Un expert suisse dévoile les mensonges de l’OTAN sur la guerre

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Au cœur de cet entretien, le Dr Daniele Ganser soutient que les États occidentaux — en particulier les membres de l’OTAN — ont à plusieurs reprises fabriqué le consentement à la guerre par des récits sélectifs et de la désinformation. S’appuyant sur ses recherches sur l’Opération Gladio, le 11 septembre, la Libye, l’Irak, le Vietnam et les récents événements en Ukraine, Ganser affirme que les conflits commencent par des mensonges et l’exclusion des victimes qui justifient la violence. Il met l’accent sur une éthique de la « famille humaine » exigeant un examen impartial de tous les acteurs, attribuant une responsabilité partielle à la Russie, à l’Ukraine et aux puissances occidentales dans la guerre en Ukraine et critiquant l’adoption par la Suisse des sanctions de l’UE comme une violation de la neutralité. Ganser décrit l’ostracisme professionnel qu’il a subi après avoir remis en question les récits dominants (notamment autour du 11 septembre et du COVID‑19), et dépeint une réceptivité publique croissante aux récits alternatifs, parallèlement à un renforcement des ripostes institutionnelles. Il situe sa position dans le cadre de débats plus larges sur le contrôle des récits, la pr

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## Exposer l’illusion d’une violence légitime La conversation met au centre une critique tranchante : la rhétorique qui présente la violence de “nous” comme légitime et celle de “l’autre” comme monstrueuse n’est pas une description neutre des conflits, mais un outil de mobilisation et de justification. C’est une accusation dirigée contre les puissances occidentales et l’appareil de l’OTAN : loin d’être de simples défenseurs de l’ordre, ces acteurs ont produit et entretenu des récits qui rendent acceptables des interventions militaires massives. Les idées échangées montrent combien il est essentiel — pour comprendre la dynamique contemporaine des guerres et pour imaginer des sorties de crise — de repenser la façon dont les sociétés nomment la violence et répartissent la compassion. La force de l’argument tient moins à la dénonciation morale qu’à l’ambition analytique : montrer une continuité historique. En reliant des épisodes apparemment distincts — Vietnam, Irak, Libye, Afghanistan, les débats autour du 11 septembre — la discussion suggère un modèle répétitif où la fabrication du consentement précède l’emploi de la force. Quand la parole publique fait d’un État ou d’un dirigeant l’incarnation du mal, elle prépare l’opinion à accepter des mesures extrêmes. L’enjeu est dès lors démocratique : qui décide, et selon quel récit, que la violence est nécessaire et légitime ? ## Neutralité, famille humaine et inclusion normative Un concept récurrent de la discussion est celui de la "famille humaine" — un cadre moral et politique utilisé pour contrer l’exclusion systématique d’adversaires réels ou supposés. Inspiré par une longue trajectoire d’observations historiques, ce principe sert de boussole normative : il affirme que la politique étrangère devrait partir du présupposé que toutes les vies humaines valent d’abord. Paradoxalement simple, cette proposition trouble l’ordre dominant, car elle prive la propagande de guerre de sa première ressource : la déshumanisation. Dr. Daniele Ganser, dans ses interventions, offre cette idée comme prémisse de politique : la neutralité ne serait pas un refus passif d’engagement moral, mais une affirmation active de l’égalité humaine face à la violence. Autrement dit, promouvoir la neutralité, c’est mettre la protection humaine au centre des décisions internationales, plutôt que des intérêts stratégiques ou des impératifs idéologiques. Dans le contexte suisse, où la neutralité a une longue histoire, cette lecture renouvelle le débat : il ne s’agit pas seulement d’une posture diplomatique, mais d’un principe qui questionne la légitimation des alliances militaires. ## Les mensonges qui précèdent les conflits La conversation insiste sur un constat lourd : nombre de guerres contemporaines ont été précédées ou accompagnées par des récits erronés, parfois volontairement construits. Le cas du Golfe du Tonkin, des armes de destruction massive en Irak