Le Hezbollah s’inspire de l’Iran et marque des victoires contre le sionisme | Laith Marouf

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Laith Marouf soutient que la dynamique actuelle du Liban reflète un changement décisif dans l’équilibre des puissances en Asie occidentale après la résistance victorieuse de l’Iran. Il affirme que les cessez‑le‑feu et les protocoles d’accord proclamés sont en grande partie illusoires sur le terrain, puisque la direction politique libanaise n’a pas l’autorité nécessaire pour contraindre le Hezbollah à déposer les armes. Marouf décrit la transformation du Hezbollah, qui est passé d’une semi‑armée à une force de guérilla plus agile, en recourant à des innovations — drones FPV guidés par fibre optique, vision nocturne et missiles antichars perfectionnés — apprises en Syrie et adaptées de la campagne iranienne. Ces tactiques, dit‑il, ont infligé d’importantes pertes matérielles à Israël (y compris des centaines de chars) et ont réduit les perspectives d’une guerre civile ou d’un affrontement avec l’armée libanaise, compte tenu de la composition et des capacités limitées de cette dernière. Les assassinats de dirigeants de la résistance, selon Marouf, ont paradoxalement revitalisé le soutien populaire et provoqué un renouvellement générationnel des tactiques. Il situe cette trajectoire da

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## Introduction La discussion met au centre une idée simple mais lourde de conséquences : l’évolution du conflit au Liban et dans la région ne peut plus se comprendre comme une simple extension des politiques israéliennes ou américaines. Ce sont désormais des logiques de résistance, d’innovation tactique et d’endurance qui redéfinissent l’équilibre des forces. Laith Marouf, intervenant depuis le Liban, esquisse une lecture où le Hezbollah, nourri d’expériences iraniennes et locales, se transforme en une force qui impose des limites aux ambitions de Tel‑Aviv et à la projection de puissance de ses alliés. Ce n’est pas seulement une confrontation d’armements : c’est une confrontation de modèles stratégiques — l’empire conventionnel face à l’adaptation asymétrique et à la politisation sociale du champ de bataille. ## Le protocole d’accord et les armes du Hezbollah Le supposé « protocole d’accord » entre le gouvernement libanais et Israël est, dans la narration de l’échange, largement déconnecté de la réalité du terrain. Laith Marouf souligne que, même lorsque des acteurs politiques nationaux plaident pour un mémorandum susceptible de contenir les violences, ils n’incarnent pas le pouvoir effectif qui façonne les événements militaires. Ce constat rend caduque l’idée qu’un simple accord politique à Beyrouth pourrait contraindre le Hezbollah à déposer les armes. Sur le plan militaire, le message est clair et quantifiable : la résistance a infligé des pertes matérielles dramatiques à l’armée israélienne. Marouf cite des chiffres percutants — l’élimination, en quelques mois, de l’ordre de cinq cents chars et d’un grand nombre de véhicules blindés — qui témoignent d’une capacité de nuisance et d’une efficacité opérationnelle accrues. Ces pertes modifient la donne stratégique : elles réduisent non seulement la puissance de feu de l’adversaire, mais elles sapent aussi la volonté politique de pousser plus loin une campagne qui deviendrait trop coûteuse et politiquement dangereuse pour les sponsors extérieurs. Au-delà des chiffres, l’interlocuteur insiste sur un autre aspect essentiel : la dimension politique de l’arme. Les armes du Hezbollah ne se limitent pas à des missiles et à des blindés ; elles trouvent leur force dans une base sociale, des réseaux régionaux et des modes d’action qui conjuguent tactique et narration politique. C’est cette combinaison qui rend un désarmement imposé par des accords extérieurs hautement improbable. ## Craintes de guerre civile et armée libanaise L’un des scénarios les plus redoutés — l’éclatement d’une guerre civile au Liban — est examiné en détail. Les acteurs extérieurs, selon la lecture proposée dans la discussion, auraient un intérêt stratégique à provoquer un tel effondrement pour fracturer la résistance et sécuriser des gains territoriaux. Pourtant, la réalité sociale et institutionnelle libanaise rend ce