L’Occident a perdu : la révolution IA et robotique chinoise est déjà irrésistible | Arnaud Bertrand

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Arnaud Bertrand soutient que la Chine est déjà en train de gagner la prochaine ère technologique en diffusant l’IA et la robotique par le biais de modèles open source, de matériels abordables et de chaînes d’approvisionnement intégrées. Il oppose la stratégie chinoise de diffusion maximale et de contrôle full‑stack aux tentatives américaines de sécuriser les modèles et les puces par des contrôles à l’exportation et le « friend‑shoring », lesquelles risquent d’encourager l’autonomie chinoise et d’éroder le levier commercial occidental. Bertrand souligne la parité chinoise en performance des modèles, l’essor de l’IA embarquée (exemplifié par l’orientation d’Apple) et les progrès rapides en robots humanoïdes et en drones — des domaines où des entreprises et des clusters chinois (notamment Shenzhen) devancent les concurrents occidentaux. Il observe que les États d’Asie du Sud‑Est préfèrent la non‑alignement, développant des centres de données et des interconnexions de paiements qui intègrent à la fois les systèmes chinois et occidentaux. Dans l’ensemble, Bertrand perçoit un paysage multipolaire en mutation dans lequel les approches de biens publics de la Chine en matière d’IA et de pai

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L’affirmation est nette et provocatrice : l’Occident a perdu une bataille décisive dans la course à l’intelligence artificielle et à la robotique. Cette perte n’est pas seulement technologique ; elle est stratégique, économique et politique. La dynamique qui se déploie — décrite en détail au fil d’une conversation stimulante avec Arnaud Bertrand — montre un renversement où la Chine, en combinant open source, industrialisation rapide et politiques de souveraineté numérique, offre au monde une alternative compétitive qui fragilise l’ancien monopole occidental sur la chaîne de valeur technologique. ## Stratégie de contrôle des États-Unis et open source Le cœur du débat porte sur une divergence fondamentale de philosophie : contrôle versus diffusion. Les États-Unis ont privilégié une stratégie de verrouillage des infrastructures, des puces et des modèles, une logique de « qui contrôle la couche basse contrôle la valeur ». La réaction chinoise est inverse : diffuser les modèles en open source, encourager la reproduction, et pousser l’adoption locale des applications. Arnaud Bertrand le souligne avec force : pour les technologies à usage général, c’est la couche applicative qui crée la valeur — pas l’arcane des infrastructures. En restreignant l’accès aux modèles et aux puces, Washington a cherché à préserver un avantage compétitif par le boycott; mais le résultat est paradoxal. Le blocage des offres américaines en Chine et les restrictions à l’export de semi-conducteurs ont favorisé l’émergence d’une pile technologique autonome en Chine, capable d’exécuter des modèles comparables à ceux des États-Unis. La mise à disposition de modèles en open source transforme l’équation. En offrant des outils qui peuvent être déployés localement, la Chine propose aux entreprises étrangères un argument de poids : souveraineté des données, réduction des coûts et capacité d’adaptation. Cette stratégie d’ouverture ne relève pas d’un idéalisme philanthropique ; elle est un calcul stratégique : diffuser la technologie mondialement permet à Pékin de peser sur le design des applications et d’asseoir son influence industrielle. L’Occident, en interrompant la libre circulation technologique, s’est privé d’une dynamique d’innovation distribuée qu’il avait, par le passé, su exploiter pour asseoir sa domination commerciale. ## Friendshoring de l’Europe et course à l’IA Face à ces mutations, l’idée de « friendshoring » — rapprocher la production des alliés — refait surface comme mécanisme de sécurité économique. Les États-Unis poussent pour resserrer les chaînes d’approvisionnement des semi-conducteurs et de l’IA autour d’un cercle d’États jugés fiables, impliquant le Japon, les Pays-Bas et certains pays européens. Mais la mise en oeuvre révèle des tensions : la dépendance mutuelle en matière de technologies avancées rend difficile une rupture nette. Les fournisseurs