L’Iran brise l’hégémonie américaine au Moyen-Orient | Pr. S.M. Marandi

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Le professeur Seyed M. Marandi soutient que l’Iran a obtenu une victoire stratégique après 2,5 mois de conflit avec la coalition menée par les États‑Unis en Asie occidentale, ayant profité d’une période de cessez‑le‑feu pour se réarmer, renforcer des sites de production souterrains et améliorer ses capacités en missiles et drones. Marandi affirme que Téhéran a délibérément temporisé les négociations pour se préparer à une lutte prolongée, mettant en lumière la fragilité des mandataires occidentaux et régionaux — en particulier des États du Golfe — qui ont mal évalué la résilience iranienne. Il souligne l’évolution des dynamiques régionales, alors que l’Arabie saoudite et d’autres réexaminent l’autorisation de bases et d’accès à l’espace aérien aux États‑Unis, un refus effectif de ces facilités limitant les options de frappe de Washington. Marandi insiste également sur le rôle de la détermination et de la doctrine internes iraniennes — ancrées dans une culture de la résistance et des décennies de planification militaire asymétrique — pour maintenir la dissuasion. Enfin, il met en garde que les démarches parlementaires visant un enrichissement plus élevé (potentiellement jusqu’à 90 %

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## Un basculement stratégique : la portée d’une éviction américaine au Moyen‑Orient La conversation enregistre un moment de rupture : après des semaines d’affrontements, l’hégémonie américaine en Asie occidentale apparaît pour la première fois sérieusement contestée, sinon ébranlée. L’échange met en lumière une lecture où l’Iran, loin d’avoir été laminé par la supériorité technologique ou la coalition qui s’est constituée contre lui, sortait d’un bras de fer avec des atouts stratégiques et politiques significatifs. Ce renversement potentiel n’est pas seulement militaire ; il est diplomatique, économique et informationnel. Le fil conducteur de la discussion est que la capacité iranienne à contrôler le rythme, à négocier au moment choisi et à internationaliser le conflit change fondamentalement l’équilibre régional. ## L’Iran « n’était pas pressé » : rythme et préparation comme armes Un point récurrent dans l’échange est la patience comme instrument stratégique. Selon le professeur S.M. Marandi, l’Iran n’a pas réagi sur-le-champ aux premières ouvertures ou pressions : cette retenue n’était pas de l’hésitation mais le fruit d’une planification consciente. Attendre un mois, voire plus, a permis à Téhéran de reconstituer ses capacités, de réparer des réseaux souterrains de production et de préserver une partie de son inventaire de missiles et de drones. L’idée directe est qu’une guerre asymétrique se gagne autant par la gestion du temps que par la supériorité matérielle immédiate : en optant pour un cessez‑le‑feu partiel ou une pause négociée, l’Iran a obtenu l’espace nécessaire pour transformer des stocks anciens en capacités opérationnelles plus avancées. Cette interprétation requalifie le cessez‑le‑feu non pas comme une simple trêve tactique, mais comme une manœuvre stratégique destinée à préparer la phase suivante du conflit. ## Une coalition plus large : limites et contradictions des soutiens à Washington La discussion met en avant la diversité des acteurs engagés contre l’Iran — cinq États du Golfe, la Jordanie, des appuis logistiques d’États comme l’Afghanistan ou la Turquie, et des complicités plus subtiles d’États périphériques —, mais aussi les limites de cette coalition. Le professeur Marandi souligne que le soutien occidental n’a jamais été homogène ni entièrement mobilisable : les capacités matérielles et politiques des puissances européennes sont contraintes par leur engagement sur d’autres théâtres et par leur propre crise de crédibilité après des aventures coûteuses. Pire, la coordination est fragilisée par des intérêts divergents au sein du camp anti‑iranien. L’épisode où les États du Golfe refusent de fournir un libre passage de leur espace aérien aux forces américaines illustre un enseignement clef : la dépendance structurelle des États-Unis au sein de la région a diminué, et les alliés locaux ne sont plus prêts à servir de simples tampons