L’Iran Prêt à Riposter à une Invasion : Vers un Nouveau Choc Pétrolier ? | Marandi

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Le professeur Seyed Mohammad Marandi soutient que l’Iran reste résilient et capable de frapper des forces envahissantes sur l’ensemble de son territoire, et il prédit une incursion terrestre américaine probable motivée par le désespoir et des impératifs politiques intérieurs. Reportant depuis Téhéran, Marandi décrit un moral civique élevé malgré de lourds bombardements, la suspension de la scolarité et environ 2 000 décès. Il affirme que les actions américaines et israéliennes reflètent l’influence sioniste plutôt que des objectifs stratégiques rationnels, et il qualifie de fanfaronnades criminelles les menaces visant les infrastructures critiques iraniennes, destinées à manipuler les marchés. Marandi met en avant la retenue calibrée de l’Iran — évitant la destruction massive des actifs énergétiques du Golfe afin de ne pas provoquer l’effondrement de l’économie mondiale — tout en avertissant que des opérations terrestres entraîneraient une riposte sévère contre les États du Golfe qui accueillent des bases américaines. Il présente les négociations comme en grande partie performatives, rejette les assurances de l’ère Trump comme peu fiables, et souligne le rôle décisif que pourraient

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L’escalade récente au Moyen-Orient n’est pas seulement une succession de frappes et de contre-frappes : elle met en lumière un affrontement stratégique où se jouent la souveraineté, le contrôle des voies pétrolières, et une confrontation indirecte entre puissances qui semblent avoir épuisé les marges de manœuvre diplomatique. La conversation avec le professeur S.M. Marandi éclaire ce moment critique : les bombardements répétés, la perspective d’une invasion terrestre, la rhétorique des « négociations » et la perspective d’un choc pétrolier mondial montrent à quel point le conflit a basculé d’un duel régional en une crise aux conséquences planétaires. ## Bilan des bombardements et moral public La discussion depuis Téhéran dresse un tableau d’un pays frappé mais loin d’être démoralisé. Les bombardements continuent, visant villes, marchés, hôpitaux et parfois établissements universitaires. Pourtant, le récit est double : une partie significative de la population a quitté les grandes villes par précaution — notamment après des attaques particulièrement meurtrières — et les périodes de fêtes et de jeûne ont atténué l’activité urbaine. Malgré la violence, le moral populaire est décrit comme élevé, une conviction partagée selon laquelle l’Iran résistera. Ce sentiment n’est pas seulement patriotique : il reflète la perception d’une capacité militaire intacte, d’une détermination politique et d’un récit collectif qui refuse l’idée d’une reddition face à une coalition qu’on tient pour agressive. Sur le plan humain, les chiffres communiqués publiquement montrent déjà des milliers de morts et une détresse importante. Les destructions ciblant des infrastructures civiles — marchés, hôpitaux — aggravent le traumatisme et rendent tangible la violence de l’offensive. À cela s’ajoute l’accusation explicite formulée dans la conversation : que les forces aériennes engagées agissent en terroristes modernes, répétant des modes d’action observés ailleurs, du Yémen à Gaza, en passant par la Libye et la Syrie. Le résultat est un mélange de colère, de résilience et d’une volonté de riposte qui conditionne désormais toute option diplomatique. ## Invasion terrestre et détroit d’ Hormuz L’éventualité d’un débarquement terrestre américain est présentée non comme une spéculation lointaine, mais comme une possibilité imminente motivée par le désarroi politique. Selon l’analyse discutée, la logique de Washington serait de tenter de « rouvrir » ou de sécuriser le détroit d’Ormuz par un contrôle direct, surtout si les pressions iraniennes ferment effectivement des approvisionnements énergétiques. Pourtant, cette logique se heurte à plusieurs réalités tactiques et stratégiques : l’Iran ne dépend pas d’une occupation côtière pour frapper les navires ou les forces — ses missiles et drones ont la portée pour atteindre des cibles depuis l’intérieur du pays —, et la présence d’un contingent