scénario moins plausible qu’il n’y paraît. Marouf souligne d’abord la composition confessionnelle de l’armée libanaise : une proportion importante de soldats et d’officiers issus de la communauté chiite rend improbable la transformation de cette institution en outil contre le Hezbollah. Il présente l’armée comme une institution encore attachée à un sens du service national et incapable, en l’état, d’exécuter un ordre visant des concitoyens massivement soutenus. De plus, la faiblesse matérielle de l’armée — peu de chars, pas d’aviation de combat substantielle — l’empêche d’affronter une force qui a combiné guérilla, défense anti‑blindés et missiles. Quant aux milices civiles susceptibles d’enflammer le pays, elles semblent aujourd’hui atrophiées et geographically cantonnées. Les forces chrétiennes traditionnelles, par exemple, ont perdu de leur capacité d’action et leur implantation territoriale ne leur donne pas les moyens d’un déploiement généralisé. Enfin, l’idée d’un recours aux groupes wahhabites appuyés depuis l’extérieur est battue en brèche par la réalité syrienne et la réduction du nombre de combattants djihadistes disponibles pour opérer à grande échelle au Liban. ## Drones, innovation et tactiques de résistance Les nouvelles technologies ont redistribué les cartes du combat asymétrique. La conversation insiste sur deux traits essentiels : l’innovation technologique adaptative et la capacité à tirer parti de solutions à bas coût mais à fort effet stratégique. Le Hezbollah et les mouvements de l’axe de la résistance s’inspirent des techniques éprouvées en Iran et à Gaza : drones FPV, drones reliés par fibre optique pour éviter le brouillage, munitions artisanales antichars (« obus Yassin »), et intégration d’imageries nocturnes et de commandes à distance. Ces outils ne sont pas des gadgets ; ils transforment la bataille, diminuent l’avantage traditionnel de l’armée conventionnelle et augmentent la létalité contre blindés et postes avancés. L’emploi de drones pour des embuscades ciblées, l’assassinat d’officiers par frappe chirurgicale et la suppression des capacités de mouvement de l’adversaire ont entraîné une désorganisation conséquente chez Tsahal dans le sud libanais. Mais l’innovation ne se limite pas à l’électronique. La conversation rappelle également l’importance des infrastructures souterraines, inspirées en partie des leçons tirées à Gaza et d’expériences historiques comme le Viet‑Cong. Ces réseaux de tunnels, positions enfouies et logistiques clandestines permettent une résilience prolongée face aux campagnes de destruction aérienne et rendent la conquête territoriale traditionnelle beaucoup moins efficace. ## Les objectifs du Hezbollah dans le sud du Liban La question des finalités stratégiques du Hezbollah est mise en perspective : il ne s’agit pas d’un appétit expansionniste désordonné mais d’un objectif défini autour de la sécurisation du sud libanais et de la protection des populations. Les opérations menées — embuscades, ciblage de véhicules blindés, harcèlement continu — visent à repousser, contenir et affaiblir l’ennemi jusqu’à un équilibre qui impose des contraintes à Israël. Marouf avance que la logique n’est pas tant de conquérir des territoires lointains que d’utiliser la pression militaire pour rétablir un seuil de dissuasion et consolider une position politique favorable à la résistance. Cette stratégie de « victoire graduelle » s’appuie sur la capacité à infliger des coûts élevés, à rallier le soutien politique interne et à gagner la bataille de la légitimité auprès des différentes communautés libanaises. Le rôle du Hezbollah comme acteur politique, social et militaire lui donne un avantage supplémentaire : il peut transformer des gains tactiques sur le terrain en influence politique durable, notamment en alignant des partis et mouvements libanais autour d’une opposition au mémorandum d’accord. Cette conversion du succès militaire en gains politiques régionaux est un élément central de la stratégie de l’axe de la résistance. ## Funérailles de Khamenei et signaux régionaux Les commémorations et funérailles de figures régionales comme le guide suprême iranien, évoquées dans la discussion, prennent une dimension politique et symbolique majeure. Ces rassemblements traduisent