La vraie raison pour laquelle l’Occident déteste la Russie

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Joti Brar soutient que l’hostilité occidentale contemporaine envers la Russie et la poussée vers des conflits avec l’Iran reflètent l’impératif structurel du capitalisme impérialiste visant à garantir des super-profits par la domination et le pillage. S’appuyant sur la théorie marxiste-léniniste, elle soutient que le capitalisme monopoliste et l’accumulation du capital occidental exigent de nouveaux terrains d’extraction lorsque la surproduction et l’immiseration érodent les marchés intérieurs. La réaffirmation de la souveraineté par la Russie après l’effondrement soviétique menace cet ordre extractif, ce qui déclenche, selon elle, une campagne occidentale coordonnée — politique, économique et propagandiste — visant à le fragmenter et le soumettre. Brar met l’accent sur la centralité de la propagande dans la fabrication du consentement aux guerres, le silence imposé aux voix anti-impérialistes dans les médias et le monde universitaire occidentaux, et la reformulation de l’agression en « défense ». Elle rejette également les explications vagues de type « globaliste », appelant plutôt à une analyse de classe précise de l’impérialisme pour révéler la concurrence intra-élite, les dynam

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## Introduction : un affrontement pour la souveraineté et le pillage La conversation récente avec Joti Brar replace au cœur des grandes tensions géopolitiques contemporaines une clé d’analyse simple et souvent évitée : l’hostilité de l’Occident envers la Russie (et, plus largement, envers toute puissance qui remet en cause l’ordre impérial) n’est pas d’abord culturelle ou idéologique, mais économique et stratégique. Ce n’est pas seulement une querelle de récits ou d’intérêts moraux ; il s’agit d’un refus de voir s’édifier une sphère de souveraineté capable d’entraver la logique du pillage qui a soutenu la stabilisation du capitalisme occidental depuis la fin du XXe siècle. En d’autres termes, ce que l’Occident tient pour intolérable n’est pas tant la puissance russe elle‑même que la remise en cause de l’ordre mondial par lequel les puissances centrales extraient profits, ressources et influence. ## Le pillage comme mécanisme de stabilisation du capitalisme L’idée centrale développée durant l’échange est que le capitalisme, lorsqu’il entre en crise, ne se contente pas d’ajuster ses mécanismes internes : il cherche des débouchés extérieurs, des occasions de réaccumulation par la prédation. L’effondrement de l’Union soviétique a donné lieu, au début des années 1990, à une vaste campagne d’appropriation des ressources, d’ouverture des marchés et de privatisations profitables pour les élites occidentales et pour des élites locales dociles. Cette période d’« orgie de pillage » a agi comme un stabilisateur provisoire du système mondial : en détournant la pression de la surproduction et de la concentration du capital vers des gains rapides à l’étranger, elle a permis une respiration économique. Ce modèle dépend fondamentalement de sphères de non‑souveraineté — États ou régions transformés en réservoirs de matières premières, marchés captifs, main‑d’œuvre précarisée. Quand un État comme la Russie, par ses choix politiques et économiques, recouvre une capacité de décision autonome et défend ses intérêts stratégiques, il prive ce mécanisme d’une de ses sources d’extraction. La réaction occidentale, selon la thèse discutée, n’est pas uniquement motivée par la défense de principes abstraits : elle vise à empêcher que d’autres États ne deviennent des contre‑modèles de souveraineté et de gestion nationale des ressources. ## Propagande, fabrication du consentement et régime des vérités acceptables L’échange met en lumière l’articulation entre cette logique géoéconomique et la fabrication idéologique qui la rend acceptable chez les populations occidentales. La propagande moderne ne se contente pas d’informer ; elle trace les limites du pensable. Ce que l’on considère comme « dissidence légitime » tombe, en pratique, dans l’éventail des opinions tolérées tant que celles‑ci restent des variantes de l’impérialisme. Toute critique radicale de l’ordre mondial, toute remise en cause