Danny Haiphong soutient que le conflit avec l’Iran révèle un empire américain en déclin mais toujours dangereux, animé par une élite prête à parier sur une guerre prolongée afin d’empêcher un réordonnancement multipolaire. Il affirme que le protocole d’accord (MOU) a été interprété à tort comme une fin des hostilités et que l’appauvrissement des stocks américains, l’exposition économique via le détroit d’Hormuz et la détermination renforcée de l’Iran compromettent les objectifs américains. Haiphong situe l’Iran aux côtés de la Russie et de la Chine comme exemples de résistance souveraine : les tactiques militaires et médiatiques calibrées de l’Iran renforcent son soft power, l’endurance de la Russie a mis au jour la faiblesse occidentale, et l’essor économique et l’avance technologique de la Chine offrent à de nombreux États une alternative attrayante. Il estime que le mécontentement intérieur aux États‑Unis, la pression économique et la capture par les élites limitent les réponses politiques, mais que les basculements globaux vers l’Est modifient déjà la dynamique des alliances. En définitive, Haiphong voit le déclin occidental engendrer à la fois une instabilité à court terme et
Article
## Introduction
La conversation qui se déploie autour de la crise Iran–États-Unis ne relève pas seulement d’un affrontement régional : elle dessine les lignes d’un monde en recomposition, où la puissance militaire, l’économie globale et la légitimité politique se disputent la suprématie. Les idées échangées mettent en lumière un constat clair et inquiétant : l’empire américain paraît affaibli, engagé dans des calculs risqués et de plus en plus déconnectés des intérêts de la majorité de sa population. Cette dynamique, telle qu’exposée par Danny Haiphong et ses interlocuteurs, invite à repenser non seulement la nature du conflit actuel, mais aussi la trajectoire du système international multipolaire qui émerge.
## L’état de l’empire américain
La discussion s’ouvre sur une image de déclin accéléré. L’argument central est que les États-Unis ne souffrent pas uniquement d’un épuisement matériel — stocks d’armes, munitions, capacités logistiques — mais d’un épuisement stratégique et politique. Plutôt qu’un retrait ordonné, les élites américaines entreprennent ce que Danny Haiphong décrit comme un « pari » : utiliser jusqu’à la dernière réserve pour contenir et, si possible, infléchir l’essor de rivaux perçus comme existentiel, en particulier l’Iran. Cette logique prolonge les schémas impériaux classiques — application de la force pour préserver l’ordre — mais dans un contexte où les instruments habituels de domination (supériorité technologique, alliances solides, domination économique) sont progressivement érodés.
Autre caractéristique saillante : la discrépance entre l’effort militaire engagé et la capacité à obtenir des gains politiques durables. Les frappes, le harcèlement des infrastructures, les tentatives de blocus dans le Golfe ne semblent plus achever leur effet dissuasif. Au contraire, elles renforcent la résilience et la posture souveraine des adversaires. L’empire se retrouve ainsi à prolonger des conflits qui le fragilisent davantage, non parce que la population le demande, mais parce que des cercles décisionnels y voient la condition même de leur survie stratégique et économique.
## La colère du public américain et les intérêts des élites
Un contraste profond apparaît entre l’opinion publique et les logiques de pouvoir. Les sondages et l’analyse sociopolitique évoquées dans l’échange montrent une opposition massive des Américains aux aventures militaires actuelles. Pour une grande partie de la population, les guerres extérieures n’apportent ni sécurité ni prospérité ; elles aggravent plutôt l’insécurité matérielle et sociale. Et pourtant, les décisions suivent des trajectoires contraires aux désirs populaires, pilotées par une classe dirigeante qui tire avantage financier et politique des prolongations de crises (complexe militaro-industriel, intérêts financiers).
Cette polarisation entre intérêts de l’élite et besoins du peuple souligne une crise de légitimité interne. Lorsque la majorité vit sous pression économique — stagnation des salaires, endettement, insécurité du logement —, l’adhésion aux récits impériaux se dissout. Mais la capacité de ces couches populaires à transformer ce ressentiment en une pression politique effective reste limitée par la fragmentation, le désengagement civique et la désorganisation sociale. Ainsi, l’empire peut continuer à mener des politiques coûteuses, tant que l’appareil décisionnel échappe aux contraintes démocratiques significatives.
