Marcus Klöckner soutient que la politique et les médias allemands contemporains fabriquent une bellicosité dangereuse, documentant de manière chronologique comment la rhétorique et les politiques ont convergé vers la « Kriegstüchtigkeit » — une préparation sociétale non seulement à la défense mais à la conduite de la guerre. S'appuyant sur sa récente chronique coautoriale de la crise ukrainienne, Klöckner situe le conflit actuel dans une longue durée qui inclut les promesses occidentales contestées autour de l'élargissement de l'OTAN après 1989 ; il soutient que ces assurances rompues ou formulées de façon ambiguë et les mesures politiques qui ont suivi ont contribué à produire l'escalade actuelle. Il critique la propagande omniprésente qui ressuscite le trope de la « Russie maléfique » hérité de la guerre froide, occulte des dettes historiques (notamment le sacrifice soviétique ayant permis la réunification allemande) et normalise une politique fondée sur la peur. Klöckner met en garde contre le fait que les récits médiatiques, l'amplification sur les réseaux sociaux et le spin politique transforment les citoyens en récepteurs passifs d'un cadrage militarisé. Il appelle à une revi
Article
## Vers la guerre totale : une menace qui se construit dans le discours
La conversation analysée dresse un constat sévère : l'Europe et l'Allemagne se trouvent prises dans une dynamique d'escalade qui n'est pas seulement militaire, mais d'abord discursive et politique. L'argument central est simple et perturbant — les mots, les promesses rompues et la rhétorique sécuritaire préparent un terrain où l'affrontement devient une option envisageable malgré son absurdité stratégique. Marcus Klöckner insiste pour documenter cette trajectoire : ce n'est pas seulement la guerre en Ukraine qui compte, mais la longue séquence d'événements, de reniements et de simplifications médiatiques qui ont rendu la confrontation plausible aux yeux d'un public réceptif. Comprendre cette genèse est indispensable pour évaluer les risques réels, et pour imaginer des alternatives à l'escalade.
## Une chronique de l'escalade : pourquoi remonter au-delà de 2022
L'un des apports majeurs soulignés dans l'échange est la nécessité d'élargir la période d'analyse. Klöckner et son collègue historien montrent que la “guerre” n'est pas un événement surgissant ex nihilo le 24 février 2022, mais le point culminant d'une histoire plus longue. Les décisions prises à la fin de la Guerre froide, les discussions autour de la réunification allemande et les engagements — explicites ou implicites — concernant l'élargissement de l'OTAN forment un enchaînement causal souvent négligé. Revenir aux années 1989–1991 permet non seulement de remettre en perspective les attentes russes, mais aussi de mettre en lumière les occasions manquées de désescalade. Narrativement, la chronique de Klöckner sert donc à documenter comment des choix diplomatiques et des omissions ont préparé le terrain à des ruptures ultérieures, rendant l'idée d'une “guerre annoncée” moins métaphorique qu'il n'y paraît.
## Promesses oubliées et l'élargissement de l'OTAN : enjeux de mémoire et de droit
Le débat sur l'existence ou non d'engagements formels contre l'élargissement de l'OTAN est central dans la conversation. Klöckner reprend le travail de Trachtenberg qui exhume des protocoles et des formulations publiques et privées — par exemple les échanges entre figures occidentales à l'époque de la réunification — qui laissent entendre un accord de principe sur la non-extension de l'OTAN vers l'Est. Le point crucial n'est pas uniquement juridique : il est politique et moral. Même en l'absence d'un document contraignant signé, l'idée d'un “gentleman’s agreement” ou d'une attente raisonnable de sécurité ne devrait pas être bannie d'emblée dans l'analyse. L'oubli ou la relativisation de ces éléments nourrit, rétrospectivement, un ressentiment politique côté russe et instaure un climat où les engagements diplomatiques deviennent interchangeables. Ce flou a servi, selon la chronique, à banaliser l'inconséquence politique et à fragiliser les canaux de confiance nécessaires pour prévenir les conflits.
