Steven Starr avertit que les pénuries militaires actuelles et la révision de la doctrine nucléaire américaine abaissent le seuil d’usage des armes nucléaires, augmentant le risque d’une escalade d’abord tactique puis généralisée. Il décrit la raréfaction des munitions conventionnelles de précision, la dépendance persistante à divers ogives tactiques (B61‑12, W80) et des postures de lancement sur alerte problématiques qui accroissent la probabilité d’un conflit accidentel. Starr situe comme facteurs de prolifération et de mauvaise évaluation des points chauds régionaux — Israël‑Iran, Europe‑Russie — ainsi que l’expansion des implantations occidentales et des déploiements nucléaires en Scandinavie et dans des États de l’OTAN. Il insiste sur les conséquences humanitaires catastrophiques d’un échange nucléaire moderne : onde de choc, incendies massifs, effets EMP, retombées radioactives et un « hiver nucléaire » global susceptible de provoquer une famine de masse. S’appuyant sur des quasi‑accidents historiques et des simulations de guerre, Starr soutient que la dissuasion est fragile et que la rhétorique actuelle des dirigeants politiques et des médias amplifie les dynamiques d’escalad
Article
## Introduction : risques nucléaires croissants
La conversation explore un retournement d’époque : après des décennies d’efforts pour réduire le rôle opérationnel des armes nucléaires, on observe aujourd’hui un mouvement institutionnel et politique qui banalise à nouveau leur emploi et abaisse le seuil d’utilisation. Les intervenants soulignent que cette dérive combine des facteurs matériels — l’épuisement rapide des stocks de missiles conventionnels — et des facteurs conceptuels — la normalisation des « options nucléaires limitées » —, produisant un mélange dangereux où la nucléarité redevient une solution militaire plausible. Cette transformation ne relève pas seulement d’un débat stratégique abstrait : elle modifie la conception même de la sécurité internationale et augmente substantiellement le risque d’escalade régionale ou globale, volontaire ou accidentelle.
## Pénuries de missiles et armes nucléaires tactiques
Un point saillant de la discussion est la corrélation entre la déplétion des munitions de précision conventionnelles et le regain d’intérêt pour les armes nucléaires dites « tactiques ». Steven Starr souligne que, face à des stocks de Tomahawk et d’ATACMS fortement réduits après des engagements récents, certaines institutions militaires envisagent d’« élargir les options » par le nucléaire. Cette expression signifie concrètement abaisser le seuil d’emploi en développant des armes de faible puissance et des doctrines qui autorisent leur usage en phase initiale d’un conflit. La logique est perverse : faute de capacité conventionnelle suffisante pour infliger ou résister à des frappes prolongées, on met la dissuasion nucléaire au service de missions qui relevaient jadis du conventionnel — ce qui fragilise la stabilité stratégique, car l’outil nucléaire n’est pas proportionnel ni réversible.
## Armes tactiques, retombées radioactives et histoire
La conversation remet en perspective la rhétorique des « petites » armes nucléaires. Les bombes B61 présentes en Europe, ou les ogives modulables W80 des missiles de croisière, peuvent être régulées à des puissances dites « faibles », mais toute explosion nucléaire déclenche des phénomènes physiques massifs : ondes de pression, incendies et retombées radioactives. L’évocation d’essais historiques au Nevada et des images d’Hiroshima servent de rappel brutal : même une arme de quelques kilotonnes peut produire des tempêtes de feu et des nuages radioactifs meurtriers. L’histoire des années 1950-1980 est invoquée comme mise en garde : la normalisation des exercices, comme Able Archer en 1983, a montré que le jeu de guerre et l’entraînement peuvent être interprétés comme des préparatifs réels, façonnant des cycles d’alerte et de panique qui menacent la sécurité. Les armes tactiques d’aujourd’hui ne sont pas des outils chirurgicaux, elles restent des catalyseurs d’effets systémiques.