## Le soft power de l’Iran, de la Russie et de la Chine
L’échange met en exergue un point souvent sous-estimé : la puissance ne se réduit pas au feu des armements. L’Iran, la Russie et la Chine déploient des formes de soft power et d’influence stratégique qui compensent leurs handicaps économiques ou militaires relatifs. L’Iran, en particulier, a démontré une capacité à projecter de l’influence régionale, à menacer des voies maritimes clefs et à fédérer des acteurs locaux autour de logiques de souveraineté commune. Son action dans le Golfe est ainsi perçue non comme une simple riposte militaire, mais comme l’affirmation d’une capacité à perturber des circuits économiques centraux du système global.
La Russie a appris, à travers ses engagements récents, à combiner pression militaire localisée et partenariats politiques pour influer sur des équilibres régionaux. Quant à la Chine, son attraction repose surtout sur des leviers économiques massifs : commerce, investissements, projets d’infrastructure, et une diplomatie qui propose des solutions « win-win » à des régimes cherchant à échapper à l’emprise occidentale. Ensemble, ces puissances offrent un récit alternatif à la domination américaine, fondé sur la souveraineté nationale, le non-alignement pratique et des relations économiques moins conditionnées par les exigences politiques occidentales.
Ces éléments affaiblissent le soft power américain : l’attrait culturel et normatif des États-Unis se fissure quand il est confronté à modèles alternatifs qui paraissent plus immédiatement profitables ou respectueux de la souveraineté locale. La compétition pour les cœurs et les intérêts devient ainsi moins une question d’idées que de capacité à produire des bénéfices concrets et durables pour des États en développement ou émergents.
## Souveraineté économique et déclin occidental
La discussion met en relief l’importance décisive de la souveraineté économique dans le nouvel ordre mondial. Les capacités à contrôler les ressources énergétiques, à sécuriser des chaînes d’approvisionnement et à offrir des options commerciales non subordonnées sont devenues des atouts stratégiques majeurs. La Chine illustre ce point : en réduisant sa dépendance aux importations de pétrole, en diversifiant ses partenaires et en élargissant ses exportations industrielles, elle transforme sa position géopolitique en force économique durable.
Pour les États-Unis et l’Occident, le défi est alors double. D’une part, le maintien d’un ordre fondé sur le contrôle des flux économiques (pétrole, routes maritimes, système financier) est de plus en plus coûteux et contesté. D’autre part, la gestion interne des inégalités et du déclin industriel érode les ressources et la cohésion nécessaires pour rivaliser efficacement. L’idée que la prochaine crise économique mondiale pourrait être déclenchée ou amplifiée par une confrontation dans le Golfe n’est pas une spéculation lointaine : elle est la conséquence logique d’un système où les décisions belliqueuses s’entremêlent aux fragilités économiques.
Dans ce contexte, la souveraineté devient une arme à double tranchant. Les pays qui réussissent à sécuriser leur autonomie économique acquièrent une marge de manœuvre stratégique ; ceux qui en sont dépourvus restent vulnérables, tant aux pressions extérieures qu’aux secousses internes. Le déclin occidental s’inscrit ainsi moins dans une défaite militaire directe que dans une incapacité à préserver les conditions matérielles d’un leadership stable et attractif.
## Ce que l’Occident peut encore apporter
Malgré ces tendances, la discussion ne verse pas dans un nihilisme total : l’Occident conserve des atouts non négligeables qui pourraient être mobilisés différemment. Premièrement, l’expertise technologique et la capacité d’innovation restent des ressources précieuses — dès lors qu’elles sont orientées vers des biens publics mondiaux (transition énergétique, santé, recherche fondamentale) plutôt que vers une logique militaro-économique de rente. Deuxièmement, des institutions internationales, bien que malmenées, offrent encore des cadres pour la coopération transnationale si l’on choisit de réinvestir ces espaces avec des objectifs de stabilisation plutôt que d’hégémonie.