de l’interventionnisme ou du pillage extérieur est rapidement marginalisée, présentée comme extrême ou conspiratrice. L’instrumentalisation des médias pour créer des narratifs d’urgence — « il faut faire quelque chose » — fonctionne comme un catalyseur : elle transforme la perplexité en acceptation, les doutes en complicité passive. L’échange évoque des exemples historiques (Irak, Libye) où des campagnes médiatiques massives ont dressé des ennemis caricaturés, en neutralisant le débat public. Le résultat n’est pas seulement de tromper ; c’est d’aménager un paysage cognitif où les options politiques sérieuses disparaissent. La liberté d’expression proclamée devient une liberté strictement encadrée — large en apparence, étroite en substance. ## L’argument nucléaire et la légitimation des interventions Un point analytique important qui émerge est la manière dont la question nucléaire est instrumentalisée. Dans la rhétorique occidentale, la possession ou la course à l’arme nucléaire sert souvent d’alibi moral pour des interventions. Pourtant, la perception chrétienne de la « menace nucléaire » est biaisée par l’asymétrie réelle : ce sont essentiellement les puissances impérialistes qui détiennent et menacent l’usage de l’arme atomique au quotidien. L’existence même d’un arsenal nucléaire occidental crée un mouvement mimétique chez d’autres États qui cherchent à se protéger contre la perspective d’un chantage. La conversation rappelle des aveux politiques et des stratégies historiques : l’attaque de pays non nucléaires est parfois justifiée précisément parce que ceux‑ci n’ont pas les moyens de dissuasion. Ainsi, la prohibition de l’agression, énoncée au lendemain des catastrophes du XXe siècle et consacrée par des principes juridiques internationaux, est contournée lorsque la violence offensive peut être dissimulée derrière le discours de « responsabilité » ou de « sécurité ». La conséquence est paradoxale : le discours universel sur la prévention de la prolifération est mobilisé de manière sélective pour préserver un ordre où certaines puissances gardent le droit de menacer, voire d’intervenir. ## Russie, décolonisation et l’intolérance occidentale à la souveraineté L’une des formulations les plus frappantes de la discussion est l’accusation portée à l’Occident de vouloir « décoloniser » la Russie — un terme volontairement choquant, qui révèle une inversion perverse des logiques coloniales. Plutôt que d’admettre que la souveraineté russe bouscule des arrangements économiques et stratégiques avantageant l’Occident, certains discours dominants posent la Russie comme une entité à « civiliser » ou à soumettre. Cette rhétorique masque une peur réelle : que des modèles alternatifs de développement et d’autonomie se diffusent et offrent une alternative concrète à la dépendance. L’analyse développée montre aussi que le ressentiment occidental n’est pas homogène ; il se nourrit de structures politiques et sociales internes. Dans les sociétés occidentales, les élites universitaires, les professionnels et les milieux médiatiques peuvent se constituer en chambres d’écho qui valident la stratégie extérieure du pouvoir. Paradoxe : ceux qui se croient le plus immunisés contre la manipulation peuvent être les plus exposés à la pensée de groupe ; les classes populaires, moins intégrées à ces circuits, peuvent parfois se montrer plus réceptives aux explications anti‑impérialistes parce qu’elles ressentent concrètement les conséquences du pillage (appauvrissement, démantèlement des services publics, guerres au service d’intérêts économiques). ## L’impérialisme comme grille de lecture nécessaire Pourquoi recourir au concept d’impérialisme pour interpréter ces dynamiques ? La conversation insiste sur la puissance explicative du marxisme en tant qu’outil analytique : loin d’être une doctrine dogmatique, c’est une méthode pour lire les rapports de classe, l’accumulation du capital et les logiques d’expansion. L’impérialisme n’est pas un simple nationalisme agressif, mais une phase du capitalisme où quelques États dominants cherchent à exporter du capital, à capter ressources et marchés, et à organiser la planète pour maintenir la rentabilité. Sous cet angle, les guerres, les sanctions, les coups diplomatiques apparaissent