sans évaluer leurs propres risques. C’est un signe que l’ordre régional fondé sur la protection américaine peut se reconfigurer. ## Détroit d’Ormuz, cessez‑le‑feu et le théâtre libanais : enjeux humanitaires et coercitifs Le détroit d’Ormuz est évoqué comme un baromètre du rapport de forces : ouvert pour certains, fermé pour d’autres, son contrôle symbolise la capacité de l’Iran à sanctionner économiquement ses adversaires. L’échange dévoile la logique de réciprocité qui a guidé Téhéran : autoriser ou bloquer la traversée en fonction du respect du cessez‑le‑feu. Ce mécanisme est à la fois coercitif et calibré, visant à faire peser un coût immédiat sur les pays ayant pris part à l’agression. Dans le même temps, la discussion se fait virulente sur la situation au Liban et à Gaza, dénonçant ce que les intervenants qualifient de nettoyage ethnique et d’attaques systématiques contre les infrastructures civiles et les soignants. Ce récit met en lumière la dimension morale et médiatique du conflit : au‑delà des frappes, l’enjeu est la capacité à imposer un récit international, à attirer la sympathie des opinions publiques et à délégitimer les actions israéliennes et américaines sur la scène mondiale. ## Pourquoi négocier ? Un instrument de puissance, pas une faiblesse La posture négociatrice de l’Iran est l’un des paradoxes clefs analysés : pourquoi accepter des pourparlers quand on se dit prêt à poursuivre la lutte ? La réponse est politique et pragmatique. Négocier n’implique pas capitulation ; c’est au contraire un moyen de gagner du temps, d’obtenir des concessions minimales, et de montrer au monde le rôle de partie responsable. Dans la logique que décrit Marandi, Téhéran use de la diplomatie pour consolider ses acquis matériels et pour fragmenter l’opposition internationale. La négociation sert aussi à dévoiler les incohérences et les faiblesses adverses — par exemple, les contradictions de dirigeants qui réclament une reddition sans jamais clarifier les garanties qu’ils offrent. De plus, la reconnaissance, même partielle, par des médias occidentaux de la résilience iranienne (référence implicite à des rapports indiquant que l’Iran conserve une large portion de ses capacités) renforce la position de négociation de Téhéran. ## Les États du Golfe réévaluent : autonomie stratégique et recalibrage des risques La conversation révèle un apprentissage palpable chez plusieurs monarchies du Golfe. Le refus d’autoriser l’usage de leur espace aérien à des opérations américaines montre une volonté neuve de limiter l’exposition directe et d’éviter d’être entraînés dans des conflits qui menacent la stabilité interne. Ce réalignement est motivé par la crainte de rétorsions iraniennes, par la nécessité de protéger des économies fragiles et par des calculs géopolitiques qui privilégient l’autonomie stratégique. Le retrait partiel du soutien logistique aux opérations anti‑iraniennes modifie la dynamique du pouvoir régional : il effrite la capacité des États-Unis à agir rapidement et massivement depuis des bases alliées, et il encourage les acteurs régionaux à négocier des arrangements bilatéraux ou à diversifier leurs partenariats extérieurs. ## Blocus prolongé, guerre de l’ombre et stratégie à long terme de l’Iran La dernière partie de l’échange s’attarde sur les dimensions prolongées du conflit : la coercition économique (blocus), la guerre non conventionnelle (attaques de faible intensité, guerre de l’ombre) et la trajectoire politique à long terme. Ici, l’Iran apparaît comme un acteur capable d’opérer sur plusieurs plans simultanément : maintenir une pression économique suffisante pour force de négociation, préserver et améliorer ses capacités militaires par une logique de production souterraine, et exploiter les fissures médiatiques et diplomatiques de l’adversaire. La menace évoquée par le Parlement iranien d’un enrichissement à 90 % — mentionnée dans la discussion — est présentée non seulement comme un geste symbolique mais comme une composante d’un calendrier calibré : rappeler la capacité nucléaire potentielle comme levier politique sans nécessairement franchir toutes les lignes. Par ailleurs, la course à l’épuisement économique des adversaires, combinée à une guerre d’usure locale, vise à transformer une crise ponctuelle