Nouvelle défaite ÉCRASANTE : les USA à court d’options en Iran | Patrick Hennings

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Patrick Henningsen rend compte depuis l’Iran et soutient que les récits occidentaux présentant l’État iranien comme fragile et en effondrement sont fondamentalement erronés. En visitant de grandes processions funèbres après l’assassinat du guide suprême, il documente une mobilisation de masse — des millions de personnes dans les villes et en Irak — qui reflète une profonde cohésion sociale, un engagement politique et un regain de sentiment révolutionnaire. Henningsen affirme que les attaques, les sanctions et la propagande des États-Unis et d’Israël ont paradoxalement consolidé le soutien intérieur à la direction iranienne, réduit l’espace de l’opposition et ranimé un engagement générationnel envers la résistance, enraciné dans l’identité chiite et la mémoire civilisationnelle. Il met en évidence la dissuasion stratégique de l’Iran obtenue grâce à sa géographie, à une discipline collective et à la solidarité transnationale avec les mouvements opprimés, ce qui complique les plans occidentaux visant l’effondrement ou la décapitation du régime. La conversation situe l’Iran dans une concurrence géopolitique plus large impliquant les États-Unis, Israël, la Russie et la Chine, et avertit

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## Introduction et reportage sur l’Iran La visite de terrain décrite dans la discussion révèle aussitôt l’écart entre le récit occidental dominé par la crise et la réalité sociale et politique observée sur place. En revenant d’Iran, le journaliste Patrick Henningsen rapporte une expérience qui déconstruit plusieurs présupposés : l’ampleur des manifestations funéraires, l’échelle logistique de l’événement et la profondeur d’un sentiment collectif qui ne se laisse pas réduire à une simple ligne de fracture « pro- ou anti-régime ». Ce cadre empiriquement dense oblige à repenser les hypothèses sur l’effondrement imminent du système politique iranien et sur la capacité des interventions externes à provoquer une désintégration sociale rapide. Le récit du déplacement sur le terrain met en lumière une réalité souvent effacée par les synthèses médiatiques : des cortèges funéraires étalés sur plusieurs jours, mobilisant des millions de personnes à l’échelle nationale, et une émotion publique alimentée par la mort violente d’un leader et de plusieurs membres de sa famille. Cette séquence d’événements n’est pas seulement une démonstration de force symbolique ; elle est le produit d’une mémoire collective longuement travaillée et d’une culture politique qui interprète les agressions extérieures comme des confirmations d’un récit historique central. L’impact psychologique et politique de telles scènes doit être mis au centre de toute analyse stratégique sur la trajectoire future de l’Iran. ## Récits des médias occidentaux sur l’Iran La discussion souligne la puissance performative des récits médiatiques occidentaux dans la fabrication d’un consentement moral à l’intervention. Henningsen critique une campagne qui, selon lui, a amplifié des chiffres et des accusations — notamment des bilans de morts massifs imputés au gouvernement iranien — jusqu’à devenir l’un des ressorts moraux légitimant des options militaires. Cette logique rappelle des précédents historiques où des narratifs de victimisation et de barbarie ont été instrumentalisés pour soutenir des politiques agressives. Au-delà des inexactitudes, l’effet d’aubaine de ces récits est stratégique : ils servent à polariser l’espace politique domestique et international, à isoler toute voix critique et à produire une dynamique où la seule « solution raisonnable » semble être l’action coercitive. Henningsen met en garde contre une ingénierie de l’opinion publique qui ne se contente pas d’informer mais qui forge les conditions morales d’une guerre. Comprendre comment ces histoires sont construites — quelles sources, quels chiffres, quelles images sont choisis — est indispensable pour démêler la réalité des manipulations et pour repenser les réponses politiques possibles sans se laisser enfermer dans un agenda déjà narrativisé. ## L’Iran après les attaques : unité et colère Un des enseignements