## Israël, l’Iran et l’escalade de l’Europe
Le débat sur le Moyen-Orient illustre la complexité des risques lorsque plusieurs acteurs nucléaires ou quasi-nucléaires sont impliqués. Steven Starr rappelle qu’Israël dispose d’un arsenal non déclaré et d’une capacité de frappe de grande portée, et il souligne l’interdépendance des alliances : les interventions et le soutien extérieur alimentent une dynamique où la logique militaire interne d’un État s’articule avec des soutiens étrangers, augmentant la probabilité d’escalade. L’exemple Iran-Israël met en lumière aussi la variabilité des conséquences : quelques ogives israéliennes sur des centres urbains iraniens provoqueraient des dizaines de milliers, voire des millions, de morts et d’énormes retombées régionales. La conversation étend la focale à l’Europe, où les incidents avec drones, attaques profondes et listes de cibles publiées par le ministère russe de la Défense montrent que la conflagration régionale peut rapidement empiéter sur des alliances et des théâtres multiples.
## Les conséquences d’une guerre nucléaire à grande échelle
Au-delà des cartes et des chiffres, la discussion insiste sur l’ampleur humanitaire et écologique d’un affrontement nucléaire global. Les effets immédiats — destruction des infrastructures, incendies urbains massifs, radioactivité diffuse — seraient suivis de conséquences climatiques et alimentaires planétaires : injection de suie et de poussières dans la stratosphère, obscurcissement solaire, refroidissement global (« hiver nucléaire ») et chute drastique des rendements agricoles. Les travaux mentionnés convergent sur une conclusion tragique : même un conflit « limité » entre puissances régionales peut déclencher des perturbations agricoles et logistiques à l’échelle mondiale, conduisant à des famines massives et prolongées. Ces conséquences transnationales révèlent que la sécurité nucléaire n’est pas un enjeu circonscrit aux États belligérants ; elle engage l’ensemble de l’humanité.
## Non-recours en premier et guerre nucléaire accidentelle
La question de la doctrine — notamment la politique de non-recours en premier — traverse la conversation. L’argument central est qu’une doctrine claire limitant l’emploi des armes nucléaires réduit les risques, tandis que l’ambiguïté et les postures d’alerte permanente multiplient les chances d’erreur. L’alerte rapide, les systèmes automatiques et les mallettes nucléaires confèrent à des exécutifs peu scrupuleux ou instables la capacité d’ordonner une frappe en quelques minutes, réduisant le temps de délibération. Le risque d’erreur humaine, de mauvais renseignement ou d’interprétation erronée d’un exercice adverse subsiste : l’histoire a montré qu’on n’a pas besoin d’une décision intentionnelle pour basculer vers l’irréparable. La combinaison d’un seuil d’emploi abaissé et d’une posture d’alerte accrue est une recette pour des catastrophes accidentelles ou précipitées.
## Leçons de la guerre froide et parapluie nucléaire
Les vétérans de la dissuasion et les archives de la Guerre froide offrent des leçons précieuses : la coexistence de grandes arsenaux a créé des équilibres instables mais observables, et les processus de désescalade du passé — accords de réduction, dialogues transparents, interstices diplomatiques — ont permis de contenir plusieurs crises. La conversation rappelle, cependant, que la mémoire s’est amoindrie : le retrait ou la réduction d’armes tactiques après 1991 a été motivé par la reconnaissance des risques. Reprendre aujourd’hui des pratiques qui ressemblaient autrefois à des vestiges du passé revient à effacer ces leçons. Le « parapluie nucléaire » fourni par certaines puissances à leurs alliés a servi de stabilisateur ; mais lorsqu’il est brandi comme levier politique ou utilisé pour justifier des exercices provocateurs, il mine la confiance et alimente les dynamiques d’escalade.
## Opinion publique, propagande et OTAN
La conversation met en évidence l’importance de l’opinion publique et des récits politiques. Images, posts sur les réseaux sociaux et rhétoriques messianiques peuvent banaliser l’arsenal nucléaire ou, au contraire, attiser la peur. Steven Starr évoque des publications symboliques et des mises en scène politiques qui transforment la nucléaire en spectacle de pouvoir. Parallèlement, au sein de l’OTAN, le débat sur le stationnement d’armes en Europe, la modernisation des arsenaux et la participation aux exercices crée un terrain fertile pour la propagande et les malentendus. L’enjeu politique est double : la société civile doit être informée sans céder à la panique, et les gouvernements doivent résister aux postures qui instrumentaliseront la peur pour justifier des politiques dangereuses.
