Le Dr Nicolai Petro soutient que le calcul de Moscou à l’égard du cessez‑le‑feu proposé, négocié par les États‑Unis pour une durée de 30 jours, est déterminé par l’avantage sur le champ de bataille, la vérifiabilité et les objectifs stratégiques à long terme. La Russie considère les négociations comme tributaires de la situation sur le terrain et a systématiquement lié les gains territoriaux à son pouvoir de négociation ; ses conditions minimales pour un cessez‑le‑feu formulées en juin 2023 — neutralité ukrainienne, exclusion de l’OTAN et de troupes de l’alliance, et reconnaissance constitutionnelle de quatre oblasts ainsi que de la Crimée comme russes — restent au cœur de sa position. Petro perçoit l’approche américaine comme une tactique de pression en deux temps : tester la volonté russe, puis contraindre l’Ukraine par des limites sur les livraisons d’armes et de renseignements que Washington peut contrôler. Il souligne la capacité de la Russie à vérifier elle‑même le respect des engagements, ce qui rend concevable une « expérience » prudente de cessez‑le‑feu, mais politiquement coûteuse au plan intérieur. La levée des sanctions est l’incitation principale que Washington pourrai
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## Contexte : une offre américaine qui change le tempo des négociations
L’échange récent met en lumière une transformation stratégique : les États-Unis, convaincus que la Russie détient désormais l’avantage militaire, tentent d’exploiter cette réalité pour imposer une trajectoire diplomatique qui commence par un cessez‑le‑feu de 30 jours. Cette initiative, présentée comme une première étape vers un armistice puis un règlement négocié, révèle autant les espoirs que les limites de la diplomatie en temps de guerre. La proposition américaine cherche à capitaliser sur la dépendance ukrainienne aux flux d’armes, de renseignement et de systèmes comme le Starlink, tout en testant la volonté de Moscou à accepter un gel temporaire des opérations offensives. Mais comme la conversation le montre sans détour, le diable est dans les détails : un cessez‑le‑feu de surface n’est pas un traité, et il ouvre autant de possibilités de stabilisation que de manipulation stratégique.
## L’avantage russe : dynamique militaire et calendrier politique
La discussion souligne un fait central : sur le terrain, la Russie a amélioré sa position et avance sur plusieurs fronts. Cette dynamique confère à Moscou une marge de manœuvre que Washington ne possède pas. Accepter un cessez‑le‑feu constituera, pour la Russie, une décision non seulement militaire mais aussi politique. Si elle accepte de geler la ligne actuelle, elle renonce à la possibilité d’atteindre des objectifs territoriaux supplémentaires que la poursuite des opérations pourrait lui permettre de réaliser. À l’inverse, refuser de figer le conflit revient à parier que les gains militaires futurs seront supérieurs à ceux qu’une solution négociée offrirait. Ainsi, toute ouverture à la diplomatie s’inscrit dans une logique clausewitzienne que la conversation a abondamment rappelée : la guerre est prolongation de la politique, et la politique est informée par la situation du champ de bataille.
## Les conditions russes pour un cessez‑le‑feu : minimalisme et principes clairs
Le cœur des exigences russes, telles qu’exposées dans l’échange et confirmées par le professeur Nicolai Petro, reste étonnamment succinct : la neutralité constitutionnelle de l’Ukraine, l’interdiction d’adhésion à l’OTAN avec aucune présence de forces de l’OTAN sur le sol ukrainien, et la reconnaissance des quatre oblasts (plus la Crimée) en tant que parties de la Fédération de Russie, au regard de la législation russe. Ces demandes ne sont pas des desiderata accessoires ; elles établissent des linéaments juridiques et géopolitiques qui redéfiniraient l’architecture de sécurité en Europe orientale. Dans la pratique, un cessez‑le‑feu convenu sur cette base signifierait la transformation d’un avantage militaire en gains politiques durables pour Moscou.
Pourtant, la conversation rappelle aussi que la question des frontières administratives et de l’autonomie territoriale n’est pas entièrement nouvelle. Des précédents comme les accords de Minsk II et les Accords d’Istanbul ont permis des arrangements où des territoires sous contrôle non‑étatique bénéficiaient de régimes administratifs particuliers. Dans ce contexte, une déclinaison « Istanbul Plus » — une réitération et renforcement de mesures liant limitations d’armements et statut neutre — n’est pas impensable. Mais la distance entre ces options et la position ukrainienne reste considérable, et un simple gel du conflit ne règle pas la question d’un règlement final qui pourrait prendre des années.
