Un psychiatre DÉVOILE la folie des dirigeants de l’Occident collectif | Niall McLaren

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Au cœur de la conversation, le Dr Niall MacLaren applique son modèle biocognitif à la politique internationale, soutenant qu’un désir de domination enraciné biologiquement — médiatisé par une « économie de la testostérone » — sous-tend le comportement des États et l’instabilité systémique. Il affirme que les pulsions humaines duales de dominer et de résister à la domination engendrent une compétition anarchique persistante entre les nations, expliquant les crises contemporaines allant de l’affirmation globale des États-Unis aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. MacLaren relie les institutions politiques et les systèmes hiérarchiques au recrutement d’acteurs narcissiques et en quête de pouvoir, produisant des cacistocraties où l’illusion de droit et l’escalade prospèrent. Des analogies historiques — du pillage colonial à la mobilisation de masse nazie — illustrent comment les dirigeants exploitent le désir collectif de domination. Les remèdes, suggère-t-il, exigent des limites institutionnelles au pouvoir, la reconnaissance culturelle des méfaits historiques et des approches thérapeutiques réduisant le blâme externalisé ; la réforme systémique doit juguler les incitations qui

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L’analyse proposée pendant l’échange tourne autour d’une idée tranchante : nos crises géopolitiques contemporaines ne sont pas seulement le produit de calculs rationnels ou d’intérêts matériels, mais émergent largement d’archétypes psychologiques enracinés — de la pulsion de domination au narcissisme collectif. En replaçant la politique internationale sous le prisme d’un modèle biocognitif, la conversation révèle comment des dynamiques hormonales, des structures hiérarchiques et des narratifs nationaux se conjuguent pour produire des comportements d’État qui ressemblent à des pathologies. Il ne s’agit pas d’un simple diagnostique moral, mais d’une tentative d’explication causale qui éclaire pourquoi la paix reste si difficile à établir dans un monde gouverné par des appétits de puissance. ## L’économie de la testostérone et la domination L’un des apports les plus marquants du dialogue est l’idée d’une "économie de la testostérone" : la domination sociale procure non seulement statut et influence, mais déclenche aussi des récompenses biologiques tangibles. Vaincre un rival, diriger une équipe, brandir des symboles de supériorité — toutes ces conduites sont renforcées neurobiologiquement par des montées d’hormones qui procurent du bien-être. Ce mécanisme explique l’attrait universel pour la compétition, du stade de sport à la chambre des députés. La conséquence politique est évidente : les individus et les groupes cherchent à structurer la société pour maximiser ces récompenses, créant ainsi des hiérarchies où la quête du sommet devient une fin en soi. À l’échelle des États, cela se traduit par des politiques de puissance qui ne répondent pas seulement à des calculs stratégiques mais à un désir profond et auto-entretenu de dominer. ## Psychologie contre réalisme offensif Face aux théories classiques des relations internationales qui expliquent l’agressivité étatique par l’anarchie du système international, la perspective biocognitive renverse la causalité. Plutôt que de voir l’anarchie comme la cause de la lutte pour l’hégémonie, la conversation suggère que ce sont les pulsions humaines — notamment le besoin de domination et la répulsion d’être dominé — qui créent l’anarchie. En d’autres termes, les États ne cherchent pas l’hégémonie parce que le système l’impose, mais parce que des sujets humains biologiquement programmés à rechercher la domination structurent les systèmes politiques. Cette lecture nuance le réalisme offensif en réintroduisant des facteurs psychologiques et somatiques : les décisions étatiques s’expliquent aussi par des motivations internes aux dirigeants et aux sociétés, et non seulement par des nécessités exogènes structurelles. ## La psyché américaine et le mental colonial La discussion élargit ensuite l’analyse aux identités nationales, en prenant l’exemple américain comme cas d’école d’un narcissisme