Les États-Unis montent l’Europe contre la Chine
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Le Dr Uroš Lipušček soutient que l’ordre international actuel évolue rapidement vers un monde multipolaire centré sur les BRICS et la Chine, tandis que l’Europe reste liée aux priorités stratégiques des États-Unis. Il met en garde contre le risque que les récentes frappes israéliennes contre l’Iran s’étendent et dégénèrent en une confrontation majeure impliquant les États-Unis, la Russie et la Chine, avec de graves retombées économiques et sécuritaires. En Europe, Lipušček relève une fragmentation croissante : certains États suivent étroitement Bruxelles et Washington, tandis que d’autres (p. ex. Serbie, Hongrie, Italie) empruntent des voies plus indépendantes ou ambivalentes. Il craint que la prise de décision au sein de l’UE n’évolue du consensus vers la majorité qualifiée, concentrant le pouvoir dans les grands États et affaiblissant les petits membres. S’appuyant sur une longue expérience en Chine, il souligne l’ascension technologique de Pékin, sa diplomatie du développement et son attractivité pour le Sud global, et exhorte l’Europe à diversifier ses liens économiques et à s’engager avec les BRICS. Il conclut que la militarisation continue de l’Europe et l’affaiblissement du
Article
Les grandes lignes du pouvoir mondial sont en train de se redessiner sous nos yeux : une Amérique qui veut encore dicter les priorités stratégiques de ses alliés ; une Chine qui s’impose comme puissance technologique et partenaire économique incontournable ; et une Europe désemparée, écartelée entre loyautés historiques et nécessités économiques. La conversation récente avec le Dr Uroš Lipušček met en lumière comment ces tensions se traduisent concrètement — de la Syrie aux usines de Ningbo, des votes au Parlement européen aux voies ferrées de la Nouvelle Route de la Soie — et pourquoi l’avenir du continent dépendra largement de sa capacité à rompre avec une dépendance stratégique héritée de la guerre froide.
## Contexte géopolitique : l’Amérique qui instrumentalise l’Europe contre la Chine
L’échange fait apparaître une constante : les États-Unis continuent d’exercer une forte influence sur la politique européenne à l’égard de la Chine. La résolution du Parlement européen sur le « réarmement de l’Europe » et ses passages dénonçant la Chine comme une menace pour la sécurité montrent que des mots et des cadres de sécurité sont importés et façonnés par des perceptions atlantistes. Le Dr Lipušček souligne que derrière ces postures se profile souvent une stratégie américaine visant à maintenir une rigidité d’alignement de l’OTAN et de l’UE — une rigidité qui sature le discours public et politique au détriment d’un débat plus nuancé sur les intérêts économiques et le long terme. Dans ce cadre, l’Europe est parfois convoquée comme un levier, non comme un acteur autonome.
## La crise Israël–Iran : un théâtre où se croisent intérêts régionaux et grandes puissances
L’attaque contre des installations iraniennes et des zones habitées à Téhéran illustre combien une opération locale peut instantanément prendre la dimension d’un risque global. La discussion met en exergue trois facteurs d’instabilité : la volonté d’Israël de prévenir un rapprochement américano-iranien et de préserver sa marge d’action ; la dépendance chinoise au pétrole iranien ; et les accords de sécurité russo-iraniens qui compliquent la réponse internationale. Le Dr Lipušček avance que l’objectif d’Israël pourrait être de provoquer une riposte iranienne afin de récupérer la narrative politique et de cimenter la solidarité occidentale. Mais cette stratégie est dangereuse : une escalade mettrait en jeu non seulement des États régionaux, mais aussi des partenaires lointains aux intérêts énergétiques et stratégiques, risquant d’entraîner des réactions en chaîne.
## Europe : entre opinion publique changeante et élites alignées
La conversation montre un clivage croissant entre l’opinion publique européenne et les décisions de certaines élites politiques. Alors que des citoyens et des gouvernements de plus petite taille — la Slovénie, par exemple — peuvent pousser vers une posture plus critique vis-à-vis d’actions jugées agressives, les principaux centres de décision restent souvent sous pression d’alignement. Dr Lipušček observe un glissement : les populations européennes commencent à se désolidariser des positions trop pro-israéliennes lorsqu’elles sont perçues comme cautionnant des souffrances massives. Parallèlement, la dépendance politique à l’égard des États-Unis vis-à-vis de la Chine persiste, et cela se traduit par des textes officiels et des tabous diplomatiques. L’enjeu est clair : l’Europe peut-elle retrouver une marge d’autonomie qui épouse davantage ses intérêts commerciaux et civils qu’elle ne répète des injonctions extérieures ?
