L’Europe Accélère Sa Marche Vers la Guerre avec la Russie | Dr Rein Müllerson

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Le Dr Rein Müllerson soutient que les récentes crises au Moyen-Orient et en Ukraine accélèrent une rupture géopolitique plus large, animée par une logique américaine de « diviser pour régner » qui refuse un partenariat égal avec la Russie. S’appuyant sur des parallèles historiques et son expérience de conseiller de Gorbatchev, il affirme que la diplomatie occidentale a souvent servi de façade à un piégeage stratégique — Minsk et les pourparlers gelés sur la neutralité de l’Ukraine en sont des exemples cruciaux — tandis que l’expansion de l’OTAN et l’armement de l’Ukraine visent à affaiblir une Russie rétive à devenir vassale. Müllerson met en lumière des effets secondaires de la campagne Israël–États-Unis contre l’Iran (chocs énergétiques, épuisement des intercepteurs, allongement de la dynamique conflictuelle) qui peuvent paradoxalement favoriser le positionnement stratégique russe. Il avertit que l’Europe, ayant suivi Washington dans la logique du confinement, se trouve face à deux choix austères : coexister avec une Russie forte par des architectures de sécurité négociées, ou se préparer à la confrontation. Müllerson appelle à une autonomie européenne renouvelée et à la reprise

Article

## Guerre en Iran et lecture russe de celle-ci La conversation récente avec le Dr Rein Müllerson jette une lumière décisive sur la manière dont les événements au Moyen-Orient sont perçus comme des catalyseurs géopolitiques. L’attaque contre l’Iran, loin d’être une crise isolée, est analysée comme un accélérateur capable de remodeler des alignements déjà fragiles : montée des prix de l’énergie, épuisement des capacités militaires occidentales, et une dynamique de polarisation globale "Occident contre le reste". Pour Müllerson, ces facteurs ne sont pas accessoires ; ils structurent la lecture russe de la situation et influent directement sur Moscou, tant dans ses calculs stratégiques que dans son attente d’un horizon temporel où la coercition occidentale pourrait s’essouffler. La Russie, selon la discussion, ne voit pas seulement l’Iran comme un allié régional mais comme un élément d’un paysage stratégique plus vaste. L’impact immédiat — hausse des prix du pétrole et du gaz, perturbations des routes maritimes — renforce la marge de manœuvre économique de Moscou à court terme. À l’inverse, l’affaiblissement matériel des partenaires occidentaux, traduit par l’épuisement des stocks d’intercepteurs et par une usure logistique, est perçu comme une forme de dégradation des capacités à projeter la puissance de manière soutenue. Cette combinaison — avantage économique temporaire et usure militaire de l’adversaire — est interprétée à Moscou comme une fenêtre d’opportunité relative, pas comme une invitation à la complaisance. ## Enjeux du Kremlin et craintes de changement de régime La conversation met en relief la crainte centrale qui structure la stratégie russe : éviter tout risque de changement de régime ou de perte de contrôle territorial proche du noyau sécuritaire russe. Müllerson rappelle que l’histoire russe connaît des épisodes récurrents d’effondrement et de vulnérabilité, et que ces souvenirs collectifs pèsent lourdement sur la politique étrangère contemporaine. Le Kremlin lit donc les actions extérieures hostiles non seulement comme des affronts tactiques, mais comme des menaces existentielles susceptibles d’entraîner une déstabilisation interne. Cette appréhension explique l’insistance russe sur des redlines sécuritaires et son scepticisme quant aux promesses occidentales non écrites. La mémoire des années 1990, perçues comme une décennie de perte d’autonomie et d’érosion des institutions, a durablement modifié la culture de la décision : la Russie ne veut pas répéter l’expérience d’un État poussé à l’extrémité de son effondrement politique. Dès lors, toute politique perçue comme visant à isoler ou vassaliser la Russie réactive des réflexes de défense robustes, y compris l’instrumentalisation de crises régionales pour consolider des alliances et des capacités militaires. ## Effets du choc pétrolier et de l’épuisement militaire 00: 09:44 La diplomatie comme couverture et effondrement de la confiance