Un chercheur courageux révèle que l’OTAN cible le cerveau des citoyens de l’UE | Dr Jonas Tögel

Watch this video on YouTube

Au cœur de cet échange, le Dr Jonas Tögel soutient que l’Europe — en particulier l’Allemagne — est en train d’opérer un tournant cognitif délibéré vers la militarisation, poussé par une propagande soutenue, la planification de l’OTAN et des incitations économiques. Tögel documente comment un message de mobilisation globale de la société atteint les écoles, les médias et la jeunesse, normalisant le réarmement et immunisant les populations contre les récits dissidents. Il relie cette campagne discursive aux objectifs stratégiques de l’OTAN et des États‑Unis visant à séparer et affaiblir l’Europe vis‑à‑vis de la Russie, et met en garde contre une escalade auto‑réalisatrice à mesure que les États occidentaux permettent des frappes ukrainiennes et fournissent des armements. Malgré la prégnance du discours guerrier, Tögel identifie des sources de résistance : le refus des jeunes de s’engager, l’activisme local et la possibilité que la vérité, une fois dite, inverse le consentement public. Il souligne que l’épuisement et la surcharge médiatique neutralisent la mobilisation de masse pour la paix, mais affirme que dire la vérité sur les intérêts impériaux et les coûts humains de la guerre d

Article

## Introduction La conversation avec le Dr Jonas Tögel met en lumière une réalité troublante : la guerre cognitive n’est plus une hypothèse lointaine, elle s’impose comme un instrument central des stratégies militaires et politiques contemporaines. Le débat européen, en particulier en Allemagne, montre comment une combinaison de récits médiatiques, d’opérations d’influence et d’initiatives institutionnelles transforme progressivement l’espace public et prépare une société à accepter, voire à réclamer, le réarmement. Au-delà de l’alarme, l’échange soulève des questions éthiques et stratégiques essentielles : qui profite de cette militarisation de l’imaginaire collectif ? Comment résister à la normalisation de l’état de guerre sans sombrer dans le fatalisme ? Et quelles pratiques citoyennes permettent de préserver la paix et l’autonomie de jugement ? ## Humeur de guerre et réarmement en Allemagne 00: 12:42 Jeunesse résistante et peur publique Le fil conducteur de la discussion est clair : l’Allemagne traverse une mutation profonde de son rapport à la sécurité. Le récit dominant — simple et répétitif — présente la Russie comme une menace imminente et universelle, une menace qui justifierait un réarmement massif et une réorganisation de la société. Ce discours se nourrit des médias, des campagnes publiques et des documents officiels. Les stratégies militaires évoquent désormais une « approche sociétale » : mobiliser les écoles, les lieux culturels, les entreprises, pour façonner une mentalité de conflit permanent. Le Dr Tögel met en garde contre l’effet d’« inoculation » : en marginalisant toute voix dissidente comme complotiste, les institutions verrouillent le débat et réduisent l’espace critique. Le phénomène ne se limite pas aux adultes ; il s’infiltre dans les écoles, où la présence de la Bundeswehr et ses activités de recrutement ont fait l’objet de plaintes de parents. Organiser des portes ouvertes, permettre aux jeunes de jouer dans des chars ou d’assister à des présentations glamour de l’armée est une manière efficace de rendre séduisante l’idée du service militaire. Cela participe à une culture du consentement qui, peu à peu, déplace la norme sociale vers la normalisation de la guerre. Pourtant, il existe une ligne de fracture : la jeunesse. Le refus — explicite ou passif — de nombreux jeunes de s’inscrire dans le moule martial est un fait notable. Le rapport cité dans l’échange indique qu’un tiers des jeunes ne remplit pas les formalités exigées par la Bundeswehr, signe d’un désintérêt ou d’un rejet. Ce rejet de l’enrôlement automatique doit être interprété non comme un simple refus générationnel, mais comme une position politique potentielle. La jeunesse, par ses désirs et ses pratiques, peut constituer un point d’appui pour un contrecourant pacifiste qui refuse la militarisation de la vie quotidienne. ## Pression de l’OTAN et Europe La discussion souligne