Pietro Shakarian soutient que la « troisième peur rouge » aux États-Unis sert à réprimer la dissidence — en particulier sur la politique étrangère — et signale un déclin impérial alors que Washington réagit de manière imprévisible au Moyen-Orient. Il soutient que la rhétorique et les actes de Trump (menaces à l’égard de l’Iran et d’Oman, confiscation de téléphones de journalistes) reflètent une perte de soft power et de légitimité narrative, provoquant une opposition populaire intérieure. Shakarian interprète la stratégie de riposte calibrée de l’Iran comme visant à établir la réciprocité tout en évitant l’escalade, mais avertit que sa patience est limitée. Il considère les nouveaux arrangements de sécurité régionale (le soi‑disant Pacte de La Mecque) comme une tentative de partage des charges facilitée par les États‑Unis après l’attrition de la présence américaine par l’Iran, tout en doutant de la durabilité et de la cohérence opérationnelle de tels pactes. Sur le plan intérieur, Shakarian relie la stagnation néolibérale, l’échec du réformisme depuis 1991 et les projets extractifs technologiques (centres de données d’IA) à un mécontentement politique plus large. Dans l’ensemble, i
Article
## Introduction et troisième peur rouge de l’Amérique
La conversation met en lumière une logique qui revient comme un leitmotiv : face à la perte de légitimité et à l’incertitude stratégique, la puissance dominante tend à réactiver des récits de menace intérieure pour écraser la dissidence et reconstruire son autorité. Ce que Pietro Shakarian qualifie de « troisième peur rouge » apparaît moins comme un remède politique qu’un symptôme — un instrument de contrôle destiné à délégitimer les voix critiques, notamment celles qui contestent la ligne de politique étrangère. L’enjeu n’est pas seulement rhétorique : ce retour de la rhétorique anticommuniste a des conséquences concrètes pour les droits civiques, la liberté de la presse et la capacité de la société à débattre des choix de guerre et de paix.
La strate politique de cette peur n’est pas nouvelle, mais elle se déploie aujourd’hui dans un contexte différent : un monde multipolaire émergent, des alliances instables et une opinion publique de plus en plus rétive aux aventures extérieures. La tactique vise à discipliner non seulement la gauche radicale ou les intellectuels dissidents, mais aussi les critiques modérés de la politique extérieure. On le voit dans des cas ciblés — perquisitions, saisies d’appareils, récits de subversion — qui servent d’exemples destinés à dissuader la critique. L’effet recherché est double : neutraliser des voix dissonantes et recentrer le débat public autour d’un récit de menace qui légitime des actions extérieures agressives.
## Trump, déclin de l’empire et guerre contre l’Iran
La discussion avance que certaines déclarations et choix stratégiques relèvent moins d’une doctrine cohérente que d’un mélange de posture électorale et de panique impériale. Shakarian insiste sur l’idée que la rhétorique la plus belliqueuse — menaces contre Oman, propos sur la destruction d’une « civilisation » — traduit un affaiblissement : un État qui ne sait plus s’imposer par la persuasion cherche la coercition spectaculaire. L’auteur note le contraste entre des opportunités de désescalade (offres de négociation de l’Iran) et des réponses qui multiplient les menaces, compromettant toute sortie honorable.
Ce décalage a des implications géopolitiques immédiates : la militarisation du discours conduit à des options politiques dangereuses, incluant la normalisation d’un recours plus facile aux options militaires et même la réouverture du débat sur l’emploi d’armes tactiques. Au-delà des effets directs, la posture accroît l’isolement diplomatique des États-Unis et fragilise des alliances ; elle transforme des partenaires traditionnels en acteurs prudents, et incite des pays tiers à rechercher des alternatives stratégiques pour ne pas dépendre d’un protecteur imprévisible.
## Guerre d’agression et opinion publique américaine
Un point central de l’échange est la fracture entre élites décisionnaires et opinion publique. Shakarian souligne que la guerre contre l’Iran est historiquement impopulaire aux États-Unis et que ce désaccord a un poids électoral réel dans des États pivot comme l’Ohio et le Michigan. Cette impopularité fragilise les positions pro-guerre et crée un risque politique pour ceux qui misent sur l’escalade. L’argument est que l’effort de guerre, loin d’être soutenu par une mobilisation citoyenne, s’appuie sur une narration forcée et sur des mécanismes de peur pour masquer l’absence d’un support populaire solide.
