Patrick Henningsen soutient que les interventions militaires occidentales, les sanctions et les opérations de changement de régime sont des moteurs principaux des migrations contemporaines vers l’Europe et le Royaume‑Uni, créant une boucle géopolitique auto‑renforçante. Les conflits liés à l’OTAN en Afghanistan, en Syrie et en Libye, selon lui, ont déplacé des populations et démantelé des zones tampons régionales (par ex., le rôle de la Libye comme « soupape de sûreté » migratoire), tandis que des financements de l’UE ont parfois été détournés vers des acteurs corrompus ou violents facilitant le trafic. Cette poussée migratoire renforce les politiques de droite, qui à leur tour soutiennent des positions interventionnistes ou pro‑israéliennes — néanmoins il existe aussi une droite bifurquée : un courant ethno‑nationaliste et christian‑sioniste dynamisé par des donateurs technocratiques fortunés, et un courant anti‑interventionniste sceptique quant à l’idée que les guerres causent la migration. Henningsen situe les angoisses démographiques (baisse des taux de natalité, besoins en main‑d’œuvre, le « dividende colonial » du personnel de l’État‑providence d’après‑guerre) dans cette dyna
Article
## Introduction
La conversation analysée expose une thèse centrale et perturbante : les mêmes politiques extérieures menées par l’OTAN et ses alliés produisent des vagues migratoires que ces mêmes puissances viennent ensuite prétendre « résoudre » par des mesures sécuritaires, politiques et parfois militaires. Ce mécanisme crée une boucle de rétroaction où guerres, déplacements de populations et reconfigurations politiques internes se nourrissent mutuellement. À travers le prisme du journaliste Patrick Henningsen, l’échange offre une cartographie critique des liens entre interventions extérieures, transformations démographiques, émergence de nouvelles droites et construction de récits sécuritaires en Europe et au Royaume‑Uni.
## Guerres de l’OTAN et vagues migratoires
L’observation la plus frappante est la corrélation temporelle entre interventions militaires et grandes vagues migratoires. En remontant aux crises majeures—Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Syrie—on voit se dessiner un motif répétitif : déstabilisation, effondrement institutionnel, départ massif de civils, puis pression migratoire vers l’Europe. Henningsen rappelle que la Syrie et la Libye illustrent cette logique. La guerre en Syrie, soutenue par une coalition de puissances occidentales et régionales, a généré des déplacements massifs qui ont transité par des pays voisins avant de pousser vers les îles grecques et les frontières de l’Union européenne. En Libye, la liquidation de l’État sous la pression des bombardements a transformé le pays en couloir de migration depuis l’Afrique subsaharienne. Ainsi, la gestion des « flux » migratoires en Europe devient le symptôme visible d’un ordre international dont les perturbations sont largement causées, directement ou indirectement, par les politiques interventionnistes.
Cette lecture met en lumière un problème de responsabilité rarement assumé : la production de migrations n’est pas un phénomène naturel mais résulte souvent d’actions politiques et militaires. Reconnaître ce lien exige de repenser les réponses nationales et supranationales — non seulement en termes d’accueil, mais en termes de prévention en amont, c’est‑à‑dire de politique étrangère.
## Israël et la boucle de la droite
Un élément crucial de la discussion est la place d’Israël dans la boucle politique décrite. Henningsen souligne que l’État israélien a cherché à nouer des alliances avec des acteurs de la droite européenne, au point de transformer certains pans de l’extrême droite en courants pro‑sionistes. Ce renversement historique — d’une droite traditionnellement marquée par l’antisémitisme à une droite affichant un zionisme militant — n’est pas accidentel : il renforce des narratifs qui justifient des politiques de sécurité répressives et légitiment l’usage de la force dans le monde arabe.
La boucle fonctionne à plusieurs niveaux : les interventions extérieures produisent des migrants ; la montée de la droite souverainiste et identitaire instrumentalise la peur migratoire ; en retour, le soutien renforcé à Israël aligne des intérêts géopolitiques et symboliques. Ce réseau d’interdépendances illustre comment des enjeux internationaux et des réorientations idéologiques domestiques se renforcent mutuellement, construisant une matrice dans laquelle la politique migratoire devient un autre terrain de la compétition géopolitique.