## Propagande, peur et reprogrammation médiatique
Un thème récurrent et alarmant est la transformation de la perception publique par une propagande omniprésente. L'échange met en garde contre une reprogrammation mentale : la Russie est peinte comme l'ennemi absolu, réduite à une caricature simpliste qui justifierait n'importe quelle réponse. Klöckner souligne le rôle massif des médias dans cette dynamique — non seulement par le contenu des nouvelles, mais par la répétition d'images et de scénarios effrayants qui normalisent l'idée d'un affrontement inévitable. L'exemple des allégations d'attaques étranges ou d'activités subversives mineures traduit bien ce mécanisme : des incidents marginaux peuvent être amplifiés pour construire un récit de menace permanente. Ainsi, la fabrique de la peur devient à la fois un outil politique et un moteur d'escalade, rendant les sociétés plus perméables aux politiques militaristes.
## La disproportion stratégique : pourquoi une invasion européenne n'a pas de sens
Au-delà de l'analyse historique et médiatique, la conversation renouvelle l'argument stratégique fondamental : une conquête conventionnelle de l'Europe par la Russie est invraisemblable. Klöckner rappelle des évidences géopolitiques souvent occultées par la rhétorique alarmiste : population, capacité logistique, diversité linguistique et culturelle de l'Europe, risques d'escalade nucléaire — tous ces facteurs rendent l'idée d'une invasion totale absurde. Même en envisageant des scénarios de tactiques limitées, l'imbrication des pouvoirs nucléaires rend la logique de l'agression extrêmement dangereuse, précisément parce qu'elle peut dégénérer en conflit total. En d'autres termes, l'hystérisation du discours mène à des options politiques irréfléchies qui exposent au pire sans augmenter réellement la sécurité collective.
## L'angle allemand : mémoire, dette et amnésie politique
L'Allemagne occupe une position particulière dans ce tableau. La conversation fait surgir une tension morale : comment un pays qui a demandé et obtenu le retrait des troupes soviétiques au prix de concessions diplomatiques peut-il maintenant adopter une posture d'hostilité sans mémoire ? Klöckner insiste sur l'ingratitude historique et le refoulement collectif : l'effacement de la contribution russe à la réunification et la minimisation des sacrifices soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale participent d'une forme inquiétante d'amnésie. Cette amnésie facilite une politique extérieure durcie, parfois alignée sur des intérêts transatlantiques mais éloignée d'une gestion prudente des relations avec Moscou. La rhétorique de la “défense” employée par les responsables politiques allemands, lorsqu'elle est détachée de preuves solides et d'une perspective historique, devient alors un moteur d'hostilité plus que de sécurité.
## Vers quelles alternatives ? Réflexions pour désamorcer l'escalade
Si la chronique expose les causes et les mécanismes de l'escalade, elle invite aussi à penser des remèdes. Premièrement, rétablir la complexité du récit : introduire dans le débat public une histoire plus nuancée de la fin de la Guerre froide, des promesses implicites et des responsabilités mutuelles. Deuxièmement, restaurer la pratique diplomatique : des engagements clairs, transparents et vérifiables peuvent réduire les zones d'ombre qui alimentent la méfiance. Troisièmement, déconstruire la peur par une médiation critique des médias, en renforçant les espaces d'analyse indépendante et en encourageant des formats qui confrontent les preuves plutôt que d'amplifier les rumeurs. Enfin, réinjecter la prudence stratégique : reconnaître que certains chemins — l'escalade militaire, l'expansion sans considération des perceptions de sécurité d'autrui — sont des impasses collectives.
## Conclusion : documentation, mémoire et responsabilité politique
La valeur essentielle de la chronique présentée est sa volonté de documenter minutieusement un processus plutôt que de céder à des lectures simplistes. Klöckner rappelle qu'on peut prévenir des guerres en nommant leurs antécédents et en résistant à la logique de l'urgence qui justifie tout sacrifice de délibération. L'enseignement est autant méthodologique que politique : l'histoire récente n'est pas un décor, elle est une ressource pour la prévention. Rétablir la mémoire, exiger des preuves avant d'accepter les récits de menace, et remettre la diplomatie au coeur des choix européens sont autant de conditions pour éviter que la “menace qui plane” ne devienne la réalité d'un conflit aux conséquences incalculables.