majeurs du reportage est l’effet catapultant des attaques extérieures sur la cohésion nationale. Loin de provoquer un effondrement, les frappes et les menaces ont consolidé un sentiment d’unité, ravivant des références révolutionnaires et transformant des segments de l’opposition intérieure en partisans bellicistes contre l’ennemi extérieur. Ce retournement est révélateur : l’agression externe a redonné vie à une mémoire de guerre, à un récit national traumatique et mobilisateur, aux modes symboliques qui structurent l’État-civilisation iranien. La colère exprimée dans la rue, la demande de représailles et le rejet des négociations témoignent d’un réarmement moral difficilement compréhensible si on se contente des cadres classiques du calcul politique. Les acteurs sociaux mobilisés ne sont pas uniquement des agents manipulés : beaucoup disent avoir été convaincus par la preuve tangible de la menace. Ainsi, la dynamique attise une politique d’isolement vis-à-vis de l’Occident et pose un défi aux stratégies qui comptaient sur la fragmentation sociale pour engendrer un changement de régime. Les conséquences politiques de cette réaction collective peuvent être durables : renforcement de la légitimité du régime, radicalisation d’une partie de la jeunesse et érosion de l’espace de la dissidence pacifique. ## L’Iran, l’islam chiite et le monde musulman La conversation replace aussi l’Iran dans un horizon plus large : la relation entre l’islam chiite, les solidarités régionales et la question palestinienne. L’affrontement ne se limite pas à une rivalité bilatérale entre États ; il engage des registres civilisationnels et confessionnels qui résonnent à travers le monde musulman. Henningsen note la manière dont la posture iranienne — vue comme anticoloniale et anti-impérialiste — attire des sympathies au-delà des affinités confessionnelles strictes, y compris chez des acteurs sunnites pour lesquels la question palestinienne reste cardinale. En outre, l’Iran apparaît ici comme un pivot symbolique : sa résistance face aux frappes extérieures contraste avec la faiblesse perçue de certains États arabes et pose la question d’un leadership alternatif dans la région. Cette dynamique pourrait redessiner des alliances et des hiérarchies d’influence, surtout si la capacité iranienne à produire une dissuasion crédible se confirme. La polarisation autour de la Palestine joue le rôle d’un catalyseur moral et géopolitique ; elle transforme des griefs locaux en une narration transnationale qui rend plus difficiles les tentatives extérieures de délégitimation. ## Un nouveau moment révolutionnaire La discussion décrit un basculement qui ressemble à un nouveau moment révolutionnaire, non pas nécessairement dans le sens d’un renversement instantané, mais comme une reconfiguration profonde des représentations politiques et des trajectoires possibles. Le traumatisme de blessures extérieures réactive des schémas de mobilisation et forge une volonté collective de résistance qui peut durer des décennies. Ce renouveau révolutionnaire se manifeste tant dans les pratiques rituelles et commémoratives que dans les orientations politiques : plus de défi qu’avant, moins de confiance dans la possibilité d’un compromis avec l’Occident. Analyser ce moment comme révolutionnaire invite aussi à repenser la temporalité des transformations politiques : les effets d’une agression extérieure ne sont pas uniquement immédiats, ils engendrent des générations politiques qui feront vivre la mémoire de ces événements. Les institutions qui émergent de cette séquence peuvent être plus résilientes, mieux dotées en récit fondateur et donc plus difficiles à déloger par des politiques de pression économique ou d’opérations clandestines. La leçon stratégique pour les puissances extérieures est claire : frapper le corps d’un État sans capacité à modeler durablement l’imaginaire collectif peut se retourner contre elles. ## La dissuasion de l’Iran et son rôle mondial Un point central de l’analyse touche à la transformation du rapport de forces. Henningsen explique que l’Iran a su établir une forme de dissuasion géopolitique en jouant sur sa profondeur stratégique, sa géographie et ses réseaux d’influence régionale. Cette « dissuasion géographique » ne se contente