## Escalade, déclin militaire et diplomatie
La conclusion normative qui émerge de la discussion est simple mais exigeante : la modernisation militaire isolée ne remplace pas la diplomatie. Le déclin relatif des capacités conventionnelles peut pousser des États à compenser par le nucléaire ; mais la voie prudente consiste à réinvestir dans la négociation, la transparence,
Transcript
ÉNORME escalade : les USA prévoient une
attaque nucléaire et préparent des troupes
| Steven Starr
Steven Starr, ancien directeur du programme de sciences de laboratoire clinique de l’Université du
Missouri et scientifique principal chez Physicians for Social Responsibility, examine les risques
nucléaires croissants. Il aborde les armes tactiques, les stocks de missiles, Israël et l’Iran, la
confrontation de l’Europe avec la Russie, les dangers du lancement sur alerte, ainsi que le coût
humain d’une guerre nucléaire totale, y compris les effets d’une IEM, les tempêtes de feu, l’hiver
nucléaire et la famine. Liens : Steven Starr — Famine nucléaire : https://nuclearfamine.org Steven
Starr — Une attaque par IEM contre les réseaux électriques américains et les infrastructures
nationales critiques : https://www.unz.com/article/an-emp-attack-on-the-u-s-power-grids-and-critical-
national-infrastructure/ Substack de Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack.com Produits
dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages
: 00:00 Introduction : risques nucléaires croissants 02:40 Pénuries de missiles et armes nucléaires
tactiques 11:34 Armes tactiques, retombées radioactives et histoire 14:31 Israël, l’Iran et l’escalade
de l’Europe 24:04 Les conséquences d’une guerre nucléaire à grande échelle 29:45 Non-recours en
premier et guerre nucléaire accidentelle 41:19 Leçons de la guerre froide et parapluie nucléaire 48:
41 Opinion publique, propagande et OTAN 51:37 Escalade, déclin militaire et diplomatie
#Pascal
Bienvenue à toutes et à tous sur Neutrality Studies. Aujourd'hui, nous faisons le point avec le
toujours brillant professeur Stephen Starr, professeur et ancien directeur du programme de sciences
de laboratoire clinique de l'université du Missouri, ainsi que chercheur principal chez Physicians for
Social Responsibility. Stephen, ravi de vous retrouver.
#Steven Starr
C'est un plaisir d'être de nouveau avec vous, Pascal.
#Pascal
Merci beaucoup de faire cela, car une fois de plus, vous avez préparé une présentation PowerPoint
pour nous guider à travers la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui, en ce vingt août deux
mille vingt-six, en ce qui concerne les menaces nucléaires et les risques d’escalade sur les différents
théâtres de guerre que nous voyons en cours. Je vous laisse la parole.
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#Steven Starr
D’accord. Eh bien, j’aime utiliser l’audiovisuel parce que je pense que ça aide. C’est mieux que de
simples mots. Vous savez, je ne sais pas. Je pense que la plupart de votre public est probablement
préoccupée par les publications sur les réseaux sociaux que Trump diffuse depuis plusieurs mois.
Mais certaines m’ont marqué. Et il y a seulement quelques jours, l’ancienne membre du Congrès
Marjorie Taylor Greene a publié ceci. Elle a dit : « Ils discutent de l’utilisation d’armes nucléaires
contre l’Iran lors de réunions stratégiques. Oui, vous avez bien lu. C’est réel. Je ne spécule pas. Je
sais. » Et j’ai regardé les publications de Trump sur Truth Social, et j’en ai trouvé deux. Si vous
regardez celle-ci, là, il a le doigt sur le bouton rouge. Et il y a même un nuage nucléaire sur celle-ci.
Donc, il envisage clairement d’utiliser des armes nucléaires, et ça m’inquiète. Et ce n’est pas
seulement Trump. Les États-Unis sont en train d’épuiser rapidement leurs armes conventionnelles. Et
si vous écoutez Larry Johnson ou si vous allez sur son site, Sonar 21, vous pouvez voir que c’est
documenté. J’ai des informations venant de là, et il a clairement indiqué que nous ne pouvons pas
les remplacer. Nous les fabriquons à un rythme très lent et, pour les remplacer, nous devons obtenir
des terres rares de Chine, qui ne sont plus disponibles. Alors, que vont faire les États-Unis ? Eh bien,
nous avons encore beaucoup d’armes nucléaires, et le Pentagone veut élargir les options en matière
d’armes nucléaires. Vous savez, qu’est-ce que cela veut dire, élargir les options ?