Un volet clé de la discussion porte sur les effets concrets du choc pétrolier et sur l’usure des stocks militaires occidentaux. L’augmentation des prix de l’énergie profite à court terme aux finances russes et à ses alliés, augmentant les marges de manœuvre budgétaires et réduisant certaines vulnérabilités. Parallèlement, l’épuisement des systèmes de défense aérienne et des intercepteurs — coûteux et consommables — met en tension la capacité des États-Unis, d’Israël et des partenaires européens à maintenir une posture défensive soutenue. Ce double phénomène modifie les calculs de coût-bénéfice pour tous les acteurs. La conversation souligne aussi que la diplomatie a souvent servi de couverture pour des opérations coercitives. Müllerson rappelle des cas où des négociations ont coexisté avec des préparations militaires destinées à surprendre ou à contraindre l’adversaire. Cette pratique a instillé un déficit de confiance durable : quand la diplomatie est suspectée d’être un écran, la volonté de s’engager sérieusement au dialogue s’érode. Pour Moscou, les accords passés, qu’ils concernent l’Ukraine ou l’Iran, deviennent des options risquées parce qu’ils peuvent être instrumentalisés pour gagner du temps en vue d’une escalade ultérieure. Le résultat est une diplomatie crispée, où la méfiance devient la première donnée stratégique. ## Thèse du « diviser pour régner » et cadre de l’article Le fil conducteur de la contribution intellectuelle évoquée dans la discussion est la thèse selon laquelle les États-Unis recourent à une logique "divide et impera" (diviser pour régner) pour maintenir un ordre international favorable à leur primauté. Müllerson articule cette idée autour de l’affirmation que Washington préfère des alliés vassalisés plutôt qu’un ordre multilatéral véritablement égalitaire. La politique menée depuis la fin de la Guerre froide n’aurait pas visé l’intégration de la Russie à une architecture commune de sécurité, mais sa mise à distance, sinon son affaiblissement. Ce cadre interprétatif permet de relier plusieurs phénomènes : l’expansion de l’OTAN jusqu’aux frontières russes, la militarisation de conflits périphériques par procuration (notamment l’Ukraine), et l’acceptation pragmatique du coût humain de ces politiques. La logique américaine, quand elle vise à empêcher l’émergence d’un partenaire capable de contester sa capacité à définir les règles, peut conduire à privilégier des gains stratégiques immédiats au détriment de la stabilité régionale et de la préservation d’alliances à long terme. ## Rejet de l’intégration Russie-OTAN La discussion rappelle que, malgré quelques déclarations d’intention dans les années 1990, l’idée d’intégrer la Russie à l’OTAN n’était jamais réellement souhaitée par le cœur stratégique de la politique américaine. Müllerson souligne que les États-Unis, en tant que puissance hégémonique, n’acceptent guère l’égalité entre des acteurs capables de contester leur influence. L’OTAN n’a donc pas été conçue comme une plateforme coopérative incluant Moscou, mais comme une alliance destinée à garantir la dominance occidentale et, si besoin, à confronter les intérêts contraires. Ce rejet structurel explique pourquoi les promesses informelles faites à la Russie après 1990 — sur la non-extension de l’OTAN vers l’est — ont été ressenties comme des trahisons par Moscou. Au-delà de la rupture factuelle, c’est la symbolique de la non-reconnaissance d’un partenaire stratégique qui explique une large part de la radicalisation des réponses russes : la quête de zones tampons, la réaffirmation d’un leadership régional et le recours à des mesures coercitives pour préserver un périmètre de sécurité. ## L’Ukraine comme proxy et compromis de neutralité L’Ukraine émerge dans la discussion comme un terrain d’affrontement par procuration et comme un test des limites de la neutralité européenne. Müllerson avance que l’usage de l’Ukraine comme quasi-membre de fait de l’OTAN — reçue en équipement, renseignement et appui politique mais pas protégée par les garanties formelles — a créé une situation toxique. Ce statut hybride a permis aux puissances occidentales d’affaiblir la Russie sans assumer pleinement les risques d’une guerre totale, en externalisant le coût stratégique et humain sur le territoire