L’Occident a saboté sa propre diplomatie

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Au cœur de l’échange se trouve un diagnostic : la diplomatie occidentale a été vidée de sa substance par la sécurisation et l’ascension des réseaux militaro‑informatiques. José Zorrilla, Jean‑Daniel Ruch et Sandor Kusai soutiennent que les choix d’après‑Guerre froide — l’élargissement de l’OTAN, l’échec d’une intégration de la Russie dans les années 1990 et l’influence croissante des industries de défense et des services de renseignement — ont délogé l’art diplomatique professionnel. Ils affirment que les diplomates manquent désormais de mémoire institutionnelle et d’influence sur l’élaboration des politiques, tandis que les dirigeants politiques privilégient des effets d’image à court terme et des réponses militarisées. Le panel relie ce déclin à des changements géopolitiques plus larges : le poids technologique et économique croissant de la Chine, les réalignements eurasiens illustrés lors de récents forums à Shanghai, et le rétrécissement des voies diplomatiques viables vers un règlement négocié en Ukraine. Les intervenants appellent à une relance du contrôle des armements, des mesures de confiance et d’un apprentissage institutionnel fondé sur les archives, en avertissant que s

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## L'agonie professionnelle de la diplomatie occidentale Ce qui émerge de la discussion, de manière récurrente et insistante, c’est l’idée que l’Occident a lentement mais sûrement affaibli la diplomatie en tant que profession. Ce n’est pas seulement un constat nostalgique sur des pratiques perdues ; c’est une analyse politique : les instruments, les métiers et les cultures qui permettaient autrefois de gérer pacifiquement les tensions internationales ont été marginalisés. La conversation montre que cette marginalisation n’est ni accidentelle ni purement conjoncturelle. Elle répond à une logique plus vaste de « sécurisation » des affaires étrangères, où la voix des ministères des affaires étrangères a été noyée par des acteurs plus bruyants — services de renseignement, ministères de la Défense, industries stratégiques et think tanks qui fabriquent et diffusent les récits dominants. Avant, la diplomatie s’incarnait dans des carrières longues, discrètes et techniques. On y formait des négociateurs qui comprenaient la patience, l’équilibre des concessions et l’art de préserver des canaux de communication même en temps de crise. Aujourd’hui, selon la tonalité de la discussion, on assiste à une profession dont la capacité d’analyse indépendante est grignotée, où l’expertise en négociation disparaît au profit d’une posture idéologique et d’une logique de confrontation. Le résultat : un appareil d’État qui réagit davantage comme une coalition d’intérêts sécuritaires que comme un corps professionnel dédié à résoudre pacifiquement les conflits. ## La sécurisation de la politique étrangère La conversation insiste sur un tournant conceptuel : la « sécurisation » de la politique étrangère. Ce terme recouvre une transformation où quasi toute question extérieure est désormais traitée comme une question de sécurité nationale — et souvent militaire — plutôt que comme un problème diplomatique susceptible de compromis. Les conséquences sont profondes. Premièrement, les agences et secteurs qui maîtrisent les instruments de coercition et le renseignement se retrouvent en position de définir les priorités et les récits. Deuxièmement, les politiques deviennent plus binaires : on prend parti, on impose des sanctions, on coupe des canaux plutôt que de les entretenir. La propagation d’un récit unidimensionnel — qui dépeint certains États comme des menaces existentielles et rend toute négociation suspecte — fragilise la possibilité même du dialogue. Dans ce cadre, les instruments traditionnels de la diplomatie (médiation, négociation secrète, concessions graduelles) sont dévalorisés au profit d’actions visibles, militarisées ou symboliques. Or ce déplacement de compétences et de paradigmes ne se traduit pas par une supériorité stratégique ; au contraire, il réduit la capacité des États occidentaux à anticiper et gérer des crises complexes, comme l’illustre la trajectoire récente du conflit