moins comme des réactions morales que comme des instruments de gestion du système : discipliner les États qui sortent du rang, empêcher la diffusion de relations économiques alternatives, et préserver des zones d’exploitation. Ce cadre permet aussi de relier des événements apparemment distincts — l’Ukraine, la Palestine, la montée des tensions avec l’Iran — comme des manifestations d’une même logique de préservation impériale. ## Alternatives et perspective : refaire la politique internationale La conclusion de l’échange ouvre sur une interrogation normative : si l’ordre international actuel repose sur l’extraction et la domination, quelles alternatives sont possibles ? Pour ceux qui adoptent le diagnostic proposé, la réponse passe par une recomposition des solidarités internationale

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La vraie raison pour laquelle l’Occident déteste la Russie Aujourd’hui, je m’entretiens avec Joti Brar, l’une des dirigeantes du Parti communiste de Grande- Bretagne, rédactrice en chef de la publication du parti et porte-parole de la Plateforme mondiale anti- impérialiste. Nous souhaitons discuter de son analyse du rôle que joue le Royaume-Uni dans la guerre russo-ukrainienne, le génocide à Gaza et la nouvelle guerre en cours avec l’Iran. Liens : Page d’accueil du Parti communiste : https://thecommunists.org/ Plateforme mondiale anti-impérialiste : http://wap21.org/ Telegram de Joti Brar : t.me/JotiBrar Telegram du Parti communiste : http://t.me /TheCommunists Livres : Petits pamphlets de Joti Brar : https://thecommunists.org/2018/11/22/news /theory/book-the-drive-to-war-against-russia-and-china/ Politiques identitaires ou luttes de classes : https://thecommunists.org/2024/03/20/news/theory/book-identity-politics-class-joti-brar/ L’ ascension et la chute du projet Corbyn : https://thecommunists.org/2020/08/15/news/book-rise-and- fall-of-project-corbyn/ Librairie physique : http://shop.thecommunists.org/ Proletarian TV : http://youtube.com/@ProlTV #F1 Si vous vous contentez d’échanger avec d’autres pays, ce n’est pas le profit maximal. Le profit maximal vient du pillage, et c’est ce dont ils ont besoin pour rééquilibrer leur système. Ils ont besoin d’une orgie de pillage, comme celle qu’ils ont eue lors de la chute de l’Union soviétique en 1991. À cette époque, le système capitaliste mondial était également en profonde crise, et ils ont réussi à se restabiliser temporairement grâce à une orgie de pillage des ressources de l’Union soviétique et des républiques socialistes d’Europe de l’Est. Aujourd’hui, l’Europe de l’Est est devenue en quelque sorte colonisée. Mais la Russie a eu la force et la capacité d’arrêter ce processus, de le renverser et de redevenir un pays souverain. Et cela est une abomination pour l’Occident. C’est pourquoi ils sont tous vent debout et qu’ils s’unissent pour détruire la Russie. Ils ont même parlé ouvertement de « décoloniser » la Russie. C’est un terme tellement répugnant à utiliser, venant des impérialistes contre un pays qui essaie simplement d’être souverain. #M2 Bonjour à tous. Ici Pascal Lottaz de Neutrality Studies. Aujourd'hui, je m'entretiens avec Joti Brar, l'une des dirigeantes du Parti communiste de Grande-Bretagne, rédactrice des publications du parti et porte-parole de la Plateforme mondiale anti-impérialiste. Aujourd'hui, nous souhaitons discuter de son analyse du rôle que joue le Royaume-Uni dans la guerre russo-ukrainienne, le génocide à Gaza et la nouvelle guerre en cours avec l'Iran. Joti, bienvenue. -- 1 of 18 -- #F1 Merci beaucoup, Pascal, de m'avoir invité. #M2 Non, merci à vous d'avoir accepté cette invitation. Je suis vraiment impatient d'entendre le point de vue des communistes britanniques sur ce qui se passe exactement. Et peut-être pourrions-nous commencer par la question la plus récente : cette horrible narration en Occident selon laquelle il nous faudrait absolument une guerre avec l'Iran ? On la présente comme la chose la plus importante du moment. Pouvez-vous en parler ? #F1 Oui, absolument. C’est en réalité horrible pour ceux d’entre nous qui prêtent attention à la réalité, plutôt qu’aux récits, de voir cela se dérouler à nouveau de manière aussi atroce et d’une façon qui viole tous les principes d’humanité, de