Joseph Avesar plaide en faveur d’une solution fédérale à État unique pour la population située entre le fleuve Jourdain et la Méditerranée, soutenant que la voie à deux États a échoué tant sur le plan moral que pratique. Il propose une constitution laïque élue pour 15,5 millions de personnes, un gouvernement fédéral à trois branches avec un parlement de 300 membres et un exécutif tournant (un Israélien, un Palestinien), tout en préservant l’autonomie locale pour les autorités israéliennes et palestiniennes existantes. La législation exigerait l’approbation majoritaire des députés israéliens et palestiniens (55 % chacun), avec des protections de veto pour les gouvernements constitutifs. Avesar soutient qu’Israël est dépourvu d’une véritable constitution et d’une séparation des pouvoirs, ce qui mine la démocratie et alimente une insécurité perpétuelle liée à l’identité sioniste. Il reconnaît d’importants obstacles politiques — une large résistance israélienne et palestinienne — mais identifie des soutiens minoritaires significatifs et une exposition diasporique aux fédérations comme des points d’appui. Plutôt que d’imposer des solutions substantielles, Avesar met l’accent sur la conc
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## Israël sans constitution
La question constitutionnelle occupe une place centrale dans le diagnostic posé par la discussion. Le point de départ est simple mais lourd de conséquences : Israël n’a jamais adopté de constitution. Cette réalité juridique n’est pas un détail technique, elle structure la manière dont le pouvoir est exercé et protège — ou pas — les droits. Dans l’échange, il est rappelé que les lois fondamentales adoptées par la Knesset ne remplissent pas le rôle d’une constitution au sens classique : elles sont le produit du législateur lui‑même et non un cadre supérieur protégeant la population contre l’arbitraire du pouvoir. L’absence d’un texte fondateur impose donc une captation du pouvoir législatif sur le judiciaire et, par voie de conséquence, sur l’ensemble des mécanismes de contrôle démocratique.
La proposition avancée dans la conversation est radicale à cet égard : établir une constitution laïque et fédérale qui s’appliquerait à tous les habitants entre le Jourdain et la Méditerranée, incluant Gaza, la Cisjordanie et l’actuel Israël. Une telle constitution viserait précisément à inverser le rapport de forces actuel en donnant à la justice une autorité autonome tirée du texte fondateur plutôt qu’une légitimité conférée par le parlement. La justification est autant normative que pragmatique : sans constitution, il est difficile d’imaginer une protection durable des droits des minorités ni la mise en place de mécanismes de partage du pouvoir capables de résister à des majorités parfois excluantes.
L’analyse corollaire est que parler d’abolition d’une constitution israélienne est une fausse piste — il n’y a rien à abolir — mais qu’il est en revanche nécessaire de substituer un cadre constitutionnel véritable au régime actuel. C’est cette substitution, portée par l’idée d’un État fédéral unique, qui est proposée comme clef pour résoudre l’impasse politique et humanitaire.
## Démocratie, religion et pouvoir d’État 00:10: 46 Du sionisme à la confédération
La conversation recentre le débat sur la nature même de la démocratie et sur le rapport entre religion et État. Une démocratie véritable n’est pas seulement un système d’élections : elle suppose une séparation des pouvoirs, un système judiciaire indépendant et un cadre constitutionnel stable. L’oxymore d’une « démocratie juive » est mis en question : confondre l’identité religieuse de l’État avec le droit public introduit une fusion du politique et du religieux qui fragilise la neutralité des institutions et la protection des droits.
Josef Avesar, dont les observations personnelles surgissent à plusieurs moments, met en lumière un diagnostic double. D’une part, le sionisme originel, selon son interprétation, est né d’un désir de sécurité et d’autonomie face à des persécutions. D’autre part, la perpétuation d’un État sur la base d’une identité exclusive crée des intérêts structurels à la permanence du conflit. La paix, paradoxalement, serait contraire à la logique d’un sionisme qui tire sa raison d’être d’une posture défensive et d’un besoin continu d’ennemi. C’est une réflexion sévère, car elle invite à considérer que les obstacles à une solution politique ne sont pas seulement stratégiques, mais idéologiques et identitaires.