des signes d’unité, des réseaux d’alliance et la capacité des acteurs régionaux à envoyer des messages simultanés aux rivaux. Selon l’analyse rapportée dans la conversation, de tels événements servent à renforcer la cohésion de l’axe de la résistance et à montrer que la chaîne de commandement politico‑religieuse reste intacte malgré les pressions extérieures. Ils constituent également un instrument de communication stratégique : en affichant une ferveur ou une mobilisation, les forces régionales peuvent dissuader des frappes disproportionnées et signaler une volonté d’escalade proportionnée si des lignes rouges sont franchies. Ces rituels se lisent donc comme des indicateurs politiques — non seulement de fidélité interne, mais aussi de la posture régionale vis‑à‑vis des États-Unis et d’Israël. Ils

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Le Hezbollah s’inspire de l’Iran et marque des victoires contre le sionisme | Laith Marouf Alors qu’Israël et les États-Unis aimeraient provoquer une guerre civile au Liban, les forces sociales du pays ne suivent PAS ce plan malveillant. En réalité, le Liban hante actuellement les soldats de Tsahal, et ceux-ci peuvent faire bien peu de choses. Laith Marouf, de Free Palestine TV, nous rejoint depuis le Liban pour discuter des attaques israéliennes, du rôle du Hezbollah, des affirmations concernant un cessez-le-feu au Liban, de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, des nouvelles tactiques de drones, des pertes israéliennes, des assassinats de dirigeants, de la bataille médiatique, et des raisons pour lesquelles il estime que l’Axe de la Résistance gagne en puissance dans toute la région. Liens : Free Palestine TV : https://www.freepalestine.video Neutrality Studies substack : https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Donations : https://neutralitystudies.com/donate Horodatage : 00:00:00 Introduction 00:00:32 Le Liban sous attaque 00:01:58 Le protocole d’accord et les armes du Hezbollah 00:07:30 L’impact de la guerre avec l’Iran sur le Liban 00:12:00 Craintes de guerre civile et armée libanaise 00:15:59 Taille du Hezbollah et évolution militaire 00:18:58 Drones, innovation et tactiques de résistance 00:23:53 Pertes israéliennes et déclarations de dommages 00:27:54 Les objectifs du Hezbollah dans le sud du Liban 00:31:10 Assassinats et renouveau du Hezbollah 00:36:21 Funérailles de Khamenei et signaux régionaux 00:40:09 La guerre médiatique et l’opinion publique 00:46:01 Prochaine phase de la guerre avec l’Iran 00:48:31 Où suivre Laith Marouf #Pascal Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Aujourd’hui, nous retrouvons Laith Marouf de *Free Palestine TV* pour une mise à jour. Laith se trouve en ce moment au Liban, bien sûr, et nous allons parler de l’attaque contre le pays d’où il nous rapporte les faits, ainsi que des dernières nouvelles concernant le protocole d’accord. Laith, bienvenue. #Laith Marouf Ravi d’être avec vous, Pascal. Merci de m’avoir invité. #Pascal Bon, commençons directement par le Liban, là où vous êtes en ce moment. Comment la situation évolue-t-elle ? Que font les Israéliens, et quels types de mouvements avez-vous observés ces deux dernières semaines ? -- 1 of 15 -- #Laith Marouf Eh bien, même s’il est censé y avoir un cessez-le-feu, en réalité, il n’y en a pas. Les attaques israéliennes se poursuivent dans le sud du Liban, avec la destruction continue de villages qu’ils occupent encore, tandis que la résistance continue de les combattre. Chaque jour, on entend parler d’embuscades tendues par le Hezbollah, ou d’assassinats d’officiers israéliens à l’aide de drones FPV. Le combat continue donc sur le terrain. Et tout ce discours sur un cessez-le-feu ou un mémorandum d’accord semble appartenir à l’imaginaire, ou à une autre réalité que celle que nous vivons ici. Cela vient du fait que le Premier ministre et le président du pays, qui poussent pour cet accord, n’ont en réalité aucun pouvoir. Alors, quoi que les Américains et les Israéliens aient pu espérer de cette collaboration entre le président et le Premier ministre, ils ne peuvent pas le concrétiser. La réalité, sur le terrain, c’est que cette guerre va continuer, je pense, jusqu’à ce qu’il y ait un véritable vainqueur. #Pascal On a eu ça il y a