Guerre Iran, acte 3 : Téhéran prépare le coup de grâce | Prof. S.M. Marandi

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Le professeur S.M. Marandi soutient que l’Iran passe d’une logique de riposte immédiate à une préparation d’un moyen dissuasif décisif et durable contre de futures attaques dirigées par les États-Unis. Il décrit la vie quotidienne à Téhéran comme apparemment normale malgré une tension économique importante due aux sanctions, aux blocus navals et aux frappes ciblées sur les infrastructures. Marandi affirme que l’Iran diversifie ses routes commerciales vers l’Asie centrale, la Chine, le Pakistan, la Turquie et la région de la mer Caspienne afin d’atténuer les effets du blocus et d’approfondir ses liens avec l’initiative “Belt and Road”. Sur le plan militaire, l’Iran met l’accent sur des capacités de missiles et de drones de précision calibrées pour expulser les bases américaines de la région plutôt que pour provoquer une escalade mondiale ; Téhéran s’est imposé des limites de portée de ses missiles pour réduire l’inquiétude européenne tout en conservant une dissuasion suffisante. Il considère l’entente entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie comme transactionnelle, peu susceptible de modifier la stratégie iranienne, et avertit que l’instabilité en Arabie saoudite serait in

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## Accord Arabie saoudite-Pakistan-Türkiye La récente annonce d’un accord trilatéral entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie a attiré beaucoup d’attention, mais la conversation avec le professeur S.M. Marandi invite à la prudence avant de qualifier ce document d’alliance stratégique majeure. L’échange souligne d’abord un fait simple : il n’existe pas de texte public détaillant les engagements réciproques. Sans la publication du contenu, les déclarations publiques restent avant tout des gestes diplomatiques susceptibles de servir des objectifs internes — légitimation politique, affichage d’autonomie régionale ou recherche d’appuis financiers et militaires. Selon l’analyse partagée lors de la discussion, les motivations propres à chaque partie sont loin d’être convergentes. Pour l’Arabie saoudite, l’urgence est sécuritaire et immédiate : la péninsule arabique est fragilisée par les frappes yéménites, les tensions irako-saoudiennes et la vulnérabilité des infrastructures pétrolières. Le Pakistan, lui, est davantage poussé par des considérations économiques et financières : l’aide financière saoudienne, le besoin de soutien face à des défis intérieurs et régionaux (Afghanistan, Inde), et la volonté d’éviter un isolement stratégique. Quant à la Turquie, Ankara cherche des débouchés commerciaux et militaires, notamment la vente d’armements, mais aussi le renforcement de son influence face à rivaux régionaux. L’accord doit donc être lu comme un cadre opérationnel flexible plutôt que comme une machine militaire intégrée semblable à l’OTAN. Marandi rappelle que les États-Unis ont l’habitude de « sous-traiter » — déléguer à des partenaires locaux des opérations qui servent leurs intérêts — et que un tel triptyque peut faciliter des formes de coopération ciblée sans constituer une alliance contre un État spécifique. En somme, pour Téhéran, ce rapprochement n’altère pas fondamentalement l’équation stratégique régionale : il s’agit davantage d’un dispositif résolument opportuniste que d’un pivot capable de renverser les rapports de forces. ## L’Arabie saoudite pourrait- elle devenir instable ? La question de la stabilité saoudienne traverse toute la discussion. L’Arabie saoudite apparaît vulnérable sur plusieurs fronts : attaques yéménites ciblant ses exportations et installations, ripostes irakiennes aux frappes saoudiennes, dépendance à des soutiens extérieurs pour compenser déficits industriels et sécuritaires. Marandi souligne que la vulnérabilité est réelle et qu’elle se manifeste non seulement sur le plan militaire mais aussi économique — dans un contexte de prix du pétrole volatils et de chaînes d’approvisionnement mondiales perturbées. Cependant, affirmer que Riyad pourrait s’effondrer serait excessif. Le royaume conserve des leviers de contrôle puissants : ressources financières, appareil sécuritaire, capacité