ukrainien. ## Mémoire historique et erreurs des années 1990 La discussion revient à plusieurs reprises sur les racines historiques de la crise diplomatique actuelle, en remontant aux années 1990. Ce que la conversation met en lumière, c’est un échec occidental consistant à intégrer la Russie dans un nouvel ordre européen après la fin de la guerre froide. Plutôt que d’offrir des garanties et des mécanismes de sécurité partagée, l’Occident aurait privilégié des formes de coopération souples et politiquement symboliques, laissant subsister un ressentiment et un sentiment d’exclusion chez Moscou. Ce déficit de mémoire stratégique — le manque de prise en compte des attentes et des peurs légitimes de l’autre côté — se paie aujourd’hui cher. La réarmement russe, les crises successives en Géorgie puis en Ukraine, et la montée d’un cycle d’escalade sont partiellement les produits de cet aveuglement. De la même manière, la conversation souligne que l’oubli des compromis possibles et la croyance que la seule réponse légitime est la confrontation ont verrouillé des options politiques qui auraient pu limiter l’escalade. Le résultat n’est pas seulement diplomatique : il est humain et économique, avec des conflits prolongés, des sanctions qui frappent en retour, et des économies européennes fragilisées. ## Le basculement multipolaire et ses implications Un autre thème majeur qui traverse l’échange est le basculement vers un monde multipolaire, où la domination occidentale n’est plus acquise. Les scènes de coopération et d’influence se déplacent : alliances, institutions et normes se recomposent autour de nouveaux pôles, dont la Chine et des organisations eurasiennes. La conversation note que des forums et des célébrations d’envergure en Asie ont mis en évidence des coalitions d’États qui ne se reconnaissent pas dans le leadership occidental et qui développent leurs propres architectures de coopération. Ce changement a deux implications centrales. D’une part, l’Occident ne peut plus considérer ses normes et institutions comme universelles et auto-portées ; il lui faut négocier, concéder et adapter. D’autre part, l’absence ou la faiblesse d’une diplomatie professionnelle à l’échelle européenne laisse un vide que d’autres acteurs comblent. La diplomatie économique, technologique et énergétique devient alors un terrain de compétition, tandis que la rigidité idéologique occidentale offre des marges de manœuvre à ceux qui savent combiner intérêts et récits alternatifs. ## De la rhétorique à l'absence de stratégies La conversation révèle aussi un contraste saisissant entre la rhétorique publique et la réalité stratégique. Les discours moralisateurs — condamnations, listes de sanctions, invectives publiques — dominent la scène médiatique et politique. Mais derrière ces condamnations, il y a souvent une absence de réflexion claire sur les objectifs à atteindre et sur les moyens d’y parvenir. Qui définit la victoire ? Quels sont les critères d’un succès acceptable ? Sans réponses précises, les décisions deviennent progressivement symboliques et performatives plutôt que stratégiques. Ce déficit de stratégie se nourrit d’un écosystème médiatique et intellectuel qui amplifie les récits de menace et simplifie la complexité. Think tanks, firmes de communication et industries liées à la sécurité alimentent et reproduisent des schémas analytiques qui valorisent la confrontation. La conséquence est paradoxale : en prétendant assurer la sécurité, la politique étrangère occidentale affaiblit sa propre capacité à atteindre des résultats durables. Le conflit s’enlise, la diplomatie effective s’érode, et la population finit par ressentir les coûts économiques et sociaux de décisions prises dans un registre militarisé. ## Conséquences pratiques : Ukraine, Caucase et relations énergétiques Les implications concrètes de ce déclin diplomatique sont visibles sur plusieurs théâtres. Le cas ukrainien est le plus évident : moments potentiels de négociation ont été manqués ou sabordés par des choix stratégiques visant à affaiblir l’adversaire plutôt qu’à rechercher un compromis viable. La conversation insiste sur le fait que certains choix politiques externes — impulsés par des considérations idéologiques ou de prestige — ont rendu la recherche d’un accord