environ une semaine, non ? Cet accord entre le gouvernement libanais et Israël, selon lequel l’occupation israélienne pourrait en gros se poursuivre jusqu’à ce que le Hezbollah soit… pas démilitarisé, pardon… jusqu’à ce qu’il rende toutes ses armes. Quelle est votre analyse de ça ? Parce que, pour moi, en ce moment, la direction du Liban me fait beaucoup penser à ce que Pétain représentait pour les Français pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais vous, comment vous comprenez ça ? #Laith Marouf Oui, c’est vraiment un régime de type Vichy. Vous savez, souvenez-vous : le président et le Premier ministre sont arrivés au pouvoir juste après l’assassinat de Sayyed Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, après cet attentat à la bombe avec les pagers, et la chute de Damas aux mains des escadrons de la mort wahhabites de Jolani. À ce moment-là, le camp sioniste impérialiste était en position de force, et ils ont imposé la nomination de ce président et de ce Premier ministre. Le bloc de la résistance au Liban était affaibli, alors ils ont laissé faire. Mais aujourd’hui, tu sais, il y a un renversement total, à cent quatre-vingts degrés, de l’équilibre des forces en Asie occidentale. Les États-Unis et Israël ont été vaincus dans leur guerre contre l’Iran, et ils ne peuvent plus concrétiser les plans qu’ils avaient pour deux mille vingt-cinq. Peut-être que si les États-Unis avaient poussé pour cet accord, s’ils n’avaient pas été trop sûrs d’eux à ce moment-là, et qu’au lieu de laisser Israël détruire le Liban sans raison, ils avaient soutenu cet accord, alors peut- être qu’ils auraient pu obtenir quelque chose. Mais maintenant, ça ne passera pas. Aucune puissance militaire ne peut forcer le Hezbollah à se désarmer. Et les Israéliens, eux, ont été freinés par les États-Unis après leur défaite dans les opérations militaires au Sud-Liban, ainsi que -- 2 of 15 -- leurs menaces d’utiliser le génocide, le nettoyage ethnique ou des attaques de masse comme forme de guerre. On se souvient aussi des menaces d’attaques sur Beyrouth, il y a quelques semaines, quand l’Iran avait prévenu qu’il riposterait en bombardant les colonies d’Aminu en Palestine. Aujourd’ hui, la situation est claire : Israël ne peut pas gagner une confrontation militaire contre le Hezbollah. En même temps, les États-Unis et l’Iran ne lui permettent pas de mener une guerre génocidaire pour compenser ses échecs sur le terrain dans une guerre conventionnelle. Voilà où nous en sommes. Et à mon avis, si les choses continuent comme ça, le Hezbollah sortira vainqueur. #Pascal Donc, si je comprends bien, votre interprétation, c’est que cette fois, les États-Unis font pression sur Israël pour qu’il ne commette pas de génocide, pour qu’il ne refasse pas ce qu’il a déjà fait à Gaza. Parce qu’il me semble qu’ils ont, en apparence, menacé de refaire à l’identique ce qu’ils ont fait à Gaza, mais au Liban. Mais selon vous, cette fois, les États-Unis exerceraient une pression réelle sur eux. #Laith Marouf Oui, et je ne pense pas que les États-Unis veuillent vraiment exercer cette pression. Mais comme ils ont perdu la guerre contre l’Iran, leurs propres intérêts commencent maintenant à s’éloigner de ceux de la colonie juive. Avant cela, et avant la guerre contre l’Iran, l’objectif stratégique des États-Unis — rester la puissance dominante en Asie occidentale — coïncidait parfaitement avec celui de la colonie juive, qui est d’exister de façon permanente dans cette région. Et maintenant, ce qu’on voit, c’est qu’une grande partie de la puissance militaire des États-Unis en Asie occidentale est en train d’être détruite. En plus, tout un ensemble d’autres vassaux que les États-Unis ont dans la région — principalement les monarchies arabes — s’effondrent les unes après les autres. Leurs finances sont en ruine, et leur capacité à influencer les populations arabes et musulmanes devient de plus en plus faible. Tout cela menace l’objectif stratégique des États-Unis, qui est de rester la puissance dominante dans la région. C’est pour cette raison qu’on commence à voir apparaître des divergences entre les manœuvres tactiques menées par la colonie juive et celles des Américains sur place. Et bien sûr, cet écart est visible et connu de l’axe de la résistance, qui