## Confiance, vérification et le rôle exclusif des États‑Unis
La complexité de tout accord repose sur la vérification. L’échange souligne que, contrairement à l’Ukraine et aux puissances européennes, la Russie et les États‑Unis disposent d’une capacité quasi exclusive à vérifier certains éléments sensibles : mouvements d’armements, échanges de renseignement offensif, limitations techniques des systèmes livrés. C’est ce contrôle qui fonde la possibilité pour Washington d’offrir — ou de restreindre — des appuis aux forces ukrainiennes dans la période d’un éventuel cessez‑le‑feu.
Le professeur Petro avance une nuance politique importante : les États‑Unis pourraient choisir de partager uniquement le renseignement défensif (par exemple, sur les trajectoires de missiles entrant et les attaques de drones) tout en réservant la partie offensive du renseignement comme monnaie d’échange. Autrement dit, la reprise du partage d’informations peut être calibrée pour réduire la capacité ukrainienne à mener des frappes au‑delà de certaines limites. Cette approche s’apparente à une tactique de négociation destinée à rassurer Moscou tout en maintenant un soutien à Kyiv dans des marges définies.
Toutefois, la question centrale demeure la confiance. Les décennies de rapports conflictuels entre Moscou et Washington n’ont pas amélioré la disposition à croire aux assurances non vérifiables. Dans ce contexte, la Russie, au vu des capacités de surveillance autonomes dont elle dispose, pourrait être disposée à « expérimenter » un gel temporaire, précisément parce qu’elle se juge en mesure de contrôler l’application réelle des engagements. Mais accepter cet « essai » implique un coût politique intérieur : l’opinion publique et les factions favorables à la poursuite des opérations pourraient dénoncer un abandon prématuré des objectifs.
## Sanctions et l’attrait économique d’un réengagement occidental
L’un des leviers clefs mis en avant durant la discussion est la carte des sanctions. Pour Moscou, la promesse américaine — et plus largement occidentale — de lever ou d’assouplir les sanctions représente une carotte aux effets potentiellement transformateurs. Le professeur Petro met en garde : une volte‑face américaine sur les sanctions provoquerait une dynamique d’entraînement en Europe et ailleurs, en raison des intérêts économiques en jeu. La dissolution progressive du régime de sanctions affaiblirait l’arsenal coercitif qui est aujourd’hui l’un des principaux outils occidentaux.
Pourtant, l’effet des sanctions sur l’économie russe n’est pas un déterminant univoque. Comme le soulignent les intervenants, l’économie russe a montré une résilience surprenante ces dernières années, et a même connu une croissance significative. Cette performance réduit l’effet coercitif immédiat du levier économique. Mais la levée des sanctions n’est pas seulement une question de survie macroéconomique : elle promet un retour durable à des relations commerciales et financières normalisées, des investissements et une intégration internationale qui renforcent la trajectoire de développement de la Russie sur le long terme. Ainsi, même si Moscou peut « survivre » sous sanctions, la perspective d’un désengagement occidental reste une incitation non négligeable à négocier.
## Scénarios plausibles et pièges d’une diplomatie accélérée
La conversation fait apparaître plusieurs scénarios plausibles. Le premier est celui d’un acceptation russe calculée d’un cessez‑le‑feu limité, sous condition d’engagements vérifiables, et assorti d’un début progressif de retrait des sanctions. Ce scénario suppose que la Russie juge préférable d’obtenir des gains juridiques et diplomatiques immédiats plutôt que de poursuivre des risques supplémentaires sur le champ de bataille.
Un second scénario est le refus russe, reposant sur la certitude que la poursuite de l’offensive rapportera davantage que toute concession négociée. Dans ce cas, l’initiative américaine échouerait à établir une trêve, et la guerre se prolongerait avec des coûts humains et matériels accrus.
Un troisième scénario — risqué et potentiellement le plus instable — est celui d’un cessez‑le‑feu fragile, violé à plusieurs reprises, qui finirait par s’effondrer et par alimenter une spirale de méfiance. Ce type d’issue montre combien un accord mal défini ou insuffisamment vérifiable peut aggraver, plutôt que résoudre, un conflit.