justice et de droit international. Mais fondamentalement, nous assistons à une sorte de rediffusion, n’est-ce pas, de la montée vers la guerre en Irak, ou des premiers jours de la guerre contre l’Irak en 2003. Bien sûr, il y a eu plusieurs guerres contre l’Irak, tout comme il y a eu plusieurs guerres contre l’Iran. Mais cette offensive de propagande vise à préparer la population ici à l’idée que, comme vous l’avez dit, il faut absolument faire quelque chose. Il faut faire quelque chose. Rappelez-vous, nous avons eu exactement le même slogan : « Il faut faire quelque chose », repris par tous les médias et tous les politiciens à travers l’Occident avant l’ invasion de l’Irak en 2003. « Il faut faire quelque chose. C’est urgent. Il faut agir maintenant. » Parce que—qu’est-ce qu’on nous disait à l’époque ? « Ils sont à quelques jours, à quelques jours de fabriquer une sorte de bombe chimique horrible », ce qui, bien sûr, s’ils la fabriquent, ils la lanceront immédiatement sur la population locale, sur tout le monde autour d’eux. Ce sont en quelque sorte des super-méchants à la James Bond qui prévoient de faire exploser la planète si on ne les arrête pas. C'est en réalité un récit absurde, si l'on s'y connaît un tant soit peu, mais on nous nourrit d'un tel régime de récits hollywoodiens ridicules que, lorsque tout le monde les répète de toutes parts, on finit par croire que cela doit être vrai. Il doit bien y avoir quelque chose là-dedans si tout le monde le dit. Comment dit-on déjà ? Il n’y a pas de fumée sans feu. Si tout le monde pense cela, c’est qu’il doit y avoir un problème. Et cette unanimité de la part des politiciens et des médias fait partie de l’ arsenal de l’Occident en temps de guerre, et d’une arme contre sa propre population—une arme dans l’offensive de propagande. Juste avant que nous commencions cet enregistrement, Pascal, nous parlions, n’est-ce pas, de l’ importance de la propagande et des opérations psychologiques dans une guerre impérialiste, et de la manière dont, à travers cette propagande, ils embrouillent et manipulent leur propre population pour -- 2 of 18 -- qu’elle soutienne, sinon pleinement la guerre, du moins qu’elle soit suffisamment confuse pour ne pas s’y opposer de manière significative—principalement pour qu’elle reste confuse, passive, silencieuse, et qu’elle les laisse poursuivre leur agenda et utiliser ainsi les ressources du pays, ainsi que sa population. D’un autre côté, leur opération psychologique vise à submerger et terrifier la population ciblée, à lui faire sentir qu’elle a déjà perdu, qu’elle ne peut absolument pas se défendre, et que son propre gouvernement, qui essaie de la protéger, est en réalité son ennemi. Le pouvoir de l’Occident est tout-puissant et ne peut être résisté. Et si vous essayez de résister, vous allez en souffrir. Il vaut donc mieux céder rapidement maintenant. C’est donc une bête à deux têtes. Et ce que nous voyons, c’est une énorme quantité de désinformation. Des personnes comme vous et moi, qui essayons de suivre l’actualité en ce moment, constatent qu’il est très, très difficile d’obtenir des informations concrètes. Il y a tellement de guerre psychologique, en particulier de la part de l’ Occident, visant à démoraliser et à embrouiller ceux qui cherchent la vérité, qu’il est très difficile de démêler ce qui se passe réellement. Mais une chose que nous pouvons faire, c’est prendre du recul et examiner l’ensemble du cadre et les principaux piliers du récit qu’on nous présente. Et si l’on regarde la situation du début à la fin, tout repose sur des mensonges. Le mensonge, c’est de dire que l’Iran possédant des armes nucléaires représenterait une menace pour le monde. L’Iran ne possède pas d’arme nucléaire, il répète sans cesse qu’il n’en veut pas, et il subit en permanence des inspections pour vérifier qu’il n’en a pas. Mais prenons encore un peu de recul. Et s’il en obtenait une ? Est-ce vraiment une menace pour le monde ? Qui menace le monde avec des armes nucléaires en permanence ? Ce sont les impérialistes. C’est le fait que les impérialistes possèdent des armes nucléaires qui pousse d’autres pays à penser qu’ils feraient mieux d’en acquérir aussi, afin d’ empêcher l’Occident d’utiliser ce chantage nucléaire. Vous vous souvenez, après—je