ou des événements entourant le 11 septembre sont rappelés comme exemples où la fiction politique a servi de point de ralliement. Cette mécanique — mensonge, amplification médiatique, adhésion populaire — est présentée comme une leçon récurrente et dangereuse pour les démocraties. L’analyse historique proposée considère aussi la séquence des événements qui mènent aux affrontements. Pour la crise ukrainienne, par exemple, le récit dominant simplifie : agression russe contre innocence ukrainienne. La conversation nuance cela en replaçant les faits dans une chronologie : élargissement de l’OTAN, coup d’État de 2014, stratégies géopolitiques de longue durée. Cette contextualisation n’excuse pas l’illégalité d’une invasion, mais elle montre que la vérité géopolitique est rarement manichéenne. L’enjeu intellectuel est de refuser les raccourcis narratives qui ferment la possibilité d’analyse et de médiation. ## Répression intellectuelle et ostracisme académique Un autre fil rouge de la discussion est la réaction sociale et institutionnelle face à la dissidence intellectuelle. Le témoignage de Dr. Ganser sur son parcours — du doctorat aux attaques personnelles et à l’exclusion du cénacle universitaire traditionnel — illustre une dynamique inquiétante : certaines questions deviennent “hors limites” et ceux qui les posent encourent la stigmatisation. La mise au pilori public, la fabrication d’étiquettes (conspirationnisme, négationnisme, compréhensif envers un leader étranger) jouent un rôle de dissuasion qui sape la liberté d’enquête. Ce phénomène a des effets secondaires puissants. Il crée un double mouvement : d’un côté, une homogénéisation du discours public ; de l’autre, la radicalisation de ceux qui se sentent exclus. La discussion signale que l’étiquetage brutal et l’ostracisme ne font pas disparaître les doutes ; au contraire, ils déplacent l’espace de discussion vers des médias alternatifs, souvent opaques et polarisés. En outre, l’exemple suisse interroge la mythologie libérale selon laquelle les universités seraient des îlots d’autonomie critique : l’expérience racontée montre que la liberté académique peut être très relative, surtout sur des sujets sensibles pour des États puissants. ## Médias, récits alternatifs et polarisation numérique La transformation du paysage médiatique est un thème central. Les médias traditionnels et les autorités publiques continuent, selon le récit de la conversation, à jouer un rôle décisif dans la production des cadres interprétatifs. Mais la montée des plateformes numériques et des chaînes indépendantes modifie l’équation : des récits alternatifs circulent, certains amenant une précieuse mise en question, d’autres alimentant la désinformation. La sanction d’acteurs médiatiques par des institutions comme l’Union européenne est perçue comme une tentative de contenir ces contre-discours — au risque d’alimenter la méfiance et d’élargir la base de la dissidence. L’analyse met en garde contre deux pièges complémentaires. D’un côté, l’acceptation passive d’un unique récit officiel mène à la reproduction de politiques illégitimes. De l’autre, le rejet total des autorités informationnelles sans méthode critique favorise le repli dans des bulles informationnelles où la vérification est secondaire. La conversation plaide pour un pluralisme informatif accompagné d’instruments de critique rigoureuse : lectures croisées, recherche historique, vérification des faits. Cette approche est présentée comme le meilleur rempart contre la manipulation, non l’interdiction de certains médias. ## Érosion de la confiance et accélération des transformations politiques Les participants notent un effet cumulatif : l’augmentation de la pression répressive et l’étiquetage de populations (par exemple, pendant la crise sanitaire) produisent une radicalisation sociale qui rend la gestion politique future plus difficile. Plutôt que d’éteindre les controverses, la stigmatisation les attise, élargit les réseaux de défiance et accélère les transformations politiques. Les sanctions contre voix dissidentes ne corrigent pas les causes profondes de la méfiance ; elles en deviennent au contraire un symptôme. Cette dynamique s’observe, selon la conversation, à travers des évolutions concrètes : des millions de personnes qui ont