L’Amérique noire en a fini avec l’empire américain | Rasheed Muhammad

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Rasheed Muhammad affirme que les Afro‑Américains sont de plus en plus désabusés par ce qu’il qualifie d’empire américain, en mettant en lumière l’hypocrisie systémique dans la politique intérieure et étrangère. S’appuyant sur sa plateforme Red Pill Diaries, Muhammad critique les doubles standards occidentaux — notamment en matière de non‑prolifération nucléaire, de rhétorique humanitaire et d’application sélective du droit — et relie ces pratiques à des injustices historiques telles que l’esclavage, les promesses rompues de la Reconstruction et le génocide des peuples autochtones. Il soutient que la marginalisation historique des Afro‑Américains les rend à la fois plus sensibles aux oppressions mondiales (Palestine, Iran) et plus vulnérables à la propagande, tandis que la présidence d’Obama a temporairement apaisé certaines critiques. Muhammad présente le pouvoir américain comme enraciné dans une violence fondatrice et maintenu par le contrôle économique et informationnel (domination du dollar, diversion médiatique). Il considère les fractures géopolitiques actuelles — érosion des traités, hégémonie agressive et pays se désolidarisant du dollar — comme des preuves du déclin impéria

Article

## Introduction La conversation enregistrée avec Rasheed Muhammad met en lumière un point de bascule durable : une fracture profonde entre la rhétorique impériale des États-Unis et la perception populaire, notamment au sein de l’Amérique noire. L’échange ne se contente pas de dénoncer des errements ponctuels ; il trace la continuité historique d’un empire qui pose des règles à sens unique et montre comment cette dissonance produit un réveil politique et moral. Au cœur du propos : l’hypocrisie des puissances nucléaires, les doubles standards géopolitiques, la propagande domestique et, surtout, la manière dont ces dynamiques résonnent chez les communautés marginalisées qui, seules, ont longtemps porté la charge de dénoncer les injustices. Ce texte analyse ces thèmes en s’appuyant sur les idées exprimées au cours de la discussion et en les replaçant dans leur contexte politique et moral. ## Hypocrisie impériale et doubles standards L’un des fils rouges qui traverse la conversation est l’accusation d’une hypocrisie systémique — non pas accidentelle, mais structurelle. Les États-Unis, en tant que première puissance, se trouvent condamnés pour appliquer des normes différentes à eux-mêmes et au reste du monde. Rasheed Muhammad insiste sur l’exemple nucléaire : les États-Unis possèdent un arsenal colossal, en ont usé, et pourtant condamnent d’autres nations pour des programmes que, souvent, ils présentent comme menaçants. Ce double langage s’étend au droit international : traités signés d’un côté, obligations contournées de l’autre. La critique n’est pas nouvelle, mais elle prend aujourd’hui un relief particulier, car l’opinion publique mondiale, mieux informée et plus connectée, voit la contradiction et la juge inacceptable. Plus largement, le discours souligne que l’exceptionnalisme américain sert à masquer des stratégies géopolitiques et économiques. Les exemples évoqués — interventions militaires, renversements de régimes, pressions économiques — forment un panorama où le principe de souveraineté s’applique selon l’intérêt stratégique des puissances occidentales. Quand Washington dénonce des atteintes aux droits humains chez des rivaux, il le fait souvent en parallèle d’alliances avec des régimes complice d’abus. Ce qui émerge de la discussion, c’est la perte progressive de la légitimité morale : l’empire ne peut plus invoquer un rôle civilisateur sans que l’on relève ses propres contradictions historiques et contemporaines. ## Réveil personnel et propagande Rasheed Muhammad revient longuement sur son parcours personnel pour expliquer comment on passe de la naïveté à la lucidité critique. L’expérience familiale avec l’armée, l’accès à la lecture et l’étude de l’histoire mondiale ont été autant de facteurs qui lui ont permis de déployer une grille d’analyse indépendante. Cette trajectoire éclaire un point central : le réveil politique n’est pas seulement collectif, il est aussi individuel et cognitif. Il repose sur l’éducation, l’accès à l’information et la capacité