crois que c’était après la Libye, je ne suis pas très bon pour retenir les noms exacts—c’était peut-être Hillary Clinton qui a en gros admis publiquement : nous avons attaqué l’Irak parce qu’il n’avait pas d’armes nucléaires, nous avons attaqué la Libye parce qu’elle n’ en avait pas, et nous n’avons pas attaqué la RPDC parce qu’elle en avait. La RPDC n’a pas lancé d’ attaque nucléaire contre le monde ; elle n’essaie pas de le faire. La RPDC, la Corée du Nord, essaie de s’assurer qu’elle ne sera pas attaquée avec des armes nucléaires. Nous savons, grâce à toutes les informations qu’ils ont publiées depuis des décennies, qu’il y a eu plusieurs moments où les États- Unis estimaient que leur domination nucléaire était suffisamment forte pour qu’ils puissent essayer d’ utiliser des armes nucléaires après les avoir utilisées au Japon. Elle voulait les utiliser contre l'Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle voulait les utiliser contre la Corée pendant la guerre de Corée. Puis elle a dû reculer parce que les masses populaires du monde entier se seraient vraiment révoltées dans une telle situation. Ils n'ont pas pu construire un récit qui aurait pu le justifier auprès d'assez de gens. Donc, vous voyez, la menace vient de l'Occident, et la nécessité de créer ce récit vient de l'Occident. En particulier, nous vivons -- 3 of 18 -- dans un climat d'après-guerre où, en raison de l'influence du camp socialiste sur l'établissement de règles internationales acceptées, les tribunaux de Nuremberg ont établi un ensemble de principes qui ont été acceptés par la planète entière comme cadre du véritable droit international. Et l’un des points était que le crime le plus grave contre l’humanité est de lancer une guerre d’ agression — une agression injustifiée — contre un pays qui ne vous menace pas. C’est exactement ce que vient de faire Israël. Et il faut être très clair : Israël n’a pas agi seul. Israël n’agit jamais seul ni pour lui-même. Israël est un instrument de l’Occident au Moyen-Orient. En réalité, ce sont donc les États-Unis, la Grande-Bretagne, le camp impérialiste, qui ont lancé cette guerre d’agression. Ils sont obligés de la présenter comme une défense pour essayer de la vendre à l’opinion publique, car tout le monde sait qu’une guerre d’agression contre quelqu’un qui ne vous menace pas est un crime grave. Et malgré toute la désinformation que nous recevons, il est en réalité très clair pour quiconque y prête attention que c’est exactement ce qui se passe ici. #M2 Comment parviennent-ils toujours à tout retourner, à inverser complètement la situation, dès que cela les arrange ? Parce que depuis trois ans, le camp occidental crie haut et fort qu’il s’agit d’une guerre d’agression non provoquée que la Russie a lancée contre l’Ukraine, et que nous ne pouvons pas tolérer cela. Nous devons défendre l’ordre international fondé sur des règles—exactement ce que vous venez de dire. Et maintenant, ils inversent tout. Ils retournent complètement la situation et disent... Parce qu’eux-mêmes, je veux dire, ils reconnaissent que c’est un problème. Le chancelier allemand, l’autre jour au Canada lors du sommet du G7, a dit : « Eh bien, regardez, nous devons remercier Israël de faire le sale boulot à notre place. » Même si c'est un peu flou, c'est le sale boulot. C'est nécessaire. C'est pour le bien, parce que le régime des Mollahs est le mal absolu. Donc c'est bien que quelqu'un ait le courage de faire ça. Et ils le font. Et bien sûr, les chaînes de télévision et tout ça, ce sont ces porte-voix du pouvoir, non ? Ils suivent le mouvement. Mais en fait, ça prend, non ? Et certaines personnes adhèrent à cela. Comment expliques-tu que cela soit possible dans une population informée, ou une population qui se croit informée ? #F1 Eh bien, je pense que tu viens de mettre le doigt dessus, Pascal. Ils pensent être informés, mais en réalité, ils sont simplement soumis à une propagande très, très intense. Et la propagande prend de nombreuses formes. Mais la véritable dissidence n’est en fait pas autorisée en Occident. L’Occident, qui se présente—depuis la Seconde Guerre mondiale—comme le bastion de la liberté, de la liberté d’ expression et de toutes ces valeurs, nous dit que nous avons ces droits. Mais si tu es