Le mondialisme VAINCU ! La multipolarité bat l’Occident colonial | Dr Kee Beng Ooi

Watch this video on YouTube

Le Dr Ooi Kee Beng soutient que l'ordre international contemporain évolue vers la multipolarité, mû par des transformations économiques, les héritages de la décolonisation et la résurgence des acteurs non occidentaux. Il avance que l’Asie du Sud‑Est nourrit de l’espoir parce que la montée d’économies régionales — en particulier la Chine — et la persistance de sociétés plurielles affaiblissent les récits de soft power occidentaux qui présentent la politique mondiale comme des affrontements binaires. S’appuyant sur des cycles historiques, Ooi situe la « montée » de la Chine dans le cadre d’influences régionales de longue date plutôt que comme une anomalie externe, et il relie les solidarités de l’époque de Bandung à un regain de confiance du Sud global en Afrique et en Asie. Il critique les présupposés orientalistes persistants dans le discours occidental, met en garde contre la répétition de récits de remplacement unipolaires et souligne que les réalités économiques reconfigureront les hiérarchies idéologiques. Sur le plan sécuritaire, Ooi propose que les conflits contemporains (Ukraine, Iran) sont des vestiges d’un ancien ordre et exhorte à reconnaître des voies diplomatiques diver

Article

## Introduction La conversation enregistrée avec le Dr Kee Beng Ooi expose une thèse nette : nous assistons au reflux d’un ordre mondial conçu et dominé par l’Occident colonial, remplacé progressivement par une réalité multipolaire qui redessine les projections de puissance, les identités régionales et les priorités économiques. Cette analyse ne se contente pas d’un diagnostic géopolitique ; elle met en lumière un basculement culturel et moral : l’effritement du soft power occidental, le réveil d’aspirations postcoloniales en Asie du Sud-Est, et la montée d’une multipolarité où l’économie précède et transforme l’idéologie. La vidéo énonce que les conflits en Europe et au Moyen-Orient sont des vestiges d’un temps révolu — symptômes d’un dernier sursaut du colonialisme — tandis que l’Asie du Sud-Est se projette vers l’avenir avec un pragmatisme optimiste. ## Perspectives de l’Europe et de l’Asie du Sud-Est 00:06:40 L’ascension de la Chine et l’histoire régionale Le contraste entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est, tel qu’évoqué dans l’échange, est frappant. D’un côté, des sociétés européennes plongées dans un discours de crise, obsédées par le spectre de la guerre et d’un déclin civilisationnel. De l’autre, des sociétés d’Asie du Sud-Est où la vie quotidienne reste marquée par l’optimisme et la mobilité sociale : les gens croient en une amélioration de leur condition, non pas parce qu’ils ignorent les risques, mais parce que l’économie régionale offre encore des trajectoires tangibles d’ascension. La discussion souligne que le « soft power » occidental, jadis puissant, a perdu de sa force face à une réalité médiatique et politique qui propage un pessimisme mondialisé. Ce glissement de perception fragilise l’attrait des modèles occidentaux dans une région historiquement ouverte aux différences et aux échanges maritimes. Dans ce contexte, l’ascension de la Chine est présentée non comme une rupture absolue, mais comme la continuité d’une histoire millénaire d’interpénétration régionale. Le Dr Kee Beng Ooi insiste sur le fait que la Chine n’est pas « tombée du ciel » : l’influence chinoise a longtemps marqué les littoraux et les populations de l’Asie du Sud-Est, par les migrations, le commerce et les réseaux culturels. L’élévation actuelle de la Chine s’inscrit dans ce courant historique, amplifiée par la démographie et l’économie contemporaines. Mais la montée actuelle est aussi différente : elle s’appuie sur des technologies et des méthodologies modernes — héritées en grande partie de la science occidentale — ce qui produit une synthèse hybride qui défie les cadres binaires traditionnels. ## Décolonisation et monde multipolaire 00:25:40 Bandung, l’Afrique et la souveraineté La mémoire de Bandung et l’héritage des mouvements de non-alignement émergent comme des repères essentiels pour comprendre la posture diplomatique de l’Asie du Sud-Est. La conversation rappelle