Au cœur de cet échange, Fethi de Jazair Hope présente la crise de Ceuta comme une opération délibérée, chargée de considérations géopolitiques, plutôt que comme une hausse spontanée de la migration. Il soutient que le Maroc, aidé par des alliés incluant des éléments aux États-Unis et en Israël, a exploité la récente politique espagnole de régularisation des migrants et des décisions judiciaires pour pousser des dizaines de milliers de personnes vers l’enclave espagnole, envoyant un signal de pression sur Gibraltar et l’accès à la Méditerranée. Le mouvement du Maroc est interprété comme une représaille contre la position de l’Espagne sur le Sahara occidental et Gaza et comme partie d’efforts plus larges visant à influencer la politique espagnole en vue des élections. L’épisode croise la concurrence autour des routes gazières nord-africaines — le rapprochement de l’Espagne avec l’Algérie et de nouveaux gazoducs qui sapent le rôle de transit du Maroc — ainsi que des stratégies transatlantiques susceptibles de chercher à fragmenter l’unité européenne. Fethi met l’accent sur des déterminants internes au Maroc (fort chômage des jeunes, contrôle des élites, recours public limité) et situe
Article
## Ceuta, Melilla et les rumeurs sur la migration
La crise qui a secoué Ceuta n’est pas seulement un flot de corps et de tentes ; c’est une image devenue outil de guerre politique. Quand soixante mille personnes traversent une frontière en très peu de temps, les appareils médiatiques et politiques forgent rapidement des récits : invasion, crise humanitaire, défaillance de l’État. La discussion enregistrée avec Fethi met en lumière que ces images — jeunes hommes en sandales, files humaines, camions qui semblent diriger les cohortes — sont interprétées par beaucoup comme la matérialisation d’un message politique à destination de Madrid et, au-delà, de l’Union européenne. Les rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux — selon lesquelles l’Espagne régulariserait automatiquement les personnes présentes à Ceuta et qu’il suffirait d’arriver pour obtenir un passeport européen — servent d’amplificateur émotionnel. Elles créent une perception d’appel d’air, même si la réalité administrative est plus complexe.
Il faut rappeler le cadre historique : Ceuta et Melilla sont des vestiges d’un temps colonial, enclaves espagnoles sur un territoire maghrébin, objets de revendications marocaines mais non inscrites sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies. Leur statut sensible en fait des points de tension parfaits : symboles territoriaux, lignées de mémoire coloniale et, surtout, points stratégiques d’accès à l’Europe par la mer ou par le détroit de Gibraltar. La conversation insiste sur ce qu’implique ce passé pour la façon dont un événement migratoire est perçu — non pas comme un simple mouvement de personnes, mais comme un acte potentiellement politique, chargé d’une signification géopolitique.
## Le déplacement à la frontière était-il organisé ?
Une des conclusions fortes qui émerge de l’échange est que l’ampleur et la synchronisation du mouvement rendent peu crédible l’hypothèse d’un phénomène purement spontané. Des images de camions transportant des migrants vers la barrière, des satellites dont les données montrent un suivi intense de la zone, et des témoignages faisant état d’interventions coordonnées de forces de sécurité sont autant d’indices convergents que cette poussée ne s’est pas produite sans orchestration. Fethi rappelle un précédent en 2021 — un épisode plus limité mais similaire — qui avait clairement été interprété comme une réponse marocaine à une décision politique espagnole favorable au Sahara occidental. L’idée d’une « manœuvre » de pression est donc soutenue par des faits antérieurs.
Au-delà des indices matériels, il faut aussi considérer l’opportunisme social : chômage élevé, notamment chez les jeunes diplômés marocains, rend une telle mobilité désespérée mais aussi manipulable. Des personnes en quête d’une sortie vers l’Europe peuvent être mobilisées si des opportunités concrètes leur sont présentées. Le récit suggère donc une orchestration qui combine moyens logistiques, exploitation de vulnérabilités sociales et timing politique. Mais prudence : absence de preuves judiciaires ou d’enquêtes publiques complètes signifie que beaucoup reste à vérifier. L’argument principal n’est pas de clamer coupable un acteur sans preuve, mais de montrer que le modèle d’organisation et ses bénéficiaires supposés sont plausibles et cohérents avec des précédents.