à mettre en relation des faits dispersés dans le temps. La propagande joue ici un rôle coercitif : elle façonne des récits d’appartenance et de loyauté qui étouffent le doute. Muhammad souligne combien il est difficile, pour ceux qui sont “tout en bas” de l’échelle sociale, d’accéder à des informations de qualité. Dans ce vide informationnel, la narration officielle devient la matrice identitaire. C’est pourquoi l’éveil exige non seulement des preuves factuelles (documents, archives, enquêtes), mais aussi une pédagogie qui réapprenne à regarder les actes plutôt que les promesses. Le propos met en garde contre les figures symboliques qui apaisent plutôt qu’elles ne transforment : l’exemple d’un leadership “à visage noir” qui reproduit les mêmes politiques impériales illustre comment l’utilisation d’une représentation peut neutraliser la critique et prolonger l’ordre établi. ## Droits humains et déshumanisation Un autre thème majeur est la connexion entre déshumanisation historique et politiques contemporaines. La conversation articule la continuité entre l’esclavage, l’expropriation, la promesse rompue des « quarante acres et une mule » et les logiques d’occupation et de dépossession ailleurs dans le monde. Cette mise en parallèle vise à montrer que l’injustice n’est pas un accident géographique mais une structure récurrente : des peuples privés de terres et de droits finissent par observer le même schéma appliqué à d’autres, comme les Palestiniens, et à se reconnaître dans leur souffrance. Sur le plan des droits humains, la discussion critique la sélectivité : certains crimes deviennent inacceptables quand ils touchent certains acteurs, tolérables quand ils servent des intérêts stratégiques. La déshumanisation — ce geste politique qui réduit des populations à des cibles, des statistiques, des sous-catégories — fonctionne de pair avec la propagande et l’impunité. Muhammad met en lumière la mémoire partagée des opprimés comme moteur de solidarité internationale : l’Amérique noire, parce qu’elle porte l’expérience de l’oppression, voit des analogies concrètes entre sa propre histoire et les luttes de peuples étrangers. C’est cette empathie rationnalisée, forgée par l’expérience, qui alimente un désir de rupture avec l’ordre dominant. ## Espoir, karma Malgré la sévérité du diagnostic, la conversation ne sombre pas dans le pessimisme absolu. L’idée de “réveil” porte aussi une promesse : celle d’un mouvement des droits civiques inachevé qui pourrait reprendre vigueur et avoir des effets bien au-delà des frontières américaines. Muhammad évoque un espoir concret : que la reconnaissance des injustices historiques et la solidarité transnationale se conjuguent pour remettre en cause l’hégémonie morale et politique des puissances actuelles. Ce réveil ne serait pas uniquement vindicatif ; il serait une opportunité de réinventer le contrat social et international. Le concept de karma, employé dans l’échange, renvoie à cette idée de retour des conséquences. Les politiques d’exploitation et de violence portent en elles-mêmes les graines de leur propre détérioration : en se privant de légitimité, un empire perd des soutiens essentiels et voit monter des coalitions de résistance. La solidarité des populations, stimulée par une mémoire partagée et par l’accès à des récits contradictoires, devient une force politique. Muhammad insiste sur la responsabilité morale individuelle et collective : la vérité et la conscience sont des leviers capables de défaire des récits officiels et d’imposer des transformations. Conclusion implicite : l’avenir politique se jouera autant sur le terrain de la mémoire que sur celui des institutions. Le réveil de l’Amérique noire, allié à des mouvements internationaux de justice, pourrait recalibrer les rapports de force. Les questions soulevées au cours de la conversation — hypocrisie nucléaire, doubles standards, propagande et solidarité — sont autant de défis mais aussi de pistes pour construire une politique différente, fondée sur la cohérence entre discours et action, et sur le respect universel des droits humains. Le débat appelle à une réévaluation des récits nationaux, à une pédagogie critique et à l’affirmation d’une voix historique qui refuse d’être marginalisée : celle des peuples qui, ayant longuement souffert, se lèvent enfin pour exiger justice.

