L’Ukraine en faillite ? Fin de la ligne de crédit !

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Nicolai Petro soutient que la contrainte décisive dans la guerre en Ukraine est budgétaire et non uniquement liée à la seule puissance militaire. Il souligne un déficit de financement imminent — des dizaines de milliards par an — que les donateurs occidentaux, en particulier une Europe déjà surchargée, sont peu susceptibles de combler, ce qui expose l’Ukraine au risque d’insolvabilité d’ici le printemps 2026. Petro fait valoir que l’Ukraine dépend déjà de l’aide occidentale pour environ la moitié de ses coûts de guerre et de gouvernance, tandis que les pertes en personnel et l’émigration affaiblissent encore davantage ses capacités. Il remet en cause les récits optimistes sur les « wunderwaffen » et l’effondrement rapide de la Russie, en soulignant les limites de production et logistiques des armements occidentaux ainsi que la stratégie russe centralisée et fondée sur l’attrition, qui peut soutenir les opérations avec une croissance budgétaire moindre. Petro insiste sur l’intégration des objectifs militaires et diplomatiques russes : la consolidation territoriale jusqu’à des frontières favorables, suivie d’une paix négociée plutôt que de l’occupation du cœur occidental de l’Ukraine

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## La réalité économique de l’Ukraine et le facteur financier La guerre d’usure en Ukraine est d’abord, et peut‑être surtout, un conflit financier. La conversation avec le Dr Nicolai Petro met en lumière une évidence rarement au cœur des analyses publiques : sans flux d’argent suffisant, les forces militaires et l’appareil d’État ukrainiens sont condamnés à s’éroder. Les projections budgétaires pour 2026 montrent un déficit structurel important — de l’ordre de dizaines de milliards de dollars — et des besoins supplémentaires estimés par certains observateurs financiers à environ 100 milliards pour l’année et demie à venir, somme qui ne garantit que le maintien à flot plutôt qu’une capacité offensive. Pour envisager une « victoire » ukrainienne selon des scénarios optimistes, il faudrait probablement augmenter ces montants d’environ 50 %. Ce diagnostic renverse une partie de la rhétorique dominante : on s’attend trop souvent à ce que la technologie, les livraisons d’armes spectaculaires, ou la capacité de mobilisation humaine fassent la différence. Mais l’Ukraine dépend déjà de l’aide extérieure pour près de la moitié de son effort de guerre et de ses dépenses courantes. En l’absence d’un engagement financier européen massif et pérenne — ou d’une décision politique inédite d’utiliser les avoirs gelés de la Russie — la réalité macroéconomique menace de déterminer le cours du conflit bien plus sûrement que les seuls succès tactiques sur le terrain. Le problème est aussi politique : nombre d’États européens ne sont ni prêts ni capables d’assumer le type de transferts requis, et les réserves légales et diplomatiques rendent l’attribution des actifs russes gelés très problématique. ## Les « Wunderwaffen » et le rêve d’un effondrement russe Le mythe des armes « capables de tout changer » occupe une place démesurée dans les débats. La livraison annoncée de systèmes tels que les Tomahawks alimente l’espoir que frapper des centres russes ou infliger des pertes symboliques ferait imploser le Kremlin. Pour Nicolai Petro, cet espoir est mal fondé : la logique industrielle et logistique qui préside à la production et à la livraison d’armements modernes rend impossible, à court terme, la mise à disposition d’un volume capable de modifier l’équilibre stratégique. Les cadences annuelles de production — de l’ordre de dizaines de missiles par an pour certains systèmes — et l’absence de plates‑formes de lancement terrestres en nombre suffisant limitent l’effet opérationnel de telles promesses. Par ailleurs, la Russie a construit un appareil de guerre moins dépendant de renforts massifs continus qu’on ne le croit souvent. Son modèle repose sur l’accumulation progressive de ressources et sur une production soutenue de drones et d’éléments de capacité opérationnelle qui dépassent, quantitativement, la production occidentale dans certains segments. La fixation sur une « arme miracle » masque