## Israël, les États-Unis et la pression sur l’Espagne
La conversation aborde ensuite l’hypothèse selon laquelle des puissances extérieures — notamment Israël et certains cercles politiques aux États-Unis — pourraient avoir un intérêt direct à influer sur la posture de Madrid. L’Espagne, par la voix de son gouvernement, a adopté des prises de position relativement critiques à l’égard d’Israël sur la question palestinienne. Dans ce cadre, l’idée que des acteurs alliés d’Israël cherchent à envoyer un signal à l’Espagne n’est pas absurde : pression diplomatique, campagnes d’opinion et, selon certains commentateurs, scénarios de « mise en conformité » par d’autres moyens.
Des voix américaines conservatrices et des figures pro-israéliennes ont publiquement évoqué l’idée de manipuler la question des enclaves ou d’encourager des démarches analogues à la « Marche verte ». La convergence de documents, d’analyses et de déclarations publiques laisse apparaître un récit qui s’est construit au fil des mois : normalisation des liens Maroc-Israël, intérêts énergétiques et maritimes partagés, et volonté de sécuriser des routes stratégiques — avec la pression sur des États européens jugés récalcitrants. Fethi signale que des éléments institutionnels américains ont évoqué la nécessité d’aborder la question de Ceuta et Melilla dans des rapports récents, montrant que la discussion n’est pas l’apanage de quelques forums marginaux mais circule aussi dans des enceintes influentes.
## Gibraltar et le risque d’une Europe divisée
Le détroit de Gibraltar apparaît comme l’enjeu sous-jacent de cette crise. Si d’autres détroits sont menacés (Bab el-Mandeb, Ormuz), Gibraltar devient un corridor stratégique central pour l’accès maritime à la Méditerranée. Contrôler ou influencer la gestion de ce passage, c’est peser sur la liberté de manœuvre des États côtiers et sur l’acheminement de ressources et d’approvisionnements essentiels. La discussion met en garde contre le risque d’une polarisation européenne : des pays qui prennent position sur le conflit au Proche-Orient peuvent se retrouver ciblés par des manœuvres d’influence qui cherchent à discipliner ou à récompenser.
Cette polarisation se nourrit aussi de l’essor des forces politiques nationalistes et d’extrême droite en Europe, prêtes à capitaliser sur les crises migratoires pour offrir des réponses sécuritaires radicales et attirer des électorats. Un effritement de la solidarité européenne face à des pressions extérieures affaiblirait la capacité de l’Union à agir de façon coordonnée, et ouvrirait des brèches pour des arrangements bilatéraux (ou des chantages) entre États européens et pays voisins comme le Maroc. En ce sens, la crise de Ceuta dépasse la simple gestion des flux et touche au cœur de la cohésion européenne.
## L’Espagne, l’Algérie et les routes du gaz
L’épisode s’inscrit également dans un contexte énergétique complexe. Les relations entre l’Espagne, l’Algérie et le Maroc portent sur des routes du gaz et des approvisionnements stratégiques. Toute tension entre ces États peut avoir des conséquences sur la sécurité énergétique espagnole et européenne. Fethi rappelle que l’Espagne a des intérêts divergents : elle cherche à diversifier ses approvisionnements mais dépend encore de corridors qui traversent la région. L’Algérie, qui partage une longue frontière maritime et continentale avec le Maroc, est elle-même un acteur clé avec lequel Madrid a des interactions parfois tendues.
Les jeux d’alliances dans lesquels s’insèrent Rabat et Alger ne sont pas uniquement symboliques : ils affectent le prix et la fiabilité des flux énergétiques. Dans un contexte où les crises au Moyen-Orient et en mer Rouge menacent d’autres routes, la vulnérabilité des approvisionnements via le sud de l’Europe est accrue. La conversation met en avant l’idée que les manœuvres autour de Ceuta peuvent aussi être perçues comme un levier pour peser sur des négociations plus larges concernant l’énergie et l’accès maritime.
## Pourquoi le Maroc est proche d’Israël
La normalisation progressive des relations entre le Maroc et Israël se comprend par des intérêts stratégiques convergents : sécurité, technologie, intelligence, mais aussi une volonté marocaine de consolider une position régionale favorable (notamment sur le dossier du Sahara occidental). Rabat a trouvé dans la relation avec Tel-Aviv un moyen d’équilibrer ses rapports avec Washington et d’obtenir des appuis diplomatiques sur des dossiers sensibles. Fethi explique que ce rapprochement a permis au Maroc d’élargir ses réseaux de coopération, mais aussi d’acquérir des marges d’action opérationnelle accrues.