La leçon pour les régimes démocratiques est double : d’une part, la guerre d’agression perd de sa légitimité si elle n’est pas soutenue par un débat public ouvert et informé ; d’autre part, l’usage de mécanismes répressifs pour contenir la critique (saisies de téléphones, accusations de subversion) finit par corroder la confiance institutionnelle et la capacité du pays à mener une politique étrangère cohérente. L’usure démocratique se manifeste quand la dissidence est traitée comme une menace plutôt qu’un élément constitutif du débat national.
## Réforme, néolibéralisme et centres de données d’IA
La conversation élargit la perspective en reliant l’immobilisme politique à des choix économiques et technologiques : l’absence de réformes profondes après 1991, l’enracinement du néolibéralisme et l’émergence d’infrastructures numériques concentrées — notamment les centres de données pour l’intelligence artificielle — transforment la scène politique intérieure et extérieure. Shakarian propose que l’élite américaine a choisi, après la guerre froide, une trajectoire de confiance inébranlable dans sa supériorité technologique et économique, sans questionner les effets sociaux et géopolitiques de ces choix.
Les nouveaux centres de pouvoir — technologiques et financiers — modifient la souveraineté et la capacité d’action des États. Leur concentration renforce des modèles de gouvernance qui favorisent la surveillance, la précarité sociale et une militarisation des relations internationales axée sur la maîtrise des flux d’information. À l’heure où l’intelligence artificielle devient un facteur clé de puissance, le contrôle des infrastructures numériques se superpose aux précédentes hiérarchies militaires et économiques, et accroît les risques de polarisation interne et d’aggravation des tensions extérieures.
## Stratégie de l’Iran et pacte de La Mecque
L’analyse de la stratégie iranienne montre une volonté d’inscrire son action dans des mécanismes régionaux de coopération et de sécurité. La référence au « pacte de La Mecque » illustre une tendance à bâtir des coalitions régionales alternatives aux architectures dominées par l’Occident. Shakarian met en avant la capacité de l’Iran à exploiter les dynamiques locales — diplomatie, économie, gestions des détroits — pour renforcer son rôle sans nécessairement recourir à une confrontation directe.
Cette stratégie a pour effet de multiplier les options régionales et de réduire l’espace d’imposition d’un ordre unipolaire. Les initiatives diplomatiques, les accords de transit et les arrangements maritimes montrent qu’il existe des moyens de garantir la circulation et la sécurité sans la tutelle américaine. L’Iran, en consolidant des partenariats, transforme la compétition en rivalités gérables plutôt qu’en affrontements ouverts, forçant ses opposants à reconsidérer des approches de containment dépassées.
## Surextension américaine et corridors caucasiens
La discussion souligne le risque de surextension stratégique lorsque des ressources limitées sont mobilisées sur plusieurs fronts : Moyen-Orient, mer d’Azov, routes de transit dans le Caucase, et soutien à l’Ukraine. Shakarian décrit comment les ambitions américaines et européennes peuvent créer des corridors d’influence qui s’exposent aux contre-coups locaux. Les projets de transit dans le Caucase et les pressions sur la sécurité européenne s’insèrent dans un théâtre plus large où la projection de puissance coûteux et risquée finit par éroder la capacité de manœuvre.
L’extension simultanée à des théâtres multiples fragilise les alliances et oblige des partenaires régionaux à diversifier leurs appuis. Ce phénomène alimente le tournant vers une multipolarité non seulement par l’émergence de nouveaux acteurs, mais aussi par la fatigue des alliés traditionnels face à une puissance hégémonique jugée imprévisible et coûteuse. En somme, la dispersion des efforts affaiblit l’efficacité stratégique et encourage la recherche d’alternatives régionales.
