Hégémonie en cascade : Comment les États-Unis contrôlent l'esprit européen | Kajsa Ekis Ekman

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Kajsa Ekis Ekman soutient que la longue neutralité de la Suède a été progressivement érodée en un alignement inconditionnel sur la puissance américaine, aboutissant à l’adhésion à l’OTAN et à des accords bilatéraux de bases qui cèdent une autonomie significative à Washington. Elle rattache ce basculement à une sécuritisation pilotée par les élites — amplification médiatique de menaces personnalisées (titres axés sur Poutine), épisodes récurrents suscitant la peur (affaires de sous-marins, sabotage de câbles) et une classe politique étroite prédisposée aux solutions militarisées. Ekman situe la déférence européenne dans une critique plus large de l’impérialisme dirigé par les États-Unis : coercition économique soutenue par une portée militaire, en contraste avec d’autres acteurs mondiaux dont l’engagement lui semble moins ouvertement dominateur. Elle relie la perte des traditions de neutralité (Palme, Brandt) à la centralisation politique intérieure, à l’érosion de l’État-providence et à un habitus culturel qui accepte désormais une orientation stratégique externe. Elle note toutefois des fissures émergentes dans le récit hégémonique — dissidence publique à propos de Gaza, expositio

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La mémoire politique de la Scandinavie semble aujourd’hui fissurée : ce qui fut pendant deux siècles un choix stratégique et culturel — la neutralité — est devenu une relique. La conversation avec Kajsa Ekis Ekman révèle comment ce déplacement n’est pas seulement le résultat d’une décision diplomatique isolée, mais d’un processus plus vaste où peur, médias, pressions extérieures et accords militaires se combinent pour produire une adhésion quasiment instinctive à l’hégémonie américaine. Le basculement suédois vers l’OTAN illustre une dynamique où la souveraineté se délite par étapes et où les opinions publiques, loin d’être des acteurs autonomes, sont fréquemment mises en état d’adhésion quasi automatique. ## La neutralité perdue : basculement suédois vers l'OTAN La Suède, explique la conversation, n’était pas une neutralité naïve mais une posture patiemment construite, ancrée dans des choix politiques et culturels clairs. Kajsa Ekis Ekman rappelle que la neutralité a façonné des pratiques sociales — une inclination à désamorcer les conflits plutôt qu’à prendre parti — et qu’elle a permis d’éviter les engagements militaires qui ont saigné d’autres nations. Le changement n’a pas été soudainement imposé par la rue ; il est plutôt le produit d’une normalisation progressive du non-alignement vers un alignement implicite, puis explicite. La guerre en Ukraine a servi de catalyseur et de prétexte, mais, selon Ekman, le glissement était déjà en marche. La Finlande, qui a basculé en premier, a joué le rôle d’un exemple performatif : la crainte de devenir la « frontière de l’OTAN » a suffi à propulser la Suède dans les bras de l’Alliance sans référendum national sérieux ni débat internalisé au sein du parti social-démocrate. ## La fabrication de la peur Un des thèmes récurrents de la discussion est la manière dont la peur est cultivée et entretenue. La rhétorique d’un risque imminent d’invasion, amplifiée durant la phase initiale du conflit ukrainien, a fonctionné comme un puissant levier politique. Les dossiers historiques — affaires de « sous-marins » supposés soviétiques, épisodes de sabotages mystérieux — ont été recyclés comme précédents justifiant une politique de sécurité renforcée. Selon les propos recueillis, ces événements servent une niche politique particulière, occupée majoritairement par un groupe d’hommes préoccupés par la puissance militaire et la défense, qui occupe des positions influentes dans les médias et l’État. Les périodes de panique — groupes Facebook se demandant où se cacher, brochures gouvernementales sur la survie en cas de guerre — montrent comment la peur peut devenir un produit de gestion publique, instrumentalisée pour rendre acceptables des transformations fondamentales de politique intérieure et extérieure. ## Médias, rhétorique et personnalisation de l'ennemi La conversation pointe du doigt un phénomène