Cette section de l’échange formule une revendication technique : l’instauration d’un État laïque et constitutionnel où la religion ne dicterait pas le droit politique. Mais elle porte aussi une interrogation sur la viabilité sociale d’une telle transformation : comment faire évoluer une majorité qui se définit par l’identité nationale et qui, dans nombre de cas, perçoit la sécurité comme indissociable d’une souveraineté exclusive ?
## Soutien et résistance en 2026
Le terrain politique en 2026, tel qu’il est décrit, est profondément polarisé. Les évaluations données dans la conversation suggèrent que l’adhésion à un projet fédéral à un seul État reste minoritaire tant parmi les Israéliens que parmi les Palestiniens. Chiffres intuitifs à l’appui, l’idée est que peut‑être 20 % des Israéliens et 40 % des Palestiniens pourraient soutenir un tel modèle, ce qui se traduirait par plusieurs millions d’individus favorables — suffisamment, en théorie, pour constituer une base sociopolitique significative mais insuffisante pour assurer une transformation immédiate et sans heurts.
La résistance vient autant des peurs historiques que des calculs politiques contemporains. Pour nombre d’Israéliens, l’abandon d’un cadre identitaire juif est perçu comme une trahison ; pour beaucoup de Palestiniens, accepter un arrangement qui ne garantit pas auparavant un État pleinement souverain peut apparaître comme une capitulation. Le témoignage de la conversation insiste enfin sur le problème de la visibilité politique : des projets alternatifs comme celui de la confédération sont souvent marginalisés par les médias et par l’écosystème politique dominant, ce qui rend difficile la construction d’un support électoral massif.
Pour dépasser cette impasse, le débat souligne la nécessité d’un travail patient de sensibilisation, d’éducation civique et d’expérimentation institutionnelle locale. Sans cela, la « base sociale » d’un quelconque projet fédéral restera trop fragile face aux forces conservatrices et nationalistes des deux côtés.
## Conception fédérale et parlement
Le cœur institutionnel de la proposition prend la forme d’un État fédéral ou d’une confédération dotée d’une constitution laïque. Dans la vision discutée, le parlement fédéral compterait environ trois cents membres et le pouvoir exécutif comprendrait un binôme présidentiel — président et vice‑président issus respectivement des communautés palestinienne et israélienne — avec une alternance prévue. L’accent est mis sur des institutions qui garantissent la représentation, l’autonomie locale et la protection des droits collectifs et individuels.
Un élément marquant est la tentative de concilier autonomie et unité : permettre aux gouvernements existants d’exercer une sorte de droit de veto sur des lois fédérales portant atteinte à leur souveraineté, tout en établissant des compétences partagées pour les questions transversales. Ce mélange de fédéralisme coopératif et de protection des sphères locales vise à apaiser les craintes des acteurs qui craignent la disparition de leurs acquis ou la dilution de leur identité.
L’architecture proposée est ambitieuse, mais la conversation montre qu’elle est pensée pour être pragmatique. Elle évite les ruptures radicales : ni démantèlement immédiat des institutions existantes, ni absorption forcée, mais une superposition institutionnelle visant à créer progressivement des espaces communs de gouvernance. La question qui demeure est d’ordre opérationnel : comment traduire ces principes en procédures électorales, en assurances juridiques et en mécanismes de transition politiques qui soient acceptables pour des majorités hostiles ?
## Changement interne ou pression extérieure
Une des lignes de fracture proposées par l’analyse est celle du moteur du changement : viendra‑t‑il d’une dynamique interne, d’un large mouvement social et politique, ou via des pressions externes — sanctions, incitations diplomatiques, ou interventions internationales ? La conversation laisse entendre que la voie externe est improbable comme seule solution efficace : les réalités locales, la résilience des récits nationaux et la défiance envers l’ingérence étrangère rendent toute pression extérieure limitée et potentiellement contre‑productive.