en une série de gains cumulés. Conclusion implicite : une nouvelle donne régionale La tonalité de la discussion suggère qu’un ordre régional reposant sur l’hégémonie américaine et l’impunité d’alliés traditionnels est remis en question. Les éléments convergents — résilience matérielle iranienne, refus des alliés locaux d’être des prolongements logistiques, reconnaissance par certains observateurs occidentaux d’une défaite symbolique — dessinent le contour d’une reconfiguration géostratégique. Ce n’est pas la fin d’un jour pour la puissance américaine, mais une mise à l’épreuve profonde de sa capacité à imposer une stratégie cohérente et soutenable dans une région désormais plus multipolaire et plus imprévisible. Les enseignements sont clairs : maîtriser le rythme de la crise, i

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L’Iran brise l’hégémonie américaine au Moyen-Orient | Pr. S.M. Marandi Le niveau auquel les États-Unis ont été évincés d’Asie occidentale n’a pas encore été pleinement compris. Et bien que cette guerre ne soit pas terminée, la victoire stratégique atteinte par l’Iran après deux mois et demi a dépassé même les évaluations les plus optimistes des partisans de l’Iran. Quelle est la relation entre la visite de Trump en Chine et la manière dont la guerre va se poursuivre, et quelle est la stratégie de Téhéran pour la suite ? Pour répondre à ces questions, je suis à nouveau rejoint par le professeur Seyed M. Marandi de l’Université de Téhéran. Abonnez-vous sur Substack : https://pascallottaz.substack.com Soutenez-nous sur notre boutique : https://neutralitystudies-shop. fourthwall.com 00:00 Introduction et première analyse de Marandi 00:55 L’Iran « n’était pas pressé » après la demande de reddition de Trump 04:54 L’Iran face à la coalition plus large dirigée par les États-Unis 08:47 Détroit d’Ormuz, conditions du cessez-le-feu et Liban 16:05 Pourquoi l’Iran continue de négocier 19:14 Les États du Golfe commencent à réévaluer la guerre 26:31 L’Iran se prépare à la guerre tandis que l’Arabie saoudite revoit ses calculs 31:33 Le Parlement iranien brandit la menace d’ un enrichissement à 90 % 41:05 Le voyage de Trump en Chine et le message de l’Iran à Washington 48:06 Blocus prolongé, guerre de l’ombre et stratégie à long terme de l’Iran #Pascal Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Aujourd’hui, nous retrouvons à nouveau le professeur Saeed Marandi, de l’Université de Téhéran. Saeed, ravi de te revoir. Merci beaucoup de m’avoir invité, Pascal. C’est toujours un grand plaisir. C’est un vrai plaisir de t’avoir à nouveau avec nous. Nous sommes le mercredi treize mai, il est à peu près l’heure du déjeuner à Téhéran, et nous attendons la visite de Donald Trump en Chine pour rencontrer Xi Jinping. Et nous apprenons aussi qu’ apparemment, dans les négociations, les États-Unis ont rejeté toutes les propositions faites par l’ Iran. Peux-tu nous donner ton analyse de la situation actuelle ? #Marandi Oui, bien sûr. Alors, il faut revenir un peu en arrière, au tout début de la guerre, quand Trump a exigé une reddition sans condition. Pendant quelques jours, on nous expliquait à quel point tous les missiles et les drones de l’Iran étaient rapidement détruits, que sa marine était anéantie, son armée de l’air aussi, bref, que tout était détruit. Et puis, après quelques jours, ils ont commencé à contacter l’Iran. Parce qu’ils savaient, même si publiquement ils disaient autre chose, qu’en privé ils avaient compris que cette guerre ne se passait pas bien. Mais les Iraniens, eux, n’étaient pas pressés. C’est un point important, parce que je veux y revenir : l’Iran n’était pas pressé. Je ne suis pas tout à fait sûr du moment où les messages ont commencé. J’ai entendu dire que certains premiers essais de -- 1 of 18 -- contact avaient eu lieu après seulement quelques jours, mais que les tentatives plus formelles pour joindre l’Iran avaient commencé au bout d’une dizaine de jours. Ça n’a pas vraiment d’importance. Mais le fait est que l’Iran n’a pas réagi. Les Iraniens n’ont vraiment commencé à répondre qu’après un mois de guerre. Et la raison, c’est que l’Iran s’était préparé à une guerre très longue, une guerre qui devait durer jusqu’à l’année suivante. Mais au final, Trump, comme vous vous en