## Les Balkans et l’espace intermédiaire : neutralité pragmatique ou jeu d’équilibriste ?
La région des Balkans offre un laboratoire des tensions européennes contemporaines. Entre pays pro-européens comme la Slovénie et la Croatie, et la Serbie au positionnement hybride, la conversation illustre combien les États de taille moyenne tâtonnent pour garder des marges de manœuvre. Le cas de la Serbie — qui cherche à ménager la Russie tout en aspirant à l’adhésion européenne et en vendant des armes tant à Kyiv qu’à Tel-Aviv — incarne un équilibre précaire. Dr Lipušček décrit ces attitudes comme un « jeu d’équilibriste » où la neutralité affichée peut servir de stratégie pour conserver des débouchés économiques et politiques. Dans un monde multipolaire, ce positionnement intermédiaire pourrait devenir une force — si les États tirent parti d’une diplomatie intelligente — ou une faiblesse, si les pressions externes se durcissent.
## La Chine : optimisme, puissance technologique et stratégie d’attraction
La Chine, telle que racontée par le Dr Lipušček, apparaît moins comme un rival idéologique brutal que comme un moteur de développement global. Après de longues années de présence et d’observation, il livre un portrait en creux : un pays focalisé sur l’investissement, l’éducation, la recherche et la construction d’infrastructures — contrastant avec une Amérique qui, selon lui, exporte plus volontiers armes et interventions. Le témoignage de foires commerciales où l’offre européenne vers la Chine se limite à des produits alimentaires et de luxe souligne un décalage structurel : la Chine investit massivement dans la R&D et les capacités industrielles, alors que l’Europe peine à suivre. Cette dynamique explique pourquoi la relation gagnant-gagnant prônée officiellement par Pékin trouve un écho réel — mais aussi pourquoi, en l’absence d’une stratégie industrielle européenne ambitieuse, la dépendance technologique et commerciale risque de se creuser.
## Le choc civilisationnel : la dépendance technologique et la renaissance des BRICS
La montée de la Chine — et plus largement du rassemblement des BRICS — est présentée comme une tectonique qui va modifier l’échiquier économique mondial. Selon l’échange, l’Europe pourrait subir un « choc civilisationnel » : des entreprises européennes en difficulté rachetées et redémarrées avec la technologie chinoise, des chaînes de valeur qui se réorientent, et une redéfinition du pouvoir industriel. L’exemple des terres rares met en lumière la vulnérabilité occidentale sur des composants essentiels. Face à cela, Lipušček plaide pour une réorientation stratégique : l’Europe doit aller au-delà d’une dépendance unilatérale envers les États-Unis et considérer sérieusement l’intégration à des plateformes plus larges — économiques et diplomatiques — comme celles offertes par les BRICS. Ce n’est pas un rejet idéologique de l’Occident, mais un appel pragmatique à diversifier ses alliances.
## Conclusions : neutralité, non-alignement et la voie européenne
La leçon politique qui traverse l’échange est simple mais exigeante : l’Europe ne pourra préserver son niveau de vie et sa souveraineté qu’en renouant avec une capacité d’autodétermination stratégique. Pour le Dr Lipušček, cela implique de repenser la politique industrielle, d’investir massivement dans la recherche et l’éducation, et de cultiver des relations équilibrées avec des acteurs variés — Chine, Inde, BRICS en général — plutôt que de rester prisonnière d’un alignement automatique avec Washington. La neutralité ou le non-alignement ne sont pas des utopies morales, mais des outils pratiques pour préserver les marges de manœuvre d’un continent vulnérable aux chocs extérieurs. Enfin, l’Europe doit écouter sa société : l’opinion publique change sur les conflits lointains et sur la moralité des alliances. Si les dirigeants politiques ne traduisent pas ces inflexions en stratégies claires, l’espace européen risque de se voir peu à peu vidé d’autonomie réelle.
Ce que révèle la discussion, au fond, c’est la nécessité d’un sursaut stratégique européen — non pas pour créer un bloc anti-Amérique ou anti-Chine, mais pour bâtir une Europe capable de négocier, d’investir et d’innover sur ses propres bases. Sans cette prise de conscience, le continent restera trop souvent l’objet des rivalités entre puissances plutôt que l’acteur principal de son propre destin.