## Pourquoi les élites européennes suivent la puissance américaine
Une idée forte émergente de la conversation est que les élites européennes restent liées à la puissance américaine pour des raisons systémiques : réseaux institutionnels, économies interconnectées, dépendances en matière de sécurité et habitus politique forgés après 1945. Shakarian soutient que ces liens ne sont pas uniquement volontaires ; ils résultent d’une intégration profonde qui rend difficile une autonomie stratégique rapide. Ainsi, les élites européennes adoptent souvent la po
Transcript
Nouvelle peur rouge détruit l’OTAN, les
États-Unis se retournent contre l’Europe |
Pietro Shakarian
L’OTAN est démilitarisée par sa propre guerre par procuration. L’historien et chargé de cours à l’
American University of Armenia Pietro Shakarian rejoint Pascal pour discuter de la « troisième peur
rouge » de l’Amérique, de la guerre contre l’Iran et du détroit d’Ormuz, du projet de pacte de La
Mecque, de l’avenir de l’Ukraine, des projets de transit dans le Caucase, et des raisons pour
lesquelles il considère que les élites européennes sont liées à la puissance américaine dans le
contexte d’un basculement vers la multipolarité. Liens : Pietro Shakarian dans The Nation :
https://www.thenation.com/authors/pietro-shakarian/ Anastas Mikoyan: An Armenian Reformer in
Khrushchev’s Kremlin : https://iupress.org/9780253073556/anastas-mikoyan/ Substack Neutrality
Studies : https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don
: https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00 Introduction et troisième peur rouge de l’
Amérique 04:29 Trump, déclin de l’empire et guerre contre l’Iran 08:48 Guerre d’agression et
opinion publique américaine 18:25 Réforme, néolibéralisme et centres de données d’IA 24:23
Stratégie de l’Iran et pacte de La Mecque 37:03 Surextension américaine et corridors caucasiens 45:
54 Ukraine, Russie et stratégie de guerre de l’Europe 58:06 Pourquoi les élites européennes suivent
la puissance américaine 01:07:07 Limites des États-Unis et basculement vers la multipolarité
#Pascal
Bienvenue à toutes et à tous sur Neutrality Studies. Aujourd’hui, nous faisons le point avec Pietro
Shakarian, historien et enseignant à l’Université américaine d’Arménie, à Erevan. Pietro, bienvenue
de nouveau.
#Pietro Shakarian
Pascal, c’est un plaisir d’être ici, comme toujours, et j’ai hâte d’aborder avec vous de très nombreux
sujets intéressants d’importance internationale.
#Pascal
Oh, si, si. Et, ah oui, commençons par votre article le plus récent, « La troisième peur rouge de l’
Amérique ». Vous l’avez publié dans The Nation, et vous soutenez en substance que Trump est en
train de raviver la peur rouge en ce moment, c’est bien ça ? Et pouvez-vous nous dire ce que vous
pensez de cette nouvelle idée complètement folle de Donald Trump ?
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#Pietro Shakarian
Eh bien, toute l’idée, Pascal, c’est vraiment d’écraser la dissidence. Pas seulement... enfin, avant
tout, c’est dirigé, comme tout le monde peut le voir, contre les DSA, Mamdani et tout ça. Disons
que, dès le départ, c’est la cible principale. Mais une autre cible très importante de la colère de
Trump, c’est de tenter d’écraser et de faire taire la dissidence sur la politique étrangère. Et c’est l’
autre point essentiel que j’ai soulevé ici. J’ai mis en avant l’exemple de Max Blumenthal, et la
manière dont ses reportages depuis l’Iran, lors des funérailles d’Ali Khamenei, l’ont, en gros, mis en
difficulté auprès de la base MAGA de Trump. Enfin, vous savez, la plus dingue de toutes, Laura
Looney... je veux dire, Loomer.
Au bout du compte, elle écrivait que Max Blumenthal était, genre, le principal communiste des États-
Unis et que, vous savez, il fallait le faire taire, n'est-ce pas ? Vous savez, le Premier amendement,
tant pis pour lui : il fallait simplement le faire taire. Et son téléphone... enfin, par conséquent, il avait
deux smartphones qui ont été confisqués. Ils ont été retenus par la protection des frontières
américaine. Et Max Blumenthal, avec la Ligue arabe contre la discrimination, a en quelque sorte
contesté ça. Et, dans les vingt-quatre heures, les téléphones ont été rendus. Mais il reste quand
même de grandes questions : qu'est-ce qu'ils ont réellement fait avec ces téléphones ?
