d’un soutien massif en matériels et en volontaires étrangers qui a permis de tenir et parfois de contrattaquer ; d’autre part, la pression continue et l’usure des défenses laissent entrevoir une vulnérabilité croissante. L’exemple de rotations de bataillons étrangers et de pertes subies par des contingents alliés illustre que l’expérience se gagne au prix de sacrifices — et que l’arsenal humain et matériel fourni n’est pas inépuisable. L’analyse ne minimise pas la détermination ukrainienne, mais elle souligne la possibilité qu’un retournement significatif se produise plus tard dans l’année si les reconstitutions d’équipement, l’entraînement et l’appui politique occidental faiblissent. Les lignes défensives sont soumises à une pression constante d’artillerie, de frappes de drones et d’opérations de manœuvre : sans impulsion renouvelée de fournitures lourdes ou sans un changement stratégique majeur, le champ de bataille pourrait évoluer au détriment des forces actuellement en position. ## Stratégie de sécurité de la Russie après la guerre Enfin, la conversation aborde les contours d’un possible agenda russe pour l’après‑guerre. Plutôt que de chercher une annexion pure et simple de zones contestées, la Russie pourrait privilégier la construction d’un dispositif de sécurité durable : zones tampons, accords sur la démilitarisation de certaines régions, bases permanentes ou accords de neutralité pour les états périphériques. L’objectif stratégique serait d’établir des « lignes rouges » tangibles qui rendent toute nouvelle agression extérieure coûteuse et impraticable. Stanislav Krapivnik avance aussi l’idée que la Russie bénéficierait directement d’un transfert d’expérience combat par des forces alliées (par exemple iraniennes), si ces dernières étaient déployées dans des zones proches du front. Cette option, si elle advenait, servirait simultanément des buts tactiques (soutien au terrain) et stratégiques (formation et montée en compétences d’alliés), tout en créant des interdépendances qui complexifieraient les réponses occidentales. Plus largement, la Russie chercherait à verrouiller ses gains par des arrangements politiques et militaires qui s’appuient sur des capacités dissuasives, sur la redondance énergétique — notamment le contrôle des filières d’uranium — et sur des alliances opportunistes. Conclusion implicite : la construction d’une architecture de sécurité post‑conflit pourrait s’accompagner d’un réalignement géopolitique régional où la neutralité, la non‑alignement ou la dépendance sécuritaire seraient redéfinis selon des lignes d’intérêt pragmatiques plutôt que des doctrines idéologiques. ## Implications pour la neutralité et la non‑alignement La conversation nous renvoie à une leçon méthodologique pour les études de neutralité : dans un monde où conflits et technologies de renseignement relient des scènes éloignées, la neut

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L’escalade vers la DÉFAITE : les USA perdent sur les DEUX fronts | Stanislav Krapivnik Les guerres en Asie occidentale et en Europe de l’Est sont en train de fusionner. Et si vous pensez que c’est une coïncidence, alors j’ai un pont à vous vendre. Alors que l’escalade verticale sur les deux théâtres s’avère être un échec retentissant, les néoconservateurs de Washington semblent avoir changé de tactique : une escalade horizontale visant à entraîner davantage de parties dans une guerre sur plusieurs théâtres. Pascal et Stas discutent des dernières frappes en provenance et à destination de l’Iran, du risque que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient deviennent liées, des limites militaires et énergétiques des États-Unis, des attaques de drones et de la retenue russe, des combats autour des lignes défensives de l’Ukraine, ainsi que des possibles dispositifs de sécurité d’ après-guerre. Ils débattent également de la possibilité que la position de l’Ukraine sur le champ de bataille se dégrade fortement plus tard cette année. Suivez Stas ici : YouTube : @MrSlavikman X / Twitter : https://x.com/STANISKRAPIVNIK Telegram anglais : https://t.me/staswasthereenglish2 Telegram russe : https://t.me/stastydaiobratno Soutenez-nous : Substack de Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00:00 Introduction 00:00:28 Affirmations concernant les frappes contre l’Iran et escalade plus large 00:12:07 Le dilemme des États-Unis sur deux fronts 00:22:33 Retenue russe et escalade en mer Noire 00:33:46 Défenses de l’Ukraine et pression sur la ligne de front 00:46:29 Stratégie de sécurité de la Russie après la guerre #Pascal Bienvenue à tous dans Neutrality Studies. Aujourd’hui, nous