Transcript
Les États-Unis montent l’Europe contre la
Chine
Aujourd’hui, je m’entretiens avec le Dr Uroš Lipuscek, un collègue slovène et professeur à l’
Université Méditerranéenne, ancien directeur de l’Université AAB, correspondant et rédacteur pour la
RTV slovène, ainsi que consultant pour la Mission de l’OSCE au Kosovo. Le Dr Lipuscek a travaillé
partout dans le monde et entretient des liens étroits avec le Sud global. La montée des BRICS et le
nouvel ordre multipolaire sont les sujets que nous souhaitons aborder aujourd’hui. Liens : Profil
Facebook de Lipušcek : https://www.facebook.com/Uros.Lipuscek Boutique Neutrality Studies :
https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com
#M3
Nous sommes toujours sous le commandement des États-Unis en ce qui concerne la Chine. Un
exemple : fin mars, le Parlement européen a adopté une résolution concernant le réarmement de
l'Europe, avec des articles consacrés à la Chine. Ils ont déclaré que la Chine mettait en danger la
situation sécuritaire de l'Europe.
#M2
Bonjour à tous. Ici Pascal Lottaz de Neutrality Studies, et aujourd’hui je m’entretiens avec le Dr Uroš
Lipušček, un collègue slovène et professeur à l’Université Méditerranéenne. Il est l’ancien directeur
de l’Université AAB, correspondant et rédacteur pour la RTV slovène, et il a également travaillé
comme consultant pour la mission de l’OSCE au Kosovo. Le Dr Lipušček a travaillé partout dans le
monde et entretient des liens étroits avec le Sud global. Ainsi, la montée des BRICS et le nouvel
ordre multipolaire sont les sujets que nous souhaitons aborder aujourd’hui. Dr Lipušček, bienvenue.
#M3
Bienvenue. Merci de m'avoir invité.
#M2
Merci beaucoup d’avoir accepté. Vous étiez récemment en Chine, et nous en parlerons dans un
instant. Mais, vous savez, aujourd’hui nous enregistrons cette vidéo le vendredi 13 juin, et nous
venons d’apprendre la terrible attaque d’Israël contre l’Iran—visant Téhéran, des complexes
résidentiels privés, ainsi que l’installation nucléaire de Natanz. Je pense que nous devons commencer
par cela, car vous avez également une certaine expérience de travail avec l’Iran. Quelle est votre
analyse de la situation ?
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#M3
Cela pourrait être une guerre bien plus importante—le début d’une guerre beaucoup plus vaste au
Moyen-Orient. Mais cette nouvelle ne m’a pas surpris, car je pense que Netanyahou essayait d’
empêcher le président américain Trump de conclure un accord avec l’Iran concernant ce problème.
Hier, Trump a déclaré qu’ils étaient de bons partenaires et qu’ils allaient conclure un bon accord. Je
pense qu’Israël essaie d’empêcher cela à tout prix. Nous risquons une guerre grave car la Russie a
un accord de sécurité avec l’Iran. Quelle sera leur réaction ? Nous ne le savons pas. Ensuite, il y a un
troisième partenaire, la Chine. La Chine importe environ un tiers de son pétrole d’Iran, et il pourrait
être très difficile pour elle de s’en passer. Et il y a les États-Unis, d’autre part, qui soutiennent Israël.
Et je pense que l’objectif de Netanyahou est d’impliquer les États-Unis dans ce conflit. Cela pourrait
être une crise grave impliquant toutes les plus grandes puissances mondiales.
#M2
Pensez-vous que les Européens vont réagir à cet acte de guerre ? C'est un acte de guerre—c'est un
acte d'agression d'Israël contre l'Iran. Pensez-vous que les Européens vont réagir comme ils l'ont fait
lorsque la Russie a envahi l'Ukraine et imposer une quelconque sanction à Israël ?
#M3
J’espère que non. Mais je pense que la Grande-Bretagne soutiendra les États-Unis, quelle que soit la
décision prise à Washington. Mais les autres États européens—je pense qu’ils hésiteront à se joindre.