ukrainien. Paradoxalement, la crise ukrainienne révèle l’impossibilité pour l’Europe d’afficher une neutralité véritable tant que ses relations de sécurité restent encadrées par un leadership atlantique. La discussion suggère que la neutralité, si elle est conçue comme compromis viable, demanderait une réinvention profonde de la sécurité européenne — une architecture fondée sur des garanties réciproques et non sur la subordination à un bloc. Sans cela, l’Ukraine restera un champ d’affrontement où la souveraineté populaire se trouve instrumentalisée au service de rivalités géopolitiques. ## L’Europe face à la Russie ou à la guerre Au cœur de l’entretien se trouve une question cruciale : l’Europe doit-elle apprendre à vivre avec la Ru

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L’Europe Accélère Sa Marche Vers la Guerre avec la Russie | Dr Rein Müllerson Changement de régime en Iran, perception de la menace au Kremlin, effondrement de la confiance en diplomatie, l’Europe contrainte de vivre avec la Russie ou de la combattre. Je m’entretiens à nouveau avec le Dr Rein Müllerson, universitaire estonien et ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, pour analyser la logique qu’il perçoit derrière l’Iran, l’Ukraine, l’expansion de l’OTAN et la stratégie américaine de « diviser pour régner ». Liens : Russia in Global Affairs : https://eng.globalaffairs.ru/ Neutrality Studies sur Substack : https://pascallottaz.substack.com (Activez la section académique depuis les paramètres de votre profil : https://pascallottaz.substack.com/s/academic) Produits dérivés et dons : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Chapitres : 00:00:00 Introduction et mise en place 00:00:26 Guerre en Iran et lecture russe de celle-ci 00:03:34 Enjeux du Kremlin et craintes de changement de régime 00:04:24 Effets du choc pétrolier et de l’épuisement militaire 00: 09:44 La diplomatie comme couverture et effondrement de la confiance 00:15:15 Thèse du « diviser pour régner » et cadre de l’article 00:15:54 Rejet de l’intégration Russie-OTAN 00:22:24 L’Ukraine comme proxy et compromis de neutralité 00:35:47 L’Europe face à la Russie ou à la guerre 00:41:00 Où trouver l’article et remarques de conclusion #Pascal Bon retour à tous. Aujourd’hui, je suis à nouveau accompagné du Dr Rein Müllerson, un universitaire estonien éminent et ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev. Rein, bienvenue à nouveau. #Rein Mullerson Merci de m’avoir invité. Merci, Pascal. #Pascal Merci d’avoir accepté. Vous avez écrit un excellent article dans *Russian Global Affairs*, dont nous parlerons dans la seconde partie de l’émission. Mais d’abord, j’aimerais connaître votre évaluation de la situation en Iran, et savoir comment, selon vous, les Russes — que vous connaissez très bien et avec qui vous travaillez depuis longtemps — abordent la situation aujourd’hui. #Rein Mullerson Si nous adoptons une approche historique à long terme — ce que je crois nécessaire —, dans mon article sur l’Ukraine, j’ai cité le président Mitterrand de France. Récemment, Jean Glavany, qui à l’ époque, lorsque Mitterrand était président, était son directeur de cabinet, a publié ses mémoires en -- 1 of 13 -- janvier de cette année. On y trouve beaucoup de choses intéressantes, mais l’une d’elles m’a particulièrement marqué. Mitterrand a déclaré en 1990, en discutant de l’éventuel effondrement de l’ Union soviétique et de l’indépendance de l’Ukraine, que si l’Ukraine devenait indépendante, nous aurions une guerre en Europe. Alors, comment le savait-il ? Bien sûr, il ne pouvait pas en être certain, et il n’en était pas certain. Mais il connaissait l’histoire. Il connaissait la situation en Russie — certainement en Union soviétique et en Ukraine. Et donc, il croyait, d’après ce que je comprends — j’interprète maintenant ses propos — que si la situation n’était pas gérée avec prudence, avec précaution, alors un pays aussi complexe que l’Ukraine pourrait entraîner ses voisins dans la guerre. Et c’est ce qui s’est produit. Je pense aussi que ce nouveau conflit au Moyen-Orient — l’attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran — aura des effets historiques similaires à long terme. À mon avis, c’est l’un de ces événements qui accélèrent réellement ce qui