Transcript
Vers la guerre totale : La menace qui plane
encore | Marcus Klöckner
Aujourd'hui, je reçois le sociologue et journaliste Marcus Klöckner. Monsieur Klöckner est l'un des
auteurs les plus assidus et critiques d'Allemagne, avec de nombreux livres sur l'actualité, le
journalisme et les questions sociétales et politiques. Rien qu'en 2024 et 2025, il a écrit deux
ouvrages importants sur le militarisme en Allemagne, que je considère tous deux comme essentiels :
l'année dernière est paru « Kriegstüchtig : Deutschlands Mobilmachung an der Heimfront » et cette
année, il a coécrit avec l'historien américain Marc Trachtenberg l'ouvrage « Chronik eines
angekündigten Krieges : Die Ukraine und das Versagen der Diplomatie ». Liens de Marcus Klöckner :
Twitter/X : https://x.com/klocknermarcus?s=21 NachDenkSeiten : https://www.nachdenkseiten.de/?
gastautor=marcus-kloeckner Livres : [https://www.amazon.de/stores/Marcus-B.-Klöckner/author
/B075NP6WNK?language=en&ref=sr_ntt_srch_lnk_1&qid=1751939996&sr=8-
1&isDramIntegrated=true&shoppingPortalEnabled=true](https://www.amazon.de/stores/Marcus-B.-
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#M3
Si l’on garde donc à l’esprit ce qui s’est passé à l’époque, et qu’on entend ensuite ces propos de
Merz – « Nous devons nous défendre » –, cela signifie que nous devons d’une certaine manière à
nouveau combattre la Russie. D’abord, soit disant, seulement au niveau des services secrets ou peu
importe. Mais qui sait, peut-être aussi dans une guerre. C’est bien ce qui plane toujours en arrière-
plan. Ainsi, l’ensemble ou une grande partie de la politique allemande envers la Russie est marquée
par une asocialité historique sans précédent, à tel point qu’on ne peut qu’en rester stupéfait.
#M2
Bonjour à tous, ici Pascal de Neutrality Studies, et aujourd’hui j’ai avec moi le sociologue et
journaliste Marcus Klöckner. Monsieur Klöckner est l’un des auteurs les plus assidus et critiques d’
Allemagne, avec de nombreux livres sur l’actualité, le journalisme et les questions sociétales et
politiques. Rien qu’en 2024 et 2025, il a écrit deux ouvrages importants sur le militarisme en
Allemagne, que je considère tous deux comme très importants. L’année dernière est paru « Prêt
pour la guerre – La mobilisation de l’Allemagne sur le front intérieur ». Et cette année, il a rédigé
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avec l’historien américain Mark Trachtenberg l’ouvrage « Chronique d’une guerre annoncée : l’
Ukraine et l’échec de la diplomatie ». Nous allons parler des deux aujourd’hui. Donc, cher Monsieur
Klöckner, bienvenue.
#M3
Bonjour, je vous salue.
#M2
Mes salutations en retour, commençons tout de suite, peut-être avec la chronique que vous venez d’
écrire et dans laquelle vous, c’est-à-dire vous et M. Trachtenberg, montrez très bien ce qui s’est
réellement passé. Il écrit la première partie sur les promesses qui ont été faites puis non tenues, et
vous la seconde partie sur ce qui s’est passé petit à petit et où nous en serons en 2025. Pourriez-
vous simplement expliquer pourquoi vous avez voulu écrire ce livre et ce qui est important dans
cette chronique ? Et de quelle guerre annoncée s’agit-il ? Parlez-vous seulement de la guerre en
Ukraine, ou pensez-vous à d’autres conflits qui pourraient encore survenir ?
#M3
On peut bien sûr comprendre le titre de manière ambiguë. Il m’importait simplement de consigner ce
qui se passe ici en ce moment. Nous assistons à un militarisme, nous assistons à un bellicisme
incroyable dans la politique, mais aussi dans les médias. Et cette politique est de grande envergure,
très vaste. Cela signifie qu’il s’agit d’une politique qui ne se limite pas à un conflit ou une guerre
régionale, mais qui va très loin, qui est globale et qui, en fin de compte, nous concerne tous. Il était
important pour moi de consigner, de documenter ce qui se passe ici – dans le détail, donc en
procédant de manière chronologique, en commençant par la guerre, c’est-à-dire par le début de la
guerre, l’entrée officielle de la Russie, pour ainsi dire, en Ukraine.