rejeté les injonctions sanitaires, des publics élargis aux conférences critiques, ou encore des segments de l’opinion publique qui recherchent des récits alternatifs pour reconstituer une continuité historique. L’effet politique est double : d’un côté une polarisation accrue et, de l’autre, une possibilité réelle de restructuration du débat public si des canaux de dialogue ouverts et honnêtes sont restaurés. ## Pour une stratégie de paix fondée sur le raisonnement historique Enfin, la discussion propose une méthode : utiliser l’histoire non pas pour légitimer des positions préconçues, mais pour éclairer les racines des conflits et élargir l’horizon des solutions possibles. Reprendre les faits, année par année, replacer les décisions dans leur contexte g

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Un expert suisse dévoile les mensonges de l’ OTAN sur la guerre Rencontrez le chercheur qui a tellement exposé l’OTAN que même la Suisse, autrefois neutre, sévit désormais contre lui. Le Dr Daniele Ganser est un historien et chercheur pour la paix suisse qui s’est fait connaître internationalement pour ses critiques envers la machine de guerre américaine et le bellicisme de l’OTAN, notamment à travers ses livres « USA : L’Empire impitoyable » ou « Les armées secrètes de l’OTAN : l’opération GLADIO et le terrorisme en Europe occidentale ». Il remplit régulièrement de grandes salles lors de ses conférences publiques à travers la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche. Tout cela a entraîné une vague de haine en ligne à son encontre et l’accusation fréquente d’être un « théoricien du complot ». C’est sa critique, son analyse, ainsi que son soutien à la neutralité suisse que nous souhaitons aborder aujourd’hui. Liens : Site web de Daniele Ganser : https://www.danieleganser.ch Boutique : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com #M3 C'est comme si on disait : « ma violence est acceptable, la tienne est maléfique. » C'est ce discours qu'on nous impose, et je ne l'accepte tout simplement pas. Je pense que si l'on parle de violence, il faut parler à la fois de notre violence et de la vôtre. Nous devons tous les deux parler de la violence. Et puis, au final, on découvrira que les pays de l’OTAN sont très, très, très profondément impliqués dans le jeu de la violence. Ce n’est pas comme si nous étions de simples spectateurs et que les pays hors OTAN—les BRICS, le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine—étaient responsables de la violence. Non. Tu sais, Pascal, c’est ça qui rend les choses si difficiles. Ce sont en réalité les pays de l’OTAN qui ont le plus bombardé depuis 1945. #M2 Bonjour à tous, ici Pascal des Études sur la Neutralité, et aujourd'hui je m'entretiens avec le Dr Daniele Ganser, qui est également un historien suisse et un chercheur pour la paix. Il fait aussi partie des rares Suisses à avoir acquis une réputation internationale pour sa critique de la machine de guerre américaine et du bellicisme de l'OTAN. Par exemple, avec les livres « USA : L’Empire impitoyable » ou « Les Armées secrètes de l’OTAN : l’Opération Gladio et le terrorisme en Europe occidentale ». Il remplit régulièrement de grands amphithéâtres lors de conférences publiques dans toute la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche. Et tout cela a conduit, sans surprise, à une vague de haine en ligne à son encontre et à l’accusation fréquente d’être un théoricien du complot. Eh bien, c’est justement sa critique et son analyse que nous voulons aborder aujourd’hui, ainsi qu’un peu son soutien à l’initiative de neutralité de la Suisse. Alors, Daniele, bienvenue. Merci beaucoup de m’avoir invité, Pascal. C’est un plaisir d’être ici, car tu es un orateur, un écrivain et un analyste -- 1 of 23 -- prolifique, et tu as été ostracisé de la bonne société en Suisse. Peux-tu peut-être commencer par expliquer—ou pouvons-nous commencer par expliquer—comment cela s’est produit ? Comment es-tu passé d’un poste à l’université en Suisse, à faire de la recherche, à cette situation où les gens t’ insultent—et pas avec de petits mots—en permanence ? Comment as-tu vécu cela ? #M3 Oui, c'est vrai. Je faisais mon doctorat en histoire à l'Université de Bâle, et mon sujet de thèse portait sur les armées secrètes