se passe dans le monde aujourd’hui : l’Occident contre le reste, comme on peut le constater. L’Occident en général, à quelques exceptions près — comme le Premier ministre de l’Espagne, par exemple, ou parfois Keir Starmer, le Premier ministre du Royaume-Uni, où je vis essentiellement et où j’ai travaillé et enseigné ces vingt dernières années — s’est plus ou moins joint aux États-Unis dans cette guerre d’agression. Et cela a contribué à, ou accéléré, un processus qui avait déjà commencé auparavant. La guerre en Ukraine a été l’un de ces accélérateurs. Et nous pouvons observer la même chose aujourd’hui dans le cas de la guerre entre Israël et les États-Unis d’un côté, et l’Iran ainsi que de nombreux autres États régionaux de l’autre, avec l’Europe et les États européens également impliqués. Voilà probablement ce que je peux dire, à titre d’introduction, à propos de cette guerre au Moyen-Orient. #Pascal Pensez-vous qu’il s’agisse également d’une situation d’urgence pour la Russie, maintenant que l’Iran est attaqué et qu’un changement de régime potentiel est en cours là-bas ? Je veux dire, c’est l’ objectif déclaré des États-Unis. Comment pensez-vous que cela est interprété au Kremlin ? #Rein Mullerson Vous savez, comme beaucoup de choses, ce sont des événements complexes. Il n’y a pas de réponse simple. Bien que certains experts que je connais disent que c’est très simple : la Russie est l’ agresseur et l’Ukraine est la victime de l’agression. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Et ce qui se passe au Moyen-Orient n’est pas simple non plus. L’impact que cela aurait sur la Russie n’est pas simple. Probablement qu’en Occident, on met l’accent sur un aspect : la Russie a perdu ses alliés au Venezuela, potentiellement à Cuba. Maintenant, l’Iran est attaqué, et cela affaiblirait donc la position de la Russie. Peut-être un peu, oui. Mais il y a plusieurs facteurs qui, à mon avis, peuvent être interprétés différemment et sont moins favorables à la Russie. -- 2 of 13 -- Le premier point, qui semble assez évident, est qu’il y a eu une hausse du prix du pétrole et du gaz en raison de ce conflit — à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz et de la destruction des installations de production d’énergie dans les États du Golfe. Cela s’est déjà produit, et la guerre continue. À mon avis, elle va durer encore un certain temps — au moins plusieurs semaines, probablement un mois. Je pense que l’Iran ne va pas se rendre. Peut-être que Trump aimerait revendiquer une victoire plus tôt que tard, mais je ne crois pas que l’Iran soit prêt à abandonner et il continuera à se battre. #Pascal Hé, petite interruption rapide car j’ai récemment été banni de YouTube. Même si je suis de retour, cela pourrait se reproduire à tout moment. Alors, merci de penser à vous abonner non seulement ici, mais aussi à ma liste de diffusion sur Substack — c’est pascallottaz.substack.com. Le lien se trouve dans la description ci-dessous. Et maintenant, retour à la vidéo. #Rein Mullerson Le deuxième facteur ici, qui semble favoriser la Russie, est que les États du Golfe, les États-Unis et également Israël voient leurs ressources militaires, en particulier leurs stocks d’intercepteurs de missiles TARC et Patriot, s’épuiser. Ils sont très coûteux, si j’ai bien compris. Une seule salve coûte environ cinq millions de dollars, tandis que les drones iraniens valent vingt ou trente mille. Cela signifie donc que... #Rein Mullerson Plus le conflit se prolonge, plus le matériel et les logiciels militaires s’épuisent — le même matériel que les États-Unis fournissent ou vendent actuellement à l’Europe, et que les pays européens transmettent ensuite à l’Ukraine. Et je crois que certains analystes militaires — je ne suis pas moi- même analyste militaire — estiment que cette situation ne peut pas durer très longtemps. En tout cas, les États-Unis et les pays européens disposent désormais de moins de ces ressources, en particulier des intercepteurs et d’autres équipements militaires. Et le troisième facteur — peut-être, je ne sais pas quel impact il pourrait avoir — est qu’Israël et les États-Unis ont attaqué l’Iran alors que des négociations étaient en cours entre ces parties, entre les États-Unis et l’Iran, sur la manière de résoudre cette