Surtout, l’Occident pourrait contribuer en proposant un modèle alternatif à la course aux armements et à l’interventionnisme traditionnel : une diplomatie fondée sur le respect de la souveraineté, des mécanismes équitables de résolution des conflits et des programmes de développement collaboratif. U
Transcript
Échec et mat iranien : le régime de guerre
américain s’effondre vite | Danny Haiphong
Le journaliste américain Danny Haiphong rejoint Pascal Lottaz pour discuter de la guerre en Iran, de
la puissance des États-Unis, de la colère du public américain et de l’émergence d’un monde
multipolaire. Ils examinent la stratégie militaire et médiatique de l’Iran, l’attrait croissant de la Chine,
le rôle de la Russie, la souveraineté économique et ce que l’Occident post-impérial pourrait apporter
à un système mondial plus équilibré. Liens : Danny Haiphong YouTube : https://youtube.com
/@geopoliticshaiphong The Chronicles of Haiphong Substack : https://chroniclesofhaiphong.substack.
com Danny Haiphong sur X : https://x.com/GeopoliticsDH Neutrality Studies Substack :
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américain 00:10:55 La colère du public américain et les intérêts des élites 00:22:58 Le soft power de
l’Iran, de la Russie et de la Chine 00:40:20 Souveraineté économique et déclin occidental 00:49:18
Ce que l’Occident peut encore apporter
#Pascal
Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Aujourd’hui encore, nous recevons le formidable
journaliste américain Danny Haiphong. Danny, ravi de te retrouver. — C’est un plaisir d’être de
retour, merci beaucoup pour l’invitation. Tu tiens l’une de ces chaînes YouTube remarquables qui
offrent en permanence des analyses très importantes sur les guerres, sur l’empire américain, sur ce
qui se passe à l’intérieur comme à l’extérieur. Je recommande vraiment à tout le monde d’aller voir
ta chaîne YouTube, sous ton nom, Danny Haiphong, bien sûr. Mais aujourd’hui, j’aimerais qu’on
prenne un peu de recul, qu’on parle du tableau d’ensemble. Quelle est, selon toi, la position actuelle
de l’empire américain ? Surtout en ce moment — nous sommes le dix-sept juillet, le seize au soir
pour toi — et j’ai l’impression que cette histoire de guerre avec l’Iran tourne de plus en plus mal
pour les États-Unis. On dirait qu’ils n’ont plus vraiment d’idées… alors ils bombardent encore un peu,
jusqu’à ne plus pouvoir le faire.
#Danny Haiphong
Merci encore, Pascal. C’est une bonne question : dans quel état se trouve l’empire américain ? Parce
que, selon moi, beaucoup de gens sont perdus. Surtout depuis l’apparition de ce fameux protocole d’
accord, que de nombreux analystes et commentateurs de premier plan ont qualifié de document de
reddition. Beaucoup avaient raison de dire que les États-Unis avaient été vaincus par l’Iran pendant
ces quarante jours d’hostilités, entre le vingt-huit février et le début du mois d’avril. Puis est arrivé ce
protocole d’accord, censé être exactement ce qu’il prétendait être : un mémorandum d’entente,
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autrement dit une base pour entamer des discussions afin de mettre fin à la guerre, et non pas la fin
de la guerre elle-même, comme beaucoup l’ont cru à tort. Aujourd’hui, tout cela est complètement
tombé à l’eau. Alors, beaucoup de gens se demandent : comment est-ce possible ?
Beaucoup disent que les États-Unis sont à court de munitions, qu’ils manquent de stocks essentiels,
d’armes majeures. Ils manquent aussi de systèmes de défense aérienne, et c’est particulièrement
évident aujourd’hui, quand on voit les représailles de l’Iran — ses frappes de drones, ses frappes de
missiles — atteindre pratiquement toutes leurs cibles, des cibles très importantes, au Koweït, à
Bahreïn, par exemple. Alors la question, c’est : comment les États-Unis peuvent-ils continuer ainsi ?
Eh bien, le problème des stocks qui s’épuisent, le problème de la reddition, ou tous les autres
facteurs qu’on pourrait analyser pour expliquer pourquoi les États-Unis ont perdu cette guerre, tout
cela n’a finalement pas beaucoup d’importance pour un empire non seulement en déclin rapide, mais
dirigé par une élite qui considère cette guerre comme existentielle pour son avenir, pour sa propre
survie.