ne cesse d’appuyer sur ces différences entre les États-Unis et Israël. #Pascal La dernière fois qu’on s’est parlé, c’était peu après le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Et là, on est le trois juillet, donc trois ou quatre mois plus tard. Comment s’est passée cette période depuis le vingt-huit février ? Comment avez-vous vécu les changements qui ont suivi, disons, la défaite des États-Unis dans cette bataille, qui, selon moi, s’est conclue avec la signature du -- 3 of 15 -- protocole d’accord, où les États-Unis ont dû, en quelque sorte, reconnaître leur défaite et le signer noir sur blanc ? Et quel effet cela a-t-il eu sur la situation au Liban ? Est-ce que vous avez eu le sentiment que, désormais, les Israéliens ne pouvaient plus agir comme avant ? #Laith Marouf Oui. Vous savez, quand on regarde le champ de bataille, on voit encore une fois comment le Hezbollah a innové et réussi à détruire plus de cinq cents chars israéliens dans le sud du Liban, en trois mois seulement. C’est énorme. Ça représente la moitié des chars qui restaient aux Israéliens. Et cela, sans même parler des véhicules blindés et des engins techniques, comme les bulldozers et autres, qui ont aussi été détruits. Et on voit bien, vous savez, l’effet financier que les pays du Golfe, ces vassaux du monde arabe, avaient auparavant. Tous ces millions qu’ils dépensaient pour influencer la politique intérieure dans les pays arabes et musulmans ne sont plus disponibles aujourd’ hui. Vous savez, les Émiratis et les Qataris se sont, je crois, retirés de toute intervention, non seulement au Liban, mais aussi dans une grande partie du monde arabe et musulman. Ils n’ont plus assez d’ argent à gaspiller, surtout avec les dégâts subis par leur industrie du pétrole et du gaz. Aujourd’hui, on voit qu’il n’y a plus que l’Arabie saoudite qui garde encore une certaine influence au Liban. Et comme l’Arabie saoudite a elle aussi constaté les effets de cette guerre sur les autres monarchies de la péninsule arabique, je pense qu’elle agit avec plus de prudence. Elle ne jette plus tout son argent dans la même direction que les Israéliens et les Américains. On voit d’ailleurs de plus en plus de partis politiques libanais se rallier à la résistance, en conséquence de tout cela. Vous savez, l’argent a toujours son mot à dire. Et quand ce n’est pas le cas, eh bien, les influences internes deviennent plus efficaces pour faire évoluer l’opinion de ces dirigeants. La semaine dernière, on a vu vingt-deux partis au Liban publier des déclarations contre le mémorandum d’accord. Et ça représente, en gros, la grande majorité des partis politiques du pays, la grande majorité des communautés, et la grande majorité des régions. Tout ça ne se serait pas produit si l’Iran n’avait pas remporté la guerre de quarante-quatre jours. Et bien sûr, cela a un impact sur la capacité du Premier ministre ou du président libanais à répondre aux attentes des Américains. Même quand on parle des États-Unis et des sionistes qui voudraient que l’armée libanaise soit celle qui affronte le Hezbollah pour le désarmer, eh bien, s’il y avait quelqu’un dans l’armée libanaise qui pensait, oui, peut-être qu’on peut le faire… maintenant, c’est fini. Au cours de la dernière semaine, on a entendu à plusieurs reprises des rumeurs disant que le président essaie de limoger le chef d’ état-major, le général Rudolf Haïkal, et il ne l’a pas fait. Ça veut dire qu’il n’a personne pour le remplacer, personne qui accepterait cette décision stupide et suicidaire d’utiliser l’armée libanaise pour affronter le Hezbollah. Donc, la victoire de l’Iran et de l’axe de la résistance dans la guerre de quarante-quatre jours se traduit, sous les yeux de tout le monde, par d’énormes changements au Liban. -- 4 of 15 -- #Pascal Nous avons des déclarations de responsables politiques israéliens, à la télévision, disant que l’objectif devrait être de provoquer une guerre civile, d’encourager une guerre civile au Liban. Et ce que vous avez décrit, c’est bien ça : l’armée libanaise contre le Hezbollah, tout qui s’embrase, le chaos total. Et bien sûr, on comprend tous très bien comment et pourquoi cela arrangerait Israël. Mais alors, selon votre analyse, est-ce que ce scénario devient de moins en moins probable, sim