donc deux vérités : d’un côté, l’Occident n’a pas la marge industrielle pour renverser rapidement la donne ; de l’autre, la Russie a su adapter sa logique de production et de financement pour durer longtemps. ## La perte d’attention mondiale : l’avenir de la guerre Le conflit ne vit pas uniquement d’armes et d’argent ; il dépend aussi de l’attention internationale. La discussion souligne un basculement perceptible : les États‑Unis réorientent leur attention vers d’autres régions et menaces, et les médias mondiaux commencent à privilégier d’autres foyers, parfois éloignés des intérêts stratégiques immédiats de l’Europe. Ce désengagement cognitif a deux conséquences concrètes. D’une part, il réduit la pression politique sur les gouvernements pour maintenir un soutien coûteux. D’autre part, il augmente le risque que l’issue soit décidée par la résilience financière et politique des acteurs bellicistes plutôt que par un basculement stratégique spectaculaire. La « conséquence Trump » — comprise comme une présidence américaine moins engagée militairement en Europe — peut institutionnaliser ce retrait. Davantage, le repositionnement américain sur d’autres scènes (Amériques, Inde‑Pacifique, Moyen‑Orient) laisse aux Européens la responsabilité première de la défense du continent et du soutien à l’Ukraine. Or, nombre de dirigeants européens sont politiquement enfermés dans une logique où reconnaître l’impossibilité d’un effort infini revient à admettre une faute stratégique, coûteuse électoralement. Le glissement de l’attention mondiale est donc aussi un glissement du fardeau, avec des implications potentiellement décisives. ## Comment la Russie évitera le piège de « l’afghanisation » L’idée que la Russie pourrait se lancer dans une conquête totale de l’Ukraine pour ensuite être « afghanisée » — c’est‑à‑dire confrontée à une résistance intérieure prolongée et déstabilisante — est souvent avancée pour dissuader de toute option de compromis. Selon Petro, la Russie a les moyens stratégiques d’éviter un tel destin. Plutôt que d’essayer d’« avaler » l’ensemble du pays, la logique russe, telle qu’elle apparaît dans l’échange, est de fixer des objectifs limités et réalisables : sécuriser des axes stratégiques, consolider des gains territoriaux clés et mettre en place des structures politiques locales susceptibles de réduire la dynamique insurrectionnelle. Cela ne signifie pas que la Russie ne causera pas de souffrances locales ni qu’elle n’installera pas des administrations coercitives ; cela veut dire que Moscou semble avoir appris des conflits asymétriques antérieurs à équilibrer gains territoriaux et coût politique/économique. En outre, la capacité russe à maintenir des lignes logistiques et une production d’armement domestique réduit la nécessité d’un effort d’occupation totalement coûteux. L’objectif n’est pas l’annexion totale mais la création d’un état de fait suffisamment durable pour rendre une reconquête ukrainienne coûteuse et longue. ## La stratégie militaire et diplomatique intégrée de la Russie La force russe ne réside pas seulement dans ses chars ou ses missiles, mais dans une intégration claire entre sphères militaire, économique et diplomatique. La conversation met en lumière une cohérence stratégique : réduire progressivement l’effort militaire public tout en capitalisant sur une production interne soutenable, utiliser des instruments économiques pour contourner les sanctions, et déployer une diplomatie qui exploite la fatigue occidentale. Cette approche patientée — pas d’ultimatums spectaculaires, mais une progression continue — permet à la Russie d’exploiter les faiblesses structurelles de ses adversaires. En pratique, cela se traduit par une gestion budgétaire plus prudente en période de conflit, des investissements dans des technologies de force asymétrique (drones), et une diplomatie visant à diviser le soutien occidental, par exemple en cultivant des narratives favorables aux positions russes auprès de certains publics et acteurs politiques. Cette stratégie intégrée accroît la résilience russe face aux sanctions et aux campagnes internationales de dénigrement, et fait peser sur l’Ukraine et ses soutiens la lourde charge de la continuité du financement et de la motivation. ## La crise politique