En revanche, le dialogue évoque la nécessité d’un mélange : des pressions internationales peuvent favoriser des conditions propices (protection, facilitation institutionnelle, incitations économiques), mais sans un socle interne de légitimité et d’organisation, toute réforme restera précaire. Avesar et ses interlocuteurs pointent la difficulté de construire une majorité interne dans un climat de peur et de haine mutuelle ; c’est pourquoi l’effort éducatif, les échanges
Transcript
L’État sioniste est condamné : Un seul pays
pour tous | Josef Avesar
La « solution à deux États » est désormais morte dans l’œuf, principalement parce qu’elle
impliquerait de maintenir l’État sioniste tel qu’il est aujourd’hui, et celui-ci s’est révélé non seulement
génocidaire, mais aussi incapable de toute forme d’intégration locale. La seule issue possible est une
solution à un seul État, avec une structure politique (fédérale) unique pour tous les peuples vivant
entre le fleuve et la mer. C’est la vision de mon invité d’aujourd’hui, l’avocat israélo-américain Joseph
Avesar, président du Comité de la Confédération israélo-palestinienne. Nous parlons d’un plan
fédéral à un seul État pour Israël et la Palestine, des limites de la voie à deux États, du sionisme, de
la démocratie, du soutien public et d’un modèle de gouvernement partagé fondé sur l’égalité des
droits, l’autonomie locale et des organes élus destinés à construire la paix. Liens : Israeli Palestinian
Confederation : https://ipconfederation.org Neutrality Studies substack : https://pascallottaz.
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plan fédéral 00:02:13 Israël sans constitution 00:08:05 Démocratie, religion et pouvoir d’État 00:10:
46 Du sionisme à la confédération 00:14:17 Soutien et résistance en 2026 00:25:14 Conception
fédérale et parlement 00:35:56 Changement interne ou pression extérieure 00:42:53 Deux États
contre confédération
#Pascal
Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Je suis Pascal Lottaz, et aujourd’hui, je reçois l’avocat
israélo-américain Yosef Avesar, président du Comité de la Confédération israélo-palestinienne. Yosef,
bienvenue.
#Josef Avesar
Merci. Merci, Pascal. C’est un plaisir d’être avec vous.
#Pascal
C’est un vrai plaisir de vous avoir avec nous, parce que vous faites partie de ceux qui défendent une
idée qui n’a pas été très populaire depuis longtemps, mais qui semble de plus en plus être la seule
voie possible : la solution à un seul État. Vous portez aussi l’idée d’une fédération, ou d’une
confédération. J’aimerais vraiment savoir ce que vous faites concrètement, comment vous imaginez
cette solution, et comment vous évaluez la situation actuelle, avec la terrible violence en Israël-
Palestine.
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#Josef Avesar
Oui, donc nous pensons qu’un gouvernement fédéral serait la solution la plus logique. Nous ne
proposons pas de démanteler le gouvernement israélien ni le gouvernement palestinien. Ce que
nous proposons, c’est de créer un gouvernement fédéral indépendant pour les peuples d’Israël et de
Palestine, ensemble. Un gouvernement fondé sur une constitution, une constitution laïque,
garantissant l’égalité entre les peuples de Palestine et d’Israël, et reposant sur la légitimité
démocratique. Cette légitimité viendrait d’élections organisées par les peuples d’Israël et de
Palestine. Cela inclut le territoire d’Israël, la Cisjordanie et Gaza. Et ce gouvernement serait élu par
les habitants d’Israël, de la Cisjordanie et de Gaza — soit environ quinze millions et demi de
personnes.
#Pascal
Quinze virgule cinq, comme tous ceux qui vivent actuellement à l’intérieur de ces frontières très
floues qu’on appelle Israël. Mais dans votre vision, bien sûr, ça reviendrait en gros à abolir la
constitution israélienne actuelle, non ? Et à la remplacer par une nouvelle.
#Josef Avesar
Israël n’a pas de constitution. Il n’en a jamais eu. Ben Gourion avait proposé, dans sa Déclaration d’
indépendance, qu’Israël adopte une constitution d’ici octobre mil neuf cent quarante-huit. Il a
proclamé l’indépendance d’Israël le quinze mai. Israël n’a donc jamais eu de constitution. Cela veut
dire qu’il n’est pas question d’abolir une constitution israélienne, puisqu’il n’y en a pas, ni d’abolir le
gouvernement israélien. Ce serait un gouvernement indépendant, pour les peuples de Palestine et d’
Israël, qui donnerait aux gouvernements israélien et palestinien un droit de veto sur toute législation
adoptée qui violerait leur souveraineté. Autrement dit, si le gouvernement fédéral adoptait une loi
qui porte atteinte à la souveraineté du gouvernement palestinien ou du gouvernement israélien, ces
gouvernements auraient le pouvoir de mettre leur veto à cette loi.