Transcript
Début d'une guerre sale contre l'Europe :
nouvelle crise migratoire mondialiste | Fethi
Les élites qui vous ont apporté une guerre avec la Russie et un génocide en Asie occidentale
travaillent sur leur prochain projet : l’éclatement de l’Europe. Et elles commencent par une attaque
indirecte contre une autre ligne vitale maritime, le détroit de Gibraltar. Fethi de Jazair Hope me
rejoint pour examiner la crise migratoire de Ceuta, en soutenant que le rôle du Maroc doit être
envisagé à travers les tensions de l’Espagne avec Israël, les États-Unis, l’Algérie et le Sahara
occidental. Il aborde la migration, le contrôle du détroit de Gibraltar, les routes énergétiques, les
liens du Maroc avec Israël, la pression de l’opinion publique intérieure et une possible lutte de
pouvoir avant les élections marocaines. Liens : Site web de Jazair Hope : https://jazairhope.org
YouTube de Jazair Hope : https://www.youtube.com/@JazairHope Substack de Neutrality Studies :
https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don :
https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00:00 Introduction et le passage vers Ceuta
00:04:36 Ceuta, Melilla et les rumeurs sur la migration 00:08:05 Le déplacement à la frontière était-il
organisé ? 00:10:09 Israël, les États-Unis et la pression sur l’Espagne 00:18:53 Gibraltar et le risque
d’une Europe divisée 00:24:16 L’Espagne, l’Algérie et les routes du gaz 00:31:58 Pourquoi le Maroc
est proche d’Israël 00:42:07 Le pari risqué du régime marocain 00:47:04 Suivez Fethi et Jazair Hope
#Pascal
Bienvenue à tous sur Neutrality Studies. Aujourd’hui, nous faisons le point sur la situation en
Espagne et au Maroc avec notre ami et collègue Fetty, de Jazir Hope. Jazir Hope est une excellente
plateforme, avec une chaîne YouTube sur laquelle Fetty réalise de très bons reportages, souvent en
français, sur la situation en Afrique du Nord. Alors, Fetty, merci beaucoup de vous reconnecter avec
nous.
#Fethi
Pascal, c’est vraiment un plaisir de vous retrouver, et merci de m’accueillir.
#Pascal
Eh bien, merci beaucoup de nous avoir contactés, parce que c’est vous qui avez dit : écoutez, peut-
être qu’on devrait parler de ce qui se passe en Espagne. Et vous avez tout à fait raison. C’est donc
ce que plusieurs médias présentent, en substance, comme une invasion de migrants en Espagne.
Pouvez-vous nous donner un peu de contexte ? Que se passe-t-il réellement, et quels sont les
acteurs derrière cela ?
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#Fethi
Oui, absolument. Et si vous me le permettez, j’aimerais commencer par... C’est vraiment très triste,
ce qui se passe au Maroc. Parce qu’en deux mille vingt-six, cette année, c’est la deuxième fois que l’
image du Maroc est extrêmement durement touchée dans les médias. La première fois, c’était en
janvier deux mille vingt-six, pendant la Coupe du monde africaine. La compétition était
scandaleusement biaisée en faveur du Maroc. Et finalement, lors de la finale, le Sénégal a gagné sur
le terrain. Le Maroc a voulu récupérer la victoire par l’intermédiaire de la très corrompue
Confédération africaine de football. Cela a extrêmement nui à l’image du Maroc en Afrique. Et
maintenant, nous avons ce très triste événement à Ceuta, comme vous l’avez décrit. Et beaucoup,
beaucoup de personnes dans le monde l’ont qualifié de triste, d’invasion. Ce que c’est effectivement.
Parce que, quand on regarde la population de Ceuta, environ quatre-vingt mille habitants, et qu’on
voit soixante mille personnes y entrer, il n’y a pas de mot plus juste pour le décrire que celui d’
invasion.
