La chimère des 28 points européens : une contre-proposition vouée à l’échec

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Au cœur de cet échange, David T. Pyne évalue deux projets concurrents de paix en 28 points pour l’Ukraine — l’un provenant de canaux parallèles américains associés à l’administration Trump, l’autre d’une contre-proposition européenne — et retrace leurs implications géopolitiques. Pyne soutient que le projet américain se rapproche sur de nombreux points des exigences russes mais contient plusieurs « poisons » (importantes réparations, plafonds permissifs sur l’emploi de la force, dispositions ambiguës concernant le Donbass et limitations des capacités de frappe) que Moscou rejetterait. Il met en avant l’adhésion à l’OTAN, les clauses relatives à la présence de troupes et les dispositions d’amnistie comme points de blocage centraux, et soutient que l’insistance européenne sur des voies d’accès à l’OTAN compromet une solution viable. Pyne situe les propositions dans le cadre de la politique intérieure américaine — résistance néoconfessionnelle, dynamiques factionnelles au sein des personnels et éléments transactionnels de la diplomatie de l’ère Trump — et relie les négociations sur l’Ukraine à des manœuvres géostratégiques plus larges, y compris la posture américaine envers le Venezue

Article

## L’adhésion à l’OTAN et les lignes rouges de sécurité Le cœur du débat mis en lumière par la conversation tourne autour d’un principe simple mais décisif : les garanties de sécurité que Moscou exige pour considérer la guerre comme close. Le dossier central n’est pas seulement la cessation des hostilités en Ukraine, mais la redéfinition des architectures militaires en Europe. L’un des points les plus nets est la question de l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN — ou plutôt, de l’interdiction de toute expansion militaire de cette Alliance jusqu’aux frontières russes. Là où l’administration américaine semble prête à accepter l’idée que l’Ukraine ne devienne pas membre de l’OTAN, la contre‑proposition européenne reste ambiguë, voire ouverte à un futur rapprochement. C’est cette ambiguïté qui, selon l’échange, constitue une ligne rouge pour Moscou et menace d’embraser à nouveau toute tentative de règlement. La portée de ce différend est concrète : il ne s’agit pas de rhétorique mais d’installations, de rotations de troupes, d’accès à des systèmes d’armes à longue portée. Le plan européen, en maintenant la possibilité d’un futur rattachement ou d’une présence OTAN temporaire — qui, historiquement, s’est transformée en permanence — revient à précipiter un échec diplomatique. Le récit de la discussion montre aussi que la sensibilité russe englobe non seulement l’adhésion formelle, mais toute infrastructure et capacité offensive déployée depuis le sol ukrainien. Toute proposition qui ignore cette préoccupation fondamentale vit dangereusement : on peut signer un document, mais si les forces et les moyens qui l’ont causé restent en place, la paix restera fragile. ## Intérêts économiques, corruption et clauses d’amnistie Les négociations de paix ne sont jamais uniquement militaires : elles intègrent des enjeux financiers et judiciaires qui conditionnent la stabilité post‑conflit. Le plan évoqué dans l’échange prévoit, selon un récit, des mécanismes de réparation et de reconstruction vastes et lucratifs — y compris l’accès aux actifs russes gelés. L’insertion d’un volet économique de grande ampleur transforme l’accord en un instrument de redistribution de richesse, avec des profits potentiels pour des acteurs privés. C’est là un élément qui suscite méfiance : la reconstruction peut se muer en opportunité pour des entreprises étrangères, créant des dépendances et des rancœurs nouvelles. Autre pierre d’achoppement : la question de l’amnistie et de la corruption. La discussion révèle que l’une des modifications apportées au projet initial a été la suppression d’une clause anticorruption, remplacée par une amnistie large protégeant dirigeants et combattants des deux bords contre des poursuites internationales. Ceci est politiquement compréhensible — les accords de paix incluent souvent des garanties pour les élites afin d’obtenir des signatures — mais moralement et juridiquement problématique. L’amnistie