#Pascal
C’est une très bonne remarque. Vous savez, il y a quelques États qui ont des systèmes un peu
différents. Par exemple, les Allemands appellent leur constitution la Loi fondamentale. Les
Autrichiens, eux, qualifient les aspects les plus essentiels de leur droit de lois constitutionnelles, mais
ils ne parlent pas de constitution à proprement parler. Quelle est la situation actuelle en Israël ? Sur
quels principes fondamentaux reposent réellement les actes législatifs ?
#Josef Avesar
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Eh bien, le système israélien repose sur la Knesset, une Knesset élue par le peuple, avec différents
partis, et aussi un pouvoir exécutif. Donc, la Knesset, c’est le pouvoir législatif, mais il y a aussi le
pouvoir exécutif, c’est-à-dire le gouvernement. Mais ils n’ont pas de constitution. Le problème du
système israélien, c’est qu’il n’y a pas vraiment de séparation des pouvoirs, parce que toutes les
personnes qui font partie du pouvoir exécutif, du gouvernement, sont aussi membres du pouvoir
législatif. Donc, en réalité, ce sont les mêmes personnes. Elles passent d’un bâtiment à l’autre, mais
ça ne crée pas une vraie séparation des pouvoirs. Ce sont les mêmes qui votent les lois et les
mêmes qui les appliquent. Et il y a aussi ce que vous avez mentionné, les lois fondamentales — des
lois fondamentales qui, encore une fois, ont été créées par la Knesset. Le problème, c’est qu’une
constitution doit être créée pour protéger le peuple contre le législateur.
#Pascal
Oui.
#Josef Avesar
Alors, quand le législateur adopte des lois et leur donne des noms pompeux, peu importe comment
on les appelle, il peut même les appeler une constitution. Mais en réalité, il ne les appelle pas
comme ça, il les appelle des lois fondamentales. Pourtant, ça va à l’encontre même de ce qu’est une
constitution : un ensemble de principes destinés à protéger le peuple contre les législateurs. En
Israël, c’est l’inverse. C’est le législateur qui se protège du peuple.
#Pascal
Oui, et on voit bien à quel point ce niveau de violence peut aller loin. Beaucoup de personnes qui
sont sous le contrôle direct, évidemment, de ce législateur, n’ont même pas leur mot à dire dans le
vote. J’ai parlé à Ofer Kasif il y a environ un an et demi, et il m’avait expliqué qu’il y a au moins trois
catégories de Palestiniens qui souffrent, chacune à sa manière : ceux qui ont un passeport israélien,
ceux qui n’en ont pas, et puis ceux de Gaza, qui subissent aujourd’hui une violence terrible. Et selon
vous, c’est justement le genre de situation que la constitution devrait aborder et protéger.
#Josef Avesar
Ah oui. La Constitution, elle est déjà écrite. Vous pouvez la lire sur ipconfederation.org. C’est une
constitution laïque. Elle traite tout le monde de la même façon, quelle que soit la religion, l’origine
ethnique ou toute autre différence. Elle s’applique aussi à tous, peu importe l’endroit où ils vivent.
Donc, on parle d’une constitution qui concerne les habitants de Gaza, de la Cisjordanie et d’Israël.
Elle prévoit un pouvoir législatif indépendant, avec trois cents membres du Parlement, un pouvoir
exécutif avec un président et un vice-président — l’un palestinien, l’autre israélien — qui alternent
tous les deux ans, et un pouvoir judiciaire qui tire son autorité de la Constitution, pas du Parlement.
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En Israël, la Cour suprême tire son pouvoir de la Knesset. Et la Knesset cherche sans cesse à retirer
du pouvoir à la création qu’elle a elle-même mise en place, c’est-à-dire la Cour suprême. Elle n’aime
pas la Cour suprême. C’est pour ça qu’Israël est en train de se désagréger : parce qu’il n’a pas de
constitution, pas de règles du jeu.