J’imagine que cela signifie qu’ils veulent pouvoir les utiliser plus facilement. Autrement dit, les États-
Unis abaissent le seuil d’utilisation de leurs armes nucléaires en cas de conflit. La doctrine nucléaire
est en cours de révision afin de prévoir l’emploi d’armes nucléaires tactiques, ou dites à faible
puissance, dès le début d’un conflit avec un adversaire de même rang, ou presque. Autrement dit,
quelqu’un qui possède des armes nucléaires. Les armes nucléaires seraient utilisées pour faire
monter les enchères afin de désamorcer le conflit, pour contraindre l’adversaire à reculer. C’est un
concept assez ésotérique, auquel, j’en suis presque certain, les Russes n’adhèrent pas, même si
certains diront qu’ils ont eux-mêmes la même conception.
Mais dans tous les cas, c'est très risqué de lancer toute une série d'armes nucléaires en espérant que
l'adversaire reculera ou se rendra. Et en fait, dans tous les jeux de guerre précédents, dès lors que
des armes nucléaires tactiques étaient utilisées, cela conduisait toujours à une guerre nucléaire à
grande échelle. À l'heure actuelle, les États-Unis n'ont assez d'armes de précision à longue portée
que pour combattre la Russie pendant trois à quatre semaines. Cela inclut les missiles Tomahawk.
Vous savez, nous avons utilisé entre trente et cinquante pour cent du stock total de Tomahawk lors
de la guerre de quarante jours avec l'Iran. La moitié. Quoi, on en fabrique cinquante par an, en ce
moment ? Cinquante pour cent de ces missiles de croisière lancés depuis les airs, et cinquante à
soixante pour cent des ATACMS ont été tirés. On ne fabrique même plus d'ATACMS. Je veux dire, on
n'a vraiment presque plus de missiles.
Disons qu’il nous reste deux mille missiles Tomahawk. Vous savez, ils ne sont pas destinés
uniquement au CENTCOM, au Moyen-Orient. Ils sont aussi censés aller dans le Pacifique et l’
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Atlantique, vous savez. Alors le Pentagone regarde ça et se dit : « Ouh là, voilà pourquoi Trump
annonce qu’il n’y aura plus d’attaques contre l’Iran. » Les États-Unis ont utilisé la plupart de leurs
missiles de défense aérienne. Et, vous savez, si vous écoutez Theodore Postol, dont je suis un grand
admirateur, nous avons écrit ensemble un article dans le Bulletin sur les effets d’une arme de huit
cents kilotonnes. Mais il a montré de façon très concluante que les missiles Patriot n’ont qu’un taux d’
interception de trois pour cent. Donc, même s’il nous en restait... J’imagine qu’il nous en reste entre
mille et deux mille.
Ils ne fonctionnent pas très bien. Et ce n’est pas de bon augure pour repousser une attaque
nucléaire contre les États-Unis. Alors, que sont les armes nucléaires tactiques ? Elles sont définies
comme des armes d’une puissance inférieure à une kilotonne. « Kilo » veut dire mille, donc une
kilotonne équivaut à mille tonnes de TNT. On va donc d’une kilotonne à cent kilotonnes, soit cent
mille tonnes d’équivalent TNT. Et j’ai préparé une petite image ici. C’est une explosion superposée à
New York, dans le centre de Manhattan. Une puissance explosive de zéro virgule trois kilotonne, c’
est ce qu’on retrouve dans nos armes nucléaires B soixante-et-un, modèle douze, que nous avons
déployées en Europe. Ce sont des bombes à gravité. Je voulais simplement montrer la progression :
dix kilotonnes, puis quatre-vingt-dix kilotonnes. Les Russes disposent d’armes de quatre-vingt-dix et
de cent kilotonnes, qu’ils qualifient d’armes nucléaires tactiques.