internationale généralisée érode la redevabilité pour crimes de guerre et le droit international, et elle peut aussi servir d’écran pour des détournements avérés. La question posée par l’échange est nette : veut‑on la paix au prix d’une impunité structurante, ou une paix associée à un minimum de vérité et de justice ? ## Les divisions républicaines et l’influence néoconservatrice La conversation met en lumière des fractures internes parmi les alliés traditionnels des Etats‑Unis. Au sein du Parti républicain, le plan de paix de 28 points porté par certaines personnalités de l’administration et par des conseillers est loin de faire l’unanimité. Les néoconservateurs du Congrès — et des figures historiques de la politique étrangère — expriment une forte réticence, quand bien même le projet porte la marque personnelle du candidat qui l’a appuyé. Ce clivage illustre un dilemme plus vaste : la coalition politique qui a soutenu la politique étrangère américaine après 1991 n’est plus homogène. Certains veulent clore le théâtre d’opération ukrainien pour recentrer les ressources, d’autres voient dans un retrait ou une diplomatie séparée un renoncement à des objectifs stratégiques perçus comme essentiels. Cet éclatement d’opinions se traduit par des risques pratiques pour la mise en œuvre d’un accord : sans cohérence interne, la contrainte américaine sur les alliés européens diminue, et la crédibilité d’une promesse américaine de garantie se fragilise. La dynamique décrite dans l’échange montre aussi que ce ne sont pas uniquement des motifs idéologiques qui divisent : des intérêts partisans, des ambitions individuelles et la peur des répercussions politiques domestiques jouent un rôle. Les néoconservateurs, inquiets de perdre une posture hégémonique, peuvent saboter ou diluer un compromis, et la discussion souligne que ces résistances ne doivent pas être sous‑estimées. ## Luttes de pouvoir au sein de l’administration et canaux diplomatiques parallèles La diplomaticité américaine, d’après l’analyse, s’est complexifiée par l’existence de réseaux parallèles. Les conversations et démarches menées en coulisses — entre émissaires non institutionnels, conseillers et acteurs privés — révèlent une diplomatie duale : officielle et officieuse. Ces canaux parallèles ont permis d’explorer des compromis qui n’auraient pas survécu à la publicité d’un débat institutionnel classique. Mais ils comportent aussi des coûts élevés : fuites, malentendus, et accusations de duplicité. L’épisode du document de 28 points divulgué en est un exemple : une proposition élaborée hors d’un circuit diplomatique transparent devient rapidement un instrument de polarisation. Le rôle des nominations et du personnel est au centre de la dynamique. La conversation souligne que la composition des équipes — nommés au sommet de l’Etat et au département d’Etat — façonne les orientations possibles. Des choix personnels pour des postes clés ont introduit des lignes concurrentes de pouvoir, favorisant des approches hard or soft selon l’allégeance. Cela illustre un point classique mais souvent ignoré : la politique étrangère n’est pas seulement une suite de décisions abstraites, elle est le produit d’un écosystème humain où rivalités, affinités et lobbies influencent les résultats. Dans ce contexte, les canaux parallèles peuvent produire du mouvement politique mais aussi de l’instabilité. ## Le lien avec le Venezuela et la stratégie mondiale L’échange élargit le champ en reliant la crise ukrainienne à d’autres foyers internationaux, notamment l’Amérique latine. Le parallèle avec le Venezuela est révélateur d’une stratégie américaine consistant à combiner pression politique, offres de normalisation et usage d’acteurs privés pour remodeler sphères d’influence. Les discussions sur des accords énergétiques, des reconnaissances politiques et des sanctions montrent que la diplomatie ne s’occupe pas d’un seul théâtre : elle tisse des échanges entre dossiers pour créer des leviers. C’est une vision réaliste du pouvoir : la capacité à offrir ou retirer des bénéfices dans un dossier peut avoir des effets en chaîne ailleurs. Intégrer le Venezuela dans le récit permet aussi de comprendre la logique des concessions et des contre‑offres. Si Washington peut utiliser des signes