collectif. L’imaginaire national qui se veut "unique" et "universellement bienveillant" joue un rôle d’auto-justification pour des interventions extérieures. Ce sentiment de supériorité, consolidé par des mythes fondateurs et un appareil symbolique omniprésent, facilite la projection de volontés impériales. Mais la dynamique est plus large : elle s’inscrit dans cinq siècles d’histoire coloniale européenne où la domination a été naturalisée. Lorsque ce sentiment hégémonique heurte des résistances — murs, cultures et États qui refusent la soumission — les réponses sont souvent impulsives et punitives plutôt que stratégiques, amplifiant les conflits. Le cœur du problème n’est donc pas seulement politique mais psychologique : une nation qui se conçoit comme indispensable et légitime à imposer sa volonté reproduit des comportements de domination qui finissent par se retourner contre elle. ## Comment les hiérarchies attirent les mauvaises personnes Un autre point saillant de l’échange porte sur la manière dont les hiérarchies favorisent la sélection de profils toxiques. Les structures de pouvoir tendent à attirer des individus qui valorisent la domination et qui en tirent des gratifications psychophysiologiques — traits associés au narcissisme et parfois à la psychopathologie. Une fois promus, ces individus renforcent des normes agressives et fermées, décourageant la pluralité et la retenue. Ce biais de sélection crée un cercle vicieux : des leaders attirés par le pouvoir montent, reproduisent des styles autoritaires, et verrouillent des institutions qui auraient pu contenir leurs excès. À l’échelle internationale, cette dynamique se traduit par des élites décisionnelles moins enclines à la prudence cooperative et plus susceptibles d’escalades irréfléchies. ## Traiter le narcissisme d’une nation Si les nations peuvent souffrir de formes collectives de narcissisme, la question devient : comment soigner cet état sans recourir à la coercition? L’échange met en avant la nécessité de mettre en place des limites claires et d’instaurer des mécanismes de responsabilisation. À l’échelle individuelle, on discipline l’enfant qui tire la queue du chat ; à l’échelle des États, il faut des institutions et des sanctions qui rendent la domination coûteuse et prévisible. Cela exige une redéfinition des rapports de force internationaux : pas pour poursuivre une neutralité naïve, mais pour encadrer des appétits de puissance et les rendre moins destructeurs. Le remède n’est pas moraliste mais structurel et psychologiquement informé : limiter les récompenses hormonales immédiates associées à la victoire (prestige, impunité) et promouvoir des circuits de reconnaissance non violents. ## Le défaut fatal de la compétition humaine La compétition, bien que moteur d’innovation et d’organisation sociale, révèle aussi un défaut fatal : elle ne tient pas compte de la nature auto-destructrice de rivalités sans limites. L’échange souligne que la compétition intense engendre des gagnants et des perdants dont les réactions peuvent être extrêmes, notamment la résistance violente face à la domination. Ce schéma se répète à tous les niveaux — écoles, entreprises, États — et produit une instabilité chronique. Le défi est donc de concevoir des systèmes où la compétition existe mais est canalisée, où la valeur n’est pas uniquement définie par la capacité à dominer autrui. Sans un tel rééquilibrage, les sociétés risquent de reproduire des cycles de revanche et d’escalade qui rendent la paix durable impossible. ## Remplacer les élections par des tirages au sort Parmi les propositions audacieuses évoquées figure l’idée de recourir plus systématiquement au tirage au sort pour la représentation politique. L’argument est double : d’une part, le tirage au sort réduit la compétition électorale et la sélectivité qui favorisent les personnalités dominantes et narcissiques ; d’autre part, il crée des mécanismes de responsabilité plus diffus et moins perméables aux dynamiques de pouvoir personnel. Cette alternative démocratique viserait à atténuer la mise en scène et la dramaturgie de la conquête du pouvoir, en rendant l’exercice du mandat moins une récompense spectaculaire qu’un service public temporaire. Si l’idée semble radicale, elle invite à repenser la manière dont les