Transcript

L’Amérique noire en a fini avec l’empire américain | Rasheed Muhammad Chaque jour qui passe, à chaque nouveau génocide, à chaque atrocité commise par l’élite de Washington, ils perdent davantage de personnes sur le terrain. Les petites gens. Certains ont voté pour Trump. D’autres non. Mais tous partagent le même désenchantement face à la violence que l’ Amérique exporte dans tous les coins du monde, tout comme elle a autrefois amené des millions de sujets réticents sur ses côtes, enchaînés. Certains s’en souviennent, et ce sera un réveil brutal pour les élites lorsque le Mouvement des droits civiques inachevé refera surface. Rasheed Muhammad, de *The Red Pill Diaries*, rejoint Pascal pour discuter de l’Amérique noire, de l’empire américain, des doubles standards occidentaux, des droits civiques, de l’hypocrisie nucléaire, de la Palestine, de l’ Iran, de la propagande, du système du dollar et des racines du pouvoir américain. Liens : The Red Pill Diaries YouTube : https://www.youtube.com/@TheRedPillDiariesOfficial The Red Pill Diaries Rumble : https://rumble.com/c/TheRedPillDiaries The Red Pill Diaries Odysee : https://odysee.com /@TheRedPillDiaries:9 The Red Pill Diaries Patreon : https://www.patreon.com/theredpilldiaries The Red Pill Diaries X : https://x.com/pill_diaries The Red Pill Diaries Twitch : https://www.twitch.tv /TheRedPillDiaries Neutrality Studies substack : https://pascallottaz.substack.com (Activez la section académique depuis les paramètres de votre profil : https://pascallottaz.substack.com/s/academic) Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Donations : https://neutralitystudies.com /donate Horodatage : 00:00:00 Introduction 00:00:37 Origines de Red Pill Diaries 00:02:58 Hypocrisie impériale et doubles standards 00:06:43 L’Amérique noire et le pouvoir impérial 00:14:50 Réveil personnel et propagande 00:21:59 Traités de citoyenneté et schémas de guerre 00:25:37 Droits humains et déshumanisation 00:29:25 Violence fondatrice et mythe national 00:33:33 Espoir, karma #Pascal Bienvenue à tous dans *Neutrality Studies*. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir un collègue de YouTube. J’ai avec moi Rashid Muhammad, de *Red Pill Diaries*. Bienvenue, Rashid. #Rasheed Muhammad Merci, et merci de m’avoir invité sur cette plateforme aujourd’hui. J’apprécie vraiment. #Pascal Merci beaucoup d’être avec nous en ligne. On a eu un petit combat avec la technologie, mais je suis content qu’on ait finalement une connexion qui marche. Rashid, je vais peut-être commencer par te demander : qu’est-ce qui t’a donné envie de lancer ton propre podcast ? Tu m’as reçu dans ton -- 1 of 16 -- émission la semaine dernière. Qu’est-ce qu’il y a derrière *Red Pill Diaries* ? Pourquoi tu l’as créé ? Et d’ailleurs, tu es basé où exactement ? #Rasheed Muhammad Je suis basé à Pensacola, en Floride, dans la région du Panhandle. En fait, tout a commencé parce que j’animais une émission pendant environ douze ans, sur BlogTalk. Mon but, c’était de faire connaître la vérité aux gens. Et quand BlogTalk a commencé à décliner, j’ai décidé de passer sur YouTube, pour pouvoir parler directement aux gens et aborder certaines questions et réponses de fond que la plupart des podcasts ignorent ou ne prennent pas vraiment en compte. Je pense que parfois, quand on atteint un certain point, ce n’est pas forcément volontaire. C’est juste qu’on se concentre davantage sur les grandes actualités, au lieu de s’attarder sur les détails que le public devrait connaître, pour être mieux informé au moment de prendre ses décisions. Voilà. #Pascal Et quand avez-vous commencé vos « Red Pill Diaries » ? Vous avez interviewé différentes personnes… Sur quels types de sujets avez-vous travaillé jusqu’à présent ? #Rasheed Muhammad J’ai interviewé à plusieurs reprises l’ancien secrétaire adjoint au Trésor des États-Unis, le docteur Paul Craig Roberts, ainsi que Cynthia McKinney, ancienne membre du Congrès à deux reprises. Je suis aussi en bons termes