que Bandung a été une affirmation collective : refus de choisir automatiquement entre blocs, volonté d’affirmer une souveraineté distincte et d’inventer des chemins de développement propres. Cette génération d’États s’était donnée pour ambition une indépendance pratique — construire des États-nations capables de survivre au système mondial — ce qui a souvent limité les ambitions à une logique défensive et économiquement adaptative (zones franches, implantation d’industries étrangères, etc.). Aujourd’hui, l’essor d’acteurs comme la Chine change les paramètres de cette décolonisation inachevée. La possibilité d’une coopération multipolaire élargit l’horizon : les pays du Sud global peuvent envisager des partenariats plus équilibrés et des projets d’autonomie plus ambitieux. La vidéo avance l’idée que l’économie précède l’idéologie : d’abord viennent les facteurs matériels — investissements, infrastructures, échanges — ensuite viennent les transformations des représentations et des hiérarchies. Ainsi, la réappropriation d’un futur postcolonial passe par la capacité à produire et échanger autrement, à l’écart d’un présupposé occidental de supériorité permanente. ## L’orientalisme et l’ordre mondial colonial 00:43:58 L’Iran, le Moyen-Orient et le pétrole Un élément saillant de la discussion porte sur la persistance de l’orientalisme : la propension, dans certains discours occidentaux, à essentialiser et dégrader ce qui n’est pas occidental. Ce prisme justificatif a historiquement soutenu des interventions et des domination politiques, économiques et culturelles. La conversation lie cet héritage idéologique aux conflits contemporains au Moyen-Orient, en particulier aux logiques qui entourent le pétrole. Les guerres et les tensions en Iran ou en Ukraine y sont lues comme des reliquats d’une politique globale qui n’a pas encore accepté la fin de son hégémonie non contestée. Le propos met en garde : tant que l’Occident persiste dans une posture unipolaire et infantilisante, la transition vers une multipolarité apaisée restera difficile. L’ordre colonial n’a pas simplement disparu avec les indépendances ; il s’est transformé, se répliquant parfois sous des formes économiques et idéologiques. Rompre avec cette matrice implique de repenser la manière dont les ressources stratégiques sont gouvernées et dont les rapports de puissance se traduisent en politiques. La neutralité, la souveraineté et des formes de coopération régionales non subordonnées deviennent alors des enjeux politiques et moraux cruciaux. ## L’ASEAN et le détroit de Malacca Au cœur des préoccupations régionales figure l’ASEAN et la sécurité du détroit de Malacca, artère vitale du trafic maritime mondial. L’échange souligne l’importance pour les États de la région de maintenir ce passage ouvert et neutre, non comme simple voie commerciale mais comme symbole d’un ordre régional qui privilégie la multiplicité des acteurs et la non-prise de parti. L’ASEAN, selon la perspective discutée, joue un rôle de tampon : son approche de neutralité pragmatique et sa culture diplomatique de non-ingérence contribuent à contenir les tensions et à préserver les intérêts économiques communs. Cette posture d’équilibre ne se limite pas à une prudence tactique ; elle s’inscrit dans une histoire de pluralité culturelle et d’interdépendance maritime. Protéger Malacca, ce n’est pas seulement protéger des flottes et des cargaisons : c’est préserver un modèle de gouvernance régionale basé sur la coopération, l’ouverture et la capacité d’accommoder des puissances multiples sans accepter la subordination. L’enjeu est géopolitique mais aussi civilisationnel : garantir des corridors de cohabitation dans un monde qui se veut désormais multipolaire. ## L’Asie du Sud-Est maritime et la mondialisation Enfin, la vidéo remet au centre l’idée que l’Asie du Sud-Est est fondamentalement maritime et globalisée. Ses sociétés ont été façonnées par des siècles d’échanges maritimes, d’immigration et de mélange culturel — une « deuxième Méditerranée » qui a longtemps pratiqué le cosmopolitisme sans céder à des dogmes. Cette expérience socioculturelle confère à la région une capacité d’adaptation et un pragmatisme qui expliquent en partie son optimisme actuel : les acteurs