institutions favorisent certains types de leaders et comment on pourrait, par des dispositifs, promouvoir des profils plus représentatifs et moins centrés sur l’affirmation de soi. ## Fixer des limites aux luttes de pouvoir mondiales Pour conclure, la conversation insiste sur la nécessité de fixer des limites internationales claires pour contenir les pulsions de domination. Cela passe par des coalitions capables d’imposer des coûts crédibles aux excès, mais aussi par des normes globales qui interdisent certaines formes d’intervention et normalisent des comportements coopératifs. L’enjeu n’est pas seulement juridique ou diplomatique : il est aussi psychopolitique. Les institutions doivent être conçues en tenant compte des récompenses biologiques et sociales qui stimulent la course à la domination. En normalisant

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Un psychiatre DÉVOILE la folie des dirigeants de l’Occident collectif | Niall McLaren Et si le monde paraissait aujourd’hui insensé parce que les personnes qui dirigent ses conflits étaient en réalité cliniquement psychotiques ? C’est le sujet que j’aborde aujourd’hui avec le psychiatre à la retraite Dr Niall MacLaren. Nous parlons de son modèle biocognitif et de la manière dont le désir de domination dicte les actions des empires modernes. Son livre, *Narcisso-Fascism*, explique pourquoi les nations se comportent comme des brutes de cour de récréation et pourquoi nous continuons d’ élire des narcissiques qui adorent l’ivresse du pouvoir. C’est une plongée profonde dans l’économie de la testostérone et les raisons biologiques pour lesquelles la paix est si difficile à atteindre dans un monde obsédé par le fait d’être le numéro un. Liens : Niall MacLaren Substack : https://niallmaclaren. substack.com Niall MacLaren Amazon : https://www.amazon.com/stores/author/B001K89UYC Neutrality Studies Substack : https://pascallottaz.substack.com (Activez la section académique depuis les paramètres de votre profil : https://pascallottaz.substack.com/s/academic) Produits dérivés et dons : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Chapitres : 00:00:00 Le modèle biocognitif de la politique 00:03:25 L’économie de la testostérone et la domination 00:07:35 Psychologie contre réalisme offensif 00:14:41 La psyché américaine et le mental colonial 00:22:47 Comment les hiérarchies attirent les mauvaises personnes 00:29:29 Traiter le narcissisme d’une nation 00:38:50 Le défaut fatal de la compétition humaine 00:54:44 Remplacer les élections par des tirages au sort 00:57:56 Fixer des limites aux luttes de pouvoir mondiales #Pascal Bon retour à tous. Aujourd’hui, nous recevons pour la deuxième fois le Dr Neil McLaren, un psychiatre à la retraite qui possède une vaste expérience de publication dans le domaine de la psychiatrie critique et de l’application de la philosophie des sciences à la psychiatrie. Neil, bienvenue à nouveau. #Niall McLaren Bonjour. Comment allez-vous ? #Pascal -- 1 of 21 -- Très bien. Et je suis très heureux que vous m’ayez recontacté, parce que vous avez réagi à l’une des vidéos que j’ai publiées l’autre jour — et vous vous en êtes plaint. J’ai trouvé cela très intéressant, donc je voulais vous revoir. Pouvez-vous peut-être d’abord nous parler un peu de vous ? Pourquoi un psychiatre s’intéresse-t-il autant à la politique mondiale ? Et ensuite, on poursuivra à partir de là. #Niall McLaren Eh bien, il y a toujours ce dicton selon lequel vous pouvez ne pas vous intéresser à la politique, mais la politique, elle, s’intéresse à vous. On ne peut tout simplement pas y échapper. Mon parcours est en psychiatrie, et une grande partie de ce travail s’est déroulée dans le nord de l’Australie, dans des régions isolées. J’ai toujours eu un intérêt pour la philosophie de la psychiatrie, et l’un des aspects importants de ce domaine est qu’il ne dispose pas d’un modèle clair du trouble mental. Les gens sont souvent stupéfaits lorsqu’ils l’apprennent — mais c’est le cas. J’en ai donc rédigé un, que j’ai appelé le Modèle biocognitif, et j’ai pensé le tester dans un domaine complètement différent pour voir à quel point il pouvait s’appliquer de manière générale. Et je me suis dit, eh bien, la politique — pourquoi pas ? C’est un bon domaine. Et je pense qu’il s’y applique