faisons le point avec l’excellent Stanislav Krapivnik. Stas, bon retour parmi nous. #Stanislav Krapivnik Merci, merci. Je suis encore en vacances. #Pascal Oui, eh bien, merci de prendre du temps pendant vos vacances. J’espère qu’il fait beau là où vous êtes. Mais nous devons quand même parler de toutes les tragédies qui continuent de se produire, malgré la période des fêtes et les vacances. Dites-moi, qu’avez-vous pensé en apprenant que Zelensky, que l’Ukraine, avait en fait attaqué un pétrolier iranien en mer Caspienne ? À ce stade, la plupart des gens sont absolument certains qu’on ne peut pas faire ça sans les renseignements des -- 1 of 15 -- Américains. Et maintenant, ils sont déjà revenus sur leurs déclarations. Ils se sont excusés. Comment comprendre tout ça ? #Stanislav Krapivnik Je ne pense pas que les Iraniens vont se contenter d’excuses. Je pense qu’ils sont plutôt dans un état d’esprit « œil pour œil ». Mais les Iraniens ont tendance à faire monter les enchères, donc peut- être un œil pour deux yeux, à ce stade. Eh bien, ils l’ont fait exprès. Je veux dire, il n’y a pas d’ excuses. Ce n’était pas un accident. Les États-Unis ont fourni des coordonnées à des drones à longue portée qui volaient jusqu’à la mer Caspienne. Les Ukrainiens ne peuvent rien voir, même dans le centre et l’ouest de la mer Noire. Tout cela leur est fourni par les services de renseignement américains ou britanniques. Je ne comprends toujours pas pourquoi la Russie n’a pas commencé à abattre, au moins, les drones américains, puis à remonter jusqu’aux avions habités utilisés pour l’ espionnage et la localisation des cibles. Ils auraient dû le faire il y a longtemps. Les Iraniens ont commencé à le faire il y a déjà pas mal de temps, et je leur tire mon chapeau pour ça. Ce qu’on commence à voir, c’est un front qui commence à s’étendre. Si vous regardez la Première Guerre mondiale, tout le monde s’est lancé dans la course. Le principal conflit, c’était entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie. À part ça, toute l’Europe était essentiellement en paix. Et puis tout le monde s’est lancé. Il y a eu ce coup de feu en l’air, et tout le monde courait vers cette glorieuse guerre de deux mois. La Seconde Guerre mondiale a commencé par une série de conflits isolés, ou semi-isolés, qui ont commencé à s’étendre et à prendre de l’ ampleur. Puis ils se sont regroupés en fronts solides. C’est ce que nous voyons ici. Parce que, regardez, d’abord, l’Iran peut atteindre l’Ukraine, en particulier le sud de l’Ukraine. L’Iran a trois options. Il peut tirer directement sur l’Ukraine et sur les navires, si nécessaire, en utilisant des renseignements satellitaires russes ou chinois. Je doute que les Chinois leur en fournissent sur l’Ukraine, mais la Russie le ferait. Ils peuvent demander à utiliser le territoire russe pour lancer des frappes. Ou alors, je pense que la meilleure option, si cela continue de s’étendre pour l’Iran... L’Iran a un problème. Il a une armée d’un million d’hommes sous les drapeaux. Il peut facilement la porter à deux ou trois millions. Mais en dehors de certaines forces spéciales, l’Iran n’a pas d’expérience du combat. Il n’en a pas. Les hommes qui ont combattu pendant la guerre Iran-Irak ont aujourd’hui entre cinquante et soixante ans, donc ils n’ont plus cette expérience-là. Où est-ce qu’on acquiert de l’expérience ? Eh bien, vous pouvez envoyer cent mille soldats combattre l’OTAN dans le conflit par procuration en Ukraine, et acquérir beaucoup d’expérience de cette façon. Il suffit qu’au moins un homme sur cinq, peut-être un sur trois, ait de l’expérience pour pouvoir la transmettre et apporter ce niveau d’ expertise aux autres. Vous répartissez les soldats, les soldats expérimentés, et vous mettez des sergents expérimentés dans chaque unité. -- 2 of 15 -- Donc, c’est une... ce que les Nord-Coréens ont fait exactement de la même manière, d’ailleurs. Sauf que la Corée du Nord était liée à la Russie par une alliance défensive, et qu’ils combattaient l’ incursion de l’OTAN dans la région de Koursk, sur un territoire russe incontestable. Vous voyez, un territoire russe indiscutable. Oui. L’Iran est en guerre avec les États-Unis. C’est juste une nouvelle guerre américaine non déclarée, mais c’était une guerre d’agression. L’Ukraine a frappé l’Iran. C’est un acte de guerre, peu importe à quel point ils veulent soudainement s’en excuser. Et, vous savez, que va-t-il se passer si l’Iran accepte ces excuses ? Il y aura d’autres frappes. Cela établira un nouveau schéma, jusqu’à ce que Kiev soit frappée, ou frappée assez durement. Mais l’Iran a l’ occasion d’envoyer cent