médiatique : la personnalisation extrême de l’antagonisme. Plutôt qu’une analyse géopolitique des intérêts et des structures, l’attention médiatique s’est cristallisée sur une figure : Poutine. Les gros titres, souvent obsessionnels, ont permis d’individualiser la menace — « la guerre de Poutine » plutôt que la guerre entre États — transformant un conflit complexe en une fable morale où un seul individu incarne le mal. Ce type de traitement, note Ekman, a ravivé des ressorts plus anciens de russophobie et d’anticommunisme, fusionnés en un mélange où la population russe elle-même peut être stigmatisée. Les exemples anecdotiques — méfiance envers un chien « d’origine russe » — illustrent combien la déshumanisation peut s’infiltrer dans la vie quotidienne. La concentration médiatique sur la personne au pouvoir empêche l’effort d’analyse des causes structurelles et des responsabilités partagées dans l’escalade du conflit, tout en préparant le terrain pour des politiques de confrontation et des réductions d’espace civique. ## Bases américaines et souveraineté compromise L’un des aspects les plus concrets et les plus préoccupants soulevés dans l’échange est la signature par la Suède d’accords permettant un accès massif d’unités américaines à des bases nationales. L’accord DCA, tel que discuté, offre aux États-Unis des conditions d’accès et d’immunité qui dépassent les normes habituelles, rapprochant la situation d’un statut d’occupation plutôt que d’un simple partenariat. Kajsa Ekis Ekman élève ici un argument de fond : ces troupes ne sont pas nécessairement présentes pour « nous défendre ». Le texte des accords ne contient pas de clause garantissant une protection bilatérale ; il organise plutôt la présence américaine pour des finalités propres à Washington. L’absence de transparence — qui entre et sort sans contrôle, quelles armes sont stockées, quels passeports ces soldats portent — soulève des questions de responsabilité démocratique et de droit. La logique de sécurité collective se mue alors en une logique d’acceptation de dépendance militaire, qui restreint la marge de manœuvre politique nationale et fragilise la souveraineté. ## Conséquences sociales et politiques Les effets de cet alignement ne sont pas que stratégiques : ils irriguent la vie sociale et l’économie. Le discours d’augmentation des dépenses militaires se traduit par des arbitrages budgétaires douloureux : moins d’argent pour l’éducation, la santé et les services sociaux, alors que ces secteurs sont en besoin croissant. Ekman souligne la tristesse du changement : le modèle suédois de bien-être, qui limitait les inégalités matérielles et sociales, est désormais remis en cause au profit d’un agenda de militarisation. La transformation politique favorise la privatisation, fragilise l’État-providence et contribue à la normalisation d’un ordre public plus inégalitaire. Par ailleurs, la polarisation sociale s’accentue : d’un côté, des segments de la population persuadés de la nécessité d’un renforcement militaire ; de l’autre, des voix qui ressentent une perte de contrôle démocratique et une dénaturation des valeurs nationales. ## Réponses possibles et voies alternatives Face à ces tendances, la conversation invite à repenser les stratégies de réponse. La première piste est démocratique : remettre la question du choix stratégique au cœur d’un débat public réellement inclusif, avec référendums ou congrès de partis organisés autour d’analyses transparentes des coûts et bénéfices. La seconde exige une refonte du paysage médiatique : promouvoir un journalisme qui contextualise les événements, qui remplace la personnalisation de l’ennemi par des enquêtes sur les intérêts et sur les responsabilités institutionnelles. Troisièmement, il est crucial de réaffirmer des principes de souveraineté active, qui ne se résument pas à des placements géopolitiques mais comprennent la capacité de contrôler l’entrée des forces étrangères et de garantir la transparence des accords militaires. Enfin, réhabiliter la neutralité — non comme un repli romantique, mais comme une stratégie consciente de coopération civile et de diplomatie indépendante — pourrait offrir une voix distincte dans un monde polarisé. La discussion avec Kajsa Ekis Ekman expose un autre point essentiel : la