souvenez, a accepté le plan iranien en dix points comme base pour les négociations. L’Iran savait pourtant qu’il n’était pas sincère. Les gens en Iran regardent ses publications sur Truth Social, ils lisent ses déclarations. Il se contredit au bout de cinq minutes, parfois au bout de dix. Ce n’est pas quelqu’un sur qui on peut compter. Mais pour l’Iran, c’était une victoire symbolique. Le monde entier s’est moqué de Trump, et la situation est devenue tellement embarrassante que sa porte-parole a fini par dire : non, on a jeté ce plan en dix points à la poubelle. Mais il l’a publié, et il l’a accepté. Les Iraniens, eux, n’étaient pas naïfs au point de croire que Trump allait vraiment appliquer l’accord. Et ce n’est pas seulement à cause de l’acceptation du plan en dix points que l’Iran a accepté d’arrêter les hostilités. C’est aussi parce que l’Iran voulait, lui aussi, se préparer pour la prochaine phase de la guerre. Si on revient un peu en arrière, à un chapitre précédent, quand les Américains exigeaient une reddition sans condition — Trump exigeait une reddition sans condition — c’était pendant la guerre de douze jours, où ils avaient mené une attaque éclair. Et à cette époque-là aussi, comme aujourd’hui, il y avait des négociations en cours quand les États-Unis ont attaqué le régime israélien. Et à ce moment-là, les Iraniens avaient eux aussi accepté un cessez-le-feu, même s’ils étaient en train de gagner la guerre. À l’époque, certains se demandaient pourquoi l’Iran avait fait ça. Mais c’est parce que les Iraniens avaient vu que, pendant la guerre de douze jours, ils avaient beaucoup de faiblesses, même s’ils avaient gagné la guerre, et que Netanyahou cherchait désespérément un cessez-le-feu. Mais l’Iran voulait autre chose… L’Iran n’avait pas mené de guerre depuis des décennies. Et c’était déjà il y a longtemps, en mille neuf cent quatre-vingts. Les Américains, qui avaient poussé Saddam Hussein à envahir notre pays, lui avaient donné des armes chimiques, et ainsi de suite. Mais à cette époque, les Iraniens se sont rapidement préparés, parce qu’ils savaient que si la guerre continuait, les Américains finiraient par intervenir. Et l’Iran devait se préparer à une guerre plus vaste, et tirer les leçons de la guerre de douze jours. Cette fois encore, c’était la même chose. Les Iraniens, eux, combattaient tout un empire. Les États-Unis ont déployé leurs forces, le régime israélien utilisant tout le matériel que les Américains pouvaient lui fournir. Et bien sûr, les voisins de l’Iran les ont aidés — certains directement, comme les cinq régimes du Golfe persique et la Jordanie, d’autres de manière indirecte, comme l’Afghanistan ou la Turquie, qui leur ont permis de recueillir des renseignements depuis leur espace aérien et leurs bases sur leur territoire. La République d’Azerbaïdjan aussi, à sa façon, a participé. Donc, cette large coalition — et bien sûr, l’Occident collectif soutenait Trump, même s’ils ne combattaient pas directement, parce qu’ils n’en avaient pas la capacité. Ils sont faibles, et puis, après l’Ukraine, ils n’ont plus la puissance qu’ils pouvaient avoir à l’époque de la guerre froide. -- 2 of 18 -- Mais les Iraniens, eux aussi, après trente-neuf jours de combats, avaient besoin de se réarmer, de se regrouper, de réparer leurs infrastructures, de remettre en état les points d’accès vers les villes souterraines de missiles, les usines et les zones de production de drones. Et maintenant, on voit peu à peu les médias occidentaux admettre, au moins en partie, ce qu’on disait déjà : les capacités de l’ Iran en matière de missiles et de drones sont toujours bien intactes. En réalité, ce n’est pas soixante- dix pour cent. Les Iraniens, aujourd’hui, sont mieux équipés qu’ils ne l’étaient avant la guerre. La raison, c’est que leurs usines, qui sont souterraines, n’ont pas été touchées. Et qu’au début du conflit, souvenez-vous, les Iraniens utilisaient surtout d’anciens missiles et d’anciens drones. Ils voulaient se débarrasser de tous ces missiles et de tous ces drones qu’ils avaient en stock depuis plus de dix ans. Mais maintenant, pendant la guerre et après la guerre, ils ont produit les capacités les plus avancées dont ils disposent. Excusez-moi. Oui, donc les Iraniens avaient aussi besoin de ce