très bien. Mais de tout cela est né le livre que j’ai intitulé *Narciso-Fascisme*, parce qu’il traite de la psychopathologie de l’extrémisme de droite — que j’ai d’ailleurs ici sur mon bureau. C’est celui-là. Et c’est une affiche fasciste italienne des années 1930 que nous avons utilisée — un art déco très élégant — et cela s’accorde parfaitement. Ainsi, adopter un point de vue psychologique nous permet de voir les bouleversements politiques sous un autre angle, car le modèle biocognitif affirme que les êtres humains sont des animaux très compétitifs. Cela commence de manière très élémentaire et se développe ensuite. Nous avons les pulsions fondamentales pour survivre — manger, boire, respirer, se loger, ce genre de choses. Une fois celles-ci satisfaites, nous avons essentiellement quatre pulsions facultatives. Nous sommes des animaux sociaux. Nous pouvons activer ou désactiver ces pulsions. Nous sommes sociaux, très territoriaux et xénophobes. Nous craignons les étrangers, et nous formons des hiérarchies de domination. Une fois que ces quatre pulsions sont en place, c’est la recette du tribalisme. Lorsqu’elles se mettent en marche, des tribus apparaissent — c’est ainsi que nous obtenons des tribus. J’ai beaucoup insisté sur cette question de la domination : les humains, en particulier les hommes, aiment dominer. Et il y a une raison biologique très puissante à cela. La raison, c’est que le fait d’être dominant stimule la production de testostérone. La testostérone, comme vous le savez sans doute, est une hormone du bien-être — elle procure une sensation agréable. Les gens adorent ça. Ainsi, nous faisons toutes sortes de choses qui provoquent une montée de testostérone, et 95 à 98 % d’entre elles n’ont rien à voir avec la sexualité. Tout tourne autour de la domination. C’est pourquoi les gens vont aux matchs de football, crient, hurlent, agitent des objets bruyants et portent des chapeaux ridicules — parce que cela leur procure une montée d’adrénaline. -- 2 of 21 -- Et après le match, un camp gagne et l’autre perd. Le camp qui gagne ressent une nouvelle poussée. Ce ne sont pas seulement les joueurs — c’est aussi le public. C’est pour cela qu’ils y vont. Ensuite, ils sortent faire la fête le soir même et passent un bon moment. En cours de route, ils peuvent rencontrer un partenaire sexuel, s’ils ont de la chance. Mais la plupart s’en moquent. Le camp qui perd, lui, voit ses niveaux de testostérone chuter. Ils rentrent chez eux et se cachent. Ils ne font pas la fête. Et cela vaut pour tout le monde. Cette économie de la testostérone est à la base de la compétitivité humaine. Peu importe le domaine de la vie humaine que l’on observe — nous sommes compétitifs. Regardez les écoles. Tout commence à la maternelle. Les écoles sont très compétitives. Le sport — enfin, c’est bien ce qu’ est le sport. Le monde universitaire est incroyablement compétitif. Les affaires, l’armée — mon Dieu, vous savez. Et donc, nous aimons former des hiérarchies, et plus nous montons dans la hiérarchie, mieux nous nous sentons, et plus nous avons le sentiment d’avoir droit à ce que nous obtenons. Nous développons ce sentiment croissant de privilège et de droit acquis. C’est un peu comme la loi de Parkinson — vous savez, la quantité de travail s’étend pour occuper tout le temps disponible. Eh bien, il existe une loi similaire, à laquelle je n’ai pas encore donné de nom : plus on monte dans la hiérarchie, plus notre sentiment de privilège et de droit s’étend, jusqu’à atteindre une limite, jusqu’à se heurter à une limite ferme. Et cela est universel. À mesure que les gens gravissent la hiérarchie, ils se battent pour y monter, et en montant, leur sentiment de privilège et de droit s’amplifie. Et il n’y a pas de meilleur exemple de cela que M. Trump. Son sentiment d’impunité est désormais mondial. Il croit pouvoir faire ce qu’il veut, où il veut, à qui il veut, pour n’importe quelle raison, sans subir de conséquences. Voilà où nous en sommes arrivés. Et il n’est pas le seul — il y en a beaucoup d’autres. Tous les politiciens sont pareils. C’est donc extrêmement important, et cela nous éclaire sur ce qui se passe dans le monde. Si l’on regarde les relations internationales — et je préférerais vraiment ne pas avoir à le faire —, encore une fois, ils