## Droite anti-guerre et nationalisme chrétien
La droite contemporaine se scinde, d’après l’analyse, en plusieurs courants distincts. D’un côté, une « aile intelligente » et anti‑interventionniste — incarnée par certaines figures médiatiques et des traditions libertaires ou isolationnistes — qui critique les guerres étrangères précisément parce qu’elles produisent des flux migratoires indésirés et des coûts pour la société. De l’autre, une droite technocratique et nationaliste, souvent financée par des capitaux privés, qui mélange ethno‑nationalisme et religion civile.
Henningsen met en garde contre la résurgence d’un nationalisme chrétien qui se pare d’une mythologie chevaleresque et d’un imaginaire « croisé ». L’adoption d’emblèmes, de symboles templiers et d’une rhétorique de guerre sainte transforme des revendications anti‑immigration en projet identitaire et religieux. Ce glissement vers un nationalisme sacralisé est soutenu par des investissements financiers conséquents et par des connexions transatlantiques, produisant une droite qui peut être à la fois technologique, autoritaire et religieusement légitimée.
## Grand remplacement et peur démographique
La théorie du « grand remplacement » est analysée comme un symptôme plutôt que comme une explication. Elle réagit à des transformations démographiques réelles — baisse des natalités, vieillissement, migrations soutenues — en les interprétant comme une conspiration ou une agression. Henningsen et l’échange rappellent que le problème démographique global est complexe et que la panique identitaire masque souvent une incapacité à intégrer des réalités structurelles.
Il est pertinent de replacer le discours du remplacement dans son contexte historique : les peurs d’érosion culturelle ont presque toujours été mobilisées lors de périodes de changement économique et social. Toutefois, le récit du remplacement sert aujourd’hui de carburant idéologique à des mouvements qui refusent d’admettre leur propre histoire coloniale et les dynamiques inégalitaires mondiales qui provoquent la mobilité humaine. Interroger ces peurs implique d’aborder honnêtement la responsabilité historique des puissances coloniales et de reconnaître les transformations démographiques comme un défi politique plutôt qu’un complot.
## État-providence, travail et immigration
La question de la demande de main‑d’œuvre émerge comme un angle souvent négligé : les États‑providence européens font face à des besoins réels en travail, notamment dans les soins, la construction et l’agriculture, qui peuvent être en partie comblés par l’immigration. Le débat public, cependant, isole trop fréquemment l’immigration comme un problème de sécurité ou d’identité, plutôt que comme une variable économique et sociale à gérer.
Henningsen évoque la nécessité d’un débat plus nuancé sur l’intégration, le marché du travail et la protection sociale. Sans politiques proactives d’intégration et sans adaptation des systèmes de protection sociale, la montée de la colère populiste risque de s’aggraver. Inversement, un cadre politique clair qui articule besoins du travail, droit d’asile et cohésion sociale serait plus efficace pour traiter la réalité des migrations que la rhétorique sécuritaire dominante.
## Libye, politique d’asile et abus migratoires
La Libye apparaît comme un cas d’école des conséquences perverses des interventions militaires. La destruction de l’appareil étatique a transformé le pays en plateforme d’exploitation humaine, de trafic et de départs clandestins vers l’Europe. Au‑delà du constat géopolitique, la conversation met en lumière les défaillances des régimes d’asile européens : incapacité à distinguer protection genuine et abus, recours à des solutions extrêmes pour dissuader les arrivées, et externalisation des contrôles vers des partenariats douteux.
Ceci met en exergue un dilemme moral et stratégique : en criminalisant la migration et en externalisant la gestion des frontières, l’Europe alimente des réseaux illégaux et expose des populations vulnérables à des abus. Une réponse cohérente exigerait de restaurer des voies légales d’accès, de renforcer les protections en dehors des logiques de police et de reconstruire des institutions internationales capables de traiter les causes profondes des déplacements.