Vous savez pourquoi ? Je suis encouragé par le fait que toutes les puissances européennes ont
soutenu la résolution au Conseil de sécurité il y a une semaine, qui demandait à Israël de cesser son
intervention et de permettre l’aide humanitaire. Comme cela a été opposé par un veto des États-
Unis, l’Assemblée générale a ensuite adopté une résolution. Un seul pays européen—la Hongrie—s’y
est opposé. Je pense que la pression de l’opinion publique sur les gouvernements augmente aussi en
Europe. Je pense qu’ils ne peuvent plus soutenir Israël. Je pense que la situation est en train de
changer.
#M2
Mon interprétation est qu'Israël essaie activement de provoquer une contre-réaction de l'Iran et
cherche, bien sûr, à susciter des frappes militaires contre lui-même afin de reprendre le contrôle du
récit, y compris en Europe. Pensez-vous également que le désespoir d'Israël fait partie des causes de
cette attaque ?
#M3
Oui, je pense qu’avec cette attaque, ils essaient de provoquer l’Iran parce que l’Iran possède, je ne
sais pas, 1 000 ou 2 000 missiles. Ils pourraient littéralement détruire Tel-Aviv ou quelque chose
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comme ça. Cela pourrait être une raison pour laquelle Israël va essayer de regagner la solidarité des
pays européens et aussi des États-Unis, car, sur le théâtre européen, l’opinion publique est en train
de changer. Désormais, pour la première fois, les gouvernements européens hésitent à soutenir l’
agression d’Israël. De plus, notre pays, un petit pays—la Slovénie—qui est membre du Conseil de
sécurité de l’ONU, a été encouragé à être coordinateur de la dernière résolution. Même les plus
petits pays européens commencent à adopter une position plus de principe contre ces choses
horribles qu’Israël fait, surtout à Gaza et le génocide.
#M2
Vous avez également travaillé au Kosovo et avec de nombreux pays du Sud global. Quel est votre
point de vue sur la manière dont, disons, même des endroits comme la Serbie, de l’ancienne
Yougoslavie, perçoivent actuellement ce qui se passe à Gaza ainsi que la guerre entre la Russie et l’
Ukraine ? Les anciennes républiques yougoslaves, dans le contexte européen, se trouvent-elles dans
une sorte d’espace intermédiaire avec des interprétations différentes de la situation — comme on le
voit avec la Serbie qui reste farouchement neutre, tandis que la Croatie et la Slovénie adoptent des
politiques différentes ? Pouvez-vous nous donner un peu d’éclairage à ce sujet ?
#M3
Oui, je pense qu'ils sont divisés. D'un côté, la Slovénie et la Croatie sont pro-européennes. Elles font
tout ce qu'elles doivent faire et ce qu'on leur demande à Bruxelles. C'est malheureusement la
situation. Mais d'un autre côté, il y a la Serbie, qui est un cas particulier. Le président Vučić essaie de
ménager la chèvre et le chou, d'être à la fois pro-russe et pro-européen. Il aimerait que la Serbie
soit admise dans l'Union européenne. C'est pourquoi il a assisté au 80e anniversaire de la Seconde
Guerre mondiale à Moscou. Mais hier, il a rendu visite à Kyiv—il était en Ukraine. Et puis, d'un autre
côté, il vend aussi des armes et des munitions à l'Ukraine. Et il exporte également des armes vers
Israël. Vous savez, c'est une situation un peu différente dans les Balkans. Mais je pense qu'en ce qui
concerne l'agression actuelle d'Israël, tous les pays des Balkans y seront opposés.
Beaucoup dépend de la réaction de l'Union européenne, mais je pense que l'opinion publique est en
train de changer. Je pense qu'Israël ne peut plus obtenir aucun soutien. Ici, même en Allemagne,
l'ambiance évolue, ce qui est très important car l'Allemagne est le pays le plus important, surtout
avec le nouveau chancelier. Il a été contraint par les partis d'opposition de réagir contre l'agression.
Ce que nous devrions observer, c'est la réaction de la présidente de l'Assemblée générale des
Nations unies. Il s'agit de la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock. Elle
était peut-être la politicienne la plus pro-israélienne d'Europe. Et je ne sais pas comment elle va
réagir maintenant, mais je ne pense pas qu'elle puisse avoir une quelconque influence sur l'opinion
publique en Europe et aussi en Allemagne.
#M2
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Ce qui m’a surpris aujourd’hui, concernant les attaques contre l’Iran, c’est que les États-Unis—M.