l’interdépendance entre stratégies nationales et impératifs de l’OTAN. Les récits de menace sont amplifiés et coordonnés, non seulement pour justifier des politiques budgétaires, mais aussi pour remodeler des alliances et des chaînes industrielles. Transformer des chaînes de production automobile en lignes d’assemblage pour blindés n’est pas une image fortuite : c’est une illustration concrète de la manière dont l’économie est redirigée au service d’un objectif militaire. L’impact économique et social d’une telle transition est massif, mais rarement débattu au niveau politique ou médiatique avec la profondeur requise. Dr Tögel rappelle que ces dynamiques s’inscrivent dans des plans stratégiques plus anciens, qui visent à séparer l’Europe de la Russie et à maintenir une hégémonie américaine. Décrire ces orientations comme celles d’un « empire » plutôt que d’un allié bienveillant ouvre une perspective critique sur les discours officiels qui célèbrent la démocratie et la liberté. Cette remise en perspective invite à interroger non seulement les motivations politiques derrière le réarmement, mais aussi les conséquences humaines : qui paie le prix de ces décisions ? Les documents militaires évoqués pendant l’échange montrent des scénarios d’une brutalité froide, parfois envisagés comme acceptables dans le cadre de jeux de guerre. La révélation de ces scénarios révèle la dissonance entre rhétorique démocratique et calcul stratégique. ## Gaza, Iran et violence impériale L’échange ne restreint pas sa critique à l’Europe orientale ; il élargit la portée en incluant les opérations impériales ailleurs dans le monde. Les interventions et soutiens internationaux — qu’il s’agisse d’armes, de logistique ou de récits légitimant la violence — s’inscrivent dans une longue continuité d’actions où les intérêts géopolitiques priment sur les vies civiles. Le parallèle avec Gaza et les tensions autour de l’Iran dans la conversation rappelle que la logique de militarisation et de projection de puissance a des effets globaux : elle nourrit des conflits, participe à des cycles d’escalade et produit des victimes souvent invisibles aux yeux du public européen. Cette lecture met en lumière la portée systémique de la « violence impériale » : lorsqu’un État ou une alliance redéfinit ses priorités stratégiques, des régions entières deviennent des terrains d’expérimentation pour de nouvelles doctrines. L’analyse de Dr Tögel suggère que la militarisation cognitive et technique alimente cette violence globale, en créant des récits qui justifient l’intervention et en construisant des infrastructures (armements, alliés, doctrine) qui rendent l’intervention plus probable. ## Mouvement pacifiste et discours de guerre Une question politique cruciale qui émerge de l’échange concerne l’état du mouvement pacifiste. Le constat est double : d’un côté, la capacité des promoteurs de la guerre à construire un récit simple et persuasif donne l’avantage à la rhétorique belliciste ; de l’autre, la parole pacifiste, encore fragmentée et souvent discréditée par l’étiquetage automatique de complotisme, conserve pourtant des ressources de mobilisation. Dire la vérité, selon l’argument repris de penseurs comme Hannah Arendt, est un acte politique révolutionnaire. Révéler les scénarios militaires, exposer les motivations économiques et dénoncer l’instrumentalisation de la peur devient alors une stratégie centrale pour recomposer l’opinion publique. La conversation insiste sur l’importance de ne pas céder à la fatigue politique. Si l’érosion de l’espoir est réelle, la mise en visibilité des documents et des plans militaires peut produire un effet d’éveil collectif. Construire une conscience commune autour des conséquences humaines du réarmement, et non seulement autour des soi-disant nécessités stratégiques, est présenté comme une condition sine qua non pour contrer la dynamique actuelle. ## Tactiques de propagande et contre-stratégie Le cœur de l’analyse du Dr Tögel porte sur les méthodes de la guerre cognitive : saturation d’informations, automatisation des récits via l’intelligence artificielle, marginalisation des voix divergentes, et utilisation de symboles et d’institutions (écoles, médias, événements publics) pour normaliser la militarisation. Ces