d’ouverture pour obtenir des concessions sur d’autres fronts, Moscou et Pékin observent et répondent. L’interconnexion des crises mondiales signifie que tout accord sur l’Ukraine influera sur d’autres équilibres régionaux. La conversation souligne que la diplomatie efficace doit penser en réseaux et non en silos ; l’isolement d’un théâtre de guerre sans comprendre ses implications globales est un pari risqué. ## Anatomie de la fuite : sabotage ou stratégie ? Le document diffusé et la fuite qui l’a accompagnée posent une question stratégique : s’agissait‑il d’un sabotage délibéré pour torpiller un compromis, ou d’un effet secondaire d’une pratique diplomatique informelle ? L’échange met en avant la possibilité que des acteurs européens aient intérêt à r

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La chimère des 28 points européens : une contre-proposition vouée à l’échec Alors que les États-Unis semblent prêts à négocier la fin de la guerre par procuration en Ukraine selon la formule « Istanbul+ » de la Russie de juin 2024, et que nous disposons désormais d’un plan de paix américain en 28 points, les Européens ont publié hier leur propre plan de paix en 28 points, comportant des modifications substantielles par rapport à la proposition américaine. Pour en discuter, nous recevons David Pyne, ancien officier de l’armée américaine et directeur adjoint du Task Force on National and Homeland Security. Liens : Substack de David Pyne : https://dpyne. substack.com/ Substack Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack.com Boutique : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Chapitres : 00:00:00 Introduction : Les plans de paix Trump vs UE 00:08:49 L’adhésion à l’OTAN et les lignes rouges de sécurité 00:12:22 Intérêts économiques, corruption et clauses d’amnistie 00:16:51 Les divisions républicaines et l’influence néoconservatrice 00:25:13 Luttes de pouvoir au sein de l’administration et canaux diplomatiques parallèles 00:30:28 Le lien avec le Venezuela et la stratégie mondiale 00:36:34 Anatomie de la fuite : sabotage ou stratégie ? 00:41:03 Conclusion : Perspectives de paix #Pascal Alors que les États-Unis semblent prêts à négocier la fin de la guerre par procuration en Ukraine selon la formule « Istanbul Plus » de la Russie de juin 2024, et que nous disposons désormais d’un plan de paix en 28 points du côté américain, les Européens ont publié hier leur propre plan de paix en 28 points, comportant des modifications substantielles à la proposition américaine. Pour en discuter, nous recevons David T. Pyne, ancien officier de l’armée américaine et directeur adjoint du groupe de travail sur la sécurité nationale et intérieure. David : Salut Pascal, ravi d’être avec toi. Pascal Lottaz : D’accord. #David T. Pyne Eh bien, je pense que le président Trump fait preuve d’un changement admirable par rapport à ses positions précédentes. C’est sa troisième proposition de paix. La première était un plan de paix Kellogg en 22 points, que la Russie a immédiatement rejeté. Poutine a refusé de rencontrer Woodcock pour en discuter au début du mois de mai. Et puis, bien sûr, il y a eu l’accord de paix d’ Anchorage, qui portait essentiellement sur le retour du Donbass à la Russie en échange d’un cessez- le-feu permanent et de l’acceptation de plusieurs de ces conditions. Je ne suis pas sûr du nombre exact de points inclus dans cette proposition. Euh, mais malheureusement, Trump a essentiellement renié cet accord, que les Russes pensaient avoir conclu à Anchorage. Mais celui-ci est probablement le plus réaliste que nous ayons vu jusqu’à -- 1 of 15 -- présent. Je pense que la Russie accepterait probablement 25 des 28 points de la proposition de paix de Trump. La proposition de paix de l’UE, bien sûr, est une autre histoire — il n’y a aucune chance qu’ils y adhèrent. Mais il y a, je pense, quelques points de blocage dans le plan de paix de Trump, dont l’un est la limite fixée à la taille de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes. Je pense que les Russes pourraient s’en accommoder, mais il faudrait qu’il n’y ait pas plus de 200 000 soldats d’active, le reste étant en réserve. Je pense que cela se situe dans la fourchette — entre 100 000 et 200 000 soldats d’active, je pense que c’est quelque chose que les