La discussion met aussi en garde contre le rôle parfois perturbateur des acteurs tiers. L
Transcript
Ce que Moscou pense vraiment du plan
Trump | Prof. Nicolai Petro
La position de la Russie sur le champ de bataille s'améliore de plus en plus, mais les États-Unis
insistent toujours pour que Moscou renonce à son avantage afin de négocier la fin de l'ensemble du
conflit. Pourquoi Trump pense-t-il que cette approche pourrait fonctionner et quelles sont les raisons
pour lesquelles la Russie ne rejette pas catégoriquement cette idée ? Pour discuter de ces points, je
parle à nouveau avec le Dr Nicolai Petro, professeur de sciences politiques à l'Université de Rhode
Island et auteur du magnifique livre « La Tragédie de l'Ukraine : Ce que la tragédie grecque
classique peut nous apprendre sur la résolution des conflits ».
#M3
Non seulement ces dernières années, mais toute la présidence de Poutine a été un effort pour,
lentement et par à-coups, se détacher de la dépendance à l'égard de l'Occident. Et l'une des raisons
pour lesquelles l'économie russe a si bien résisté sous le régime actuel de sanctions est que ces
politiques passées avaient en grande partie préparé le terrain pour cela.
#M2
Bonjour à tous. C'est Pascal des Études de Neutralité, et aujourd'hui je parle à nouveau avec le Dr
Nicolai Petro, professeur de sciences politiques à l'Université de Rhode Island et auteur du
magnifique livre, La Tragédie de l'Ukraine : Ce que la Tragédie Grecque Classique Peut Nous
Apprendre sur la Résolution des Conflits. Nicolai étudie et écrit beaucoup sur les processus politiques
internes de la Russie et de l'Ukraine, mais cela fait un moment qu'il n'était pas venu sur cette chaîne.
Je suis donc très heureux qu'il ait accepté de nous donner une mise à jour. Nikolai, bienvenue à
nouveau. Ravi de te parler à nouveau, Pascal. Nikolai, je voulais vraiment avoir ton point de vue.
Peut-être que dans la deuxième partie, nous parlerons un peu de ce qui s'est passé récemment en
Russie et en Ukraine, tu sais, et comment ces partis politiques évoluent, mais nous devons
commencer par ce qui s'est passé il y a moins de 48 heures, à savoir ces négociations à Riyad et le
résultat selon lequel les États-Unis et l'Ukraine ont convenu de pousser pour un cessez-le-feu.
Et l'accord stipule que la partie ukrainienne accepte un cessez-le-feu de 30 jours en échange de la
reprise de l'aide militaire et du partage de renseignements. Et maintenant, avec cette information,
apparemment au moment où nous parlons, les Américains approchent la Russie pour leur dire qu'ils
veulent un cessez-le-feu de 30 jours. Tout cela alors que la Russie, jusqu'à présent, du moins au
moment de l'enregistrement de cette discussion, n'a pas dit si elle accepterait ou rejetterait cette
proposition. Ils attendent pour l'instant des informations directes venant des Américains. Et je pense
que Marco Rubio veut parler à Moscou. Apparemment, soit pour vendredi, soit pour le week-end, il
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semble qu'un appel téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump soit prévu. Qu'en pensez-
vous ?
#M3
Eh bien, je pense que tout le monde serait d'accord pour dire que le diable se cache dans les détails
ici. Et du point de vue de la Russie, il n'y a pas besoin de se précipiter. Les événements se déroulent
comme prévu militairement. La Russie est, selon toute vraisemblance, susceptible de reprendre tout
le territoire que l'Ukraine a envahi en Russie l'année dernière, peut-être même dès la semaine
prochaine. Cela prive bien sûr le président Zelensky de l'un de ses principaux points de négociation,
qu'il a réitéré à plusieurs reprises. Mais la Russie a toujours soutenu que les négociations de paix
doivent partir de la situation sur le terrain, et c'est sans aucun doute exactement la manière dont
elles avanceront.