beaucoup plus difficile, et ont prolongé la violence et la destruction. Au Caucase, la dynamique est similaire : des acteurs régionaux, encouragés ou exploités par des puissances extérieures, relancent des tensions qui auraient pu être maîtrisées par des dialogues plus subtils et par des mécanismes de médiation. Enfin, sur le plan énergétique, l’Europe découvre la fragilité de dépendances mal pensées : couper les canaux commerciaux sans alternative fiable a des effets boomerang. Ces conséquences pratiques montrent qu’une diplomatie affaiblie n’est pas seulement une perte de prestige intellectuel ; elle se traduit par des coûts tangibles et durables. ## Refaire la diplomatie : pistes pour un réalignement pragmatique Si la conversation est pessimiste sur l’état actue

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L’Occident a saboté sa propre diplomatie Qu’est-il advenu des arts anciens de la diplomatie et de la conduite des affaires d’État en Europe et en Amérique du Nord ? Pourquoi n’y a-t-il plus d’experts compétents en politique étrangère en Occident ? Kaja Kalas, Marco Rubio, Annalena Baerbock, vraiment ? Est-ce le mieux que nous puissions avoir ? Et pire encore, pensez aux bataillons d’ambassadeurs façon Rambo que les États- Unis envoient partout dans le monde, qui ne font qu’insulter les dirigeants étrangers, tandis que l’UE impose des règlements selon lesquels leur personnel d’ambassade ne doit négocier avec les États autocratiques que par des notes écrites de protestation—aucune vraie diplomatie n’est permise. Que s’est-il passé ? Eh bien, il y a des explications. L’une des plus importantes est l’assassinat silencieux de la diplomatie en tant que profession en Occident, par la « sécurisation » de la politique étrangère. Alors qu’autrefois, c’étaient les membres du ministère des Affaires étrangères et leurs diplomates qui rédigeaient les rapports gouvernementaux et formulaient des recommandations sur la manière d’ aborder les questions de sécurité et de géopolitique, ce rôle a largement été usurpé par les milieux sécuritaires des agences de renseignement, des ministères de la Défense, de l’armée et des think tanks liés au complexe militaro-industriel. Mais il existe aussi d’autres facteurs. Dans cette discussion, trois anciens ambassadeurs, José Zorrilla, Jean-Daniel Ruch et Sandor Kusai, analysent les différentes raisons pour lesquelles le monde euro-américain a perdu non seulement ses compétences politiques, mais aussi ses compétences diplomatiques. #M2 Bonjour à tous. Ici Pascal Lottaz de Neutrality Studies, et aujourd’hui j’ai l’honneur particulier d’ accueillir non pas un, ni deux, mais trois anciens hauts diplomates européens. Sont avec moi, d’ ouest en est, l’ambassadeur José Zorilla d’Espagne, l’ambassadeur J.D. Ruch de Suisse, et l’ ambassadeur Sandor Kusai de Hongrie. Nous sommes donc quatre à vouloir discuter de l’état précaire de la diplomatie sur la péninsule occidentale de l’Eurasie. Messieurs, bienvenue. Merci à vous tous d’avoir pris le temps, car je pense que nous traversons un moment très particulier, en réalité, dans la politique et la diplomatie mondiales. Nous venons d’assister à la réunion de l’ Organisation de coopération de Shanghai à l’Est. Nous avons observé les efforts en faveur de la paix en Ukraine à l’Ouest. Mais nous avons aussi vu comment les États européens se sont précipités à Washington pour s’assurer que cela n’arrive pas aussi vite que cela pourrait. J’aimerais d’abord avoir vos avis sur ce que vous pensez de la situation actuelle en politique et diplomatie mondiales. Peut- être pourrions-nous commencer avec José Zorilla. #M3 Merci beaucoup, Pascal. Eh bien, je pense que nous avons atteint un point de bascule. Jusqu'à présent, nous assistions à la tentative des États-Unis de maintenir une sorte d'hégémonie dans les -- 1 of 20 -- affaires mondiales. Et aujourd'hui, il est clair que la Chine a atteint un niveau où elle peut affirmer qu'elle n'est pas très loin des États-Unis—voire peut-être même davantage. L'équilibre est désormais très serré. Ce n'est plus comme avant, avec un monde clairement dominé par l'hégémonie américaine. Je pense que nous devons prendre en compte—nous devons prendre très au sérieux—la République populaire de Chine. Je pense