## Petites embarcations et diversion politique
Enfin, la focalisation médiatique et politique sur le phénomène des « petites embarcations » qui traversent la Manche sert souvent de diversion. Des partis à thématique unique s’emparent de cette question pour contourner des débats plus larges sur l’économie, la politique étra
Transcript
Le plan malsain d’utiliser la migration de
masse pour plus de guerre | Patrick
Henningsen
L’OTAN provoque les mêmes migrations de masse que ses membres prétendent ensuite résoudre
par davantage de violence, à la fois chez eux et à l’étranger. C’est un jeu malsain dans lequel les
puissants dressent une fois de plus les populations les plus pauvres et les plus opprimées de l’
étranger contre les plus pauvres et les plus opprimées de chez eux, afin d’alimenter le système
occidental de domination violente. Mais les fissures sont désormais plus que visibles. Patrick
Henningsen, journaliste, écrivain et fondateur de 21st Century Wire, rejoint Pascal pour établir le lien
entre les guerres de l’OTAN, les sanctions et les changements de régime, et la migration vers l’
Europe et le Royaume-Uni. La discussion aborde le débat sur les petites embarcations, la montée de
la nouvelle droite, le sionisme chrétien, la baisse des taux de natalité, la demande de main-d’œuvre,
la politique d’asile et la logique coloniale qui sous-tend la politique moderne. Liens : 21st Century
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: 00:00:00 Introduction 00:00:55 Guerres de l’OTAN et vagues migratoires 00:06:58 Israël et la
boucle de la droite 00:10:42 Droite anti-guerre et nationalisme chrétien 00:16:38 Grand
remplacement et peur démographique 00:23:04 État-providence, travail et immigration 00:30:30
Libye, politique d’asile et abus migratoires 00:44:23 Petites embarcations et diversion politique 00:50:
36 Méthodes coloniales, génocide et empire
#Pascal
Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Aujourd’hui, nous retrouvons à nouveau le journaliste et
écrivain américain Patrick Henningsen. Patrick, ravi de te revoir.
#Patrick Henningsen
C’est un plaisir d’être avec vous, Pascal.
#Pascal
Ravi de vous retrouver. Avant de commencer, où est-ce que les gens peuvent aller pour découvrir
votre travail ?
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#Patrick Henningsen
Notre site principal, c’est 21stcenturywire.com. Si vous pouvez aller voir notre chaîne YouTube, ce
serait vraiment utile. On est très pénalisés par les algorithmes. Et aussi sur Substack,
patrickhenningsen.substack.com, c’est une autre plateforme. Vous pouvez y retrouver une partie de
mon travail.
#Pascal
Je mettrai le lien dans la description juste en dessous, mais maintenant, entrons directement dans
ton travail récent. En fait, tu t’es penché sur la question de ce qui pousse les gens à migrer, et tu as
aussi un peu regardé les rassemblements, aussi bien à droite qu’à gauche. Est-ce que tu peux nous
donner un aperçu de ce sur quoi tu travailles en ce moment, concernant la question migratoire ?
#Patrick Henningsen
Oui, c’est un sujet vraiment important. Je pense que ça joue un rôle énorme, que ça transforme la
politique. Je peux parler de l’Europe, bien sûr, du Royaume-Uni, et aussi un peu des États-Unis,
même si la situation y est très différente. Mais en Europe et au Royaume-Uni, c’est devenu une sorte
de crise politique. Alors la question, c’est, vous voyez, on étudie ça depuis longtemps, et maintenant
on commence à voir que tout s’assemble, que l’histoire prend forme. Quelles sont les vraies causes
de la migration ? Qu’est-ce qui provoque cette angoisse, et qu’est-ce qui est utilisé par les partis de
droite, par exemple avec l’émergence du parti Reform au Royaume-Uni, qui est en fait un parti à
thème unique ? Leur sujet, c’est les petites embarcations qui traversent la Manche, et rien d’autre.