mille soldats en Russie pour acquérir de l’expérience au combat. Vous pensez que la Russie accueillerait cela favorablement ? #Pascal Parce que la question, c’est : est-ce que vous voulez ça ? Parce que, enfin, même avec les troupes nord-coréennes, pendant très longtemps, la Russie disait : non, nous n’en avons aucune. Et on ne savait pas vraiment si c’était un atout ou un handicap, n’est-ce pas ? #Stanislav Krapivnik Eh bien, les Nord-Coréens se sont bien battus. Ils ont subi des pertes considérables, tout bien considéré, parce qu’ils manquaient d’expérience et qu’ils n’avaient pas avec eux d’officiers expérimentés au combat. C’est toujours ce qui arrive avec des troupes inexpérimentées. Mais ils se sont bien battus. Et je pense que les Iraniens se battront plutôt bien. Et pour l’Iran, je pense que ce serait un très gros avantage d’acquérir cette expérience du combat. Écoutez, vous savez, nous combattons l’OTAN. Nous combattons activement l’OTAN depuis le premier jour. Bien sûr, ils ne portent pas les drapeaux de leur pays, mais plus de dix mille Polonais ne sont pas morts parce qu’ils étaient volontaires. Enfin, ils ont peut-être été volontaires. Ils se sont portés volontaires en tant que bataillon entier. La Pologne a subi beaucoup de pertes pour acquérir cette expérience du combat. Ses troupes font tourner des bataillons sur place. La première fois que je m’y suis rendu, j’étais à cinq cents mètres de la ligne de front. C’était le 24 décembre 2022, et de l’autre côté de la ligne, il n’y avait que des Polonais. Il n’y avait aucun Ukrainien. Et les interceptions radio étaient toutes en polonais. Donc oui, l’OTAN combat activement la Russie depuis déjà un bon moment. Ensuite, quand deux mille soldats des forces armées finlandaises démissionnent soudainement, vous savez, on comprend bien où ils vont. Et ce ne sont pas des mercenaires… enfin, pas au sens strict. Nous ne sommes pas des mercenaires. Donc, je pense que l’Iran aurait une excellente occasion à saisir, et il est plus que probable que la Russie l’accueillerait favorablement. #Pascal -- 3 of 15 -- Juste une note très rapide. 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Eh bien. #Stanislav Krapivnik En matière de forces terrestres, l’Amérique ne peut pas faire tant que ça. Soyons réalistes. Les effectifs cumulés de l’US Army et du Corps des Marines sont inférieurs à six cent mille personnes. Mais ce sont les effectifs combinés de ces armées. Ce ne sont pas des soldats combattants. Les gens ont tendance à ne pas le comprendre. Il y a les chauffeurs de camion, les médecins, les employés de la finance assis derrière un bureau, qui ne sauraient pas quoi faire avec un pistolet, encore moins avec un fusil d’assaut. Leur plus grande inquiétude, c’est de ne pas se planter une agrafe dans la main ou d’avoir une coupure de papier. Et je suis tout à fait sérieux. Quand on regarde les choses, la véritable force combattante de l’US Army et du Corps des Marines est inférieure à deux cent mille personnes. Et il faudrait les retirer de partout, y compris des ambassades. Il faudrait retirer ces soldats de partout pour pouvoir les rassembler. D’accord, donc si les États-Unis s’engagent à fond sans conscription — et instaurer la conscription aux États-Unis serait probablement, à ce stade, un événement du niveau d’une guerre civile — vous envoyez deux cent mille soldats contre l’Iran, face à un million d’hommes retranchés dans les montagnes. Que ce soit l’hiver ou l’été, ça ne change pas vraiment grand-chose. Ils vont disparaître dans ces montagnes. Ils n’en ressortiront pas. Vous pourriez prendre les zones côtières, bien sûr, mais vous seriez sous un bombardement d’artillerie constant. Sous des attaques de drones constantes. Sous des contre-attaques constantes. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé aux Irakiens. Ils ont pris les basses terres au nord-est du Koweït, mais ils n’ont pas vraiment pu aller plus loin dans les montagnes, dans ces montagnes préparées et fortifiées. Et, vous savez, bien sûr, il y a des vallées, des routes, et elles sont sous la surveillance de positions préparées. Et vous vous retrouvez à combattre dans les montagnes. La guerre de Corée, encore une fois. Sauf que la guerre de Corée a été menée par des vétérans américains de la Seconde Guerre mondiale. Là, ce serait mené par des gars habitués à une guerre de type safari en Afghanistan, vous savez, dans des endroits comme l’Irak, à simplement patrouiller en voiture. Et puis, si les États-Unis envoyaient ces troupes sur le front russe, d’accord, ça ferait deux cent mille hommes de plus dans une guerre où, probablement, peut-