que le défilé a été un événement très important. Et s'il subsistait le moindre doute quant au degré d'isolement de Poutine, je pense qu'ils ont, très franchement, été dissipés par la présence de tous ces différents pays aux côtés de la Chine et de la Russie. La Russie n'est pas isolée. Probablement que Donald Trump est plus isolé à la Maison- Blanche, n'ayant pas été invité au défilé. Rappelez-vous, l'Inde et la Chine réunies, cela représente environ 3,2 milliards de personnes. C'est un pourcentage impressionnant. Et les États-Unis ne peuvent pas l'ignorer. En outre, il y a eu une avancée technologique très importante. La Chine a découvert et mis sur le marché la 6G. Nous en sommes à une modeste 4G, et eux sont à la 6G, 5 000 fois plus rapide que la 4G. Pascal, le monde n'est plus ce qu'il était, tu sais. Ce n'est plus ce que c'était. #M2 Jean-Daniel, êtes-vous d'accord ? Et comment percevez-vous, en particulier, l'événement qui a eu lieu en Chine cette semaine ? #M1 Oui, merci beaucoup. Bien sûr, je suis tout à fait d’accord. Je pense que nous vivons une période de changement fondamental, qui marque la fin de l’ordre mondial établi par les puissances occidentales—je dirais même après la Première Guerre mondiale, puis sous l’influence américaine après la Seconde Guerre mondiale. Les trois piliers de cet ordre mondial étaient : le droit international établi et l’ONU ; la liberté du commerce, avec le GATT puis l’OMC ; et le Conseil de sécurité comme une sorte de garant du système. Aujourd’hui, ces trois éléments sont en train d’ être—peut-être que « détruits » est le mot juste. Et il y a aussi des raisons économiques à cela. C’ est ce que je voudrais souligner. En 1945, les États-Unis étaient l’usine du monde, et c’est pourquoi ils avaient besoin de règles pour la liberté du commerce, l’abolition des barrières commerciales. Et aujourd’hui, la Chine est l’usine du monde. Nous voyons donc que la Chine prend l’initiative en essayant de créer de nouveaux principes, ou même de promouvoir ceux établis en 1945. Je trouve fascinant de constater que le pays qui parle aujourd’hui de droit international, de multilatéralisme, d’un ordre mondial multipolaire, mais aussi de liberté du commerce, n’est pas l’Occident, alors même que ces principes étaient au cœur des valeurs libérales et démocratiques. Mais désormais, ces principes sont promus par un pays comme la Chine. Ce que je trouve un peu triste—et c’est un point dont nous pourrons reparler plus tard—c’est qu’il s’ agissait d’un sommet eurasiatique à Shanghai sans l’Europe. Les trois premières lettres n’étaient pas présentes, à quelques exceptions près. Mais je crois que si l’Europe veut retrouver de la stature et -- 2 of 20 -- un rôle dans le monde de demain, elle doit fondamentalement revoir son attitude vis-à-vis des grandes puissances de l’Est. #M2 Pensez-vous que cela soit possible, Sandor, quand on regarde cela—l'absence de l'Europe à une réunion eurasienne et, bien sûr, l'absence de réflexion eurasienne dans la politique étrangère européenne ? Pensez-vous que—je veux dire, vous êtes en Hongrie, et la Hongrie a joué un rôle différent ces dernières années—pensez-vous qu'il va y avoir un réalignement à ce niveau-là ? #M3 Je pense qu'il y aura tôt ou tard un réalignement, mais pour cela, il faut un changement fondamental dans les concepts, dans la façon de penser et dans les personnalités des dirigeants européens. Cet ensemble de principes, cet ensemble de pratiques diplomatiques et de politique étrangère, n'est pas capable—et bien sûr, ces personnes non plus ne sont pas capables—de mettre en œuvre autre chose. Mais si vous me le permettez, je voudrais ajouter une idée supplémentaire à notre discussion. Je suis tout à fait d'accord avec les analyses de mes deux collègues du point de vue de l'ordre mondial. Je pense qu'il est très important de comprendre que ces réunions en Chine, ainsi que celle qui a eu lieu hier en Europe, à Paris, formulent ou clôturent également une phase très importante dans la situation européenne, à savoir dans la guerre en Ukraine. Cela signifie que nous étions à un carrefour. Depuis la dernière visite du représentant Vitkov à Moscou, il y a eu la visite de Vitkov, puis le sommet d'Alaska entre la Russie et les États-Unis, puis la