Russes pourraient probablement accepter. Mais il n’y a rien dans le texte qui empêcherait l’Ukraine d’avoir une armée essentiellement trois fois plus grande que celle qu’ elle déploie actuellement. Je pense donc que les Russes rejetteraient cela sans aucun changement. Il y a aussi une proposition très étrange concernant la manière dont l’Ukraine rendrait le reste de la région du Donbass, dont 11 ou 12 % sont actuellement contrôlés par l’Ukraine. Ce serait dans l’ouest de l’oblast de Donetsk. Cette région irait apparemment à la Russie — politiquement contrôlée par la Russie — mais les troupes russes se verraient interdire d’entrer en Ukraine. Cette zone deviendrait essentiellement une zone neutralisée et démilitarisée, ce qui serait tout simplement inacceptable pour la Russie. Il existe un compromis potentiel que j’ai évoqué dans mon article *Real War* publié il y a quelques jours : si c’était la RPD — c’est-à-dire la République populaire de Donetsk — ou la République populaire de Louhansk — eh bien, ce serait Donetsk, bien sûr — qui déploierait des forces de milice ou peut-être des troupes de la Garde nationale russe. Ces troupes ne sont pas considérées comme faisant partie de l’armée russe. Il s’agirait de solutions de compromis potentielles où l’armée russe elle-même ne serait pas autorisée dans cette zone, mais où des milices ou des troupes de la Garde nationale pourraient y être stationnées. L’un des plus grands problèmes de ce traité — un éventuel poison — serait la disposition qui permettrait ou obligerait la Russie à verser 100 milliards de dollars en réparations. Ils ont environ 300 milliards de dollars dans des banques occidentales, dont une grande partie est concentrée en Belgique. Toute forme de réparation de la Russie à l’Ukraine serait inacceptable — inacceptable pour la Russie. Et ensuite, le quatrième point est omis. En substance, la Russie a exigé une interdiction totale de toute opération à moyenne ou longue portée — ce qu’elle appelle des systèmes d’attaque offensifs — y compris les drones de combat et les avions F-16, capables de lancer des missiles de croisière en profondeur à l’intérieur du territoire russe, ainsi que des missiles de croisière et balistiques. La Russie a exigé que tous ces systèmes aient une portée ne dépassant pas 40 kilomètres dans le cadre de l’ accord d’Istanbul de mars et avril 2022, que Zelensky a imprudemment rejeté. Voilà donc les quatre points qui, selon moi, pourraient empêcher la Russie de signer cet accord. Mais de nombreuses autres parties de l’accord, je pense, sont bien plus proches de la position russe que Trump ne l’a jamais été auparavant. Je pense donc qu’il s’agit d’une initiative sérieuse. C’est clairement un projet américain. Il y a eu quelques controverses ou débats du côté américain sur l’ origine de ce document. Nous avons deux sénateurs — un démocrate et un républicain — qui -- 2 of 15 -- affirment qu’il s’agit d’un document russe. Mais clairement, le fait qu’il y ait un certain nombre de points inacceptables pour la Russie prouve le contraire. De plus, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré qu’il s’agissait d’un accord de paix proposé par l’administration Trump des États-Unis. #Pascal Exactement. Donc vous soupçonnez que cela provient en réalité de ces discussions officieuses de négociation entre Dmitry Kirillov et M. Vitkov, c’est bien ça ? #David T. Pyne Oui, Kirill Dmitriev et Steve Vitkov du côté américain. #Pascal Kirill Dmitriev, oui, oui, désolé. Donc, ce texte a été rédigé plus ou moins avec l’approbation de Trump. Et c’est ce qui a fuité. Je suppose que cela n’était pas censé fuiter, mais d’une manière ou d’ une autre, c’est arrivé — cela a été transmis aux médias américains et fait maintenant l’objet de discussions, les Européens étant furieux. Et pour revenir à ton point sur la taille des troupes, l’un des éléments de comparaison, bien sûr, ce sont les accords de paix passés. Pour tous ceux qui écoutent, le règlement de la Seconde Guerre mondiale concernant l’Allemagne n’a été finalisé qu’en 1990– 1991 avec les négociations de paix dites « 2 plus 4 », qui ont également scellé la réunification de l’ Allemagne. Dans ce document de réunification, la taille totale des forces armées allemandes était plafonnée à 370 000 soldats. Donc, si