Mais si on prend un peu de recul par rapport à l'événement précis, on peut en parler tout au long de
l'entretien. On verra qu'au-delà de cet événement, il y a un précédent. Quelque chose de similaire
s'est déjà produit auparavant. Il y a un contexte géopolitique, et il y a un acteur opérationnel qui, à
mon avis, est le Maroc lui-même, avec des alliés très puissants. Nous en parlerons plus tard. Il y a
aussi un atout stratégique en jeu, ainsi que des conséquences géopolitiques bien plus larges, qui
dépassent la zone de Ceuta ou le détroit de Gibraltar. Et puis, bien sûr, il y a des bénéficiaires dans
cette situation. Voilà.
#Pascal
Pardon, exactement. Je voulais juste vous interrompre très, très brièvement avant que vous
poursuiviez, parce que je pense qu'il est très important que nous ayons bien conscience de la
géographie dont nous parlons, n'est-ce pas ? Alors, si nous avons ici... laissez-moi partager
rapidement mon écran. Quand nous parlons de Ceuta, nous parlons de cette ville-ci, qui appartient à
l'Espagne, mais qui se trouve en réalité sur le continent africain, n'est-ce pas ? Enfin, c'est crucial.
#Pascal
Donc, ici, nous avons Tanger, au Maroc, et Ceuta, à l’extrémité droite du détroit de Gibraltar, sur la
pointe sud de Gibraltar, c’est bien ça ? C’est donc l’une des enclaves espagnoles. Et bien sûr, les
Britanniques détiennent une autre enclave en Espagne : Gibraltar même, qui est un territoire
britannique, et non espagnol. Donc, c’est de celle-ci dont nous parlons. C’est là qu’environ soixante
mille réfugiés, dans des situations très précaires, parfois simplement vêtus d’une chemise et de
sandales, sont arrivés et ont réussi à passer. Est-ce que vous pourriez peut-être remettre cela en
perspective pour nous ? Qu’est-ce qui s’est…
#Fethi
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Absolument. Et Ceuta est la deuxième enclave. La première, c’est Melilla. Un très bref rappel
historique : Ceuta et Melilla ont été colonisées par le Portugal et l’Espagne aux quatorzième et
quinzième siècles. On peut donner les dates, les gens peuvent les vérifier. Et elles n’ont jamais été
récupérées ni revendiquées par la lutte. Pour donner un exemple, si vous regardez la carte, juste de l’
autre côté de la frontière, il y a la ville d’Oran, en Algérie. Elle avait elle aussi été colonisée à la
même période, précisément par le Portugal et l’Espagne. Et elle a obtenu son indépendance en
même temps que l’Algérie, en 1962, grâce à la lutte. L’autre point important, c’est que Ceuta et
Melilla ne figurent pas sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies, qui sont soumis à
un processus officiel de décolonisation.
Donc oui, le Maroc les revendique sur le plan politique, mais elles ne figurent pas sur la liste de l’
ONU, et elles n’ont pas non plus été conquises tout au long de l’histoire. Melilla est le point le plus
proche de l’Europe via Gibraltar. Je crois que c’est à vingt-six kilomètres environ. Donc oui, l’
événement, comme vous l’avez dit : soixante mille jeunes Marocains ont afflué vers les frontières. Il
est très important de préciser que cela s’est produit le lendemain du discours du Trône du roi
Mohammed VI, en mars, qui célébrait la vingt-deuxième année de son accession au trône. C’était un
discours qui vantait particulièrement les performances de l’économie marocaine et les perspectives
prometteuses pour la population marocaine. C’est donc très troublant que cela se soit aussi produit
le lendemain. D’ailleurs, j’écris un article dont la deuxième partie répondra à cette question. Nous
pourrons en discuter à la fin, plus tard.
Il y a donc un certain contexte autour de tout ça. Cela s’est aussi produit parce que l’Espagne a
régularisé, je crois, un demi-million d’immigrés en juin, durant la première partie de l’année. Et une
autre décision a été prise par la Haute Cour de justice en Espagne. Elle disait que les personnes qui
arriveraient en Europe, en Espagne, par la mer, ne seraient pas refoulées immédiatement. La
logique, c’est que, si elles arrivent par la mer, elles étaient déjà à Ceuta. Elles n’ont donc pas franchi
illégalement les frontières. Si quelqu’un arrive par la mer via Ceuta, il était déjà à Ceuta. Ce n’est
donc pas comme ceux qui ont forcé les frontières. Ces deux événements, donc le demi-million d’
immigrés régularisés et cette décision, ont servi de base. Le récit qui circule, à travers les rumeurs
sur les réseaux sociaux, affirme que l’Espagne permet à toute personne présente à Ceuta d’être
régularisée, puis d’aller ensuite en Europe.