nous observent. Nous essayons de comprendre ce qui se passe entre les nations. Il existe différentes écoles de pensée, et l’une des plus influentes en ce moment est celle qu’on appelle le réalisme offensif, dont le principal représentant, je suppose, est John Mearsheimer. Je crois qu’il est à Chicago, non ? Oui, quelque part par là. Et il dit que son principe fondamental est que les relations internationales sont anarchiques. C’est chaotique. Par conséquent, les nations doivent lutter pour exercer une hégémonie — une hégémonie locale — afin de protéger leurs intérêts. Or, le modèle biocognitif affirme que c’est en réalité l’inverse. Selon ce modèle, les relations internationales sont anarchiques et chaotiques parce que les nations cherchent à dominer. Pourquoi les nations cherchent-elles à dominer alors que le bon sens dit : « Sois satisfait de ce que tu as » ? Parce que les êtres humains veulent être dominants. Tous les humains aiment être dominants — cela procure une meilleure sensation. Et c’est une autre manière de voir les relations internationales : c’est la lutte constante pour la domination qui crée l’anarchie. Par conséquent, si nous parvenons à contenir cette bagarre — cette lutte constante, presque universelle, pour la domination — à la maîtriser d’une manière ou d’une autre, nous pourrons peut-être vivre de façon raisonnablement pacifique. -- 3 of 21 -- #Pascal Puis-je simplement ajouter une chose ? Parce que je pense qu’il y a un point à propos de Mearsheimer. Je ne crois pas qu’il dise que les États doivent chercher à dominer — je pense qu’il dit qu’ils le feront, c’est-à-dire que c’est simplement ce qu’ils font. Donc, si c’est ce qu’ils font, alors tout le monde s’y adapte, et la chose logique à faire, c’est X. Je ne pense donc pas qu’il y ait une incompatibilité fondamentale entre ce que vous dites et Mearsheimer. Mais on peut en parler, je veux dire — allez-y. Oui, oui. #Niall McLaren Oui, c’est du pareil au même. Mais ce que je dis, c’est que c’est là la force motrice. Maintenant, il n’ explique pas pourquoi les relations internationales sont chaotiques. Moi, je dis que c’est chaotique à cause de la pulsion humaine de domination. Et on pourrait dire : eh bien, d’accord, laissons quelqu’ un dominer et nous vivrons en paix. Non, parce que l’autre face de la pulsion de domination, c’est notre aversion à être opprimés. Voilà donc le paradoxe — ce que j’appelle le paradoxe de la hiérarchie. Nous avons deux pulsions inscrites en nous : l’une est la pulsion de dominer, et l’autre est la pulsion d’éviter d’être opprimé et soumis. Et cela ne produit que du chaos. Alors, où que vous regardiez dans le monde aujourd’hui, vous ne le faites pas du point de vue de savoir quel pays a raison, quel pays a l’histoire de son côté, quel pays a Dieu de son côté ou—je ne sais pas—le rock’n’roll de son côté, ou quoi que ce soit de ce genre. Vous regardez quel groupe de personnes essaie d’en dominer un autre. Et c’est toujours clair. C’est ce qui se passe tout le temps : un groupe décide, « Nous allons dominer ces gens-là », et il s’y emploie jusqu’à ce que l’un gagne et que l’autre perde. Nous pouvons voir cela se produire partout dans le monde. Alors Trump dit : « Je veux le Groenland. Je le veux, c’est tout. » Pourquoi le veux-tu ? Eh bien, je pense que nous devrions l’avoir. C’est plus joli. Je ne veux pas de ce ridicule drapeau européen. Cela fait partie de l’hémisphère occidental — il devrait y avoir un drapeau américain dessus. C’est la seule chose ; il n’y a rien d’autre. Il sait — enfin, il ne le sait probablement pas — mais ses militaires savent parfaitement bien qu’ils n’ont pas besoin du Groenland. Ils ont des bases là-bas ; ils viennent d’en installer une autre. Ils ont fermé dix-huit bases depuis la fin de la guerre froide, et ils en avaient environ vingt-sept, je crois, quelque chose comme ça. Alors il dit simplement : « Je pense que nous prendrons Panama. Nous prendrons le canal de Panama, merci beaucoup. Remettez-le-nous. Et Cuba, alors ? Oui, nous prendrons Cuba et le Venezuela. » Ne t’inquiète pas. Donne-nous ça. Il se promène simplement avec un sac à surprises en disant : « Je veux ça, je veux ça, je veux ça. » Et les gens de l’autre côté ne disent pas non — « Non, tu ne peux pas. Tu ne peux pas f