européens et asiatiques ne souhaitent pas être réduits à des instruments géopolitiques. La stratégie de friendshoring comporte un coût stratégique et économique pour l’Europe. Se mettre à l’abri derrière des cercles d’amitiés technologiques, c’est accepter de réduire la diversité des partenaires et d’aliéner des marchés cruciaux. Par ailleurs, l’empressement de l’administration américaine à militariser l’IA et à en faire un instrument d’hégémonie inquiète. Pour de nombreux acteurs européens, un monde bicéphale États-Unis–Chine pourrait être plus propice à la marge d’autonomie stratégique qu’un univers entièrement dominé par Washington. L’Europe, prise entre la sécurité et l’autonomie industrielle, risque d’être l’épicentre d’un dilemme diplomatique majeur. ## IA embarquée et robots humanoïdes La révolution ne se limite pas aux serveurs et aux gigantesques modèles en cloud. Les avancées majeures viennent désormais de l’IA embarquée et de la robotique humanoïde. Là où l’Occident peine à industrialiser à grande échelle, la Chine a transformé des prototypes en biens de consommation et en outils industriels. Robots intuitifs, drones de surveillance et assistants humanoïdes progressent en termes de coût, de robustesse et d’intégration logicielle. L’IA embarquée — c’est-à-dire des modèles légers tournant localement sur des puces moins sophistiquées — change la donne : elle démultiplie les cas d’usage, protège les données et réduit la dépendance aux infrastructures cloud occidentales. Ce mouvement a des implications sociales et économiques profondes. Une Chine capable de massifier des robots servant à la fois l’industrie et la consommation réécrit les règles de la productivité. Les PME, dans de nombreux pays émergents, peuvent désormais s’équiper d’automates et d’IA à faible coût, accélérant la transition industrielle locale. Dans le même temps, les préoccupations éthiques et sécuritaires se multiplient : qui contrôle l’algorithme embarqué ? Quels standards pour la sécurité des interactions humanoïdes ? Les réponses seront moins techniques que géopolitiques, car ces machines sont aussi des vecteurs d’influence. ## L’ Asie du Sud-Est entre deux systèmes L’Asie du Sud-Est apparaît comme un terrain d’équilibre stratégique. Géographiquement et commercialement au carrefour des deux grands blocs, la région adopte une posture pragmatique : tirer parti des opportunités offertes par la Chine tout en maintenant des liens avec l’Occident. Les nations d’Asie du Sud-Est ne souhaitent pas choisir un camp ; elles cherchent des garanties économiques, des transferts de technologie et de l’investissement. Ce positionnement crée une zone de compétition douce : Pékin propose des infrastructures, des modèles open source et des facilités de financement ; Washington brandit la sécurité et la modernisation institutionnelle. Les États de la région vont arbitrer selon leurs intérêts immédiats — emplois, transferts technologiques, respect des souverainetés. Le basculement n’est pas mécanique : il dépendra de la capacité de chaque bloc à offrir des gains palpables et des assurances politiques. Pourtant, la facilité d’accès aux technologies chinoises, souvent moins coûteuses et plus adaptées au terrain, offre un avantage stratégique durable à Pékin. ## Paiements asiatiques et SWIFT La finance est un autre terrain où la volonté de dominer se heurte à des réalités concrètes. La mécanisation des paiements et l’internationalisation des infrastructures alternatives au réseau SWIFT montrent comment les acteurs asiatiques se prémunissent contre les leviers occidentaux. Le développement de systèmes de paiement régionaux, complémentaires à SWIFT, illustre un mouvement vers une résilience financière : réduire la vulnérabilité aux sanctions, fluidifier le commerce intra-régional et asseoir une souveraineté monétaire numérique. Cette évolution ne signifie pas l’abandon du dollar du jour au lendemain, mais elle crée des marges de manœuvre. En diversifiant les canaux de paiement et en développant des rails financiers alternatifs, les économies asiatiques gagnent en indépendance stratégique. À long terme, ces infrastructures peuvent favoriser la circulation des monnaies régionales et réduire l’efficacité des instruments coercitifs occidentaux. ## La Chine