#Fethi
C’est comme ça que tout a commencé. Mais en même temps, il y a des vidéos et des images
montrant des camions transportant des centaines de jeunes Marocains, clairement dirigés par la
police marocaine vers la frontière. Et puis, au-delà même de ces photos ou de ces vidéos, quand
soixante mille personnes se déplacent dans une même direction, c’est impossible.
#Pascal
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Mille personnes, oui.
#Fethi
Un millier de personnes se déplacent dans une même direction. Il est tout simplement impossible
que la police ou les services de sécurité de ce pays ne s’en aperçoivent pas. Et je l’ai déjà dit, il
existe un précédent. En 2021, il y a eu une situation très similaire, mais à plus petite échelle. À l’
époque, on parlait peut-être de mille à deux mille cent personnes. Cela a suivi l’affaire du président
du gouvernement sahraoui, de la République arabe sahraouie démocratique, qui avait été accueilli
en Espagne pour des raisons médicales. Et un événement similaire s’est produit exactement au
même moment.
Et à l’époque, il était clairement établi qu’il s’agissait de représailles du Maroc pour avoir reçu le
président de la République sahraouie. Et à ce moment-là aussi, le ministre marocain des Affaires
étrangères a clairement dit : « Nous ne sommes pas les concierges de la frontière de l’Europe. »
Alors, imaginez que vous ayez un voisin et que vous partagiez la même porte d’entrée dans la
résidence. Lui la laisse ouverte, alors que la règle est de la garder fermée. Et il vous dit : « Je ne suis
pas responsable des gens qui entrent dans la résidence. » Voilà le contexte. Voilà le précédent. C’est
pourquoi, quand on prend du recul, il est clair que ce n’est pas spontané.
#Pascal
Il y a des gens qui affirment que cet événement a quelque chose à voir avec Israël, et que le Maroc
soutient en fait Israël pour faire pression sur l’Espagne afin qu’elle cesse de dénoncer le génocide à
Gaza. Parce que l’Espagne est en gros le seul État membre de l’Union européenne qui ait clairement
pris position contre Israël, à part l’Irlande, je dois le dire, l’Irlande aussi. Mais ce sont l’Irlande et l’
Espagne. Et l’idée serait que le gouvernement israélien travaille en fait avec le Maroc pour envoyer
un signal très, très fort à l’Espagne : si les choses tournent mal, ils ont des moyens de pression. Est-
ce qu’il y a quelque chose de vrai là-dedans, ou est-ce juste une étrange théorie du complot ?
#Fethi
Absolument. Quand j’ai dit que, si on prend du recul, on voit clairement se dessiner un plan. Et, à
propos de cet événement, j’ai parlé des alliés du Maroc. Il n’y a pas seulement Israël, il y a aussi les
États-Unis. Je vais donc vous donner quelques points de référence. Michael Rubin, chercheur à l’
American Enterprise Institute, a clairement publié ceci : « Le Maroc devrait envoyer une nouvelle
Marche verte à Ceuta et Melilla », en présentant cela comme une stratégie fondée sur une
mobilisation civile autour de Ceuta et Melilla. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la Marche verte,
elle renvoie au moment où le Maroc a essayé, et essaie toujours, de prendre le Sahara, le Sahara
occidental. Ils ont organisé une marche vers le Sahara, et cela s’appelait la Marche verte. Donc
Michael Rubin dit que le Maroc devrait faire la même chose pour Ceuta. Clairement, les gens peuvent
faire une recherche sur Google et trouver ce rapport.
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Un autre rapport, plus officiel, celui de Mario Diaz-Balart, député républicain, évoque, à la page
quatre-vingt-huit du rapport de la Chambre des représentants, dans le troisième paragraphe, l’
encouragement de discussions entre l’Espagne et le Maroc concernant Ceuta et Melilla, alors que,
officiellement, Ceuta est un territoire espagnol. C’est la première fois qu’un rapport américain de la
Chambre des représentants fait référence à cela. Auparavant, il y a eu le fils de Netanyahou, Yaïr
Netanyahou, qui disait q