auto‑infligée de l’Europe L’Europe se retrouve au centre d’un dilemme politique majeur : continuer d’armer et de financer un effort coûteux pour l’Ukraine ou reconnaître la limite de ses capacités et basculer vers des solutions politiques. Beaucoup de dirigeants européens ont investi leur capital politique dans le renforcement militaire collectif et dans la posture de soutien maximal à Kyiv. Se désengager pourrait les exposer à des critiques domestiques et internationales, mais ne pas le faire pourrait mener leurs économies et leurs sociétés vers des tensions internes graves. L’échange insiste sur le manque d’unité et la faiblesse de la colonne vertébrale budgétaire européenne. Le refus d’employer les actifs russes gelés, pour des raisons juridiques ou politiques, illustr

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L’Ukraine en faillite ? Fin de la ligne de crédit ! Et si le facteur décisif dans la guerre en Ukraine n’était ni la volonté ni les armes miracles, mais tout simplement l’argent ? Passons-nous à côté d’un effondrement économique imminent à Kyiv qui pourrait fondamentalement modifier la trajectoire du conflit lorsque le financement finira par s’ épuiser pour de bon ? Pour explorer cet angle crucial, je m’entretiens aujourd’hui avec le Dr Nicolai Petro, professeur de science politique à l’Université du Rhode Island. Nous analysons les dures réalités financières auxquelles l’Ukraine est confrontée et démystifions les mythes entourant les armes censées changer la donne. Notre discussion aborde le déplacement de l’attention mondiale, l’ impasse politique de l’Europe et la stratégie à long terme étonnamment patiente de la Russie, offrant une prévision de la prochaine — et peut-être dernière — phase de la guerre. Liens : Page personnelle de Nicolai : http://npetro.net/ Substack Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack. com Boutique : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Chapitres : 00:00:00 Introduction 00: 00:19 La réalité économique de l’Ukraine et le facteur financier 12:08 Les « Wunderwaffen » et le rêve d’un effondrement russe 19:51 La perte d’attention mondiale : l’avenir de la guerre 24:33 Comment la Russie évitera le piège de « l’afghanisation » 31:52 La stratégie militaire et diplomatique intégrée de la Russie 39:31 Pourquoi la Russie joue le jeu du cadrage de Trump 46:47 La crise politique auto-infligée de l’Europe 55:09 L’évolution de l’objectif de « dénazification » #Pascal Bonjour à tous. Ici Pascal Lottaz des Études de la Littératie, et aujourd’hui je parle à nouveau avec le Dr Nicolai Petro, professeur de science politique à l’Université du Rhode Island. Nicolai est mon expert de référence lorsqu’il s’agit de la politique intérieure de l’Ukraine et de la Russie. Alors, Nicolai, bienvenue à nouveau. #Nicolai Petro Ravi d’être à nouveau avec toi, Pascal. #Pascal Très heureux de vous retrouver. Nous avons échangé quelques courriels, et dans l’un d’eux, vous m’ avez dit que votre récente observation est que nous sous-estimons peut-être le facteur financier et le facteur économique dans la manière dont la guerre semble désormais évoluer — selon toute interprétation — contre les intérêts de Kyiv. Pouvez-vous expliquer ce que, selon vous, nous n’avons pas encore suffisamment pris en compte pour le moment ? -- 1 of 16 -- #Nicolai Petro D’accord. Donc, le gouvernement ukrainien dispose d’un budget pour 2026, et l’une des choses qu’il prévoit est un déficit budgétaire. Malheureusement, ce déficit, du point de vue du Fonds monétaire international — qui supervise le budget ukrainien et tente d’aligner ses prévisions sur ce que les institutions financières occidentales peuvent offrir pour soutenir l’Ukraine, la société ukrainienne et l’ effort de guerre — s’élève à environ 30 milliards d’euros. Enfin, 30 milliards de dollars. Mais cet argent… eh bien, c’est le manque à combler. C’est le déficit qui existe. Et ce déficit pose problème, car l’Europe n’a pas prévu de couvrir cette dépense. Et le gouvernement ukrainien n’a pas envisagé ce qu’il ferait si cet argent ne se matérialisait pas. Ainsi, littéralement, les médias ukrainiens regorgent de spéculations sur les domaines où les coupes budgétaires seront effectuées, car rien en Ukraine n’est financé de