défie les sanctions américaines L’un des phénomènes les plus remarquables est la capacité de la Chine à atténuer l’effet des sanctions occidentales et, parfois, à les contourner. Plutôt que de subir passivement des embargos technologiques, Pékin accélère l’autonomie de sa filière semi-conducteurs, développe des alternatives logicielles et entretient des réseaux d’échanges avec des partenaires décidés à conserver des relations commerciales. Cette approche duale — développer des capacités internes tout en exportant des solutions ouvertes — fragilise la stratégie américaine de dissuasion par le contrôle technologique. La résilience chinoise repose aussi sur sa taille de marché : l’absence de fournisseurs occidentaux sur son territoire a forcé une montée en gamme domestique. Le résultat est une offre compé

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L’Occident a perdu : la révolution IA et robotique chinoise est déjà irrésistible | Arnaud Bertrand L’ère des robots a commencé depuis longtemps. Simplement pas en Occident, où il n’existe toujours pas une seule entreprise capable de produire ce que la Chine vend déjà comme bien domestique. Qu’ est-ce que cela signifie pour l’avenir de l’empire américain et du monde multipolaire ? Aujourd’hui, je m’entretiens à nouveau avec Arnaud Bertrand au sujet de la poussée de la Chine dans l’IA open source, des contrôles technologiques américains, de la dépendance croissante de l’Europe, des drones et des robots humanoïdes, de l’équilibre délicat de l’Asie du Sud-Est, des nouveaux systèmes de paiement en Asie, de la réponse de la Chine aux sanctions américaines, ainsi que du vaste basculement du pouvoir mondial autour de l’Iran, de la finance, de l’industrie et du déclin de l’ influence occidentale. Liens : Arnaud Bertrand sur X : https://x.com/RnaudBertrand Arnaud Bertrand sur Substack : https://arnaudbertrand.substack.com/ Neutrality Studies sur Substack : https://pascallottaz.substack.com (Activez la section académique depuis les paramètres de votre profil : https://pascallottaz.substack.com/s/academic) Produits dérivés : https://neutralitystudies- shop.fourthwall.com Don : https://neutralitystudies.com/donate Chapitres : 00:00:00 Introduction et modèle d’IA de la Chine 00:07:20 Stratégie de contrôle des États-Unis et open source 00:15:21 Friendshoring de l’Europe et course à l’IA 00:26:11 IA embarquée et robots humanoïdes 00:30:58 L’ Asie du Sud-Est entre deux systèmes 00:34:13 Paiements asiatiques et SWIFT 00:40:46 La Chine défie les sanctions américaines 00:51:32 Guerre en Iran et déclin de l’Europe #Pascal Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. C’est Pascal, et aujourd’hui, j’ai de nouveau le plaisir d’ accueillir le formidable Arnaud Bertrand. Arnaud, bienvenue. #Arnaud Bertrand Bonjour Pascal, merci de m’avoir invité à nouveau. #Pascal C’est un plaisir de te revoir. Tu n’es pas venu dans l’émission depuis plusieurs mois, mais ce n’est pas parce que je ne veux pas de toi, bien au contraire. J’adore vraiment tout ce que tu écris, toutes tes analyses que je lis presque tous les jours sur Twitter. Je ne sais pas comment tu fais, franchement. Alors félicitations pour tout ce que tu produis. -- 1 of 18 -- #Arnaud Bertrand Merci. Ça me touche beaucoup, surtout venant de vous. #Pascal Très bien. C’est assez impressionnant. Vous êtes l’un des analystes les plus prolifiques en ce moment, sur Twitter et sur Substack. Et vous travaillez récemment sur l’intelligence artificielle, alors je me suis dit qu’on pouvait peut-être commencer par là. Ça m’avait un peu échappé, je dois dire. J’ ai juste lu que la Chine avait sorti un nouveau modèle appelé DeepSeek… enfin, plutôt l’entreprise derrière, ce n’est plus directement la Chine elle-même, mais disons l’approche chinoise de l’IA. En quoi est-ce différent de l’approche occidentale, et pourquoi est-ce que, pour vous, ça a de l’ importance ? #Arnaud Bertrand Oui, enfin, c’est vraiment un sujet qui me passionne, aussi parce que dans mon travail principal — qui n’est pas d’écrire sur Twitter ou sur Substack — je suis développeur. En fait, je suis entrepreneur, et je code tous les jours pour ma boîte. Donc j’utilise beaucoup l’intelligence artificielle, et j’ai l’occasion de tester différents modèles, aussi bien américains