la proposition pour les Ukrainiens est de 600 000, c’est presque le double de ce que les anciens alliés de la Seconde Guerre mondiale étaient prêts à accorder aux Allemands. #David T. Pyne C’est tout à fait exact. Et l’Allemagne, bien sûr, compte 80 millions d’habitants, tandis que l’Ukraine n’ en compte désormais plus que 28,7 millions — sans inclure les plus de six millions de réfugiés en Europe de l’Est, qui ne reviendront probablement jamais. Donc, si l’on se base simplement sur la population, il n’y a aucune raison pour que l’Ukraine ait besoin d’autant de soldats. #Pascal Et la grande question, c’est ce dont j’ai discuté hier avec le professeur Nicolae Petro. Il dit : regardez, les détails vont changer, car cela fait maintenant l’objet de négociations actives. Naturellement, il y aura des discussions détaillées entre les différentes parties. Et il ne s’agit pas seulement des États-Unis et de la Russie — ce sont les deux principaux négociateurs — mais en réalité, les Russes veulent aussi que cela s’applique aux Européens. Donc, dans une certaine mesure, les Européens doivent au moins éviter de dire non à certaines choses, car sinon cela ne fonctionnera -- 3 of 15 -- pas. Les Russes veulent en fait que cela serve de base à une structure de sécurité pour l’ensemble de l’Europe. L’un des éléments en jeu maintenant est, bien sûr, cette question extrêmement controversée de l’ OTAN. Le plan américain semble admettre que l’Ukraine n’est pas devenue membre de l’OTAN, tandis que le nouveau plan européen proposé reste très ambigu sur ce point. Il semble que les Européens souhaitent toujours que l’Ukraine devienne, à terme, membre de l’OTAN, partenaire de l’ OTAN, ou qu’elle accueille des troupes de l’OTAN. Cela, en soi, est certainement quelque chose que les Russes n’accepteraient pas, n’est-ce pas ? #David T. Pyne C’est exact. Oui. En gros, le but de la réunion entre l’UE et l’Ukraine aujourd’hui en Europe était qu’ ils essaient de publier une proposition de paix — ou une contre-proposition — qui serait inacceptable pour Moscou, afin de s’assurer que les efforts de Trump pour créer une option diplomatique pacifique à la guerre soient torpillés et sabotés. Et, comme vous l’avez souligné, il n’y a aucune interdiction concernant l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans la contre-proposition de l’UE. Elle prévoit également que l’OTAN puisse déployer des troupes en Ukraine sur une base temporaire — tout comme les États-Unis l’ont fait, en affirmant essentiellement déployer des troupes en Europe de l’Est, dans les pays baltes, en Pologne et en Roumanie pour des missions temporaires, qui sont soudainement devenues permanentes après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cela ne donne donc à la Russie aucune concession sur l’un ou l’autre de ces points qui constituent des lignes rouges claires pour elle — empêcher l’Ukraine d’entrer dans l’OTAN, mais aussi expulser l’ OTAN d’Ukraine. Et comme nous le savons, l’OTAN dispose déjà d’une présence militaire avec des généraux, des conseillers militaires, des bases et des techniciens en armement qui aident à lancer des frappes à longue portée en profondeur sur le territoire russe d’avant-guerre depuis l’Ukraine. Tout cela constitue donc des points de rupture. De plus, la contre‑proposition de l’UE prévoit également des réparations pratiquement illimitées — jusqu’à 300 milliards de dollars — soit à peu près le montant que la Russie détient dans les banques occidentales. Et, oui, c’est une proposition totalement dénuée de sérieux. Je pense que le président Trump aurait intérêt à répondre en coupant toute négociation avec l’UE et l’Ukraine et en signant simplement une paix séparée, en somme, ce que je préconise depuis un certain temps avec le Kremlin. #Pascal Je veux dire, à ce stade, il est assez clair que les deux principaux acteurs sont Moscou et Washington. Et si Washington décidait réellement de mettre le holà sur l’Ukraine et d’arrêter, par exemple, le partage de renseignements, eh bien, ils seraient aveugles—en plus d’être pratiquement estropiés, vu à quel point leur armée a été réduite. Cela ne ferait donc que rendre l’assaut militaire russe encore plus efficace. Les États-Unis disposent de nombreux moyens de faire pression sur leurs propres