impasse. D’ailleurs, elle a été au moins en partie créée par le président Trump durant son premier mandat, lorsqu’il a rejeté le Plan d’action global commun de 2015, conclu entre les membres permanents du Conseil de sécurité plus l’ Allemagne d’un côté, et l’Iran de l’autre. Je pense donc que ce n’est pas la première fois que l’ Occident agit de manière trompeuse. Ce fut la même chose avec les soi-disant accords de Minsk, signés en 2015 après le coup d’État à Kiev. #Rein Mullerson -- 3 of 13 -- Le conflit était alors plus ou moins une guerre civile entre deux partis en Ukraine. L’Occident soutenait Kiev, tandis que la Russie soutenait ceux qui s’étaient rebellés contre les autorités de Kiev. Comme l’ont ensuite confirmé Angela Merkel, chancelière de l’Allemagne à l’époque, et le président Hollande de France, les accords de Minsk n’étaient pas destinés à être permanents. Ils visaient à donner à l’Ukraine le temps de devenir plus forte et mieux préparée à répondre à une éventuelle invasion russe. Bien sûr, pendant cette période, l’Occident a envoyé des armes et de l’argent à l’ Ukraine pour la renforcer. Je pense que cela montre aussi que, dans de telles guerres, on ne peut pas accorder beaucoup de confiance. Et je ne sais pas si cela a un impact supplémentaire, car la Russie — en particulier le président Poutine — n’est plus aussi naïve qu’il a pu l’être il y a plus de vingt ans, lorsqu’il est devenu président de la Russie. #Pascal Mais tout de même, je veux dire, la Russie, pendant toute l’année dernière — en 2025, en gros — s’ est montrée très disposée à dialoguer diplomatiquement avec les États‑Unis, n’est‑ce pas ? Nous avons eu M. Poutine récemment à Anchorage, en Alaska. Il y a eu au moins cinq réunions, à peu près, entre Vladimir Poutine et Steve Witkoff et son entourage — cet entourage diplomatique — comprenant Jared Kushner, le gendre de M. Trump. Pensez‑vous que ce dernier développement, lorsque les États‑Unis, une fois de plus — après tant de fois — ont utilisé la diplomatie pour tenter de tromper l’autre camp et l’amener à la complaisance... Ils l’ont déjà fait en juin 2025, lorsqu’ils ont attaqué l’Iran alors que les négociations étaient encore en cours. Et maintenant, ils recommencent, pendant une nouvelle série de pourparlers. Ils ont fait la même chose avec la Russie et les accords de Minsk, comme vous venez de le dire. À maintes reprises, les États-Unis — ou l’Occident — utilisent la diplomatie comme façade pour préparer un coup militaire dur contre leurs adversaires. Et la Russie semblait avoir accepté une nouvelle fois cette façade diplomatique l’année dernière. Pensez-vous que cela va changer maintenant, après l’attaque contre l’Iran ? #Rein Mullerson Pas nécessairement. Comme je l’ai dit, la Russie n’est pas naïve — elle ne l’a certainement jamais été. Je comprends que des négociations entre les États-Unis et la Russie, ou du moins certains contacts, se poursuivent. Et j’ai entendu dire que bientôt, probablement en Suisse, à Genève, ou peut-être ailleurs, une nouvelle rencontre aura lieu. C’est ce que j’ai compris, et elle n’a pas été annulée. La Russie ne va certainement pas l’annuler. Et bien sûr, je comprends que la Russie ne veut pas trop contrarier Trump. #Rein Mullerson L’une des raisons est celle-ci. -- 4 of 13 -- #Rein Mullerson Et la Russie espère que Trump fera pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte ce qu’on pourrait appeler — eh bien, il y a eu un article dans *Foreign Affairs* il y a un peu plus d’une semaine. #Rein Mullerson Et les contacts se poursuivent certainement. #Rein Mullerson D’après ce que je comprends, cette guerre contre l’Iran est une guerre menée au nom d’Israël. Je ne me souviens plus exactement combien de fois Netanyahu a visité Washington ou la Floride cette année, où il a rencontré Trump et, d’après ce que j’en sais, l’a persuadé d’attaquer l’Iran. Il semble que Trump n’était pas très enthousiaste au départ, et en particulier le vice-président, J.D. Vance, est, à mon avis, très mécontent de cette guerre. Et vous pouvez voir maintenant, aux États-Unis, qu’à l’intérieur même du pays, non seulement les démocrates mais aussi de nombreux républicains — et la population dans son ensemble — s’ opposent à ce conflit, à cette guerre contre l’Iran. Ce n’est pas