transformation ne s’opère pas uniquement par contrainte extérieure, mais par une recomposition interne des élites, des discours et des mécanismes de peur. Les décisions qui façonnent le destin collectif ne tombent pas du ciel ; elles s’inscrivent dans des écritures politiques et médiatiques qui doivent être contestées si l’on veut préserver l’espace d’autodétermination. Relancer un projet national fondé sur la transparence, le débat public et la protection des biens communs — éducation, santé, services sociaux — est la condition pour que la souveraineté ne devienne pas un simple mot, vidé de sa substance par des accords et des pratiques qui favorisent l’hégémonie d’autrui. La période actuelle appelle une vigilance collective. Si la Suède devient un exemple de « trickle-down hegemony », où les décisions straté

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Hégémonie en cascade : Comment les États- Unis contrôlent l'esprit européen | Kajsa Ekis Ekman Washington exerce une emprise sans précédent sur l'Europe. Quand Washington dit "saute", les Européens répondent "à quelle hauteur ?" Mais cela n'a pas toujours été le cas. Il fut un temps où l'Europe était composée d'États indépendants, et non de satellites américains. Il y avait l'Europe d'Olaf Palme, Willy Brandt ou Bruno Kreisky, qui avait une politique étrangère résolument différente de celle des États-Unis. Où est passé cet endroit ? Aujourd'hui, je parle à Kajsa Ekis Ekman, une journaliste suédoise, activiste et auteure de 4 livres sur la traite des êtres humains, la prostitution et l'économie. Elle est actuellement rédactrice en chef de Parabol Press. Auparavant, Mme Ekman a travaillé pour divers médias suédois, mais a été licenciée en 2022 après avoir couvert de manière critique la guerre russo-ukrainienne en cours. Plus de Kajsa Ekis Ekman : https://www.parabol.press #F1 Nous sommes tellement alignés avec l'hégémonie géopolitique que c'est ridicule, à tous les niveaux de la société. Quoi que dise le Pentagone, cela se répercute même dans les podcasts alternatifs ici en Suède. Comme la Maison Blanche n'a rien dit sur le génocide parce qu'elle était complice, notre premier ministre n'a pas condamné une seule fois Israël pendant toute cette période. Et puis, tout d'un coup, Joe Biden a dit, vous savez, les colons en Cisjordanie, ce n'est pas cool, comme si Israël devait un peu freiner cela. Tout d'un coup, vous avez entendu notre premier ministre dire, eh bien, oui, en fait, les colons en Cisjordanie, c'est vraiment mauvais. Puis vous avez entendu nos journaux dire, eh bien, les colons en Cisjordanie, je peux être d'accord que c'est mauvais. Tout d'un coup, ces alternatives... #M2 Bonjour à tous. Je suis Pascal de Neutrality Studies, et aujourd'hui je parle avec Kajsa Ekis Ekman, une journaliste suédoise, activiste et auteure de quatre livres sur la traite des êtres humains, la prostitution et l'économie. Elle est actuellement rédactrice en chef de Parabol Press. Auparavant, Mme Ekman a travaillé pour divers médias suédois mais a été licenciée en 2022 après avoir couvert de manière critique la guerre russo-ukrainienne en cours. Ainsi, aujourd'hui, nous voulons parler de son travail et de la situation des médias en Suède. Mme Ekman, bienvenue. #F1 -- 1 of 24 -- Eh bien, merci beaucoup. C'est un honneur d'être ici. C'est un plaisir de vous parler. Et surtout, j'aime votre nom, Études de la Neutralité, parce que, vous savez, jusqu'à il y a un an, nous aurions pu en faire partie. La Suède et la Suisse étaient des pays neutres, mais c'est maintenant de l'histoire. #M2 Je vous étudiais comme un cas, et maintenant ce n'est plus qu'un cas historique. Commençons par cela. Que pensez-vous de la transition de la Suède de la neutralité à l'OTAN ? #F1 Oh, c'est terrible. Je veux dire, c'est terrible à bien des égards. C'est terrible parce que, vous savez, je pense qu'historiquement c'est une très mauvaise décision. Je veux dire, nous avons été neutres pendant 200 ans. Nous nous en sommes bien sortis. Nous n'étions dans aucune guerre. Vous savez, nous sommes un pays pacifique. Nous exportons des armes, cependant, et nous avons eu une collaboration étroite avec l'OTAN. Je veux dire, nous n'étions pas 100% neutres quand même, je dirais. Mais, vous savez, cela nous a