manière abondante — pas même l’armée. Les estimations varient de plusieurs dizaines de milliards, donc j’utiliserai une approximation proposée par l’analyste financier Timothy Ash, qui a déclaré que si l’on prend en compte le montant dont l’Ukraine aura probablement besoin au cours de l’année et demie à venir, il s’élèverait probablement à environ 100 milliards de dollars, en plus de ce qui a déjà été alloué. Je pense que cela correspond à un rythme de dépenses plus élevé que celui observé jusqu’à présent. Je pense qu’à la dernière réunion de l’UE, le chiffre mentionné dans le communiqué pour ce que l’ Europe a dépensé jusqu’à présent était soit de 167, soit de 177 milliards. Cela concerne les trois, trois ans et demi écoulés. Donc, les cent milliards prévus pour l’année et demie à venir — eh bien, ce n’est pas une économie, ce n’est en aucun cas une réduction. Mais Ash va plus loin, en suggérant que ce montant sert, comme il le dit, simplement à maintenir l’Ukraine dans la partie, à la maintenir sous perfusion. S’il doit y avoir un véritable espoir de victoire ukrainienne, ce chiffre devrait être augmenté d’environ 50 %. Donc, 150 milliards, pense-t-il, serait une projection réaliste pour l’Ukraine si elle devait passer à l’ offensive contre la Russie. Nous voyons donc les chiffres évoluer — ils s’écartent de plus en plus. Et cela m’amène à une vision pessimiste, bien qu’on puisse aussi dire optimiste, si l’on cherche une fin à la guerre. Mais la réalité semble être que, en plus de manquer de personnel et de population — en raison du nombre de personnes émigrant, une estimation courante étant d’environ un demi‑million de départs par an d’Ukraine —, le nombre de personnes portées absentes sans permission et de désertions sur le front approche désormais 30 à 40 % des effectifs nominalement présents dans les forces armées ukrainiennes. En plus de ces problèmes, nous avons maintenant celui du manque de financement pour la poursuite de la guerre. Et puisque l’Ukraine dépend déjà de l’aide occidentale pour pas moins de 50 % de son effort de guerre et 50 % de son entretien de base — ses comptes courants quotidiens pour payer tout ce qui est nécessaire au fonctionnement du pays — il ne semble pas y avoir beaucoup de possibilités de poursuivre la guerre. Tout indique, en somme, l’impossibilité de continuer cet effort de guerre. Et c’est l’un des aspects les plus inattendus. J’ajouterais qu’il existe une solution à ce -- 2 of 16 -- problème, raison pour laquelle Timothy Ash a écrit qu’il y a, en Europe, un gros œuf d’or — 300 milliards d’actifs, qui sont des fonds souverains russes. Mais la personne qui gère ces fonds — un ministre belge des Affaires étrangères, Bart de Wever — qui est, je suppose, responsable d’Euroclear, laquelle détient la majorité, la plus grande partie de ces fonds, a souligné qu’il serait totalement sans précédent de saisir des avoirs souverains. Je veux dire, il a été très clair sur ce point. Et je suppose qu’en fin de compte, il a réussi à convaincre ses collègues de l’UE qu’il serait impossible de le faire d’une manière, sous une forme ou d’une autre, qui puisse être considérée comme légale. En conséquence, la conclusion d’Ash dans son essai était qu’il n’y a pas d’autre option pour que l’Ukraine poursuive le combat, sauf si ces avoirs lui sont attribués. Mais sans ces avoirs — que les dirigeants européens semblent estimer, à ce stade, intouchables sur le plan juridique — alors encore une fois, qui va payer pour la guerre ? Nous n’en savons rien. #Pascal Oui, mais, tu sais, cette question — à un moment donné, il faut qu’on fasse intervenir des spécialistes des devises, parce que les problèmes d’argent sont toujours des symptômes de problèmes plus profonds. Parce qu’en théorie, qu’est-ce qui empêche le parlement ukrainien de créer une loi stipulant que la Banque nationale d’Ukraine doit acheter les obligations de guerre émises par le parlement ou le gouvernement, n’est-ce pas ? Je veux dire, en théorie, si tu as une monnaie souveraine, tu peux te refinancer indéfiniment — mais cela ne te sert pas à grand-chose si les biens que tu dois acheter sont libellés en euros ou en dollars américains. #Nicolai Petro Le problème ici est une véritable crise du crédit. En d’autres termes, personne en