à acheter des soutiens externes et à manipuler des alliances à son avantage. La fragilité actuelle tient davantage à l’accumulation de pressions — fermeture partielle du détroit d’Ormuz, attaques sur Bab el-Mandeb, sanctions et isolement diplomatique partiel — qu’à une crise interne imminente comparable à un effondrement d’État. Marandi met en lumière une dynamique clé : quand un État est exposé militairement et confronté à des attaques sur ses revenus pétroliers, il peut être poussé à des décisions hâtives, notamment des représailles qui alimentent encore plus d’instabilité régionale. Pour Téhéran, la stratégie n’est pas de provoquer un effondrement saoudien mais de neutraliser les menaces régionales. Cette subtilité change la donne : l’Iran, d’après l’analyse, vise des capacités ennemies — bases, installations pétrolières, flux logistiques — plutôt qu’à semer le chaos politique systémique chez l’adversaire. Comprendre cette distinction est crucial pour évaluer les risques de contagion régionale et les possibilités d’escalade incontrôlée. ## La stratégie de missiles de l’Iran et les bases américaines L’un des points les plus saillants de la conversation concerne l’évolution qualitative des capacités balistiques et de drones iraniennes. Marandi décrit un effort industriel national intensifié : usines souterraines, production soutenue de missiles et de drones, perfectionnement de la précision et de la portée. Ces capacités ne sont pas seulement un argument de dissuasion ; elles constituent l’élément central de la stratégie iranienne visant à rendre coûteuse et risquée toute action militaire américaine ou israélienne dans la région. L’interlocuteur met en garde contre deux erreurs d’appréciation courantes. Premièrement, l’idée que des frappes punitives ponctuelles pourraient briser la résilience iranienne est illusionnelle : les infrastructures de production et de stockage ont été dispersées et enterrées, rendant l’effet d’une campagne limitée beaucoup moins décisif. Deuxièmement, la logique d’escalade n’est pas automatique : si Washington décidait de frapper, les États-Unis devraient affronter une capacité iranienne à mener des frappes prolongées contre des cibles régionales et, potentiellement, des bases américaines. La perspective d’un conflit bref mais intensif de dix jours ou deux semaines, avancée par certains observateurs, trouve un contrepoids dans la réalité industrielle iranienne — préparation à une guerre de longue haleine, avec des missiles capables de frapper une série d’objectifs stratégiques. L’une des conclusions implicites est que la présence militaire américaine dans les États du Golfe et au Moyen-Orient est une source de vulnérabilité régionale. Les bases qui servent à projeter la puissance depuis la péninsule arabe deviennent des cibles potentielles dans un contexte où l’Iran améliore la précision et la cadence de tir de ses vecteurs. L’effet dissuasif recherché par Washington peut se retourner en facteur d’escalade, surtout si l’adversaire estime qu’il doit infliger un « changement militaire décisif » chez les satellites des États-Unis plutôt que se limiter à une riposte proportionnée. ## L’ approche de l’Iran en matière de sécurité et les États du Golfe La vision stratégique iranienne, telle qu’exposée par Marandi, n’est pas hégémonique dans le sens d’un désir d’exporter le chaos ; elle est défensive et ciblée. L’axe du raisonnement est clair : éliminer ou neutraliser les menaces réelles et immédiates dans l’environnement régional plutôt que d’engendrer une instabilité généralisée. Ce positionnement découle d’une logique existentielle — Téhéran se perçoit engagé dans une lutte pour sa survie face à des adversaires prêts à user de tout pour renverser le régime. Dans les faits, cela se traduit par un double mouvement. D’un côté, l’Iran consolide ses capacités militaires et ses réseaux logistiques (routes terrestres alternatives, coopération avec des acteurs non occidentaux). De l’autre, il cherche à maintenir des relations stables avec certains voisins quand cela est possible : échanges commerciaux avec la Turquie, liens complexes avec le Pakistan, routes vers l’Asie centrale, importance croissante de la connexion avec la Chine. Ce pragmatisme illustre que l’Iran veut