de quelques dizaines de milliers de soldats ne suffirait pas à neutraliser ces capacités. La dimension symbolique d’une invasion pèse autant que l’aspect militaire : elle donnerait lieu à des pertes massives, que l’interlocuteur appelle « massacre », et risquerait d’enflammer davantage l’opinion aussi bien régionale qu’internationale. En outre, le rôle du bouclier assurantiel — la désertion des compagnies d’assurance de couvrir les navires exposés — montre que l’ouverture du détroit n’est pas seulement une question militaire, mais aussi économique et logistique. La manœuvre d’une invasion sur des îles ou des pointes côtières apparaît ainsi comme un pari à haut risque, symptomatique d’un choix politique qui privilégie l’escalade plutôt que la désescalade. ## Faux pourparlers et menaces de frappes La conversation insiste sur le caractère trompeur de certaines annonces publiques. Des déclarations d’ouverture à la négociation sont parfois utilisées comme manœuvres de temporisation ou d’opportunisme médiatique plutôt que comme de véritables offres de paix. L’exemple cité est celui d’une prétendue initiative de négociation relayée via un tiers, mais jugée insuffisante et sans base réelle pour aboutir. L’Iran, selon l’échange, a présenté des conditions claires : réparations, changement des faits sur le terrain, et garanties pour empêcher de futures agressions — des exigences qualifiées de minimales pour restaurer la souveraineté. Simultanément, la menace explicite de frappes sur des infrastructures critiques iraniennes par certains acteurs occidentaux a suscité des réponses sévères de la part de Téhéran, qui promet la réciprocité en visant des installations du Golfe complices de l’agression. La rhétorique n’est donc pas anodine : le délai accordé par ces annonces — une suspension de l’attaque pendant quelques jours — apparaît comme calculé pour influer sur les marchés pétroliers, mais pas forcément destiné à aboutir à un compromis sérieux. En clair, ce qu’on qualifie parfois de « négociations » relève souvent d’un théâtre stratégique plus que d’une diplomatie authentique. ## Lignes rouges et représailles dans le Golfe Au fur et à mesure que l’affrontement progresse, des lignes rouges informelles émergent, mais elles sont instables et sujettes à des interprétations divergentes. Aux yeux des interlocuteurs, la ligne rouge iranienne tient à la protection de la souveraineté et à la garantie que les États complices ne bénéficient pas d’impunité. Cela se traduit par l’assurance explicite que toute attaque sur des infrastructures civiles iraniennes sera suivie d’une réponse dirigée contre des cibles équivalentes dans les États du Golfe considérés comme facilitateurs de la campagne occidentale. La vulnérabilité des économies du Golfe — dépendantes du pétrole et du gaz — est au cœur de cette logique : frapper des installations énergétiques dans ces pays provoquerait non seulement des dommages matériels et humains, mais aurait aussi des conséquences systémiques sur l’économie mondiale. Pour l’Iran, la menace d’atteindre ces infrastructures s’inscrit dans une stratégie de dissuasion. Pourtant, frapper des installations civiles ou énergétiques reste une ligne d’escalade majeure, car elle pourrait déclencher des représailles en chaîne et une crise régionale incontrôlable. La conversation montre une région où chaque action militaire est simultanément une provocation et une mesure défensive, rendant la stabilisation d’autant plus difficile. ## Choc pétrolier et répercussions mondiales Les enjeux énergétiques apparaissent comme l’un des leviers les plus puissants de cette crise. La fermeture, volontaire ou effective, du détroit d’Ormuz ou des dommages aux capacités d’exportation des pays du Golfe pourrait déclencher un choc pétrolier aux conséquences globales. L’impact immédiat se lirait dans la hausse des prix, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et une remise en cause de la sécurité énergétique des importateurs majeurs. Au-delà des marchés, une crise prolongée fragiliserait des économies dépendantes des revenus pétroliers et créerait un effet domino sur les économies mondiales déjà sensibles aux cycles d’inflation et de récession. L’analyse discutée souligne que certaines manœuvres politiques visent précisément à