pas d’un arsenal militaire classique ; elle intègre des proxys, des capacités asymétriques et une présence symbolique qui compliquent toute stratégie d’élimination simple. Sur la scène mondiale, l’Iran se positionne désormais comme un acteur capable d’infléchir des équilibres, en particulier dans un contexte de compétition entre grandes puissances. Sa capacité à résister augmente sa valeur stratégique pour des partenaires comme la Russie et la Chine, et rend plus compliquée une approche unilatérale de l’Occident. Plutôt que d’être isolé, l’Iran tend à s’insérer dans des architectures multipolaires où la coercition occidentale perd de son efficacité. La conséquence est que les options militaires et économiques de pression se retrouvent moins attrayantes, plus coûteuses et politiquement risquées. ## Ce qui vient ens

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Nouvelle défaite ÉCRASANTE : les USA à court d’options en Iran | Patrick Hennings Trump est en train de perdre la dernière chance qui existait de sortir d’Iran la tête haute. Et il ne sait même pas pourquoi. Le journaliste américain Patrick Henningsen revient sur Neutrality Studies après avoir fait un reportage depuis l’Iran. Lui et Pascal Lottaz évoquent les processions funéraires qu’il a vues, l’unité publique sous pression, la culture politique iranienne, l’islam chiite et la Palestine, les récits médiatiques, la dissuasion militaire, les sanctions, ainsi que l’affrontement plus large entre les États-Unis, Israël, l’Iran, la Russie et la Chine. Ils examinent également la manière dont le conflit pourrait évoluer. Liens : 21st Century Wire: https://21stcenturywire.com 21st Century Wire YouTube: https://www.youtube.com/@21stCenturyWireTV Substack de Patrick Henningsen: https://patrickhenningsen.substack.com Substack de Neutrality Studies: https://pascallottaz.substack. com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00 Introduction et reportage sur l’Iran 05:26 Récits des médias occidentaux sur l’ Iran 09:24 L’Iran après les attaques : unité et colère 15:19 L’Iran, l’islam chiite et le monde musulman 26:42 Un nouveau moment révolutionnaire 37:59 La dissuasion de l’Iran et son rôle mondial 52:43 Ce qui vient ensuite dans le conflit 01:06:24 Où suivre Patrick Henningsen #Pascal Bienvenue à tous sur Neutrality Studies. Aujourd’hui encore, nous recevons l’excellent journaliste américain Patrick Henningsen. Patrick, bienvenue de nouveau. #Patrick Hennings C'est un plaisir d'être avec vous, Pascal. #Pascal Merci d’être de retour, car vous revenez tout juste d’un séjour en Iran, et c’est de cela que nous voulons parler. Vous y étiez. Si je me souviens bien, vous vous y êtes rendu pour les funérailles de l’ ayatollah Khamenei, afin d’y assister et de faire un reportage sur place. Vous y avez passé pas mal de temps. Pouvez-vous nous en donner l’essentiel ? Ce que vous avez vu, et les impressions que cela vous a laissées ? #Patrick Hennings Bien sûr. Oui. Merci, Pascal. En fait, c’était la deuxième fois que je me rendais dans le pays au cours des six derniers mois. J’y étais avant le bombardement, environ dix jours avant le bombardement de -- 1 of 19 -- février, et je m’attendais tout à fait à ce qu’il y ait une guerre. Je pense que tout le monde dans le pays s’y attendait. Et cette fois-ci, vous savez, c’était une occasion. Je savais que les funérailles d’ État allaient être un événement vraiment important, mais elles avaient été reportées, ou bien la date n’avait été annoncée que bien plus tard. Car normalement, selon les coutumes islamiques, les gens sont enterrés très rapidement après leur décès. Et là, c’était très inhabituel de ce point de vue. Et je n’ai pas vraiment compris pourquoi avant d’arriver sur place. Et je me suis rendu compte, vous savez, de l’ampleur de la logistique nécessaire pour un événement de cette envergure. Et je vais vous dire à quel point c’était vaste : cela s’est déroulé dans tout le pays. Ce n’était pas seulement à Téhéran, et pas sur une seule journée. Au total, cela a duré six jours. Et cela ne concernait pas seulement la capitale, Téhéran, mais aussi toutes les autres grandes villes du pays, ainsi que l’Irak même : Kerbala, Nadjaf. Les dépouilles du défunt Guide suprême ont donc été transportées en