Et oui, la chronique commence déjà en janvier, donc un peu avant. Et nous voyons que, dès le
début, les bases ont été posées d'une manière qui anticipait le résultat que nous voyons aujourd'hui,
la situation à laquelle nous sommes actuellement confrontés. Et cela est très préoccupant. Oui, au
fond, cette chronique est aussi une sorte de chronique médiatique. Elle consigne et documente ce
que les médias ont rapporté, ce qui a été dit, les événements, les déclarations, les prises de position.
Et oui, nous constatons, en y regardant de plus près, que la voie vers l’escalade était tracée dès le
premier instant. Et oui, c’est tout simplement extrêmement préoccupant.
#M2
À quel moment, dans ce livre et selon M. Trachtenberg, situez-vous le début de cette escalade ? Car
la partie de M. Trachtenberg traite justement beaucoup des promesses qui ont été faites à la légère,
puis tout aussi facilement retirées. Et surtout de cet argument selon lequel il n’a jamais été
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juridiquement garanti, au regard du droit international, que l’OTAN ne s’élargirait pas. Les Russes
auraient simplement dû l’exiger par écrit.
#M3
Absolument. Oui, donc la question est de savoir quand on veut situer le début de la guerre. Et je
pense qu’en particulier pour ce conflit et cette guerre, il est extrêmement important d’élargir la
perspective et de remonter plus loin que la simple invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février
2022. Oui, car il y a eu une guerre avant la guerre, et il y a eu de nombreux événements également
avant 2014. C’est là qu’intervient l’approche de Mark Trachtenberg, qui examine ce qui s’est passé à l’
époque du tournant, au moment de la réunification, donc en 89, 90, 91, en considérant cette
période. Et il s’agit surtout de savoir s’il y a eu des promesses de la part de l’Occident, des États
membres de l’OTAN, principalement des États-Unis, envers la Russie concernant l’élargissement à l’
Est de l’OTAN, à savoir si l’OTAN allait effectivement s’étendre davantage ou non.
Et Trachtenberg s’empare de cette question, examine précisément ce qui s’est passé à l’époque. Et c’
est très passionnant. Il a ainsi exhumé un protocole de Dietrich Genscher, lors d’une rencontre à l’
époque avec James Baker, alors secrétaire d’État des États-Unis. Et il devient très clair, à la manière
dont Genscher formule les choses, qu’il a dû y avoir en coulisses des engagements, et que la
compréhension générale concernant un élargissement à l’Est de l’OTAN devait effectivement être
telle qu’il était en fait entendu que cela n’aurait pas lieu. Du moins, c’est ce que l’on peut conclure
des documents et déclarations cités.
Ce qui est fascinant, c’est aussi que ce débat revient sans cesse, et qu’on entend toujours les uns
citer des déclarations de Gorbatchev, d’Eltsine, etc., puis d’autres relativisent en disant qu’il n’y a pas
eu de promesses, qu’il y a peut-être eu quelque chose de vague quelque part, mais que cela n’était
pas juridiquement contraignant, et ainsi de suite. Je trouve ce débat incroyablement mesquin,
surtout quand on se rappelle la situation de l’époque, à savoir que c’est la Russie qui a rendu
possible la réunification allemande – pour un pays qui avait infligé à la Russie des pertes humaines
inimaginables.
Et la Russie a alors donné son feu vert à la réunification allemande. Et même si l’on part du principe,
de la prémisse, qu’il n’y a pas eu de promesses fermes – même si l’on admettait cela –, il est facile
de comprendre que pour la Russie, il était tout à fait logique de ne pas vouloir de pays de l’OTAN
directement à sa porte, tout comme les États-Unis ne voulaient pas de la Russie au Mexique ou au
Canada. Cela signifie que, rien qu’au niveau, disons, de la décence, de la décence politique et, oui, d’
un gentleman agreement, il faudrait ou il faut partir du principe que cet élargissement à l’Est de l’
OTAN n’aurait pas dû avoir lieu.