éviter une polarisation binaire ; il exploite la diversité géopolitique de la région pour dessiner des marges de manœuvre. Pour les États du Golfe, la conséquence est ambivalente. Les monarques et élites régionales doivent conjuguer la nécessité de se protéger — en s’alignant ponctuellement sur Washington ou en diversifiant leurs partenaires — et la crainte d’être entraînés dans une guerre déstabilisatrice. Le risque d’une course aux armements locale et d’une surtension permanente est tangible. L’échange met en garde contre la tentation de solutions purement militaires : la coexistence d’intérêts économiques profonds et d’une interdépendance énergétique rend toute rupture prolongée coûteuse pour tous. ## Où suivre Marandi et en savoir plus Pour approfondir les analyses de S.M. Marandi, la conversation mentionne plusieurs moyens de suivre

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Guerre Iran, acte 3 : Téhéran prépare le coup de grâce | Prof. S.M. Marandi Alors que les États-Unis vivent dans un monde imaginaire concernant le détroit d’Ormuz, Téhéran s’ est affairé à préparer la prochaine phase de la guerre, que les États-Unis relanceront sans aucun doute une fois de plus. Puisqu’il n’existe aucune solution diplomatique, Téhéran en vient à la conclusion que, lors de la prochaine bataille, un changement militaire décisif doit avoir lieu dans la région — chez les satellites des États-Unis. Le professeur Seyed Mohammad Marandi me rejoint pour discuter de la vie quotidienne à Téhéran, des routes commerciales de l’Iran sous blocus, du risque de nouvelles attaques américaines, de la position de l’Arabie saoudite, de la stratégie de missiles et des relations avec les États du Golfe. Il soutient que l’Iran cherche à éliminer les menaces régionales plutôt qu’à répandre l’instabilité, et recommande des livres pour comprendre l’Iran. Liens : Seyed Mohammad Marandi sur X : https://x.com/s_m_marandi Substack Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00:00 Téhéran après le bombardement 00:04: 02 Les routes commerciales de l’Iran et le blocus 00:11:21 Risque d’une reprise de la guerre américaine 00:20:27 Accord Arabie saoudite-Pakistan-Türkiye 00:24:05 L’Arabie saoudite pourrait- elle devenir instable ? 00:28:16 La stratégie de missiles de l’Iran et les bases américaines 00:38:23 L’ approche de l’Iran en matière de sécurité et les États du Golfe 00:48:38 Où suivre Marandi et en savoir plus #Pascal Bienvenue à tous dans Neutrality Studies. Aujourd’hui, nous faisons le point avec le toujours brillant professeur Saeed Mohammad Marandi. Professeur Marandi, bienvenue à nouveau. Merci beaucoup de m’avoir invité. C’est un grand plaisir. Eh bien, merci beaucoup de discuter à nouveau avec nous de la situation dans votre ville natale, Téhéran, ou plus généralement de ce qui se passe. Nous traversons actuellement une phase un peu étrange. Ce n’est pas vraiment la paix, mais il n’y a plus de bombardements, c’est bien ça ? Pouvez-vous nous décrire un peu la situation en ce treize août ? #Marandi Oui, du moins pour le moment. Excusez-moi. Du moins pour le moment, voilà ce qui se passe. Il y a bien sûr un siège en cours. Les Américains ont bloqué tous les ports iraniens, ce qui est en soi un acte de guerre. Mais il n’y a pas de bombardements, et la vie est normale à Téhéran comme dans le reste du pays. Si vous venez à Téhéran, que vous marchez dans les rues, prenez le bus, un taxi ou le métro, tout vous semblera très normal. Vous ne verrez probablement pas de bâtiments détruits, parce que Téhéran est immense. Et de toute façon, la plupart de ces bâtiments ont été démolis et -- 1 of 15 -- sont en cours de reconstruction. Donc, vous ne les verriez probablement pas, quoi qu’il arrive. Mais même si les entreprises sont ouvertes, que les restaurants sont pleins et que les magasins accueillent des clients qui font leurs achats, si vous demandez aux commerçants ou aux entreprises, je suppose que la plupart vous diront que les affaires ne vont pas très bien. L’inflation est assez élevée. Et la situation économique est plus difficile qu’elle ne l’était il y a six mois, pour des raisons évidentes. Il y a d’abord le siège, les sanctions, bien sûr, que l’Occident collectif impose à l’Iran depuis de très, très, très