Rubio, le secrétaire aux Affaires étrangères—a en fait déclaré que les États-Unis n’avaient aucune
implication dans ces attaques. Il a dit qu’il avait averti Israël de ne pas viser les forces ou les intérêts
américains. Il n’a en réalité pas dit que l’Iran ne devait pas frapper Israël. Il ne l’a pas dit. Il a dit : «
Ne frappez pas les États-Unis. » Est-ce aussi un changement dans la manière dont les États-Unis
manifestent leur soutien en ce moment ? Ou est-ce, selon vous, simplement de la poudre aux yeux
pour l’instant ?
#M3
C'est un petit changement, mais j'ai l'impression que si le président Trump, lors de sa dernière
conversation téléphonique avec Netanyahou, avait insisté pour qu'Israël n'attaque pas, Israël ne
l'aurait pas fait. Parce que, vous savez, le président Trump détient toutes les armes et toutes les
cartes en main. S'il arrêtait de fournir des armes à Israël, Israël ne pourrait rien faire, vous voyez.
Par conséquent, je pense que les Américains jouent sur les deux tableaux. Et, vous savez,
malheureusement, ils sont sous la forte influence du lobby israélien. Et je pense que c'est la raison
pour laquelle ils sont là. Et vous savez ce qui est aussi important ? Ils n'ont pas dit qu'ils
défendraient Israël. Non, ils ne l'ont pas dit. Vous savez, cela pourrait être une pression sur
Netanyahou pour qu'il n'aille pas plus loin dans la guerre, car il a dit que ce n'était que la première
attaque et qu'il y en aurait plusieurs. Et peut-être que cela pourrait être une pression sur
Netanyahou pour qu'il n'aille pas plus loin dans ces attaques.
#M2
Oui, et cela pourrait également être un moyen pour les États-Unis d’éviter d’avoir à recourir
immédiatement à la force militaire contre l’Iran si ce dernier choisissait de riposter, selon la manière
dont il le ferait. Mais nous savons aussi que la Russie joue un rôle important dans cette affaire. Il y a
seulement quelques jours, la Russie a officiellement déclaré et accepté qu’elle essaierait d’aider les
États-Unis à négocier une forme d’accord nucléaire avec l’Iran. Et vous avez déjà mentionné que l’
Iran et la Russie, bien sûr, ont des accords de sécurité. Selon vous, comment la guerre entre l’
Ukraine et la Russie, et le fait que les États-Unis souhaiteraient également y mettre fin, vont-ils
influencer la situation explosive actuelle au Moyen-Orient ?
#M3
Je pense que cette guerre, ce qui s'est passé maintenant au Moyen-Orient ou en Iran, n'est pas dans
l'intérêt de l'administration Trump ni des États-Unis. D'abord, il a beaucoup de problèmes internes.
Ensuite, cela pourrait devenir une guerre beaucoup plus vaste. Et ce n'est pas non plus dans son
intérêt. Pourquoi ? Vous savez, c'est aussi un problème parce que l'Iran a dit que s'il était attaqué
par Israël, il détruirait des champs pétrolifères dans plusieurs pays voisins, y compris l'Arabie
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saoudite. Si cela se produit, cela pourrait être le début d'une récession, voire, je ne sais pas, d'une
dépression de l'économie mondiale. Les États-Unis ne sont pas actuellement dans une situation où ils
peuvent se permettre de ne pas réagir.
Je pense que les États-Unis vont essayer de forcer Israël à ne pas continuer, car cela pourrait
provoquer une crise trop grave, non seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier. De
plus, cela pourrait compliquer la situation avec les autres grandes puissances, car désormais les
Américains vont tenter d’obtenir une forme de conciliation avec les Chinois. Cela aura également un
impact sur la guerre en Ukraine. Nous ne savons pas. Je suis sûr, vous savez, que les Russes, à mon
avis, ne réagiront pas ou n’enverront pas l’armée pour aider les Iraniens. Je l’espère. Si cela se
produit, les Américains seront obligés d’intervenir, et cela pourrait devenir une guerre entre les États-
Unis et la Russie—et une guerre mondiale.
#M2
Je ne pense pas non plus que cela ira jusque-là, mais il est certain que du matériel militaire russe est
en train d’être transféré, a déjà été transféré, et continuera de l’être, n’est-ce pas ? L