Et ce que nous voyons également par la suite : James Baker, je le dis, Mark Trachtenberg, aussi des
citations de Baker en 1997, etc., où leurs propres déclarations sont relativisées, où divers acteurs,
simplement aussi des analystes, regardent cela et disent : « Non, on ne peut pas le comprendre
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ainsi, il faut le comprendre tout à fait différemment », et ainsi de suite. Donc des politologues qui
relativisent. Et si l’on garde cela à l’esprit, il devient également évident ce que nous voyons sans
cesse dans la politique occidentale, à savoir une politique à double langage. Une parole et une
promesse, ou le cours de la décence politique, semblent tout simplement ne pas être respectés.
Tout n’est que matière brute entre les mains du pouvoir. Les mots deviennent simplement de la cire
dans les mains des puissants. Ils n’ont aucune signification. Aujourd’hui, ils veulent dire une chose,
demain une autre. Et oui, c’est bien cette configuration de base à laquelle nous sommes confrontés.
Et elle continue d’agir, bien sûr, jusqu’en 2014 et au-delà. Cela signifie que cette guerre que nous
voyons, aussi condamnable soit-elle, n’est pas le produit d’une sorte d’auto-engendrement poutinien,
mais le résultat d’une très longue histoire préalable. Oui, et je pense qu’on aurait pu intervenir à de
nombreux moments et aussi empêcher cette guerre. Mais cela n’a pas eu lieu, et cela en dit long.
#M2
C’est un très bon point que vous avez soulevé tout à l’heure ici, auquel je n’avais pas encore pensé
de cette façon : toute cette histoire avec la Russie a aussi, justement du point de vue allemand,
quelque chose de profondément ingrat, car pour la réunification, il fallait aussi la signature de l’Union
soviétique. Et on l’a eue, c’est-à-dire le traité 2+4, on avait la signature soviétique, et les soldats
soviétiques devaient se retirer, et ils l’ont fait. Et c’est l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, c’est la
Russie qui l’a rendu possible. En ce moment, il y a partout des tweets qui circulent, du genre : « Les
Russes arrivent, demain ils seront à Berlin. » Mais ils étaient déjà là, ils n’auraient même pas eu
besoin de partir, mais ils l’ont fait. Et aujourd’hui, dans le débat, on ne le prend même plus en
compte – ce n’est même plus présent, n’est-ce pas ?
#M3
Absolument, oui, c'est fondamental, mais cela a bien sûr beaucoup à voir avec la propagande à
laquelle nous sommes confrontés. La propagande occulte, la propagande sape la réalité et la vérité,
et elle ne retient que les fragments qui lui sont utiles. Et nous sommes confrontés à un niveau
extrêmement élevé de propagande dans les médias. Nous le voyons chaque jour. Nous voyons
comment une sorte de reprogrammation doit littéralement avoir lieu. Ainsi, les citoyens doivent avoir
peur du méchant Russe. Et l'image de la Russie comme ennemi est massivement construite.
Pourtant, oui, chaque personne – je ne peux vraiment qu’en appeler à la raison, simplement utiliser
sa raison, réfléchir, additionner un et un, sans calculatrice. Cela ne devrait pas être si difficile. Et il
faut vraiment remettre en question et mettre en perspective ce que disent les médias.
Jouons simplement ce scénario effrayant, imaginons qu'il y ait effectivement un arrière-plan caché.
Concentrons-nous là-dessus et déroulons un scénario. La propagande et tout ce que nous voyons
actuellement reposent sur l’idée que l’on peint sur le mur : la Russie est une menace, et la Russie
pourrait attaquer un État de l’OTAN, voire attaquer l’Allemagne, et peut-être un jour soumettre toute
l’Europe à sa domination. Je dois en rire, car c’est vraiment absurde. C’est une image qui pourrait
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exister dans un cauchemar, mais qui ne résiste pas à la réalité. Nous voyons la Russie, un pays de
140 millions d’habitants. Rien que l’UE compte environ 450 millions d’habitants. Supposons
simplement que la Russie fasse ce pas, que la Russie attaqu