J'ai été frappé par la manière dont ces négociations ont commencé. En d'autres termes, les États-
Unis, sous l'administration Trump, croient que la Russie a l'avantage, à la fois à court et à long terme
dans ce conflit. Par conséquent, leur première initiative a été de se rapprocher de la Russie, de
Moscou, pour voir quelles étaient les conditions d'un cessez-le-feu que Poutine accepterait, puis
secondairement d'aller voir ce que les Ukrainiens accepteraient, en les mettant sous une certaine
pression pour révéler notamment à Zelensky et à ses plus proches soutiens à quel point l'Ukraine
dépendait du renseignement, de l'assistance militaire et financière des États-Unis.
Ayant, je le soupçonne, fait valoir ce point, les négociateurs américains ont fait de leur mieux pour
expliquer aux Ukrainiens quelles sont les limites de leurs options et vont maintenant retourner en
Russie pour voir si la Russie est prête à céder un peu sur ses conditions. Mais encore une fois, c'est
le défi des négociations. Rien, bien sûr, ne sera scellé ou conclu tant que les parties ukrainienne et
russe ne se seront pas réellement assises face à face pour négocier. Les États-Unis, les Européens,
les Chinois, les Brésiliens—tout le monde ne peut que rester au milieu et être soit un intermédiaire
rapprochant les parties, soit, comme je le crains dans le cas de l'Europe, se mettre en travers du
chemin, éloignant les parties davantage.
Nous verrons donc à long terme si les États-Unis ont la capacité de promouvoir au moins la première
étape de ce processus. Et je rappellerais aux gens que le cessez-le-feu n'est que la première étape.
On passe d'un cessez-le-feu à, secondairement, un armistice à plus long terme, puis peut-être, si on
a de la chance, à des négociations prolongées qui établiront un nouveau règlement entre l'Ukraine et
la Russie. Mais je m'attends à ce que la Russie insiste, et l'Ukraine devrait insister, pour que cela
inclue également tous leurs voisins, toute l'Europe également. Et cette négociation finale pourrait
prendre des années à se concrétiser.
#M2
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Le problème, bien sûr, est qu'en ce moment, la Russie est en avance, n'est-ce pas ? Je veux dire, la
Russie gagne la guerre, comme dans la guerre sur le champ de bataille à Koursk, je veux dire, à
l'intérieur de ses propres frontières, mais aussi dans les quatre oblasts, dont, à ma connaissance
jusqu'à présent, la Russie ne contrôle encore complètement aucun des quatre, n'est-ce pas ? Les
Ukrainiens y ont encore des bastions. Mais l'idée maintenant de proposer un cessez-le-feu est de
geler essentiellement ces lignes de front, n'est-ce pas ? Et si la Russie accepte cela, elle acceptera
essentiellement de ne plus bouger. Parce que si vous ne tirez pas, vous figez le conflit là où il est.
Alors, pensez-vous... Parce que les Russes, M. Lavrov et d'autres, et M. Poutine ont dit à plusieurs
reprises, nous sommes prêts à faire de la diplomatie, mais nous ne sommes pas prêts à avoir un
cessez-le-feu. Je veux dire, nous continuerons à tirer pendant que nous négocions. Pensez-vous qu'il
y a une chance réaliste qu'ils reconsidèrent cette position ?
#M3
Je pense que la probabilité que la Russie reconsidère sa proposition minimale de cessez-le-feu, qui a
été faite, je le rappelle aux auditeurs, en juin dernier, juin 2023, par le président Poutine, est faible.
Il a énoncé seulement trois exigences. Je ne veux pas suggérer qu'elles soient simples, mais ce sont
les trois exigences après lesquelles la Russie déclarerait immédiatement un cessez-le-feu. Elles sont
la neutralité de l'Ukraine, introduite dans la Constitution ; ensuite, pas d'adhésion à l'OTAN, bien sûr,
et pas de troupes de l'OTAN en Ukraine ; et enfin, la reconnaissance de ces quatre territoires, quatre
oblasts plus la Crimée, comme parties légitimes de la Fédération de Russie, comme ils le sont
actuellement dans la Constitution russe.