locaux savent composer avec la diversité, attirer des investissements, et tirer parti des nouvelles routes de la mondialisation. Mais la mondialisation elle-même change : elle se déglobalise par certains traits et se reconfigures sous d’autres. L’Asie du Sud-Est ne suit pas aveuglément un modèle unique ; elle négocie, diversifie ses partenariats et cherche à transformer la dépendance historique en autonomie stratégique. La montée des centres économiques non occidentaux offre de nouvelles opportunités de développement industriel et technologique. Et puisque, comme l’a souligné la conversation, l’économie précède l’idéologie, ces transformations matérielles dessinent déjà un monde où les récits dominants sont réécrits. Conclusion — vers quelles politiques ? La synthèse dégagée par la discussion appelle à

Transcript

Le mondialisme VAINCU ! La multipolarité bat l’Occident colonial | Dr Kee Beng Ooi C’est le « dernier sursaut du colonialisme », comme le dit mon invité du jour, le Dr Ooi Kee Beng. Les guerres en Ukraine et en Iran sont les vestiges d’une époque déjà révolue et actuellement supplantée par les réalités de l’Ordre multipolaire. Le Dr Ooi, directeur exécutif du Penang Institute, explique pourquoi l’Asie du Sud-Est se montre plus optimiste que l’Europe, comment l’ascension de la Chine façonne la décolonisation et la multipolarité, et pourquoi la pensée occidentale continue de considérer le monde comme une compétition. Il examine l’histoire coloniale, le Moyen-Orient, la neutralité de l’ASEAN et la nécessité de maintenir ouvert le détroit de Malacca. INSCRIVEZ-VOUS au Penang Peace Dialogue : https://commonwealthofworldchinatowns.com/penang-peace-dialogue Liens : Wikibeng : https://wikibeng.com Penang Institute : https://penanginstitute.org ISEAS – Yusof Ishak Institute : https://www.iseas.edu.sg Substack Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack. com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00:00 Introduction 00:01:23 Perspectives de l’Europe et de l’Asie du Sud-Est 00:06: 40 L’ascension de la Chine et l’histoire régionale 00:13:03 Décolonisation et monde multipolaire 00: 25:40 Bandung, l’Afrique et la souveraineté 00:29:36 L’orientalisme et l’ordre mondial colonial 00:43: 58 L’Iran, le Moyen-Orient et le pétrole 00:48:06 L’ASEAN et le détroit de Malacca 00:54:47 L’Asie du Sud-Est maritime et la mondialisation #Pascal Bienvenue à tous sur Neutrality Studies. Aujourd’hui, pour la première fois, nous recevons le docteur Ooi Kee Beng, directeur du Penang Institute, et l’un des analystes les plus connus et les plus influents de Malaisie en matière de politiques publiques et de politique étrangère. Docteur Ooi, bienvenue. #Kee Beng Ooi Merci. Merci, Pascal. #Pascal C’est un plaisir de vous recevoir. Et juste avant de commencer, je voudrais dire à tout le monde qu’il y aura un grand événement à Penang : le Dialogue de Penang pour la paix, les cinq et six septembre, donc dans moins d’un mois. De nombreux penseurs se réuniront sur votre magnifique île pour parler de la situation internationale. Pour toute personne qui souhaiterait s’y rendre, Neutrality Studies dispose encore de huit places. Vous pouvez m’écrire un e-mail en disant que vous aimeriez participer. Je serai heureux de vous mettre en relation. Et vous, docteur Ooi, vous ferez aussi partie -- 1 of 20 -- de ce groupe. Il y aura beaucoup de discussions sur les relations internationales, ainsi que des analyses sur, eh bien, la paix dans le monde. Docteur Ooi, maintenant que cela est dit, pouvons- nous parler un peu de votre point de vue sur notre situation en 2026, en matière de guerre et de paix ? Parce que, vous savez, en Europe, la situation paraît très, très sombre en ce moment. Quelle est votre analyse de notre position actuelle ? #Kee Beng Ooi Eh bien, c'est exact, ce que vous dites. Je pense que l'Europe est dans un état de crise, en partie de son propre fait, en partie parce qu'elle réfléchit parfois trop. Alors qu'ici, dans cette partie du monde, on ne le ressent pas tellement. On le perçoit en lisant les médias de masse et en voyant comment la présidence Trump réagit à toutes sortes de choses, de manière assez agressive et provocatrice, et ainsi de suite. Donc, d'ici, on a cette impression : est-ce que les gens se préparent à la guerre, ou qu'est-ce que c'est ? Eh bien, en Asie dans son ensemble, du moins en Asie de l'Est, les choses sont calmes. Si on ne parle pas chaque jour d'une guerre imminente à Taïwan, c'est une très belle partie du monde. Et pas seulement cela : à bien des égards, elle prospère. Sur le plan économique, elle ne s'en sort pas trop mal, même avec les droits de douane américains et les autres conflits, y compris la guerre en Ukraine et l'Iran. Donc, de manière générale, les gens sont heureux et optimistes au quotidien. Oui, pardon. #Pascal C'est une image très différente. Je veux dire, j'ai la même impression chaque fois que je vais en Asie du Sud-Est, que ce soit en Thaïlande ou en Indonésie : les gens semblent plutôt impatients de voir l'avenir, non ? On a l'impression que de bonnes choses les attendent. Et quand on arrive en Europe, tout est sombre. Tout tourne autour de la guerre : « Oh, c'est la guerre. Il y aura la guerre. Nous devons nous préparer à la guerre. » Même en Suisse, c'est très dystopique, d'une certaine manière. #Kee Beng Ooi De notre côté, bien sûr, nous pensons que les discours, et en partie la propagande mondiale... enfin, je l’appellerai la machine mondiale de propagande... sont entrés, je pense, dans un mode très pessimiste depuis pas mal d’années. Et je dirais que cela a un très mauvais effet sur le soft power occidental. Le soft power occidental a toujours été très fort dans cette partie du monde. L’Asie du Sud-Est a, dans une large mesure, toujours été plutôt pro-occidentale. Les gens aiment les choses occidentales, et ainsi de suite. Mais tout cela a disparu très vite, je le soupçonne personnellement, à cause de ce qui ressemble à de la propagande. C’est comme si la réalité en Europe était soudain devenue très différente de la réalité ici. Et je pense que, quand nous étions plus jeunes ici, disons il y a trente ans, nous étions davantage prêts à penser que notre situation ressemblait beaucoup à celle de l’Europe. -- 2 of 20 -- Nous nous considérions davantage comme faisant partie d’un ensemble géoéconomique mondial. Je pense que cette époque est révolue, en partie grâce à l’essor de la Chine, à l’essor de l’Inde, et ainsi de suite. Je pense que c’est la réalité économique qui fait avancer les choses. L’idéologie suit. Donc, en général, les gens sont plutôt optimistes ici, je pense, malgré certaines catastrophes naturelles, dont vous avez peut-être entendu parler. Mais c’est aussi une région du monde qui a toujours été assez ouverte aux différences. C’est une zone très maritime. Certains l’appellent, je suppose, la deuxième Méditerranée. Nous avons donc toujours connu un certain niveau — un niveau élevé — de multiculturalisme dans cette partie du monde. Il y a donc une forme de… eh bien, si vous voulez y voir le mauvais côté, de fatalisme. Mais sous un angle positif, c’est aussi une bonne chose, si vous voyez ce que je veux dire. C’est comme ne pas dépendre trop vite, ni trop fortement, du reste du monde. Et bien sûr, j’ai tendance à penser que beaucoup de choses découlent de l’économie. Donc, quand la situation économique est plutôt bonne dans la région, et pas seulement pays par pays, on a tendance à être plus optimiste. La mobilité sociale paraît très réelle. Il semble évident que mes enfants auront une vie meilleure que la mienne. Il y a généralement la paix. On ne voit aucune possibilité qu’une grande guerre éclate ici. Cela m’amène peut-être à un point important. Nous craignons que, s’il y a une guerre ici, elle soit provoquée par une puissance occidentale. Elle ne sera pas provoquée par nous. Je pense que ce serait le sentiment général. Et bien sûr, personne n’aime vraiment quelqu’un… vous savez, on ne peut pas être trop positif à l’égard de personnes, de forces ou de nations dont on pense qu’elles pourraient tenter d’allumer un conflit dans cette partie du monde. #Pascal Vous savez, si vous écoutez notamment les analyses géopolitiques occidentales dominantes, vous aurez très vite l’impression que la Chine est sur le point de lancer une guerre contre Taïwan, contre les Philippines. Est-ce que cela vous préoccupe, ou bien est-ce que cela fait partie de ce que vous appeliez auparavant la machine de propagande ? #Kee Beng Ooi D'abord, je dirais qu'on parle de « l'ascension de la Chine ». Mais je pense qu'en Occident, quand on dit « l'ascension de la Chine », c'est comme si la Chine n'existait pas avant cette ascension. #Pascal Ouais, bien sûr. #Kee Beng Ooi -- 3 of 20 -- Ça nous est tombé de Mars ou quelque chose comme ça. Mais nous avons toujours vécu avec la Chine. Je suis d'origine chinoise. Penang est chinoise à quarante-cinq pour cent. Donc, sans trop insister sur la question chinoise, cette partie du monde est celle où l'influence de la Chine a toujours été assez importante. Peut-être que si l'on remonte à mille ou deux mille ans, l'influence indienne était assez forte, parce que beaucoup des cultures d'ici, les cultures malaises telles qu'elles sont définies en Indonésie et en Malaisie, ont clairement un caractère indien. Puis il y a une couche mahométane, si je peux employer ce mot, par-dessus tout cela, venue en grande partie d'Arabie et de l'Inde elle-même. Mais si l'on regarde maintenant les quelques derniers siècles, on voit que l'influence chinoise est plus forte, principalement pour des raisons démographiques, principalement en raison des mouvements venus du sud de la Chine, des immigrés du sud de la Chine, et aussi des influences économiques de la Chine. Puisqu'on en parle, j’aimerais dire, avant d’oublier, que lorsqu’on parle de l’ascension de la Chine, il y a bien sûr aussi un déclin. Et dans l’histoire chinoise, on retrouve ce mouvement cyclique. Les dynasties arrivent, les dynasties disparaissent. Et, bien sûr, les dynasties chinoises concernent surtout le nord de la Chine. Elles commencent généralement dans le nord. Le sud de la Chine a donc toujours eu sa propre histoire. Mais à chaque ascension ou déclin, il y a des effets, des répercussions, si vous voulez, qui se font sentir en Asie du Sud-Est, particulièrement dans les pays du Nord. Et bien sûr, comme vous le savez, le Vietnam a été sous domination chinoise pendant mille ans. Mais une fois qu’ils se sont libérés, il est devenu très évident, dans l’identité vietnamienne, de dire : « Nous ne sommes pas chinois », n’est-ce pas ? Ce genre de sentiment. Donc, bien sûr, il est aussi difficile de penser le Vietnam sans la Chine, parce que c’est le grand voisin du Nord. Mais plus au sud encore, il y a eu des mouvements de populations par la mer, vers le nord et vers le sud. Beaucoup de gens venant des côtes chinoises sont descendus et ont influencé cette partie du monde. Comme on le sait, si l’on prend la Thaïlande elle-même, aujourd’hui, une grande partie des Thaïlandais est d’origine chinoise, surtout à Bangkok et ailleurs. Donc tout ça... enfin, c’est une longue façon de dire que, quand on parle de la montée de la Chine, ce n’est que la poursuite d’une histoire. #Pascal Juste une petite note rapide. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c’est de vous inscrire à mon Substack gratuit. Vous pouvez aussi aider en prenant un abonnement payant, ou en achetant certains de nos nouveaux produits dérivés sur neutralitystudies.com. Les liens sont ci-dessous. #Kee Beng Ooi On se voit là-bas. C'est comme parler de l'Europe comme si la France n'en faisait pas partie. Vous savez, la montée en puissance de la France. Qu'est-ce que ça veut dire ? Donc, évidemment, -- 4 of 20 -- puisque je le formule ainsi, je voudrais aussi souligner que cette montée en puissance de la Chine est différente, en ce sens qu'elle est aujourd'hui totalement inspirée par les technologies occidentales, les mentalités scientifiques occidentales, et ainsi de suite, n'est-ce pas ? Et tout cela est important, bien sûr, parce que c'est ce qui a entraîné la chute de la Chine, la chute de l'Empire Qing. Ils ne pouvaient pas, malgré le fait d'avoir été à l'époque la plus grande économie du monde, ils ne pouvaient pas vraiment, au final, résister à la technologie, largement militaire, dont disposait l'Occident. À la fin des années mille huit cents, et surtout au début des années mille neuf cents, eh bien, le siècle britannique, bien sûr, est arrivé avec une telle puissance dans les domaines militaire, commercial et idéologique, que l'ancien système chinois n'a finalement pas pu y résister. Et il est tombé. Donc cette montée en puissance serait une