manipuler les marchés : les annonces publiques, les menaces avortées et les reports d’actions militaires ont des effets calculés sur la spéculation et les prix. Mais là encore, la capacité de l’Iran à menacer directement les exportations des rivages du Golfe confère à Téhéran un levier de négociation non négligeable. Le risque est que, dans un climat d’escalade, l’économie mondiale devienne la variable d’ajustement d’un conflit régional, avec des populations éloignées de la zone payant le prix en prix de l’énergie et d’instabilité économique. ## États du Golfe et contrôle américain La conversation insiste sur la dépendance des États du Golfe aux États-Unis, tant en termes de sécurité que de politique régionale. Ces États hébergent des bases, offrent des corridors aériens et servent de

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L’Iran Prêt à Riposter à une Invasion : Vers un Nouveau Choc Pétrolier ? | Marandi Le professeur Seyed Mohammad Marandi de l’Université de Téhéran nous informe sur la guerre depuis Téhéran : il prédit que les Américains vont effectivement déployer des troupes au sol, tant leur situation est désespérée, ce qui mènera à un massacre des soldats engagés. La détermination de l’Iran semble intacte, et sa capacité à frapper les troupes envahissantes non seulement depuis les côtes, mais depuis n’importe quel point du territoire iranien, représente une menace que seul un ennemi en panique oserait affronter. Mais il semble que c’est bien là où nous en sommes dans cette guerre. Liens : Professeur Seyed Mohammad Marandi sur X : https://x.com/s_m_marandi Neutrality Studies sur Substack : https://pascallottaz.substack.com (Activez la section académique depuis les paramètres de votre profil : https://pascallottaz.substack.com/s/academic) Produits dérivés et dons : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Chapitres : 00:00:00 Introduction et mise à jour depuis Téhéran 00:02:21 Bilan des bombardements et moral public 00:05:08 Invasion terrestre et détroit d’ Hormuz 00:14:14 Faux pourparlers et menaces de frappes 00:20:50 Lignes rouges et représailles dans le Golfe 00:30:56 Choc pétrolier et répercussions mondiales 00:35:57 États du Golfe et contrôle américain 00:46:03 Scandale des primes et silence médiatique #Pascal Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Aujourd’hui, nous retrouvons le professeur Marandi de l’ Université de Téhéran. Professeur, bienvenue à nouveau. #Marandi Merci beaucoup de m’avoir invité à nouveau dans votre émission. C’est un grand plaisir d’être ici. #Pascal Merci de toujours prendre le temps de nous donner des nouvelles. J’aimerais savoir ce qui s’est passé au cours de la dernière semaine et demie depuis notre dernière conversation. Je veux dire, comment se passe la vie à Téhéran en ce moment, et comment interprétez-vous l’état actuel de la guerre maintenant que nous arrivons pratiquement à la fin de la quatrième semaine ? #Marandi Eh bien, Téhéran — et je ne peux pas en dire autant pour le reste du pays — n’est toujours pas très peuplée. Environ 30 % des personnes assassinées par cette coalition américano-israélienne viennent de Téhéran. Donc, dès le début de la guerre, beaucoup de gens ont quitté la ville. Après le premier -- 1 of 16 -- jour, lorsque les Américains ont tué ces 168 écolières ainsi qu’une vingtaine de membres du personnel et d’enseignants, les écoles et les universités ont été fermées. Le gouvernement a encouragé les gens, s’ils n’avaient rien d’important à faire ici, à partir. Et puis, bien sûr, c’était le Ramadan. Les gens jeûnaient, donc Téhéran était calme. Mais c’est toujours calme maintenant parce que nous sommes pendant le Nouvel An iranien. Oui, et le Nouvel An iranien, c’est un peu comme Noël et le Nouvel An en Occident. Les écoles sont fermées pendant deux semaines, les bureaux pendant une semaine, mais la deuxième semaine est plutôt tranquille. Les gens prennent généralement leurs vacances à ce moment-là, donc Téhéran reste calme. Cela va durer encore une dizaine de jours, puis les commerces devront rouvrir. Donc oui, c’est calme. Quand j’ai traversé la ville hier, la circulation était fluide. Ils bombardent encore, bien sûr, mais ces deux ou trois derniers jours, les bombardements ont diminué. On pense qu’il y a deux raisons