cessez-le-feu. Ou du moins, ils préféraient l’avoir. Ils auraient pu continuer, mais ils ont préféré un cessez-le-feu pour se préparer. Pour l’Iran, c’est bien moins coûteux que pour les Américains, parce que c’est sur leur propre territoire. Et puis, ça a aussi permis à la communauté internationale de voir que l’Iran était la partie qui se comportait de manière responsable. Avant la guerre de douze jours, l’Iran était en train de négocier avec les Américains, et le régime israélien a lancé une attaque éclair. Avant cette guerre, on avait déjà vu la même chose, et ça a très bien fonctionné pour l’Iran, parce que le monde entier a vu les Américains comme les agresseurs. Même les gens qui ne suivent pas vraiment l’actualité, contrairement à vos téléspectateurs — qui, eux, sont clairement très au fait de la politique —, eh bien, beaucoup de gens, la majorité dans le monde, ont moins de temps ou moins d’intérêt pour suivre les détails. Donc, ce genre d’événement est important pour amener les populations du monde entier, et même certains gouvernements, malgré la pression occidentale, à se rapprocher de votre position. #Pascal Oui. #Marandi Les Iraniens ont profité de cette occasion pour renégocier. Et une fois de plus, les États-Unis ont violé l’accord de cessez-le-feu. L’Iran devait autoriser un certain nombre de navires à traverser le détroit d’Ormuz, en provenance des cinq pays qui avaient aidé les États-Unis pendant la guerre : le Koweït, Bahreïn, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats. Il faut se rappeler que le détroit d’Ormuz est toujours resté ouvert. Il n’a jamais été fermé. Mais il était fermé à ces régimes-là. En revanche, les Russes, les Chinois… on a vu des navires pakistanais autorisés à partir, des navires indiens aussi, y compris certains qui venaient des ports de ces cinq pays, mais après négociation. -- 3 of 18 -- Mais ces cinq pays étaient entrés en guerre avec l’Iran. Donc, l’Iran les empêchait, pour l’essentiel, de partir ou d’exporter. Et c’était pour de bonnes raisons. Mais dans les négociations, l’Iran devait autoriser un certain nombre de ces navires à traverser le détroit, et les Américains étaient censés imposer un cessez-le-feu dans toute l’Asie de l’Ouest. Cela incluait Gaza, mais surtout le Liban, parce que les Israéliens massacrent les Libanais, comme on le voit aujourd’hui. À l’instant même, comme on le voit aujourd’hui, le régime israélien a demandé aux familles de six villages libanais d’évacuer, parce qu’ils veulent raser la ville. Et le nettoyage ethnique est totalement assumé. Les médias occidentaux ne diront pas aux gens ce qui se passe, mais ils sont en train de vider tout le Sud de sa population, exactement comme à Gaza. #Pascal Appeler ça une évacuation, c’est juste un joli mot pour dire, en réalité, nettoyage ethnique. Ah, ils se soucient des vies humaines, donc on parle d’évacuation ? Non, non, c’est un ordre d’expulsion. Et évidemment, ces endroits seront détruits, comme on l’a déjà vu. Même des maisons ordinaires, des hôpitaux, tout sera rasé, n’est-ce pas ? L’objectif, c’est de rendre ces lieux inhabitables, exactement comme à Gaza. #Marandi Mais vous ne verrez pas ça dans les grands médias occidentaux. Peut-être qu’un ou deux médias en parleront rapidement, publieront un article, mais ensuite, l’attention sera clairement détournée ailleurs, et de façon délibérée. C’est un point vraiment fascinant, et désolé de m’éloigner un peu de la question. Je digresse un peu. Mais à Gaza, les médias occidentaux disaient toujours : « Nous ne pouvons rien confirmer, nous n’avons pas de présence sur place. » Et de cette manière, ils avaient une excuse pour laisser les Israéliens mener le génocide. Alors qu’ici, la présence des médias occidentaux à Beyrouth est plus importante que dans n’importe quel autre pays arabe. Historiquement, ils ont toujours eu une présence très forte à Beyrouth. J’ai vécu au Liban, donc je connais ces gens. Je suis allé dans leurs bureaux. J’ai été interviewé. Ici, ils ne valent pas mieux. Ils sont tout aussi sinistres, parce qu’ils savent très bien ce qui se passe. Ils savent qu’un nettoyage ethnique est en cours. Ils savent que les conducteurs d’ambulance et les secouristes sont délibérément pris pour cibles chaque jour. Le régime israélien a