que chinois. Et c’est fascinant de voir le contraste entre les deux approches. Je trouve que l’approche chinoise, plus le temps passe, plus elle révèle une stratégie vraiment intelligente. L’autre jour, par exemple, Jensen Huang, le PDG de NVIDIA, a participé à un podcast qui a beaucoup fait parler de lui. Il a décrit l’ intelligence artificielle comme, je cite, un gâteau à cinq couches. Donc, selon lui, l’IA repose sur cinq niveaux, en commençant par la base, l’énergie. Ensuite, il y a les puces, l’infrastructure, et ainsi de suite. Et les deux dernières couches, d’après sa description, ce sont les modèles, les modèles d’ intelligence artificielle. Alors, vous savez, du côté américain, on a ChatGPT, Claude, et d’autres encore. Du côté chinois, on a, vous voyez, DeepSeek, Kimi, et ainsi de suite. Et puis, la dernière couche, c’est la couche des applications — c’est-à-dire ce qu’on fait réellement avec l’intelligence artificielle. Et son point, c’est que l’IA est une technologie à usage général, un peu comme l’électricité, Internet ou, vous savez, le téléphone. On en a déjà connu quelques-unes dans le passé. Avec ce type de technologies, c’est toujours la couche des applications qui crée la valeur. Si on repense à l’électricité, par exemple, est- ce que c’était vraiment important de savoir qui construisait l’infrastructure énergétique, qui possédait les lignes électriques, et tout ça ? Pas tant que ça. Ce qui comptait, c’était de savoir qui fabriquait le réfrigérateur, qui inventait les ampoules, et ainsi de suite. Ce qui a créé la valeur, c’était la couche des applications. C’est la même chose avec Internet. Les entreprises qui sont devenues énormes grâce à Internet, ce n’étaient pas les opérateurs télécoms qui fournissaient l’infrastructure. C’étaient les Google, les Alibaba, les Amazon, et tous les autres, ceux qui utilisaient vraiment Internet, qui créaient les -- 2 of 18 -- applications. Il n’y a aucune raison de penser que l’intelligence artificielle sera différente. Dans dix ou vingt ans, on regardera en arrière et on se dira que toute cette course à l’IA autour des couches basses, cette idée que celui qui contrôle l’infrastructure gagnera la course à l’IA, paraîtra complètement absurde. Parce qu’au fond, ce qui compte vraiment, c’est la manière dont on utilise l’ IA. Et s’il y a une course, ceux qui la gagneront seront ceux qui sauront utiliser l’intelligence artificielle dans leur société pour gagner en efficacité, en productivité, et ainsi de suite. Et c’est pour ça que l’approche américaine est un peu étrange. Parce que, si on y réfléchit, ça veut dire que ce qui compte vraiment, c’est la diffusion, pour créer le plus de valeur possible. Donc, on veut que tout le monde ait accès à cette technologie à usage général, parce que c’est comme ça que la couche d’applications peut toucher le plus de gens, non ? C’est un peu comme, si on repense à l’ électricité, ça n’aurait eu aucun sens de dire : « On va gagner la course à l’électricité en interdisant aux autres d’avoir l’ampoule, ou d’avoir l’électricité. » Donc, on serait les seuls à pouvoir, en gros, avoir de la lumière. Parce que, dans ce cas, toutes ces grandes entreprises qui ont créé de la valeur grâce à l’électricité, comme General Electric et d’autres, auraient eu un marché bien plus petit si seuls les Américains avaient eu accès à l’électricité. Ils ont gagné de l’argent en s’assurant que tout le monde ait accès à cette infrastructure, et ensuite, ils pouvaient vendre la couche applicative à tout le monde. Mais c’est justement l’approche que les Américains adoptent pour l’intelligence artificielle : ils disent que ce sont leurs modèles qui comptent vraiment, et donc ils ne veulent pas que les Chinois y aient accès. Ils ne veulent pas non plus que des pays non alignés les obtiennent. C’est donc une position un peu étrange. Alors que l’approche chinoise, au contraire, consiste à proposer les modèles en libre accès, en open source, à tout le monde, pour assurer une diffusion maximale. Parce qu’ils adoptent une logique de technologie à usage général, en disant : « D’accord, c’est une technologie à usage général, ce qui compte, c’est la diffusion. Voici les modèles, tout le monde peut les utiliser gratuitement. Concentrons-nous sur la couche