avec Larry Johnson, ancien analyste de la CIA. Il y a deux ou trois jours, j’ ai fait une interview avec le colonel Larry Wilkerson. J’ai réalisé de très nombreuses interviews avec beaucoup de personnes, et j’ai abordé des sujets liés aux événements géopolitiques, à l’économie, aux questions raciales, au droit international, au droit humain, et à tout ce qui s’y rattache. J’essaie de traiter les sujets que les grands médias laissent de côté, mais aussi ceux que les médias alternatifs ont tendance à ignorer. #Pascal Alors, qu’est-ce que c’est, pour vous, concrètement, sur le terrain, aux États-Unis ? Je crois que votre principale motivation, au fond, c’était de mieux comprendre comment fonctionnent les relations internationales et la politique. Pas forcément le côté académique, mais plutôt ce qui se passe vraiment. Selon vous, qu’est-ce qui manque aujourd’hui, aux États-Unis, dans tout ce qui concerne l’ environnement de l’information ? #Rasheed Muhammad Eh bien, je pense qu’il manque beaucoup de choses. Je crois que, même avec les médias alternatifs, il y a des informations qu’on ne donne pas, des éléments pourtant essentiels pour comprendre ce -- 2 of 16 -- qui a conduit aux émeutes du six janvier, ou à des événements de ce genre. Et moi, je montre les deux poids, deux mesures. Par exemple, quand on regarde les soi-disant émeutes qui ont eu lieu dans l’Oregon, après que la police a tué plusieurs personnes, il y a eu quelques dégradations, quelques bâtiments vandalisés. Et là, on a tout de suite parlé de voyous, de criminels. Et puis, de l’ autre côté, on a vu des gens, mécontents du résultat de l’élection, qui sont allés saccager le Capitole et ont pris des personnes en otage. Des gens sont morts, on les a appelés des patriotes, et certains sont même libérés de prison. Et je montre ce contraste pour faire comprendre que, tant qu’on ne s’attaque pas à ces doubles standards… Et je ne pense pas que ce soit toujours fait exprès. Je crois que c’est simplement ancré dans la tête de beaucoup de gens. Mais tant qu’on ne s’y attaque pas, c’est l’une des principales raisons de l’incompétence du gouvernement et de l’effondrement de l’empire américain, à cause de cette hypocrisie. Elle est devenue si profonde, si enracinée, que ce que l’Amérique noire dénonçait il y a trente ou quarante ans, c’est aujourd’hui le monde entier qui le dénonce : l’hypocrisie, l’ exceptionnalisme, l’intransigeance, le mépris de la loi, le mépris des alliés comme des ennemis. Et ce que j’appelle des lois rétractables, c’est quand les États-Unis, par exemple, parlent du programme nucléaire iranien et disent que l’Iran pourrait se doter d’une bombe. Mais l’Amérique, elle, en possède des milliers. Et c’est le seul pays au monde à avoir déjà utilisé l’arme nucléaire, une fois, voire deux. Et pourtant, l’Amérique a signé l’un des mêmes traités que l’Iran. D’après ce traité, les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France sont censés éliminer leurs armes nucléaires. Donc, d’un côté, ils affirment en avoir besoin pour leur sécurité nationale, mais de l’autre, ils estiment que les autres n’ont pas le droit à la même chose. Moi, je souligne ces contradictions, cette hypocrisie du système mondial. Et c’est exactement ce qu’on voit aujourd’hui : les conséquences de cette politique hypocrite, égoïste et centrée sur elle-même du monde occidental. #Pascal Petite pause rapide, parce que j’ai été récemment banni de YouTube. Même si je suis de retour, ça peut très bien se reproduire à tout moment. Alors, pensez à vous abonner, non seulement ici, mais aussi à ma liste de diffusion sur Substack. C’est pascallottaz.substack.com. Le lien est dans la description juste en dessous. Et maintenant, on reprend la vidéo. C’est vraiment intéressant. À quel moment t’as commencé à penser comme ça ? Parce que, franchement, je partage complètement ce sentiment. L’hypocrisie des États dotés de l’arme nucléaire, l’hypocrisie autour de la guerre en Iran, n’est-ce pas ? Deux États