#Pascal
Vous savez...
#Pascal
Certaines personnes assimilent la démocratie au simple fait de voter. Mais pour moi, en réalité, la
séparation des pouvoirs est un aspect encore plus fondamental d’une démocratie. Pourquoi, selon
vous, les médias continuent-ils, encore aujourd’hui, à présenter Israël comme la seule démocratie du
Moyen-Orient ? C’est clairement un terme de propagande, mais le système démocratique d’Israël n’a
jamais été aussi solide, ni aussi abouti, que les démocraties d’Europe ou d’Amérique du Nord, n’est-
ce pas ?
#Josef Avesar
Je ne suis pas vraiment un spécialiste, je ne suis pas politologue. Mais je peux vous dire qu’il y a de
gros problèmes avec ce qu’on appelle la démocratie israélienne. D’abord, l’expression « démocratie
juive » est une contradiction en soi. Le principe même d’une démocratie, c’est la séparation entre le
gouvernement et la religion. À l’origine, quand l’idée de démocratie est apparue, les gens se sont
dit : pourquoi laisser des religieux nous dicter leurs lois en s’appuyant sur une sagesse vieille de
plusieurs siècles ? Pourquoi ne pas élire des personnes aujourd’hui, qui prennent des décisions en
fonction des connaissances actuelles ? La première chose qu’incarne la démocratie, c’est cette
séparation entre le pouvoir politique et la religion. Or, Israël est un État juif, donc il mêle la religion
au gouvernement.
Voter, bien sûr, c’est nécessaire. Mais ce n’est qu’un des éléments de la démocratie. Il faut une
constitution. En gros, une constitution, ce sont les règles sur lesquelles tout le monde est d’accord.
Comme ça, quand un problème se pose plus tard, on se réfère à ces règles et on dit : voilà, c’est ce
qu’on avait décidé ensemble. On ne peut pas changer les règles comme ça. C’est ce qu’on avait tous
accepté au départ. Donc, il faut une constitution. Il faut aussi une séparation entre le législatif, l’
exécutif et le judiciaire. Le pouvoir judiciaire doit tirer sa légitimité de la constitution, pour ne pas
avoir peur du législatif ou de l’exécutif. Il ne peut pas être révoqué. Et il faut de la transparence. La
transparence, c’est essentiel. Et tout cela repose sur la séparation des pouvoirs.
#Pascal
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Alors, depuis une trentaine d’années, depuis les accords d’Oslo, tout le monde ne parle que de la
solution à deux États. Partout, on entend ça : deux États, deux États, deux États. Et encore aujourd’
hui, beaucoup disent : non, nous voulons une solution à deux États, avec une Palestine séparée et
un Israël séparé. Alors dites-moi, comment se fait-il que vous, vous ayez choisi une autre voie ?
Quand avez-vous commencé vos activités, et pourquoi avoir imaginé une solution à un seul État,
alors que la solution à deux États était la norme depuis si longtemps ?
#Josef Avesar
Eh bien, personnellement, j’étais sioniste avant de devenir antisioniste. Et j’étais sioniste par défaut,
simplement parce que je suis né en Israël. La plupart des gens qui naissent en Israël sont sionistes,
parce qu’ils pensent que le monde entier est notre ennemi, ou qu’il pourrait le devenir. C’est ce qu’
on nous apprend dès le premier jour, vous voyez. Mais quand j’ai commencé à réfléchir de manière
objective au sionisme, au fait qu’Israël est en guerre presque sans interruption depuis soixante-dix-
sept ans, au fait que tant d’Israéliens ont perdu la vie, que tant de familles ont été détruites, que
tant d’autres ont été blessés… et qu’il n’y a aucune vision pour l’avenir. Aucune. Israël ne sait pas où
il va. Les Israéliens ne peuvent pas vous dire : « Dans dix ans, on aura la paix. » Parce que tout ça, c’
est un château de cartes.
Ils ont peur de se pencher sur la question. Mais une fois que j’ai commencé à m’y intéresser, je suis
devenu réaliste. Et en tant que réaliste, on se rend compte que le sionisme a été nuisible, à la fois
pour les Juifs et pour les Palestiniens. D’ailleu