tactiques exploitent les biais cognitifs et la fatigue informationnelle : face à un flot continu de récits, les populations adoptent des heuristiques simplificatrices, facilitant l’acceptation de messages uniformes. La contre-stratégie proposée est à la fois pratique et éthique. Elle implique de développer des canaux alternatifs d’information, de favoriser des pratiques éducatives critiques dans les écoles, et de renforcer le rôle des chercheurs et des citoyens qui publient et partagent des analyses documentées. La transparence sur les documents militaires et la mise en évidence des coûts humains et économiques du réarmement servent d’armes discursives puissantes. Par ailleurs, cultiver des récits alternatifs positifs — qui valorisent la diplomatie, la coopération économique et

Transcript

Un chercheur courageux révèle que l’OTAN cible le cerveau des citoyens de l’UE | Dr Jonas Tögel L’hystérie de guerre en Europe n’est pas accidentelle. Elle a été préparée et semée depuis longtemps dans la population du continent à travers des récits de guerre, de la propagande et de véritables plans de guerre cognitive. Aujourd’hui, je m’entretiens avec le Dr Jonas Tögel, chercheur allemand en propagande et auteur. Nous discutons du discours de guerre en Europe, de la présence de l’ armée allemande dans les écoles, de la résistance des jeunes, des récits de l’OTAN, du rôle des États- Unis et de l’Union européenne, de l’effondrement de la politique pacifiste, ainsi que de la manière dont la propagande, la peur et la surcharge médiatique façonnent l’opinion publique. Ils abordent également la résistance publique, le soin de soi et la manière de maintenir un mouvement pacifiste vivant. Liens : Dr. Jonas Tögel YouTube : https://www.youtube.com/@DrJonasToegel Neutrality Studies substack : https://pascallottaz.substack.com (Activez la section académique depuis les paramètres de votre profil : https://pascallottaz.substack.com/s/academic) Produits dérivés : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00:00 Introduction 00:02:00 Humeur de guerre et réarmement en Allemagne 00: 12:42 Jeunesse résistante et peur publique 00:22:31 Pression de l’OTAN et Europe 00:30:40 Gaza, Iran et violence impériale 00:40:15 Mouvement pacifiste et discours de guerre 00:48:33 Tactiques de propagande et contre-stratégie 00:57:35 Soin de soi et réflexions finales #Pascal Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenue dans *Neutrality Studies*. Ce soir, je suis avec mon ami et collègue, le docteur Jonas Tögel, spécialiste des études américaines et chercheur sur la propagande à l’université de Ratisbonne, en Allemagne. Jonas, ravi de te retrouver. #Jonas Togel Bonjour, Pascal. #Pascal C’est un vrai plaisir de te revoir. Tu es déjà venu sur la chaîne, mais pour ceux qui auraient manqué cet épisode, tu n’es pas seulement un universitaire, tu as aussi ta propre chaîne YouTube en allemand. Si vous comprenez l’allemand, allez voir ce que fait Jonas. C’est l’un des rares -- 1 of 18 -- universitaires allemands qui essaie vraiment de sortir de cette petite boîte dans laquelle on se trouve, et qui propose ses analyses sur sa chaîne. Il y décortique surtout les différentes manières dont, aujourd’hui, dans les médias grand public allemands et européens, la propagande est utilisée. Et il ne se contente pas d’en parler avec passion. Il a vraiment une solide expérience sur le sujet. Il a écrit plusieurs livres, dont celui-ci. Le titre est en allemand, et il se traduit par « Guerre cognitive ». Dans cet ouvrage, Jonas analyse — et on en avait déjà parlé lors d’une de nos précédentes discussions — comment l’OTAN utilise, et se prépare à utiliser, la guerre cognitive. Non seulement contre l’ennemi à l’étranger, mais aussi contre sa propre population, de l’intérieur. Et c’est sans doute la partie la plus inquiétante. Il écrit sur la propagande depuis un bon moment déjà. Et je suis vraiment ravi de te retrouver aujourd’hui. #Jonas Togel Je suis content d’être de retour, moi aussi. C’est toujours un plaisir d’être sur ta chaîne, Pascal. #Pascal Alors, parlons un peu de ce qui se passe vraiment en Europe. Parce que, vous savez, j’ai reçu pas mal de messages, j’ai eu beaucoup de discussions ces derniers temps sur cette espèce d’euphorie de guerre, surtout en Allemagne, qui ne fait qu’empirer. Et le récit médiatique autour d’une guerre imminente avec la Russie devient de plus en plus alarmant. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que je viens d’avoir une discussion avec Stanislav Krapivnik, qui disait que les Russes, maintenant, croient les Allemands… et qu’eux aussi se préparent à la guerre. On se dirige donc vers une prophétie autoréalisatrice. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu où en est l’Allemagne dans cette course effrénée vers la guerre ? #Jonas Togel Eh bien, on en est arrivé à un point où, à mon avis, il devient de plus en plus difficile de trouver une sortie, parce que le récit qui s’est construit ces dernières années, celui qui soutient cette guerre, est à la fois très simple et très dangereux. En gros, c’est un récit qui dit que la Russie représente une grande menace. Et puis, on voit apparaître des études — enfin, c’est vraiment un récit très simpliste — mais l’idée, c’est que la Russie va attaquer l’Europe et l’Allemagne dans les prochaines années. Alors on peut se demander : d’accord, mais comment savent-ils que la Russie va faire ça ? Et si la Russie est si puissante, pourquoi attendrait-elle qu’on se prépare pendant quelques années ? Et puis, une fois qu’on est prêts, les Russes attaqueraient ? Donc, ce n’est pas un récit très intelligent, je dois dire. Mais il est diffusé partout, sur toutes les chaînes. Enfin, pas toutes les chaînes… des chaînes YouTube comme la vôtre, par exemple, font heureusement exception, et c’est très précieux. Il existe de bonnes sources d’information alternatives, mais elles ne touchent pas la majorité des gens. Du coup, on voit ce récit se construire, -- 2 of 18 -- et on se retrouve à devoir le défendre. Et maintenant, ce qu’on observe, c’est que la militarisation dont vous parliez tout à l’heure s’infiltre un peu partout dans la société. C’est un peu comme avec le COVID‑dix‑neuf : on disait, bon, il faut combattre ce virus. Les écoles doivent le combattre, il faut le combattre à la maison, au travail… Toute la société, en fait, devait se mettre en ordre de bataille, se préparer à cette lutte contre le COVID. C’est un peu la même chose. C’est comme un changement total de société qui est en train de se produire. Et ce n’est pas moi qui le dis, mais quand on lit les documents de l’armée qui analysent la situation et ce qu’il faut faire, ils parlent d’une approche globale, à l’échelle de toute la société. Donc, si on parle de guerre cognitive, si on parle de ce changement d’état d’esprit qui doit avoir lieu, c’est bien une approche qui concerne toute la société. Et ça touche tous les domaines. Par exemple, dans les écoles… Vous savez, quand je donne des conférences devant des centaines de personnes, il y a toujours quelques parents qui viennent me dire qu’ils sont très inquiets, parce que maintenant, l’ armée allemande, la Bundeswehr, intervient dans les écoles. Et ils recrutent des jeunes, tu vois, des collégiens, des gamins de quatorze, quinze, seize ans, parce qu’ils leur racontent une histoire. Ils leur disent que c’est plutôt cool d’aller à la Bundeswehr, qu’ils ont des chars impressionnants et qu’on peut les visiter. Ils organisent des journées portes ouvertes où tu peux aller à la Bundeswehr, t’asseoir dans les chars, les avions, tout ça. C’est un peu comme les scouts, on s’amuse, on découvre. Et les jeunes, eh bien, ils s’engagent. Voilà ce qui se passe dans les écoles en ce moment. On diffuse un discours officiel, et tout ce qui entre en contradiction avec ce discours est aussitôt qualifié de théorie du complot et doit être rejeté. Vous savez, on pourrait entrer dans les détails maintenant, mais c’est ce qu’on appelle une inoculation. L’idée, c’est d’amener les gens à rejeter les informations contradictoires, et de les remettre dans le droit chemin sur ce récit autour de l’OTAN. Ensuite, bien sûr, il y a les médias, où nous avons des cibles. On a toutes sortes de chaînes et de plateformes qui continuent de marteler ce récit de la grande menace russe, et de l’idée qu’il faut se réarmer. Et puis, évidemment, il ne faut pas oublier l’économie. On sait tous que tout tourne autour de l’économie, c’est pas nouveau. C’est ce qu’on