Qu’est-ce qu’ils regardent dans ces téléphones ? À quoi est-ce qu’ils accèdent, peut-être ? Quelles
informations s’y trouvaient ? C’est donc aussi une question majeure, pas seulement du point de vue
des droits garantis par le Premier Amendement, mais aussi par le Quatrième Amendement, n’est-ce
pas ? Et l’effet dissuasif que cela a sur la contestation de la politique étrangère ne se ressent pas
seulement dans l’affaire Max Blumenthal, comme je le souligne, mais aussi avec Marco Rubio. Je
veux dire, ce qu’il fait avec Cuba : il prépare un rapport qui affirme, en gros, que Cuba cherche à
promouvoir une forme de terrorisme d’extrême gauche aux États-Unis. C’est en quelque sorte son
point de vue. Il essaie même de dire que les glaces Ben & Jerry’s sont une organisation subversive
aux États-Unis.
Je veux dire, c’est à ce point-là ridicule. Mais tout cela fait partie intégrante de la stratégie de l’
administration Trump. D’abord parce qu’ils savent qu’ils sont en difficulté pour les élections de mi-
mandat. Ensuite parce qu’ils savent qu’ils sont en difficulté avec, on peut le dire, cette guerre en
Iran, cette situation dans le détroit d’Ormuz. Les répercussions sur l’économie mondiale sont
considérables. Et que dire de plus ? C’est une manière de contrôler le récit. Je veux dire, si l’on
remonte même à l’origine, à la deuxième Peur rouge de Joe McCarthy, c’était aussi, au fond, une
tentative de contrôler le récit, de faire taire ceux qui voulaient dire que, vous savez, nous ne
devrions même pas être engagés dans une guerre froide, n’est-ce pas ? Je veux dire, c’est à cela
que nous avons affaire ici.
#Pascal
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Mais je veux dire, c’est tellement intéressant. Juste avant cet entretien, j’ai eu une discussion avec
un universitaire malaisien, le docteur Oi. Et à un moment donné, il a dit, en gros : « Heureusement
qu’on a Trump maintenant. » Ce qu’il voulait dire, c’est que Trump rend tout cela tellement évident :
le néocolonialisme, les conneries de l’Occident, tout ce jeu hypocrite. Cette idée que tout le monde
doit nous rembourser. Vous savez : nous sommes le plus grand fournisseur de biens publics
mondiaux, donc tout le monde doit nous donner de l’argent, parce que nous sommes si formidables
et que vous êtes tellement arriérés. Et il disait que, vous savez, ça rend en fait beaucoup plus facile,
dans de grandes parties du monde, de communiquer sur la folie qui traverse l’Occident. Et cette
nouvelle peur rouge qu’ils essaient de relancer en ce moment... Je veux dire, c’est si manifestement
stupide, et si clairement un outil pour simplement réprimer la société, que ça paraît trop évident
pour pouvoir réellement fonctionner. Ou alors, quel est votre point de vue ?
#Pietro Shakarian
Eh bien, selon moi, c’est ce qui arrive quand les empires commencent à s’effondrer, Pascal. Ils
commencent à s’en prendre aux autres et à faire des choses folles qui les font paraître encore plus
irrationnels qu’ils ne l’ont jamais été, n’est-ce pas ? Prenez Trump, par exemple. Chaque jour, il y a
quelque chose de nouveau. Un jour, il veut bombarder Oman. Le lendemain, il veut annexer le
détroit d’Ormuz aux États-Unis. Ça devient de plus en plus absurde, ridicule et insensé. Et c’est bien
ce que je veux dire : c’est, là encore, le symptôme d’un empire en déclin. Mais cette fois, ce n’est
plus habillé. Et, en fait, je suis d’accord avec ce monsieur : ce n’est plus habillé sous l’idée de « oui,
bien sûr, les droits de l’homme, la démocratie et les valeurs européennes », quelles qu’elles soient.
Et ça, vous savez quoi ? On va intervenir, et tout va rentrer dans l’ordre. Ah oui, l’ordre fondé sur
des règles, tous ces éléments de langage ont disparu. Maintenant, on voit simplement le visage brut
de l’empire américain, n’est-ce pas ? Et c’est aussi un visage qui se montre insensible, même envers
ceux qui servent à l’étranger. Je veux dire, regardez ce qui se passe avec l’USS Abraham Lincoln.
Mon Dieu. C’est tout simplement, c’est absolument atroce. Et c’est comme ce qu’ils disaient toujours
pendant la guerre en Irak. Je veux dire, déjà quand j’étais adolescent aux États-Unis et qu’on parlait
de la guerre en Irak, dès qu’on devenait vraiment critiques envers cette guerre ou envers tout ce
projet impérial américain, le Nouveau Siècle américain ou peu importe.