dotés de l’arme nucléaire qui entrent en guerre contre un État non nucléaire, simplement parce que ce dernier revendique le droit d’avoir un programme nucléaire pacifique… L’hypocrisie est totale. Mais dites-moi, quand avez-vous commencé à penser de cette façon ? Vous avez utilisé l’ expression « empire américain ». À quel moment avez-vous commencé à voir votre pays comme un -- 3 of 16 -- empire ? Et peut-être pouvez-vous aussi nous parler un peu d’un autre terme que vous avez employé, « l’Amérique noire ». Selon vous, qu’est-ce qui distingue l’Amérique noire du reste de l’ Amérique ? #Rasheed Muhammad Bon, commençons par la dernière partie, l’Amérique noire. Et je ne dis pas ça juste pour parler, mais parce que l’Amérique noire, ce sont eux qui sont le plus en marge. Ce sont eux qui ont le plus besoin d’éducation, parce que même s’ils y ont eu accès, ce n’était pas la bonne éducation. C’est pour ça que leur vote peut être manipulé. C’est pour ça qu’ils peuvent être manipulés. C’est pour ça que le système ne leur a pas profité, en quelque sorte, quand on parle d’égalité. Comment toi et moi pourrions être égaux, si c’est toujours toi qui tiens les rênes du pouvoir ? Comment pourrions-nous être égaux, si c’est toi qui contrôles toute l’économie et les affaires ? Comment peut-on être égaux, quand tous les niveaux de pouvoir sont en réalité contrôlés par vous ? L’égalité, ce n’est pas simplement me donner un emploi. L’égalité, c’est m’éduquer correctement et m’aider à construire quelque chose par moi-même. L’Amérique noire a été la plus endormie, même en réclamant la justice. Oui, la plus endormie, en croyant que le système avait changé. Et je crois vraiment que Barack Obama a été ce candidat programmé pour rendormir l’Amérique noire, alors qu’ elle commençait à éveiller les masses aux injustices, non seulement celles subies par les Noirs, mais par tous les peuples à travers le monde. Et ce que le pouvoir, derrière les portes closes, a fait, c’est qu’il a mis un visage noir sur tout ça, tu vois, avec Obama. Parce que ses politiques ont été plus néfastes pour l’Amérique noire que celles de beaucoup de présidents avant lui. Mais il savait dribbler un ballon de basket, il savait parler le langage de la rue. Alors il a réussi à fasciner l’Amérique noire, et à permettre aux puissances en place de revenir occuper et détruire la Libye, même si la Libye se battait pour l’indépendance de l’ Afrique. Si ça avait été fait sous George Bush, l’Amérique noire aurait été scandalisée. Mais elle ne l’a pas été, parce que c’était un pays à visage noir qui cachait l’impérialisme occidental. Ce que j’essayais de leur faire comprendre, c’est qu’il faut être mieux informé sur tout ça. Il faut regarder les actions des gens, pas seulement leurs paroles, mais leurs actes. Et quand on regarde les actes, qu’on commence à assumer la responsabilité de ses propres actions, mais aussi de celles des autres, alors on voit les choses plus clairement. C’est ça, le point essentiel. Et une fois que j’ai abordé ce sujet, parce que, disons-le, la communauté afro-américaine se trouve tout en bas de l’ échelle, eh bien, le message s’étend ensuite à tous les autres, ceux qui sont dans une situation économique, sociale et éducative plus favorable que celle de la communauté noire américaine. C’est pour ça que j’ai fait cette distinction, pour qu’on comprenne bien pourquoi j’ai dit ce que j’ai dit. #Pascal -- 4 of 16 -- Penses-tu que l’Amérique noire voit tout ça plus clairement maintenant ? Qu’elle comprend mieux ce qui se passe, et comment ce système impérial fonctionne aussi de l’intérieur ? Et, tu sais, est-ce que tu as l’impression que l’Amérique noire ressent aussi la douleur de l’Iran, celle de la Palestine, et celle d’autres peuples opprimés dans le monde ? Ou bien, tu crois que c’est juste moi qui rêve un peu ? #Rasheed Muhammad Non, non, c’est bien ça. Vous voyez, pendant des décennies, l’Amérique noire a dénoncé tout ça : l’ injustice, l’hypocrisie, le deux poids deux