disait déjà dans les années quatre-vingt-dix. Et aujourd’hui, clairement, l’économie est en train de dégringoler. L’Europe et l’Allemagne sont en train de se lancer dans une mission suicidaire. Elles se coupent de l’ énergie bon marché qui a soutenu leur économie pendant des décennies. Et maintenant, elles doivent quand même faire tourner l’économie pour survivre. Alors, que fait-on ? On change. Les chaînes qui produisent des voitures peuvent très facilement être transformées pour fabriquer des chars. Et c’est exactement ce qui se passe en ce moment. Où que vous regardiez, c’est comme vous l’avez dit : partout, c’est inquiétant, c’est dangereux, et c’est effrayant de voir ce qui est en train d’ arriver. Et je viens justement de regarder ce qu’on appelle la *Bevölkerungsbefragung*, donc une sorte d’enquête auprès de la population. -- 3 of 18 -- Oui, pour toute l’Allemagne, venant de l’armée allemande, de la Bundeswehr. Et ils ont découvert… enfin, d’abord, ils savent, et ils le disent très clairement : on a besoin de cette perception de la menace russe. C’est vraiment au cœur de tout le changement en cours. Il faut que les gens croient que la Russie représente une grande menace. Ils l’écrivent noir sur blanc. Et ils ont, vous savez, des programmes, des actions. Ils envoient des gens — des milliers de personnes. Il y a énormément d’ argent derrière tout ça. Des milliers et des milliers de personnes vont frapper aux portes en Allemagne, et ils mènent des entretiens là-dessus. Du genre : que pensez-vous de la Bundeswehr ? Que pensez-vous de Vladimir Poutine ? Que pensez-vous de l’armée allemande ? Est-ce que vous pensez qu’on devrait se réarmer ? Est-ce que les dépenses de défense sont une bonne idée ? En gros, on a posé environ trois cents questions, et les résultats ont été publiés dans un rapport. Et ce qu’ils ont découvert, c’est que le changement d’état d’esprit fonctionne. Environ quatre-vingts pour cent — oui, huit personnes sur dix en Allemagne — considèrent que la Bundeswehr est une institution très précieuse et respectée. Et à peu près deux tiers, donc entre soixante et soixante-dix pour cent des Allemands, sont convaincus qu’il existe une grande menace russe, contre laquelle il faut se réarmer, se préparer, se défendre, et même adapter notre société pour ne pas être submergés par la Russie. Et comme vous l’avez souligné, si on regarde ça sous l’angle de l’ego et qu’on essaie de prendre en compte tous les points de vue, c’est exactement ce que vous venez de dire. Pour les Russes, personnellement, cette remilitarisation de l’Allemagne et de l’Europe est évidemment perçue comme une menace. Parce qu’on ne peut pas se réarmer uniquement de manière défensive. L’autre camp pensera toujours, et à juste titre d’ailleurs, que tout cela a l’air offensif, et que l’autre côté se prépare aussi à agir. Je sais que vous en avez déjà parlé, et on pourrait en discuter sans fin. L’ Ukraine est désormais autorisée à viser les infrastructures énergétiques russes, et si on pousse la Russie dans ses retranchements… eh bien, que va faire la plus grande puissance nucléaire du monde ? Où qu’on regarde, c’est de la folie. #Pascal Je veux dire, encore pire, comme l’a justement fait remarquer Stanislav Kropivkine. Ce n’est pas seulement que l’Ukraine a le droit de frapper le pétrole russe. C’est qu’elle en a les moyens, non ? Et l’Ukraine utilise toutes ces données et cette infrastructure de l’OTAN pour cibler ces objectifs. Les drones envoyés contre la Russie sont, en gros, fabriqués en Europe. Et l’Europe en est très fière, fière d’aider l’Ukraine, fière que Rheinmetall aide l’Ukraine à produire cet armement. Et les Russes disent, en gros : jusqu’à quand allons-nous encore tolérer ça, venant de pays qui affirment se préparer à une grande guerre contre nous ? Bref, la situation ne fait qu’empirer. Les Russes en sont maintenant au point où ils réfléchissent à ce qu’ils vont frapper en Europe. Et, tu sais, l’Europe va recevoir les premières frappes russes, parce que les Russes sont désormais prêts à le faire. On est, je crois, dans une sorte de prophétie qui s’accomplit toute seule. C’est… je ne sais -- 4 of 18 -- pas, c’est vraiment, vraiment effrayant. J’espérais que tu me dirais que ce que Matthias Desm