possibles — l’une ou l’autre, ou une combinaison des deux. La première est qu’ils manquent de munitions. Les Américains et les Israéliens bombardent tellement les villes et les populations qu’ils finissent par manquer de ces armes. Les systèmes de défense et aussi les avions de chasse s’usent, et bien sûr, nous savons tous que les avions doivent être révisés. Cela pourrait donc être une raison — probablement la bonne. La deuxième raison est qu’ils prévoient d’attaquer le territoire iranien et d’envahir, donc ils essaient peut-être de se préparer à cette attaque. J’imagine que c’est une combinaison des deux. Puis-je simplement demander— #Pascal Désolé, puis-je simplement demander combien de personnes sont maintenant—je veux dire, selon les chiffres iraniens—combien de personnes ont été tuées par cette offensive jusqu’à présent ? #Marandi Le gouvernement publie régulièrement des chiffres. Je ne me souviens pas exactement, mais j’ imagine que le total doit être d’environ 2 000 à présent, ou quelque chose comme ça — autour de 2 000, oui. Mais juste un dernier point : ce n’est pas forcément le cas pour d’autres villes, car pendant le Nouvel An, les gens quittent Téhéran pour aller dans de plus petites villes ou d’autres grandes cités. Donc, ailleurs, il peut y avoir beaucoup de monde. Quand les Américains, par exemple, bombardent Ispahan — une ville très historique avec une longue histoire civilisationnelle —, il y a actuellement beaucoup de monde là-bas. Et les gens, vous savez, surtout les petits enfants, sont traumatisés, bien sûr, s’ils ne sont pas tués ou blessés. Mais ce sont les terroristes de notre époque — les pilotes des forces aériennes américaines et israéliennes. Ce sont eux qui bombardent pays après pays depuis partout : le Venezuela plus récemment, mais aussi la Libye, la Syrie, l’Irak, Gaza bien sûr, et le Yémen. Ce sont donc les terroristes de notre époque, et maintenant c’est au tour de l’Iran. Mais la différence, c’est que l’Iran -- 2 of 16 -- est déterminé à les repousser, et qu’il en a le pouvoir. Je constate chez les Iraniens que leur moral est très élevé et qu’ils sont très confiants. J’ai toujours pensé que l’Iran finirait par vaincre cette coalition occidentale dans cette guerre, mais je n’aurais jamais imaginé — le moral des Iraniens ordinaires est encore plus haut que je ne le croyais. #Pascal Alors, tu penses que les Américains pourraient vraiment être assez fous pour envisager sérieusement une invasion terrestre, même si ce n’est que pour une ou deux îles ? Je veux dire, ce seraient des cibles faciles, non ? Vu la manière dont l’Iran continue de riposter contre Israël et les États-Unis — les bases et tout ça — tu crois qu’ils prennent vraiment ça au sérieux ? #Marandi Oui, je pense que cela va réellement se produire dans les prochains jours. Ce n’est pas loin. C’est fou, mais Trump est désespéré — il a perdu la guerre et commis une erreur catastrophique. Il ne peut pas rouvrir le détroit d’Ormuz, et il ne peut pas empêcher les frappes de missiles et de drones iraniens contre le régime israélien ou contre les intérêts américains dans la région du golfe Persique. Alors, au lieu de se retirer, de déclarer une fausse victoire et d’accepter les demandes tout à fait légitimes de l’Iran, il va s’entêter. Et souvenez-vous, quand on regarde la lettre de démission de Joe Kent, la raison pour laquelle nous sommes en guerre n’a rien à voir avec le programme nucléaire iranien, car Kent a dit que les services de renseignement américains étaient formels : il n’y avait aucun plan de l’Iran pour développer une arme nucléaire. Et, bien sûr, Joe Kent est un nommé de Trump. Il a également déclaré très clairement que l’Iran ne représentait pas une menace pour les États-Unis. Mais cette guerre continue — ou plutôt, elle a commencé et se poursuit — à cause du sionisme, du lobby sioniste aux États-Unis et du régime israélien. Donc, toute la guerre, depuis le tout début, je pense que beaucoup d’entre nous — je le dis depuis des années — savaient que cela se déroulerait ainsi, et que les États-Unis échoueraient. Et cela se produit comme prévu. C’était de la folie dès le premier jour, donc la folie qui continue ne devrait pas être si surprenante. #Pascal Hé, petite interruption rapide parce que j’ai récemment été banni