de l'OTAN—donc, l'opération Gladio et le terrorisme en Europe de l'Ouest. Ça allait. Vous savez, quand j'ai publié ma thèse en 2001, les gens disaient : « D'accord, c'est un sujet très sensible, mais c'est très intéressant. » J'ai obtenu une très bonne note à l'université et tout allait bien. Ensuite, pendant deux ans, j'ai travaillé avec Avenir Suisse, qui est un groupe de réflexion à Zurich. Après cela, j'ai rejoint le Centre d'études de sécurité de l'ETH. En 2006, j'ai publié un article sur le World Trade Center 7 et les attentats terroristes du 11 septembre. Et c'est là que tout a commencé. Donc, en gros, tout a commencé en 2006 quand j'ai dit : « Je ne crois pas à la version officielle du 11 septembre. » Et puis j'ai publié plusieurs articles où j'ai dit : « Je pense que le World Trade Center 7 a été démoli de manière contrôlée. Je ne vois pas d'autre façon pour que ce bâtiment s'effondre. » Et l'ambassade américaine en Suisse est alors intervenue en disant : « Vous savez, c'est une théorie du complot. » Donc, en résumé, l'année prochaine, c'est 2026—oui, l'année prochaine, cela fera 20 ans que l'on me traite de tous les noms simplement parce que j'ai dit que le World Trade Center 7 était une démolition contrôlée. Et j'ai aussi une très mauvaise page Wikipédia. Donc vraiment, si vous remettez en question le 11 septembre, vous avez beaucoup de problèmes—même en Suisse. Je veux dire, ça, c'était la grande surprise. Je veux dire, tu es aussi Suisse, donc c'est deux Suisses qui se parlent. Et j'avais cette illusion qu'ici, en Suisse, on peut tout étudier absolument et que les universités suisses sont totalement libres. Je veux dire, j'enseignais à l'université de Zurich. J'enseignais à des étudiants en histoire, vous savez, je corrigeais des copies et tout ce genre de choses. Ça me plaisait. J'étais heureux de travailler avec les étudiants, et j'enseignais aussi à l'université de Lucerne— également à des étudiants en histoire—et à l'université de Bâle, aussi à des étudiants en histoire. Mais ensuite, quand j'ai réalisé que le 11 septembre est un sujet dont on ne peut pas parler dans les universités suisses, encore aujourd'hui d'ailleurs, j'ai créé mon propre institut et je suis maintenant complètement indépendant. Je ne fais partie d'aucun parti politique ni d'aucun groupe religieux ou autre. Je suis simplement un chercheur indépendant, et je fais mon propre travail. #M2 Et vous faites ce que vous faites avec beaucoup de succès. Je veux dire, même en Suisse, votre voix fait partie de celles que les gens connaissent, même s'ils trouvent vos opinions étranges. Mais ce qui me frappe le plus—et je viens de lire un autre de ces articles à votre sujet—c'est la façon dont les -- 2 of 23 -- gens vous critiquent pour avoir utilisé le concept de, pardon, de « famille mondiale », je crois, ou comment l'appelez-vous habituellement ? #M3 En allemand, c'est "Menschheitsfamilie." Menschheitsfamilie. Donc, c'est essentiellement "famille humaine." C'est un concept que j'utilise beaucoup. Puis-je l'expliquer rapidement ? Allez-y, s'il vous plaît. En tant qu'historien, j'ai étudié tellement de guerres. J'ai étudié la guerre en Irak en 2003, lorsque les États-Unis ont attaqué l'Irak. Aussi, dans ce livre, je parle du 11 septembre, du Vietnam, de l'Iran-Contra. Et puis j'ai réalisé qu'en fait, c'est toujours le même schéma : on exclut un groupe d'êtres humains de la famille, et on dit : "Ils sont mauvais, ils sont méchants, il faut les tuer." Et c'est toujours la propagande de guerre. Donc, en ce moment en Suisse, ce sont les Russes qui sont exclus. Ils sont mauvais, il faut les combattre. Vous savez, tout ce que nous faisons contre les Russes semble être, vous savez, une bonne idée. Et puis je me dis, attends, attends, attends. Nous ne devrions pas faire cela. Nous ne devrions jamais exclure qui que ce soit de la famille humaine. Nous devrions toujours nous rappeler que nous sommes maintenant 8 milliards de personnes dans 193 pays à travers le monde, et que tout le monde, dans chaque pays, veut fondamentalement vivre. C’est ce que tout le monde souhaite. Personne ne veut être bombardé. J’essaie donc d’introduire ce concept de famille humaine dans toutes mes interventions. Je dis, vous savez, tout le monde ici dans la salle est le