Aucune politique économique, aucune politique étrangère, rien du tout. Juste “arrêter les bateaux,
arrêter les immigrés”, et un discours très anti-islam. Voilà, c’est la base de leur programme. C’est la
même chose, et on retrouve ça aussi en Allemagne. On le voit dans d’autres partis de droite en
Europe. Ça semble être le socle commun. Mais quand on creuse un peu, on se rend compte qu’on
pose la vraie question : quelles sont les causes des vagues migratoires vers l’Europe ? Et il ne faut
pas longtemps, quand on commence à analyser ces différentes vagues. J’ai moi-même couvert ce
sujet sur le terrain, aux États-Unis, à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Plus
précisément, la crise migratoire de l’été deux mille quatorze et deux mille quinze, pendant le second
mandat d’Obama. C’était une histoire énorme.
J’ai beaucoup appris sur tout ça, surtout en étant sur le terrain au Moyen-Orient, au Liban en
particulier. J’ai vu les conséquences de la guerre en Syrie, et comment les différentes vagues de
migrants sortent des zones de guerre, quel chemin elles empruntent pour arriver en Europe. Des
endroits comme Lesbos, en Grèce, sont devenus des points de tension, des portes d’entrée vers l’
Europe. La frontière entre la Hongrie et la Serbie en est un autre exemple. Je travaille sur ce sujet
depuis un certain temps, et il ne faut pas longtemps pour arriver à une conclusion assez évidente : si
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on regarde toutes les grandes vagues migratoires et qu’on étudie les statistiques — ce qu’on a fait
dans cet article pour *The Column Quarterly*, un nouveau magazine britannique lancé en deux mille
vingt-six — on peut presque identifier toutes les grandes vagues migratoires qui correspondent à des
interventions de l’OTAN.
Oui. Et évidemment, les grands exemples, c’est l’Afghanistan. Et puis, il y a la sale guerre en Syrie,
que beaucoup de gens ne considèrent pas comme une intervention de l’OTAN, mais c’en était
clairement une. On parle de la Turquie, des États-Unis, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l’
Allemagne, de la France, et de bien d’autres pays, tous activement impliqués dans la déstabilisation
de la Syrie et dans l’armement de ce qu’ils appelaient à l’époque les rebelles modérés. Mais le but
final, bien sûr, c’était de déstabiliser le pays, de renverser le gouvernement. Il leur a fallu plus de dix
ans pour y parvenir, mais ils ont fini par le faire. Entre-temps, cela a provoqué le déplacement forcé
de populations syriennes, notamment à travers la Turquie. Et on va revenir dans un instant sur les
aspects intéressants de tout ça, qu’on a découverts.
Mais la Libye est aussi un facteur très important, parce qu’elle servait de soupape pour les
migrations venant d’Afrique subsaharienne vers l’Europe. Kadhafi l’avait d’ailleurs dit avant sa chute :
« Si vous vous débarrassez de moi, vous allez créer tout un tas de problèmes pour l’Europe. » Et
effectivement, les bombardements, la décapitation de l’État libyen, et le fait d’en avoir fait un État
failli, ont transformé le pays en véritable couloir de migration vers l’Europe depuis l’Afrique. On voit
donc ces différentes vagues migratoires converger vers l’Europe, avec en plus des vagues dites
tertiaires, venues par exemple d’Afghanistan : beaucoup d’Ouzbeks, de Tadjiks, des gens des
« Stans », comme on dit en Asie centrale, qui arrivent en Europe à cause de la guerre, de la
déstabilisation économique, ou encore des sanctions.
Et c’est pareil pour ces autres points de tension dont on a parlé. Il y a donc une corrélation directe.
On le voit de plusieurs façons. La question israélienne joue aussi un rôle là-dedans, parce que la
politique étrangère de l’OTAN, dans une large mesure, et celle des États-Unis depuis l’Irak, ont été
de grands moteurs des migrations vers l’Europe à l’époque, tout comme la guerre de Yougoslavie, la
désintégration de la Yougoslavie. C’est donc un facteur majeur. Israël joue aussi un rôle important
dans l’architecture de la politique étrangère américaine. Et la politique étrangère des États-Unis, c’est
en grande partie la politique interventionniste de l’OTAN.
#Pascal
Et si je me souviens bien, dans votre article, vous soulignez aussi que tout ça crée une sorte de
boucle de rétroaction qui s’auto-renforce, non ? Plus il y a de guerres, plus il y a de migrants. Plus il
y a de migrants, surtout en Europe, plus la droite se renforce. Et plus la droite se renforce, plus le
soutien à Israël augmente. Vous pouvez nous en dire un peu plus là-dessus ?