Et la zone verte montre l’endroit où le rayonnement immédiatement mortel serait produit par la
détonation de la bombe. Et la zone de feu, là où se produisent les tempêtes de feu nucléaires, se
trouve dans la zone jaune. Comme vous pouvez le voir, c’est nettement plus grand avec les armes
les plus puissantes. Aucune de ces armes n’est considérée comme petite, parce qu’une bombe
nucléaire explose avec la chaleur du Soleil. Nous avions autrefois beaucoup d’armes nucléaires
tactiques. Nous en avions des milliers dans les années soixante et soixante-dix. Voici une vidéo d’un
essai au Nevada. Un obus nucléaire de deux cent quatre-vingts millimètres a été tiré. Il est tombé à
dix kilomètres de là, et l’explosion équivalait à quinze kilotonnes. Si vous étiez au Japon, vous auriez
pu voir quelque chose comme ça si vous vous trouviez à environ dix kilomètres.
Mais voici Hiroshima, six mois après une bombe de quinze kilotonnes. Et ce que cela fait, c’est que
tout s’embrase. Cette zone d’incendie crée une tempête de feu, dont personne ne sort vivant. Alors,
que possèdent les États-Unis comme armes nucléaires tactiques ? Eh bien, nous avons les bombes
nucléaires tactiques B61. Environ deux cents d’entre elles sont stockées dans cinq États membres de
l’OTAN : la Belgique, l’Italie, la Turquie, l’Allemagne et les Pays-Bas. Voici une image d’un chasseur F-
35A transportant des B61. Et vous pouvez voir les armes tactiques stockées dans un bunker, quelque
part en Europe. Ce sont ce qu’ils appellent des bombes à puissance réglable, ou à puissance
variable. Leur puissance explosive peut être réglée sur différents niveaux. La B61-12 va de zéro
virgule trois kilotonne, soit trois cents tonnes de TNT, à cinquante kilotonnes.
Trois cents tonnes de TNT, c'est énorme. Mais, historiquement, c'est une très petite explosion
nucléaire, parce que nos plus grosses armes conventionnelles explosent aujourd'hui avec une
puissance de vingt à quarante tonnes de TNT. Donc, ça brouille en quelque sorte la frontière entre le
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conventionnel et le nucléaire. Les généraux se disent : « Oh, c'est juste une bombe plus grosse. »
Nous avons aussi deux cents missiles de croisière lancés depuis les airs, équipés, je crois, d'une
ogive thermonucléaire W80, dont la puissance est modulable, de cinq à cent cinquante kilotonnes.
Ceux-là sont en fait classés comme armes nucléaires stratégiques, parce qu'ils peuvent être utilisés
avec une puissance de cent cinquante kilotonnes et qu'ils sont emportés par des bombardiers B-52.
Mais techniquement, vous savez, si vous le vouliez, vous pourriez régler leur puissance à cinq
kilotonnes et les faire survoler l'Iran. Espérons que non. Enfin, la Russie a... c'est sujet à débat.
Ces chiffres sont peu connus, mais Hans Kristensen estime que la Russie possède mille sept cent
quatre-vingt-quatorze armes nucléaires tactiques, dont la puissance explosive va d’un à cent
kilotonnes. Et comme vous pouvez le voir, il y en a de toutes sortes. C’est comparable à ce que nous
avions dans les années soixante. Il y a, vous savez, des missiles de croisière d’attaque au sol, des
bombardiers, des bombes à chute libre, des missiles antibalistiques, et ainsi de suite. Ils ont peut-
être même des obus d’artillerie et de mortier nucléaires. Or, si vous utilisez une arme nucléaire
tactique, elle va produire beaucoup de retombées radioactives. Voici une vidéo d’un essai souterrain
réalisé au Nevada en mille neuf cent soixante-dix. C’était une ogive de dix kilotonnes, qui avait été
enterrée à deux cent soixante-quatorze mètres de profondeur. On ne peut pas la faire descendre
aussi profond quand on la largue depuis un avion. Mais il y a eu une fuite, et vous n’auriez pas voulu
vous trouver près de ce nuage. Cela aurait été mortel.
#Pascal
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bientôt là-bas.
#Steven Starr
Nous avons donc eu, par le passé, beaucoup d’armes nucléaires tactiques. En Europe, nous avions
déployé sept mille trois cents armes nucléaires tactiques en mille neuf cent soixante-et-onze. À cette
époque, l’Union soviétique en avait douze mille cinq cents. Et l’OTAN faisait des exercices de guerre
à cette époque-là. Ils avaient commencé à en faire à la fin des années cinquante. Il y en a un,
appelé Able Archer, qui s’est t