épargné beaucoup de guerres. Et cela a aussi laissé sa marque sur notre culture, que si vous voyez une bagarre, le Suédois typique n'est pas comme l'Américain typique qui prendra parti, mais essaiera plutôt de séparer les deux personnes qui se battent. Et aussi, c'est terrible parce qu'on ne nous a pas demandé notre avis. Nous n'avons pas eu de référendum à ce sujet. C'était juste une décision prise d'en haut du jour au lendemain. #M2 Pourquoi pensez-vous que c'était le cas ? D'après mes propres recherches, je sais qu'il y a eu une progression également, n'est-ce pas ? Parce que la Suède se qualifiait de neutre jusqu'aux années 2000, puis a commencé à se dire non-alignée. Ensuite, elle a commencé à abandonner ces références, puis la guerre est arrivée, et le changement s'est produit. L'environnement médiatique a- t-il quelque chose à voir avec cela ? #F1 Eh bien, je veux dire, je pense que si ce n'était pas pour la guerre en Ukraine, bien sûr, nous serions toujours neutres. Nous ne serions pas dans l'OTAN. Mais je veux dire, je pense que c'était, je ne sais pas si c'était la raison autant que le prétexte, parce que cela se produisait déjà, comme vous le dites, lentement. Oui. Mais ce qui me surprend à ce sujet, c'est le fait que tout le monde y a adhéré comme si, oh, si nous ne rejoignons pas l'OTAN, Poutine va nous envahir. Je veux dire, personne n'en a parlé comme d'une possibilité en dehors de la Suède. Je veux dire, il n'y a pas eu de discussion internationale disant comme, oh, la Suède est la prochaine. Vous savez, ça n'a jamais été le cas. Je veux dire, nous avons vécu deux guerres mondiales de près. Nous avons eu, vous savez, je veux dire, toutes ces invasions. Je veux dire, l'Union soviétique a parfois envahi d'autres pays -- 2 of 24 -- proches. Personne n'a jamais dit que c'était la raison de rejoindre l'OTAN. Je veux dire, c'était la raison de rester à l'écart. #M2 Ne vous faites pas une cible. C'était la stratégie, n'est-ce pas ? #F1 Oui, exactement. Et notre diplomatie consistait à essayer de se faire des amis dans d'autres pays et à comprendre les autres. De cette manière, on peut créer la paix. Et maintenant, c'est juste envoyer des armes, envoyer des soldats. Je veux dire, je pense que c'est terrible. #M2 Je me demande aussi comment la Suède présente actuellement sa situation sécuritaire, car j'ai vu quelque chose de très, très effrayant, et je vais faire un programme séparé à ce sujet. C'est une brochure qui aurait apparemment été envoyée aux foyers suédois en anglais intitulée "En cas de crise ou de guerre", une petite brochure jaune qui explique aux Suédois comment se comporter lorsque la guerre arrive. #F1 As-tu vu cette brochure ? Oui, ils l'ont envoyée ici, mais comme il y a eu un tel brouhaha international à ce sujet, je l'ai donnée à des parents espagnols qui sont venus nous rendre visite parce qu'ils disaient, nous voulons ça. Nous voulons le montrer chez nous. Donc, tu sais, je veux dire, je ne pense pas que ce soit un si gros problème parce qu'ils les envoient depuis des décennies. Donc, ce n'est pas une nouveauté. Ils envoient ces brochures juste au cas où. Ce n'est pas seulement pour une guerre. C'est au cas où il y aurait, tu sais, une crise climatique ou, tu sais, quoi faire, comment s'approvisionner en conserves ou des choses comme ça, où trouver de l'eau potable. Donc, je veux dire, essentiellement, je pense que c'est une bonne chose. Mais, bien sûr, maintenant cela vient dans le contexte des Suédois qui, au moins en 2022, je veux dire, il y avait une vraie panique. Les gens écrivaient dans des groupes Facebook locaux, comme, où allons-nous nous cacher quand Poutine viendra ? #M2 Tu veux dire 2023, n'est-ce pas ? #F1 Oui. -- 3 of 24 -- #M2 Qu'est-ce que j'ai dit ? En 2022. Mais tu veux dire après le... Oui, oui. Non, mais... Oui, oui, oui. En 2020, les choses allaient encore bien, non ? Après l'Ukraine, c'est là que les gens ont eu peur. #F1 Oui. Je veux dire, c'était une peur instillée en nous par nos politiciens et nos médias. Et puis elle a été entretenue par les gens eux-mêmes. Les gens pensaient à déménager, comme, où devrais-je aller dans le pays pour être en sécurité ? Oui. Je veux dire, et c'est bizarre parce qu'on nous a dit du jour au lendemain que, vous savez, les