Je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de gens disent que les États-Unis n’ont aucun intérêt à être
impliqués dans cette guerre. Et c’est vrai pour la majorité de la population. Mais ce n’est pas vrai
pour la classe dirigeante. Elle, elle croit vraiment que sacrifier tout le reste — l’économie mondiale, l’
appareil militaire, l’infrastructure militaire des États-Unis — et même risquer l’avenir du pays en tant
que puissance dominante, tout ça en vaut la peine si l’un des piliers majeurs, peut-être même la
porte d’entrée la plus importante vers un monde multipolaire, est éliminé. Et ce pilier, c’est l’Iran.
Il semble donc que ce qui se passe, en réalité, c’est que les élites américaines font un calcul. Elles se
disent qu’elles vont puiser dans toutes leurs réserves. Elles sont prêtes à risquer que le prix du
pétrole monte à deux cents dollars le baril, quitte à provoquer une grande dépression mondiale. En
fait, une dépression mondiale est déjà inscrite dans le système lui-même. Elle finira par arriver, tôt
ou tard. La vraie question, c’est de savoir si la guerre avec l’Iran sera l’étincelle qui déclenchera tout
ça. Et ça, ce serait quelque chose d’historiquement sans précédent, à bien des égards.
Une guerre provoquant directement un krach économique mondial, on n’a encore jamais vraiment
vu ça. Bien sûr, les guerres ont toujours contribué, ou du moins souvent contribué, à des crises
économiques. Mais en être la cause principale, le cœur, la racine même du problème, c’est très
différent. Et je pense que c’est exactement ce qui se passe en ce moment. C’est un pari. C’est un
calcul. Et je crois vraiment — et c’est un sujet dont on va beaucoup parler dans les mois et les
années à venir — que l’empire américain est aujourd’hui freiné par la Russie, par l’Iran. Et
maintenant, on voit les nouvelles concernant la Chine. La Chine est aujourd’hui bien plus favorisée
dans le monde que les États-Unis. On voit aussi que la Chine réduit ses importations de pétrole, en
grande partie parce qu’elle est déjà indépendante sur le plan énergétique pour environ quatre-vingts
pour cent de sa consommation de pétrole.
Et ce pays est prêt à jouer avec les marchés du pétrole, pour lui-même, pour ses propres intérêts,
mais aussi pour ceux du reste du monde. Ses exportations explosent à l’international, ses
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exportations mondiales. Tous ces pays ont donc réussi à freiner les États-Unis. Et ce que, selon moi,
les élites américaines ont calculé, c’est qu’elles doivent s’engager dans une guerre longue. Elles en
ont commencé une avec l’Iran, et elles ne veulent pas y mettre fin, quel qu’en soit le résultat. Cette
défaite risque donc maintenant de s’aggraver encore et encore, parce que rien de ce que font les
États-Unis aujourd’hui ne va provoquer un changement de régime en Iran. Cela ne fera pas capituler
l’Iran. Au contraire, ça ne fait qu’attiser la colère de la population iranienne. En ce moment même,
les États-Unis frappent des ponts dans le sud-ouest, le long de la côte sud de l’Iran, près du détroit d’
Ormuz, et ils entrent désormais dans le domaine des frappes contre les infrastructures.
Et ça, ça ne fera qu’attiser encore plus la soif de ce que certains appellent la vengeance, mais que le
peuple iranien, lui, appelle tout simplement la justice. Donc, peu importe ce que les dirigeants
iraniens peuvent penser, ils vont devoir suivre la volonté et les intérêts de leur population. Et ça veut
dire que cette guerre ne va pas seulement continuer. L’Iran a déjà déclaré qu’il n’avait même pas
encore effleuré la surface de ce dont il est capable, dans une guerre qui, pour lui aussi, est
existentielle. Ce n’est donc plus vraiment une question de survie. C’est une question d’existence, et
de consolidation du statut que l’Iran a réussi à se construire sur la scène mondiale. Aujourd’hui,
même des universitaires, des intellectuels, des experts reconnus parlent de l’Iran comme d’une
quatrième puissance. Mais ça, c’est peut-être trompeur.