de YouTube. Et même si je suis de retour, cela pourrait se reproduire à tout moment. Donc, s’il vous plaît, pensez à vous abonner non seulement ici, mais aussi à ma liste de diffusion sur Substack — c’est pascallottaz.substack.com. Le lien sera dans la description ci-dessous. Et maintenant, retour à la vidéo. Je veux dire, quel pourrait être l’objectif des Américains s’ils essaient réellement d’envoyer des troupes dans une zone dangereuse ? Parce qu’il ne fait aucun doute que l’Iran les frappera, n’est-ce pas ? Il ne fait aucun doute que ces missiles et ces drones iront directement sur les troupes et les tueront, n’est-ce pas ? Ou vois-tu une autre logique possible ? -- 3 of 16 -- #Marandi Eh bien, vous savez, avant la guerre, il y avait en Iran des discussions sur ce que pourrait être la plus grande vulnérabilité des États-Unis. Certains disaient que c’était la mort de leurs soldats. Mais j’ ai toujours pensé — et je l’ai dit dans différents rassemblements — que les Américains ne se soucient pas de leurs soldats. La classe Epstein, l’oligarchie sioniste, pour eux ces soldats ne sont que des outils à utiliser. Même le langage employé par Trump et Lindsey Graham, entre autres, montre clairement que la vie de ces soldats n’a pas d’importance. Vous le savez mieux que moi, mais les soldats américains viennent généralement des milieux pauvres. Et les classes et communautés pauvres aux États-Unis n’ont aucune influence. Quand leurs enfants sont tués, ils meurent simplement et sont enterrés. Pendant la guerre du Vietnam, par exemple, les États-Unis avaient une armée de conscrits. À part ceux qui avaient de très bonnes relations et pouvaient éviter d’y aller, presque tout le monde devait servir. Leurs enfants devaient partir. Alors, quand les sacs mortuaires ont commencé à s’accumuler et que les gens ont commencé à en apprendre davantage sur la réalité du Vietnam — en voyant au- delà de la propagande sur Hô Chi Minh et la résistance là-bas — les protestations ont commencé. Ces manifestants venaient de la classe moyenne, parfois de la classe moyenne supérieure, et leurs voix pouvaient se faire entendre plus facilement. Ces gens-là, en réalité, n’étaient que de la chair à canon, comme on dit. Et donc, ce qui peut vraiment arrêter les États-Unis, c’est une combinaison de plusieurs facteurs. La première option serait que l’Iran riposte et frappe ces troupes qui, j’imagine, sont elles-mêmes pour la plupart des victimes de l’empire. Mais la seconde serait de maintenir le détroit d’Ormuz fermé, car le pétrole, le gaz et les produits pétrochimiques qui en proviennent appartiennent à des pays impliqués dans cette guerre. Le Koweït, les Émirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar — ils ont tous des bases américaines. Ils facilitent tous la guerre. Ils ont permis aux Américains, dès le premier jour, d’utiliser leur espace aérien et leur territoire pour tirer des missiles. Ils font partie de cette guerre et ils financent les Américains. Au moins le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats financent la guerre. Donc, en stoppant leur pétrole et leur gaz — pour la plupart, l’Iran en laisse passer un peu —, ce qu’ ils font, c’est exercer une véritable pression sur les États‑Unis. Et ce que les États‑Unis veulent, en prenant ces îles, c’est rouvrir le détroit d’Ormuz. Mais le problème, c’est que l’Iran ne garde pas le détroit fermé en plaçant des troupes sur le rivage. Ça, c’est du XIXᵉ siècle, du XXᵉ siècle. Ils tirent des missiles et des drones depuis des centaines de kilomètres. Donc, si les Américains veulent arrêter ces missiles et ces drones, ils devraient pénétrer profondément à l’intérieur de l’Iran — et c’ est impossible avec cinq, dix, vingt, trente, quarante mille soldats. Cela semble complètement insensé, mais tout ce que Trump a fait jusqu’à présent est insensé. #Pascal -- 4 of 16 -- Mais c’est justement pour cela qu’il n’a aucun sens de déployer ces troupes là-bas, comme si elles pouvaient être défendues d’une manière ou d’une autre ou réellement rouvrir le détroit. Parce qu’ encore une fois, tu l’as bien dit, non ? L’Iran laisse passer certains navires. L’Iran ne l’a pas fermé catégoriquement. En réalité, le plus gros problème, c’est que les compagnies d’assurance ne couvrent plus les navires.