applicative. » #Pascal Petite pause rapide, parce que j’ai été récemment banni de YouTube. Même si je suis de retour, ça peut très bien se reproduire à tout moment. Donc, s’il vous plaît, pensez à vous abonner, non seulement ici, mais aussi à ma liste de diffusion sur Substack. C’est pascallottaz.substack.com. Le lien est dans la description juste en dessous. Et maintenant, on revient à la vidéo. Alors, la stratégie des États-Unis, dans beaucoup de domaines, a toujours été d’obtenir un contrôle total du marché, n’ est-ce pas ? Parce que ce contrôle — du marché mondial — leur donne ensuite un levier énorme. Et on a vu les États-Unis utiliser ce levier encore et encore, depuis dix, quinze ans, avec les sanctions, toujours les sanctions. Vous savez, à ce moment-là, le système SWIFT a carrément exclu certains pays, en partant du principe que leurs économies allaient s’effondrer. On a vu comment ils ont essayé de faire ça, ou plutôt comment ils l’ont vraiment fait à l’Iran en janvier — ils ont tenté de détruire l’économie -- 3 of 18 -- iranienne du jour au lendemain, par des manipulations de marché, coordonnées depuis Washington. Et bien sûr, tout ça n’est possible que si on contrôle fermement certains segments du marché, ainsi que certaines technologies. Ils semblent vouloir reproduire ce schéma ici, mais l’approche chinoise, elle, est apparemment tout à fait différente. Donc, au lieu d’essayer de tout contrôler, ils laissent plutôt faire, y compris en ouvrant leurs technologies, en les mettant en open source, hein. #Arnaud Bertrand Oui, exactement. Je veux dire, si l’objectif des Américains, c’est de tout contrôler, eh bien, c’est un échec total. Parce que, vous savez, Jensen Huang vient de donner une interview dans un magazine et, selon ses propres mots, NVIDIA, qui est la plus grande entreprise américaine de puces, est tombée à zéro pour cent de part de marché en Chine. C’est lui qui l’a dit. Zéro pour cent. Et c’est directement lié à leur approche, qui consiste, bien sûr, à dire : « Vous, les Chinois, vous ne pouvez pas avoir nos puces, vous ne pouvez pas avoir nos modèles. » Donc, si depuis la Chine vous essayez d’accéder à anthropic point com, qui est la plateforme pour utiliser l’intelligence artificielle dans le cloud, ou si vous essayez d’aller sur ChatGPT, eh bien, vous ne pouvez pas accéder à ces modèles. Ce n’est pas la Chine qui les interdit, ce sont les Américains qui les bloquent en Chine. #Pascal Ah, je ne savais pas ça. Je pensais que c’était le Grand Firewall chinois, parce que j’étais justement à Shanghai pendant quelques jours et je n’y arrivais pas. J’ai dû faire passer mon trafic par mon eSIM de Hong Kong pour pouvoir utiliser Anthropic. Ah, donc en fait, ce sont les Américains qui le bloquent. #Arnaud Bertrand Oui, absolument. C’est le camp américain qui bloque ces modèles en Chine, et ils font la même chose pour les puces, et tout le reste. Donc, forcément, ça veut dire qu’ils n’ont plus aucun contrôle, parce qu’ils décident de se couper du plus grand marché du monde pour les semi-conducteurs. Et c’ est un fait : la Chine achète plus de semi-conducteurs que n’importe quel autre pays, y compris les États-Unis. On a donc décidé, enfin… le gouvernement américain a décidé, de ne plus leur vendre de puces, du moins pas les plus avancées. Le PDG de NVIDIA est d’ailleurs furieux à ce sujet. Mais ils disent : « On choisit volontairement de ne pas leur vendre. » Et ce que ça oblige la Chine à faire — ce qu’elle a d’ailleurs déjà fait — c’est de construire ses propres capacités. Donc, en agissant ainsi, ils aident, ils encouragent très clairement la Chine à devenir un concurrent redoutable. Et c’est exactement ce qu’elle est en train de devenir, notamment dans le domaine des modèles. On voit de plus en plus souvent les modèles chinois rivaliser, suivre de près les modèles américains. Par exemple, si on regarde le tout dernier DeepSeek V4, la plupart des tests de performance montrent qu’il est au même niveau que les modèles américains, et de plus en plus aussi sur les puces. Le DeepSeek V4, par exemple, peut tourner sur les dernières puces Huawei, les puces -- 4 of 18 -- Ascend, et il fonctionne très bien. Donc aujourd’hui, les Chinois maîtrisent toute leur pile technologique, ce qu’on appelait tout à l’heur