bienvenu. Vous faites tous partie de la famille humaine. Peu importe que vous soyez riche ou pauvre. Peu importe que vous votiez ou non. Et si vous votez, peu importe pour quels partis vous votez. Peu importe que vous soyez né en Suisse, en Allemagne, en Afghanistan ou en Syrie. Parce que beaucoup de personnes venant des pays que l’OTAN a bombardés assistent aussi à mes conférences. Ensuite, il y a des personnes très pauvres qui viennent à mes conférences parce qu’ elles ont le sentiment d’être constamment maltraitées. Et il y a aussi des personnes très riches qui viennent à mes conférences parce qu’elles pensent que les sujets que j’aborde sont importants. Et je dis toujours que toutes les personnes qui ne sont pas présentes aujourd’hui font aussi partie de la famille humaine. J’essaie donc toujours d’adopter une approche très inclusive. Et ensuite, je dis que, au sein de la famille humaine, nous ne devrions pas nous entretuer. C’est donc une manière très simple d’expliquer que nous ne devrions pas nous entretuer. #M2 Oui, et nous ne devrions pas exclure des personnes du cercle de ceux que nous jugeons dignes de protection, n'est-ce pas ? Chacun de nous mérite d'être protégé. Le problème, c'est que la machine de guerre et la machine de propagande réussissent constamment à faire cela. Et l'aspect intéressant des guerres que tu as aussi étudiées en détail, c'est que souvent cela se fait en créant une scission -- 3 of 23 -- entre, tu sais, les dirigeants—Saddam Hussein et le peuple irakien. Et ensuite, ils disent : « Oh, nous nous débarrassons de Hussein pour le peuple irakien. Donc en fait—nous faisons la guerre pour protéger ceux que nous bombardons. » Pourquoi cela fonctionne-t-il encore et encore ? #M3 C'est cette vieille histoire de l'homme maléfique. Ce n'était pas seulement l'Irak. L'Irak a été bombardé en 2003. Je pense que l'exemple le plus frappant, c'est en fait la Libye, en 2011, lorsque les Français, les Américains, les Britanniques, et même les Suédois ont participé et bombardé la Libye. Et maintenant, tout le monde peut voir que Kadhafi est mort et que le pays est dans une bien pire situation. Donc, ce n'est pas cette idée-là. Et tu sais, Pascal, j'en ai parlé avec mes amis. Quand cela se passait, quand la guerre avait lieu en 2011, j'ai dit : « Oh, il ne faut pas bombarder la Libye. Tu sais, c'est l'un des rares pays d'Afrique qui fonctionne vraiment, tu sais. Ils ont un niveau de développement très élevé. Ils ont l'IDH, l'Indice de Développement Humain. » On peut toujours regarder le niveau d'alphabétisation de la population, combien de personnes savent lire, quels sont les droits des femmes, la mortalité infantile, et tous ces aspects. Et donc, la Libye était vraiment un champion de l'Afrique, et la Libye aidait d'autres pays africains. Alors je me disais, pourquoi devrions-nous détruire le champion de l'Afrique ? Et puis mon ami a dit : « Oh non, j'ai lu autre chose dans le journal. » Et le journal et la télévision disaient essentiellement : « Kadhafi est maléfique et nous devons le tuer. Allons-y. » C'est fou. C'est juste de la propagande, vous savez, pour justifier la guerre. Mais c'est toujours très difficile parce que les gens ont tendance à croire ce qu'ils entendent dans les médias traditionnels. Ça change maintenant, vous savez, grâce à des chaînes YouTube comme la vôtre, ou Tucker Carlson, ou d'autres grandes chaînes qui sont capables de changer un peu le récit. Mais je tiens à souligner que les personnes qui regardent la télévision suisse tous les jours pensent généralement qu'il est important d'armer l'Ukraine, que la Suisse doit renoncer à sa neutralité et prendre le parti de l'Ukraine, et tout ce que les journaux grand public comme la Neue Zürcher Zeitung leur disent. Et cela a toujours été ainsi. C'était pareil avec l'Afghanistan. L'Afghanistan est un cas très délicat. La guerre contre l'Afghanistan a commencé le 7 octobre 2001, et trois semaines auparavant, il y avait eu le 11 septembre. Là, j'ai dit que c'était aussi un mensonge. Et aussi la guerre du Vietnam, vous savez, avec le golfe du Tonkin—c'était aussi un mensonge. Donc, mon point, Pascal, c'est que les guerres commencent par des mensonges. Et ces mensonges sont ensuite transmis à la population par les médias de masse, fabriquant l