réunion de Washington avec les Européens et les Ukrainiens. Ensuite, il y a eu la réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai et les célébrations à Pékin. Ce que nous constatons maintenant, c'est qu'il y avait la possibilité de changer de cap, de passer de la guerre à un règlement pacifique et négocié. Nous avons déjà connu de telles situations trois ou quatre fois au cours de cette guerre, mais certains acteurs importants ont choisi de poursuivre la guerre. Et cette fois encore, il y avait la possibilité d'emprunter la voie d'un règlement pacifique et négocié. J'ai le sentiment que nous avons dépassé ce moment charnière, et que nous nous dirigeons à nouveau vers la poursuite de la guerre. Le président Trump n'a pas été en mesure de faire pression pour une solution pacifique, ni sur la Russie, ni sur l'Europe. Nous avançons donc, nous continuons d’évoluer dans un contexte de guerre. La guerre va se poursuivre dans un avenir prévisible jusqu’à ce que nous atteignions à nouveau un point—un nouveau carrefour—où il sera possible d’emprunter la voie d’une solution pacifique. Mais pour atteindre ce point, il nous faudra encore des actions militaires, encore de la destruction et de la mort. C’est cela qui est regrettable. Je suis d’accord avec l’aspect global, mais en tant que pays voisin—la Hongrie—de l’Ukraine, nous constatons toujours les effets immédiats. Et je pense que l’ effet immédiat a été que la possibilité d’une solution pacifique, rapide, négociée à court terme a été perdue. Voilà la situation. -- 3 of 20 -- #M2 C'est une perspective très triste. Mais je dois vous poser la question, car vous avez tous les trois été praticiens par le passé. Vous avez tous servi comme ambassadeurs dans différents pays, et vous avez tous fait carrière dans la diplomatie, vous avez donc gravi les échelons et suivi le parcours. Cette analyse que vous partagez tous les trois—et que je partage également—à quel point pensez- vous qu'elle est répandue parmi la génération actuelle de diplomates en Europe ? José, c'est toi qui m'as dit : « Pascal, nous savions tous. Nous savions tous que ce n'était qu'un acte de langage. » José, penses-tu toujours que cela s'applique aussi à la situation actuelle ? #M3 Eh bien, vous savez, le point de vue d’un praticien est différent de celui des gens ordinaires qui ne connaissent rien à la politique étrangère, qui est un domaine de connaissance très, très restreint. C’ est un peu comme, vous savez, opérer une tumeur au cerveau ou quelque chose de ce genre. Logiquement, c’est un domaine de connaissance très spécialisé. Peu de gens en savent vraiment quelque chose. Mais il est assez clair que la guerre était à l’horizon. Rappelez-vous les accords de Minsk. Finalement, Hollande et Angela Merkel ont reconnu qu’ils avaient créé Minsk pour tromper la Russie et donner à l’Ukraine le temps de se réarmer ou de s’armer. Par conséquent, ils savaient que le but de tout cela était la guerre. C’est très élémentaire, vous savez. Et nous savons tous qu’il y a eu une invasion. Il y a eu un traité de paix. Il y a eu une paix signée par des initiales. Et Poutine a dit : « Ne rejoignez pas l’OTAN. Je me retirerai. Je me retirerai des territoires. Je ne suis pas intéressé par la terre. Tout ce que je veux, c’est que vous ne rejoigniez pas l’OTAN. » Et ils ont répondu : « Oui, pas de problème. Nous le ferons. » Puis sont arrivés les États-Unis et Johnson, et tous deux ont dit : « Non, vous devez faire la guerre car la question cruciale, c’est l’OTAN. » Et la guerre continue parce que, vous savez, la Russie n’autorisera jamais, jamais l’Ukraine à entrer dans l’ OTAN. C’est impossible. Et Zelensky ne peut pas entamer un processus de paix parce qu’on le tuerait. Parouby est récemment décédé. Parouby est celui qui a dit à Zelensky, dès qu’il a remporté l’ élection : « Si Zelensky souhaite engager un processus de paix comme il l’a promis pendant sa campagne électorale, il sera pendu sur une chaise avenue Khrechtchatyk. » Il est évident que nous ne pouvons pas entamer un processus de paix, alors que, bien sûr, Poutine, après tant de pertes humaines, ne peut pas accepter une paix qui reconnaîtrait l’Ukraine issue du coup d’État de 2014. Par conséquent, les positions sont très éloignées, et nous le savon