#Patrick Henningsen
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Eh bien, c’est un cercle de rétroaction assez intéressant, parce qu’on retrouve Israël des deux côtés
de ce cercle. En fait, on peut même dire sur trois côtés. C’est une question vraiment intéressante.
Israël s’est lancé dans une initiative très audacieuse. On peut sans doute en retracer l’origine à il y a
vingt, vingt-cinq ans, au moins. L’idée, c’était de créer une alliance avec la droite européenne. Et je
pense que c’était un projet de très long terme, dont l’objectif était de « déradicaliser » la droite en
Europe, en Occident. Passer d’un courant où l’antisémitisme, ou les sentiments anti-juifs, étaient au
cœur de l’extrême droite, à un courant qui, en quelque sorte, se retournerait pour devenir sioniste.
Et je dirais que l’événement le plus choquant, et peut-être le vrai tournant dans tout ça, à mon avis,
c’est la tuerie de masse commise par Breivik, le massacre en Norvège en deux mille dix. C’était un
sioniste convaincu, et la cible de son attaque, c’étaient de jeunes militants travaillistes norvégiens,
très pro-palestiniens. Ça a créé une sorte d’effet de gel politique sur cette question, pendant un
certain temps, même dans un pays comme la Norvège. Il y a eu beaucoup de peur qui s’est installée
autour de ce sujet. Et Breivik était aussi en contact, ou du moins associé, avec l’EDL, la Ligue de
défense anglaise. À l’époque, Tommy Robinson dirigeait cette organisation, juste avant que Breivik
ne commette la tuerie. Il n’y a aucune preuve qu’il ait communiqué avec Tommy Robinson, dont le
vrai nom, d’ailleurs, est Stephen Yaxley-Lennon.
Tommy Robinson, c’est un nom de scène. Mais le fait est que Breivik, avant la fusillade, était en lien
avec l’EDL. Il se présentait comme un templier, avec toute l’imagerie du croisé chrétien. On le voit d’
ailleurs sur beaucoup de ses photos personnelles, avec des symboles de ce genre. Donc on peut
comprendre cette idée d’une convergence avec Israël, qui, je pense, est probablement assez content
de voir réapparaître ce nouveau croiséisme et ce nationalisme chrétien en Europe. Parce que ça leur
convient, et ça justifie aussi leur propre position. Netanyahu et d’autres dirigeants israéliens s’en
sont d’ailleurs emparés. Quand ils s’adressent à la droite européenne, ils disent en substance :
« Nous, on les combat ici, pour qu’ils ne viennent pas chez vous. » En gros, ils se présentent comme
ceux qui défendent les portes de Vienne.
#Pascal
Oui. Petite pause rapide, parce que j’ai été récemment banni de YouTube. Et même si je suis de
retour, ça peut très bien se reproduire à tout moment. Alors, pensez à vous abonner, non seulement
ici, mais aussi à ma liste de diffusion sur Substack. C’est pascallottaz.substack.com. Le lien est dans
la description juste en dessous. Et maintenant, on reprend la vidéo.
#Patrick Henningsen
Oui, je crois qu’il a littéralement dit quelque chose dans ce sens.
#Pascal
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Et les gens dont vous parlez, ce sont bien sûr les sionistes chrétiens, avec leurs différentes variantes.
Aux États-Unis, on pense évidemment aux profils à la Pete Hegseth. Ils se réfèrent tous à une
certaine iconographie, avec les tatouages, les symboles. Ils se rattachent aux Templiers, et tout ce
qui va avec. C’est un peu cet esprit de croisés, en fait, même si, bon, chacun y met ce qu’il veut. En
Europe, en revanche, c’est différent. Vous avez deux courants à droite. Il y a la droite qui adhère
complètement à tout ça, et ce sont eux aussi des sionistes chrétiens.
Et puis, il y a la droite, qui n’aime pas ça, et qui dit en gros : on ne devrait pas faire la g