nombreuses années. Et puis il y a le fait que les États-Unis et le régime israélien ont bel et bien bombardé des infrastructures essentielles. Ils ont bombardé l’industrie sidérurgique iranienne. Ils ont bombardé des usines pétrochimiques. Ils ont bombardé les installations de production de gaz naturel de l’Iran. Et, bien sûr, ils ont bombardé des maisons et des immeubles d’habitation, faisant s’effondrer de nombreux immeubles. Disons qu’à quinze ou vingt minutes de marche d’ici, il y a un immeuble qui a été entièrement détruit lors d’une frappe aérienne. Ils ont détruit tout le bâtiment, j’imagine qu’ils cherchaient une personne. Apparemment, je n’en suis pas tout à fait sûr, mais apparemment l’ancien ministre des Affaires étrangères vivait là. Ils l’ont tué, lui et sa femme. Mais tout l’immeuble a aussi été détruit, et des voisins ont été tués. Donc, vous savez, les dégâts sont considérables. Des hôpitaux, plusieurs hôpitaux, ont été détruits ou endommagés. Lors des dernières attaques, un hôpital pour enfants atteints de cancer, dans la ville d’Ahvaz, a été attaqué et a dû être évacué. Donc il y a beaucoup de dégâts. Et pourtant, si vous vous promenez, vous ne remarquerez rien de tout cela. Téhéran ressemble à n’importe quelle ville normale. En fait, si vous venez à Téhéran, c’est une très belle ville. La municipalité ramasse les ordures tous les soirs. C’est propre. C’est assez moderne. Ce n’est pas Shanghai, mais parmi les villes que j’ai visitées dans le monde, c’est l’une des meilleures. Et cela malgré toutes les sanctions, la guerre et tout le reste. #Pascal Alors, comment la situation évolue-t-elle aujourd’hui avec le monde non occidental, notamment les relations commerciales avec la Chine et la relation avec la Russie, maintenant que l’Iran a résisté à six mois de cette guerre ? Et comme vous le dites, les États-Unis semblent penser qu’on peut désormais assiéger tout un pays par un blocus, un blocus naval. Mais il existe évidemment des liens commerciaux. Et nous avons vu que les Américains ont aussi essayé de détruire vos liaisons commerciales terrestres, avec vos chemins de fer et vos infrastructures routières. Ils semblent avoir l’ idée que, s’ils étranglent l’Iran assez longtemps et assez durement, le pays finira par céder et s’ effondrer. Il me semble qu’ils se préparent désormais à une longue guerre, à un long siège. Comment cela évolue-t-il ? Et l’Iran est-il en mesure de maintenir ses relations commerciales avec le monde non occidental ? #Marandi -- 2 of 15 -- Oui, enfin, les Américains ont déjà essayé ça. Après les quarante jours de combats, qui avaient commencé par l’exigence de Trump d’une reddition sans condition et qui se sont finalement soldés par un échec, il a dû accepter le plan iranien en quatorze points comme cadre des négociations. Une nouvelle idée brillante lui est alors venue à l’esprit : la guerre de siège. Et il l’a menée pendant plus de deux mois. Ça n’a pas marché. Et cela conduisait le monde vers le désastre. Il a donc accepté le protocole d’accord, le Memorandum of Understanding. Et il l’a justifié en disant : « Je ne veux pas être un Herbert Hoover. » Autrement dit : « Je ne veux pas présider à une nouvelle dépression économique. » Donc, la guerre de siège n’a pas bien fonctionné à l’époque, et je ne pense pas qu’ elle fonctionnera mieux pour les États-Unis aujourd’hui. L’Iran, tout comme il a tenu plus longtemps que Trump à l’époque, lui survivra aujourd’hui aussi. Je pense que le résultat de cette guerre, en réalité, c’est que l’Iran diversifie ses routes commerciales. Elle met l’accent sur le développement de ses routes vers l’Asie centrale, vers la Chine. Autrement dit, l’Iran accorde encore plus d’importance qu’auparavant à l’initiative des Nouvelles Routes de la soie. Des routes commerciales vers le Pakistan, ou passant par le Pakistan, par l’Afghanistan, mais aussi vers le Pakistan et l’Afghanistan, sont donc en cours de développement. Il y a bien sûr l’Asie centrale, la mer Caspienne, le Caucase, et bien sûr la Turquie et l’Irak. L’Iran dispose donc de nombreuses routes terrestres qu’il peut emprunter. Et il cherche désormais à les développer davantage, et le plus vite possible, pour compenser ces difficultés. Bien sûr, les problèmes vont perdurer et ils auront des conséquences. Mais, comme je l’ai dit auparavant, l’Iran fait face depuis de nombreuses années aux sanctions occidentales de pression maximale. Il y a donc eu de longues périodes durant lesquelles l’Iran n’a, de fait, pas été en mesure d’exporter du pétrole. Ce n’est donc pas comme si la situation était totalement sans précédent. #Pascal Juste un petit mot, très rapidement. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c’est de vous inscrire à mon Substack gratuit. Vous pouvez aussi aider en prenant un abonnement payant, ou en achetant certains de nos nouveaux produits dérivés sur neutralitystudies.com. Les liens sont ci- dessous. À bientôt . #Marandi D'autre part, le détroit d'Ormuz est fermé en grande partie. Très peu de navires y passent, et cela, bien sûr, aggrave la situation économique mondiale. Ce qui inquiétait Trump la dernière fois, lorsqu'il a signé le protocole d'accord, c'est ce qui devrait aussi l'inquiéter aujourd'hui — et qui l'inquiète probablement. Les pénuries de pétrole brut ne font donc pas que s'aggraver, surtout maintenant que l'Arabie saoudite a provoqué le Yémen et déclenché une guerre avec lui. Le Yémen impose lui aussi un blocus à l'Arabie saoudite, parce que les Saoudiens imposent un blocus au Yémen depuis de -- 3 of 15 -- nombreuses années. Aujourd'hui, le Yémen leur rend la pareille. Le détroit de Bab el-Mandeb est donc fermé au pétrole saoudien. Les installations pétrolières et les pétroliers saoudiens sont donc pris pour cible par le Yémen. Et avec la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz, la pénurie de pétrole brut s’aggrave. Mais les pénuries de toutes sortes de produits s’accumulent aussi : le soufre, l’hélium, divers produits pétrochimiques, le gaz naturel liquéfié. En fait, l’économie mondiale a besoin de toutes sortes d’ approvisionnements venant de la région du golfe Persique, et ils ne sont tout simplement plus disponibles. Les engrais, dont certains disent que leur manque provoquera la famine dans certaines régions du monde l’année prochaine, à Dieu ne plaise… tout cela empire de jour en jour. Donc les États-Unis, en imposant ce siège à l’Iran, imposent un siège au monde entier, comme ils l’ont fait il y a quelques mois. Il faudra donc voir comment cela se déroule. Mais la différence entre l’Iran et les États-Unis, c’est que les Iraniens se battent pour leur survie. C’est une guerre qui leur a été imposée, et ils ont vu les intentions des États-Unis. Quand Trump parle d’exterminer la nation iranienne, les Iraniens regardent ce que le régime israélien et les Américains font à Gaza, comment ils exterminent les Palestiniens. Et ils savent que, s’ils montrent la moindre faiblesse, ces deux régimes, ou le lobby sioniste aux États-Unis, détruiront et décimeront l’Iran. La résilience du peuple iranien est donc extraordinaire. Et cela tient aussi à leur héritage culturel, à leur culture, à leur patrimoine civilisationnel, à leur idéologie religieuse particulière en tant que musulmans chiites. Cela les a rendus très résilients. On l'a vu lors des funérailles : les gens étaient unis, ils se sont rassemblés. À l'inverse, pour les Américains, c'est une guerre choisie. Les Américains sont opposés à cette guerre, et elle n'est pas menée pour le peuple américain. Je ne vois donc pas comment les États-Unis pourront... comment le peuple américain pourra supporter les difficultés qui l'attendent à cause des pénuries, tout en restant indifférent. Je pense donc qu'il est très clair que le temps ne joue pas en faveur de Trump et qu'il ne gagnera pas cette guerre. #Pascal C’est bien que vous le mentionniez, parce qu’il me semble qu’en ce moment, les États-Unis semblent, vous savez, s’orienter vers... enfin, le siège semble s’orienter vers une guerre longue, parce que le « choc et effroi » a clairement échoué. Le changement de régime, rapide, a échoué. Même l’idée de relancer la guerre a échoué. Cela dit, la situation telle qu’elle est aujourd’hui n’ empêche pas les États-Unis de lancer ponctuellement une nouvelle campagne de bombardements, ou autre chose du genre. Elle ne les empêche pas de menacer d’une invasion et de procéder à des renforts de troupes ponctuels. Et elle ne les empêche pas d’essayer d’infliger à l’Ira