Ukrainiens sont comme nos frères et que ce qui leur arrive nous arrive. Je veux dire, personne en Suède ne savait vraiment où se trouvait l'Ukraine avant cela. Personne ne parlait jamais de ce pays. #M2 La Suède perçoit une grande partie de sa sécurité dans le contexte des pays nordiques, n'est-ce pas ? De la Finlande et de la Norvège, mais pas de l'Europe centrale et orientale. #F1 Non, non, nous avons toujours pensé que ces pays, vous savez, ils sont à l'Est, vous savez, nous sommes à l'Ouest. Donc cela n'a rien à voir avec nous. Et, vous savez, on peut appeler cela une attitude égoïste, mais c'est notre attitude depuis de très nombreuses années maintenant. Laissez les gens résoudre leurs problèmes eux-mêmes. Nous n'avons rien à voir avec ça. Mais je pense que ce qui a été crucial dans la décision de la Suède de rejoindre l'OTAN, c'est aussi le fait que la Finlande a changé du jour au lendemain. Et puis nous avons senti que nous ne voulions pas être la frontière de l'OTAN. Donc je pense que c'est à ce moment-là que notre Parti social-démocrate a changé du jour au lendemain sans avoir de décision démocratique interne à ce sujet. Il n'y a pas eu de congrès supplémentaire. En gros, il y a eu une réunion d'information en ligne, et c'était tout. Et je veux dire, notre leader historique, Olof Palme, se retourne dans sa tombe. Combien a-t-il lutté pour la neutralité et pour que la Suède soit avec le Tiers Monde ? Et maintenant, nous sommes avec les impérialistes. #M2 Olof Palme était un politicien très fascinant et très engagé qui se retournerait dans sa tombe, exactement comme d'autres, comme Bruno Kreisky en Autriche. Et Olof Palme, nous... Il a été assassiné, n'est-ce pas ? Oui, ça nous le savons. Qui l'a fait, nous ne savons pas. C'est encore inconnu aujourd'hui qui a assassiné Olof Palme. #F1 -- 4 of 24 -- Oui, personne ne sait. #M2 Eh bien, pensez-vous que ce changement dans la manière dont la Suède perçoit sa politique étrangère, et le fait qu'apparemment un grand groupe de politiciens ait décidé que l'OTAN est vraiment la seule voie à suivre, est quelque chose qui a grandi pendant cette période après la guerre froide ? Pensez-vous que ce sentiment était déjà présent auparavant ? Parce que j'ai parlé à un autre de vos compatriotes, Ola Tunander, et il parlait de l'affaire des sous-marins et de la façon dont cette affaire a instillé beaucoup de peur dans le cœur des gens, et comment aujourd'hui nous comprenons que c'étaient des opérations psychologiques, que ces sous-marins ne venaient jamais des Soviétiques, à l'exception de celui qui s'est effectivement échoué et a été visible pendant longtemps. Voyez-vous d'autres mécanismes par lesquels la Suède a été effrayée pour rejoindre l'OTAN ? #F1 Je veux dire, il y a un groupe d'hommes en Suède qui sont perpétuellement inquiets d'être envahis. Je dirais que les femmes en général en Suède, nous ne pensons jamais à cela. Nous ne sommes pas inquiètes à ce sujet. Mais il y a un groupe d'hommes qui sont un peu obsédés par cela et, vous savez, qui passent leur temps à s'inquiéter du statut de notre armée, de nos armes, de nos frontières et des choses comme ça. Donc, chaque fois que quelque chose comme ça se produit, que ce soit le scandale des sous-marins dans les années 80 ou maintenant le sabotage de câbles qui s'est avéré être un accident, vous savez, je suppose que vous en avez entendu parler. C'était, wow, pendant quelques semaines, et maintenant ils arrivent. Et beaucoup de ces hommes occupent des postes élevés. Donc, chaque fois que quelque chose comme ça se produit, ils peuvent s'exprimer dans les médias. Et ils disent toujours la même chose, comme nous devons dépenser plus d'argent pour la défense et moins d'argent pour d'autres choses telles que la santé et l'éducation et des choses comme ça. Donc, cela a toujours été le combat, vous savez, sur où nous devrions mettre notre argent. Et maintenant, ils sont si heureux parce que nous mettons des milliards dans l'OTAN. Alors que notre système social, qui nous a rendus célèbres à l'époque—le système de bien-être suédois—nous n'avions ni riches ni pauvres. Nous n'avions pas de mendiants dans la rue. Vous pouviez être l'enfant d'une mère célibataire au chômage et avoir toujours le même niveau matériel que l'enfant d'un P