La façon de faire taire ça, c’était essentiellement de dire : « Vous savez, nous, on soutient les
troupes », n’est-ce pas ? C’était en quelque sorte une façon de dire : « Soutenez la guerre. » Mais
en mettant les troupes en avant comme le visage de tout ça, et en détournant en quelque sorte les
critiques du tableau d’ensemble, du contexte plus large de la guerre... Évidemment, qui ne
soutiendrait pas les troupes qui sont là-bas, en danger ? Bien sûr. Mais c’était une façon de
détourner l’attention de la véritable question : leur responsabilité dans le fait d’avoir mis ces troupes
en danger et, vous savez, d’avoir créé cette atrocité qu’a été la guerre en Irak. Et Trump fait la
même chose, encore une fois. C’est, encore une fois, une autre atrocité au Moyen-Orient, quand on
voit ce qui se passe aujourd’hui avec l’Iran. C’est absolument... C’est une...
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#Pascal
Salut, juste une petite note très rapide. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c'est de vous
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dessous. À bientôt là-bas. Parce que c'est tellement stupidement évident que ça devient clair
maintenant, heureusement. Parce que, vous savez, il y a vingt ans, c'était un peu... Je pense que
beaucoup de gens ont aussi adhéré à l'idée que ces méchants dictateurs, Hussein et les autres, et
l'Iran, menaçaient nos troupes, n'est-ce pas ?
Nos troupes innocentes, qui doivent être là pour jouer les gendarmes du monde, n'est-ce pas ? Et
elles sont menacées. Donc, nous devons faire quelque chose. Et à ce stade, il est tellement évident
qu'il s'agit d'une guerre d'agression contre l'Iran que tout le monde se demande : mais pourquoi nos
soldats sont-ils là, au juste ? Je raconte toujours cette histoire : vous savez, la Suisse a très bien
protégé ses troupes pendant deux cents ans. Nous n'avons pas eu une seule victime au Moyen-
Orient ou en Asie occidentale en deux cents ans. Vous savez comment on a fait ? On n'y a pas
envoyé de troupes.
#Pietro Shakarian
Absolument. Il y a ce super mème, si vous vous souvenez, qui circulait sur Internet il y a quelques
années. C’était : comment ces pays osent-ils s’installer aussi près de nos bases ?
#Pascal
Oui. Vous savez, de quel droit l’Irak s’est-il installé si près de nos bases ?
#Pietro Shakarian
Vous savez… Oh mon Dieu. Vous savez, oui.
#Pascal
Ça devient assez clair, maintenant. Vous étiez récemment aux États-Unis. Vous avez eu le sentiment
de l'état d'esprit général là-bas face à cette guerre ? Cette guerre n'a jamais été populaire depuis le
début, n'est-ce pas ? Et son soutien est même en baisse aujourd'hui.
#Pietro Shakarian
Il y a quelque temps, Trita Parsi a publié un billet sur Substack, dans lequel il disait qu’il s’agissait d’
une guerre historiquement impopulaire. Il citait, bien sûr, des données de sondage à l’appui. Et je
peux tout à fait confirmer que, aux États-Unis, c’est bien le cas : cette guerre est historiquement
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impopulaire. Et vous savez où j’étais, Pascal ? J’étais en visite chez de la famille à Cleveland, dans l’
Ohio. Donc j’étais dans l’un de ces États dits indécis, dans la région des Grands Lacs, dans le
Midwest.
#Pascal
Et...
#Pietro Shakarian
Je peux vous dire que le Sénat pourrait très bien basculer en faveur des démocrates, vous voyez ?
Ce n'est pas que les démocrates n'ont pas leurs propres problèmes, bien sûr. Je ne vais pas dire
qu'ils sont parfaits ou quoi que ce soit. Mais vous savez quoi ? Ça ne s'annonce pas très bien pour
Trump en novembre. Je peux vous le dire. Et pas seulement dans l'Ohio, mais aussi dans le
Michigan. Enfin, on voit bien ce qui s'est passé. Je pense que, malgré cette controverse, ou cet
argument selon lequel El-Sayed ne serait pas éligible, en réalité, je pense qu'il peut être élu. Et je
pen