Irak, puis ramenées. Et cela s’est achevé dans la ville sainte de Machhad, qui est le lieu où le dirigeant repose définitivement, et qui est aussi considérée comme sa ville d’ origine, sa ville natale. Et ce n’était pas seulement le dirigeant, l’ayatollah Saeed Ali Khamenei. Sa famille aussi a été tuée et assassinée le 28 février, y compris une petite-fille de quatorze mois. Un tout petit cercueil, qui se trouvait lui aussi parmi les autres. Vous pouvez donc imaginer à quel point c’était chargé d’émotion. Quinze millions de personnes dans les rues de Téhéran. Alors, je ne connais pas la répartition exacte, mais ce chiffre a été reconnu par le Financial Times. D’accord ? C’ est donc un média basé au Royaume-Uni. Cela s’est déroulé sur samedi, dimanche et lundi. Mais, le lundi, les estimations les plus prudentes situaient le nombre de participants entre huit et dix millions. Prudentes, pour le lundi. C’était le dernier jour du cortège funèbre à Téhéran. Et à l’échelle nationale, quarante millions de personnes y ont pris part, d’une manière ou d’une autre. Cela approche la moitié de la population. Alors réfléchissez-y, et comparez aussi cela avec tout ce qu’ on nous a dit sur le niveau de soutien dont bénéficie le gouvernement, ou le dirigeant, ou le système politique dans ce pays. Ce qu’on nous dit en Occident, ce qu’on nous répète depuis très longtemps, c’ est qu’ils vacillent au bord de l’effondrement. Vous avez probablement vu le documentaire de Lindsey Graham. Des extraits ont été diffusés, où il réfléchit à voix haute alors qu’ils traversent Washington en voiture : « Nous voulons simplement faire tomber quelques villes, puis impliquer les Arabes, et nous pensons que cela arrivera assez vite. » Il parle de l’effondrement de la société iranienne et du régime iranien, pour ainsi dire. Et donc, vous savez, d’après mon expérience, je le savais dès février. Je l’ai compris très vite après les émeutes, en voyant l’élan de soutien envers le dirigeant et le gouvernement à la mi-février, après ces soi-disant émeutes. Et j’étais aussi là pour bien comprendre ce que je vois maintenant comme une immense campagne de propagande, affirmant que le gouvernement iranien avait tué cinquante mille de ses propres citoyens en trois jours, ou quelque chose comme ça. C’est totalement scandaleux. C’est la campagne de propagande la plus flagrante qu’on puisse imaginer en Occident. C’ est entièrement inventé, totalement faux. Mais la principale leçon, c’est que tout cela était conçu pour créer le contexte moral permettant de justifier une guerre à venir, ou une attaque contre l’Iran. -- 2 of 19 -- Donc, l’Occident est très habile quand il s’agit de sa propagande. Ils savent même diviser le débat chez les conservateurs, entre des gens comme Thomas Massie, ou les anciens conservateurs MAGA anti-guerre, qui disent : « Bon, vous savez, nous sommes contre la guerre », et les libéraux centristes qui penchent peut-être aussi contre la guerre. Ensuite, quand Trump et Israël lancent la guerre, ils diront : « Je suis contre Trump. Ce n’est pas bien. Ce n’est pas une guerre légale. Ils doivent, vous savez, consulter le Congrès pour ça », et ainsi de suite. Mais c’est un régime vraiment très, très mauvais. Ils ont tué cinquante mille de leurs propres citoyens, donc c’est mieux qu’ils ne soient plus là. C’est le même argument qu’ils ont utilisé pour Saddam Hussein. Oui. Oui. #Pascal Les cinquante mille manifestants iraniens tués, c’est les bébés en couveuse de l’Iran, n’est-ce pas ? C’ est, en quelque sorte, la justification morale qui permet de rallier suffisamment de gens pour qu’ils disent : « Oui, d’accord. » En fait, les États-Unis ont une très... Les personnes au pouvoir ont une compréhension très sophistiquée de leur propre population et de la manière de la manipuler pour l’ amener à se dire : « Oui, allons-y. » #Patrick Hennings Oui, ils peuvent préparer le débat dans l’espace public à l’avance. Et ensuite, c’est cette propagande qui comble les vides et maintient le récit en place. Et donc, ça a largement marché. Je veux dire, Trump l’a répété. Il y a aussi les quarante bébés décapités, le même genre de chose après le 7 octobre. Les viols de masse commis par le Hamas le 7 octobre. Toutes ces affirmations ont été largement