C'est donc une procédure technique, les retirer de l'Ukraine et reconnaître qu'ils font désormais
partie de la Russie dans leurs frontières administratives actuelles. Je dois dire que la question des
frontières administratives de la région n'a pas été historiquement un point de blocage dans les
négociations qui se déroulaient dans le cadre des Accords de Minsk II. Même dans ce cadre, les
gouvernements des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk avaient, dans le cadre des
Accords de Minsk II, reconnu qu'il y aurait des droits administratifs et des droits civiques différents
également, essentiellement, pour les régions au sein de ces territoires qui étaient sous leur contrôle
par opposition à ceux sous le contrôle de Kiev. Ainsi, les Accords de Minsk II ne s'appliquaient pas à
l'ensemble des oblasts de Donetsk et de Lougansk, mais uniquement aux territoires qui étaient alors
sous le contrôle des forces rebelles.
Alors, peut-être pourrait-on envisager que quelque chose de similaire soit finalement convenu dans
le cas de la situation actuelle. Je pense que la neutralité et l'absence d'adhésion à l'OTAN sont
probablement les plus grands points de blocage. Un autre point clé, qui a été discuté dans les
Accords d'Istanbul, concernait les limitations sur la taille des forces armées ukrainiennes et certaines
limitations sur les armements qu'elles pourraient obtenir. Je pense que ceux-ci probablement, si un
côté était prêt à, si la Russie était prête à ne pas exploiter son avantage militaire jusqu'aux frontières
administratives en Ukraine, qu'elle pourrait probablement atteindre éventuellement, des quatre
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oblasts qu'elle n'occupe pas encore entièrement, alors peut-être que l'Ukraine, pour sa part, pourrait
revenir aux limitations auxquelles elle avait accepté et était prête en principe à négocier avec la
Russie, ce qu'elle avait atteint dans les Accords d'Istanbul en avril 2022.
#M2
Donc, essentiellement, comme ce que d'autres commentateurs appellent également sur YouTube
"Istanbul Plus."
#M3
Pas Minsk 3, mais une réitération d'Istanbul. Et quand on y pense en ces termes, vous savez, les
parties ne sont peut-être pas si éloignées. Mais encore une fois, nous parlons seulement de la
distance qui les sépare en termes de cessez-le-feu, pas même de la prochaine étape d'un véritable
armistice, et encore moins d'un règlement de paix complet.
#M2
Et cela est, bien sûr, très critique, car si ce sont les conditions pour un simple cessez-le-feu, nous
sommes loin de l'endroit où l'administration Trump pense actuellement qu'il est raisonnable
d'essayer de pousser les Russes à accepter d'arrêter d'utiliser des armes. Parce que pour eux, pour
l'administration Trump, il semble raisonnable de dire que si les Ukrainiens cessent de tirer, alors vous
devriez cesser de tirer aussi. Tout cela alors que nous disons officiellement que nous allons
reprendre l'armement de l'Ukraine, ce qui à ce stade semble être un très, très mauvais accord pour
la Russie. Cependant...
#M3
Oui. Donc, comme vous l'avez dit, oui, ce serait un mauvais accord. Mais imaginons l'accord embelli
dans le contexte d'Istanbul Plus, c'est-à-dire que ce réarmement de l'Ukraine ne doit pas dépasser
les limites établies dans l'accord d'armistice qui devrait être négocié. S'il y avait des limites établies
sur le type d'armement offensif que l'Ukraine pourrait utiliser, alors je pense que la Russie serait
probablement prête à vivre avec cela tant que ces limites pourraient être efficacement vérifiées et
maintenues.
#M2
Et il est, bien sûr, important ici que les États-Unis contrôlent réellement ces limites, car toutes les
informations cruciales dont l'Ukraine a besoin—obtenir les armes, le Starlink, et le partage de
renseignements nécessaires pour utiliser ces armes—sont en fait sous le contrôle des États-Unis.
Donc, on pourrait imaginer un scénario dans lequel M. Rubio négocierait avec la Russie, en disant,
par exemple, regardez, nous acceptons par la présente de ne fournir que tant et pas plus pour la
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période de l'accord. Par conséquent, pourquoi ne pas accepter, et nous essayons de passer à l'étape
suivante ?
#M3
Ce qui est probablement une tactique de rapprochement dans les négociations, car, encore une fois,
le cessez-le-feu n'a pas besoin d'être prolongé, n'est-ce pas ? En d'autres termes, si le cessez-le-feu
s'effondrait ou si l'u