Occident ne veut prêter. Je veux dire, ils sont ravis d’en parler — tant que nous le faisons tous — mais si vous parlez à chacun d’eux individuellement, aucun ne veut le faire, car ils comprennent que cet argent est irrécupérable. Et l’Europe traverse une crise budgétaire très difficile, en partie de son propre fait. Dans ce contexte, il est très intéressant de voir cette véritable crise économique discutée spécifiquement par des financiers, des politiciens et des banquiers. D’un autre côté, l’analyse proposée par les commentateurs politiques et les experts militaires sur la manière dont l’Ukraine peut gagner la guerre — dans la presse britannique et ailleurs — ignore fondamentalement les problèmes financiers de l’Ukraine, comme s’ils n’existaient pas dans leur univers. Et, en second lieu, ils mettent en avant les difficultés de l’économie russe, lesquelles — quoi qu’on en dise — comportent une bonne dose d’incertitude dans ce type d’analyse. En d’autres termes, il s’agit d’une projection de l’évolution possible de l’économie russe à partir de maintenant. Une bonne mesure du pessimisme que l’on lit à propos de l’économie russe dans les journaux européens repose sur la prétendue non-fiabilité des statistiques russes. En d’autres termes, ils disent : « Eh bien, si nous croyons les statistiques russes, la situation n’est pas si mauvaise. Mais nous n’y -- 3 of 16 -- croyons pas, donc nous allons projeter quelque chose de complètement différent. » Ils inventent simplement — ils projettent un scénario négatif parce que c’est ce qu’ils veulent voir : un scénario négatif. Et selon toute comparaison systématique entre l’économie ukrainienne et l’économie russe, cette dernière apparaît robuste et en bonne santé. #Pascal Les Européens rêvent encore que cette guerre se terminera comme la Première Guerre mondiale s’ est terminée — lorsque l’Allemagne, intérieurement et politiquement, n’en pouvait plus. Il y avait des troubles publics, des grèves, et même s’ils étaient encore en expansion et qu’aucun soldat ennemi n’ était sur leur sol, ils ont dû abandonner parce qu’ils n’avaient plus les moyens de poursuivre la guerre. Ils rêvent encore que ce scénario avec la Russie est sur le point de se réaliser — une arme miracle de plus, juste une de plus, et tout l’édifice russe s’effondrera sur lui-même. Depuis trois ans et demi, ils racontent cette histoire, et ils l’attendent encore. #Nicolai Petro Eh bien… un blogueur appelé Big Serge a publié aujourd’hui un essai dans lequel il s’est penché sur la question des *wunderwaffen* dont dispose l’Ukraine et a vraiment mis en lumière les problèmes liés au fait d’avoir — ou plutôt de livrer — des Tomahawks à l’Ukraine en quantité suffisante pour qu’ ils puissent réellement être utilisés. Comme il le souligne, je pense très justement, les missiles existent ; les systèmes de lancement, eux, non, car les États-Unis viennent tout juste de commencer à construire des systèmes de lancement terrestres. En effet, les Tomahawks sont habituellement utilisés en mer. C’est exact. Elles sont utilisées en mer, et maintenant ils estiment qu’il leur faut également une capacité terrestre pour ces armes. Mais leur production n’a commencé qu’en 2023. Et bien sûr, les premiers à en bénéficier sont les forces armées américaines elles-mêmes, et il existe déjà un retard dans le nombre de systèmes de livraison promis. En d’autres termes, ils ne sont pas encore devenus réalité. Ainsi, l’Ukraine devrait essentiellement être prioritaire sur les livraisons destinées à l’armée américaine et au corps des Marines — et je ne vois tout simplement pas Trump faire une chose pareille. #Pascal C’est étrange, car les quantités produites par Lockheed Martin — et il y a une autre entreprise, Raytheon — qui fabriquent ces choses, varient entre 50 et 90 par an. Pas 50 000 à 90 000 — 50 à 90, point final. Et le stock total qu’a estimé Responsible Statecraft de l’Institut Quincy l’année dernière se situe autour de 4 000. #Nicolai Petro -- 4 of 16 -- Ouais, ouais. #Pascal C’est insensé de croire qu’une quantité raisonnable pouvant influencer le champ de bataille pourrait être livrée à l’Ukraine. Mais l’idée n’est pas de les livrer pour le champ de bataille — c’est de bombarder Moscou et de les forcer à la table des négociati