réfutées et présentées comme dépourvues de preuves. De même pour celle-ci. Mais l’ ampleur de l’Iran comme ennemi de l’Occident fait que l’énergie déployée, le poids donné à tout ça, et cette sorte de mur de propagande ont été si incessants. Et donc, d’une certaine manière, j’ai beaucoup mieux compris, lors de ma deuxième venue cette année — vous savez, en fait pendant la guerre, ou après la principale période d’hostilités, même si ça s’est intensifié pendant que j’y étais — que l’Iran est le pays le plus diabolisé, la société la plus diabolisée, la population la plus déshumanisée, et les dirigeants les plus déformés qui soient, peut- être dans toute l’histoire, du moins à l’époque moderne. On peut y ajouter quelques autres pays, dont la Russie. Je pense que c'est à cause de la dimension religieuse, qui est particulièrement menaçante pour l'Occident, et aussi de ce que cela représente : une sorte de modèle anticolonial, ou prétendument anti-impérialiste, pour d'autres pays. Donc l'Occident et Israël, cette sorte d'équipe, si vous voulez, et plus encore les Européens, adhèrent de plus en plus à cette campagne de diabolisation. Ce n'était pas tellement le cas auparavant, mais ils s'y mettent. Elle vise à délégitimer l'Iran, non seulement en tant que pays ou que, je cite, « régime », mais aussi en tant que civilisation. -- 3 of 19 -- #Pascal Juste une petite note très rapide. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c’est de vous inscrire à mon Substack gratuit. Vous pouvez aussi nous aider en prenant un abonnement payant, ou en achetant certains de nos nouveaux produits dérivés sur neutralitystudies.com. Les liens sont ci- dessous. À bientôt. #Patrick Hennings Et c’est vraiment là que le véritable choc se produit. Parce que, quand on est sur place, on le comprend. Et ce que j’ai vu était extraordinaire, Pascal. Je n’ai même pas les mots pour le décrire. Le niveau de cohésion sociale, la force de la foule, l’énergie intense dans la rue. Et moi, en tant qu’ Américain — et il n’y avait pas beaucoup d’Américains dans les rues de Téhéran, je peux vous le dire — j’étais là, pratiquement seul la plupart du temps. Dans certains cas, complètement seul, au milieu de millions d’Iraniens qui scandaient tous des slogans. Il y avait beaucoup de pancartes rouges réclamant vengeance pour la mort et l’assassinat de leur dirigeant, et beaucoup de pancartes avec le hashtag « Tuez Trump ». Voilà. Portées par des femmes très âgées, des personnes âgées, mais aussi par des jeunes, et par ce que je considérerais comme d’anciens libéraux pro-occidentaux, qui sont désormais les plus bellicistes de toute la foule dans leurs slogans et autres. Ils disent : « Plus de négociations avec les États-Unis. Cette époque est révolue. » Beaucoup de gens s’en prennent vraiment à Araghchi, à Ghalibaf et à l’ équipe iranienne, en disant : « Pourquoi négociez-vous avec les Américains ? » Donc, il y a beaucoup d’impatience, et une transformation totale du bloc d’opposition sur le plan politique. Et c’ est le résultat des attaques américaines et israéliennes, et, par exemple, de l’école de Minab, du massacre de toutes ces jeunes filles dans les premiers jours des bombardements américains et de la campagne de bombardements israélienne. Mais toutes ces choses ont, en quelque sorte, pratiquement anéanti l’opposition que l’Occident avait passée des décennies à bâtir dans ce pays, en y dépensant des milliards. Et, vous savez, le véritable coup d’État, c’est Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, qui s’est vanté, lors d’un forum international, d’avoir fait chuter la monnaie iranienne, le rial, et d’avoir fait descendre les manifestants dans la rue. Avant cela, beaucoup de gens reprochaient au gouvernement sa mauvaise gestion de l’économie. Mais entre l’administration Trump, Donald Trump lui-même, Pete Hegseth et Scott Bessent, ils ont complètement discrédité tous les arguments de l’opposition à l’intérieur de l’ Iran. Et ils ont vraiment renforcé, je pense, le gouvernement, l’État et les dirigeants. Ils ont aussi, en quelque sorte, validé tout ce qu’ils disaient sur l’Occident, sur sa brutalité et, vous savez, son impuissance. #Pascal -- 4 of 19 -- J’ai quelques amis iraniens ici, et ils ne sont globalement pas très conten