Je pense que, dans le fond, l’Iran a montré ce que ça veut dire d’exercer son pouvoir à travers sa
souveraineté. Il rejoint donc des pays comme la Russie et la Chine, qui sont capables d’en faire
autant. Et peut-être qu’il sert de modèle — peut-être un modèle vraiment dangereux — pour les
États-Unis. Parce qu’on parle d’un pays au développement intermédiaire, un pays étouffé par les
sanctions, mais qui refuse de céder, avec une population farouchement indépendante. C’est un
modèle pour d’autres pays qui se trouvent dans des situations peut-être similaires, mais pas tout à
fait identiques. Voilà, selon moi, ce qui est en train de se passer. Et je ne pense pas qu’on verra un
changement majeur dans l’issue de cette guerre.
En réalité, ce que font les États-Unis… c’est que leurs dirigeants essaient toujours de prolonger la
situation, pour pouvoir continuer à miser sur différents scénarios qu’ils ont en tête. Des scénarios qui
risquent fort de se retourner contre eux, ou un peu des deux. Ça ne s’annonce pas très bien pour les
États-Unis dans cette guerre. Mais souvent, surtout ces dernières décennies, pour l’empire
américain, ça n’a pas vraiment d’importance pour les élites qu’ils gagnent ou qu’ils perdent. Ce qui
compte pour elles, c’est que le résultat final du conflit serve leurs intérêts. Et à court terme — c’est-à-
dire dans leur esprit immédiat — l’objectif, c’est de tirer le maximum de profit, le plus longtemps
possible. Donc il y a ce but à court terme, qui consiste simplement à continuer de, euh… créer des
justifications pour, disons, de gros contrats avec le complexe militaro-industriel. Parce qu’ils en
auront besoin, maintenant qu’ils ont tellement puisé dans les stocks américains.
Et puis, bien sûr, sur le long terme… enfin, je n’appellerais pas ça une stratégie. C’est plutôt un
constat. La réalité, c’est que les États-Unis doivent prolonger les guerres pour avoir la moindre
chance d’influencer le résultat. C’est presque comme avancer à l’aveugle. On sait très bien qu’
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aujourd’hui, la Chine, la Russie, et on peut y inclure l’Iran, ne sont pas des nations qu’on peut
détruire, renverser ou contrôler. On ne peut pas leur dicter quoi que ce soit. Alors la décision, c’est
de rester en guerre avec eux aussi longtemps que possible, et d’expérimenter toutes sortes d’options
qui pourraient infliger des dégâts tout en laissant le pays dans une meilleure position. C’est ça, le
calcul. Ce n’est pas brillant, mais c’est là où on en est.
#Pascal
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juste en dessous. On se retrouve là-bas. Oui, je suis complètement d’accord avec ce genre d’
analyse, et c’est justement pour ça que je m’interroge sur l’état de l’empire lui-même. Parce que,
vous savez, ce qui m’a le plus surpris dans cette guerre, c’est la manière dont l’Iran la gère de façon
stratégique, et la façon dont il accepte d’encaisser certaines attaques qu’il pourrait pourtant arrêter,
tout en affirmant qu’il peut frapper ce qu’il veut dans sa propre zone. La seule chose que l’Iran n’a
pas faite, c’est construire, premièrement, une arme nucléaire, et deuxièmement, des missiles à
longue portée. Donc, en réalité, il ne menace pas le cœur des États-Unis, n’est-ce pas ? Il n’y a tout
simplement aucun moyen pour lui de tirer sur New York, point final.
Et il me semble que ça fait aussi partie du tableau. Ce n’est pas une tentative d’aller jusque-là. L’
objectif, c’est de menacer les bases américaines dans l’environnement immédiat. Mais ce qu’ils ont
découvert, et qui change un peu le calcul maintenant, c’est qu’ils peuvent infliger un vrai dommage
économique aux États-Unis en passant par le détroit d’Ormuz. Ce qui, soit dit en passant, est
quelque chose que les Russes