Au cœur de l’échange se trouve une réinterprétation contestée des guerres yougoslaves des années 1990 et des interventions de l’OTAN. Douglas Macgregor, s’appuyant sur son rôle opérationnel au sein de l’OTAN, présente le Kosovo comme une campagne politisée et motivée par un prétexte, façonnée par des planificateurs qui privilégiaient la puissance aérienne, le changement de régime et la création d’un « laboratoire » balkanique pour l’ingénierie sociale occidentale. Il souligne des distorsions des renseignements, une emphase disproportionnée sur la culpabilité serbe et le mépris occidental des sensibilités russes et régionales. David Gibbs situe ces affirmations dans un corpus plus large de recherches : il soutient que les actions de l’OTAN en Bosnie et au Kosovo ont fourni à l’alliance une raison d’être post‑guerre froide et ont normalisé l’intervention humanitaire. Les deux relient les interventions balkaniques à la géopolitique ultérieure — l’expansion de l’OTAN, la dépendance militaire européenne vis‑à‑vis des États‑Unis et la dégradation des relations avec la Russie — tout en contestant les récits qui privilégiaient les motifs humanitaires. La discussion met en lumière des biais
Article
La conversation explorée ici déconstruit la version dominante des guerres yougoslaves en montrant comment des logiques stratégiques, des calculs politiques et des présupposés idéologiques ont façonné la manière dont l’OTAN est intervenue en Bosnie puis au Kosovo. Ce qui émerge de l’échange, ce n’est pas seulement un récit de faits militaires, mais une interrogation sur la légitimation morale de l’usage de la force, le rôle des grandes puissances — en particulier la Russie — et la transformation de l’Europe en une zone de dépendance sécuritaire envers des instruments extra‑européens. L’analyse braque les projecteurs sur des décisions prises en amont, des évaluations erronées et des finalités politiques qui dépassaient souvent l’urgence humanitaire invoquée.
## Premiers avertissements concernant le Kosovo
La discussion rappelle que des signaux précurseurs ont été identifiés avant l’escalade ouverte au Kosovo : mouvements de population, propositions de transit vers des pays voisins et rapports de terrain faisaient déjà état d’un risque élevé de crise humanitaire. Ces avertissements ne sont pas présentés comme de simples faits isolés mais comme des éléments d’un tableau plus vaste qui révélait des dynamiques démographiques et politiques anciennes — migrations autorisées, pressions sur les majorités locales, et tensions sociales accumulées sous des régimes précédents. La conversation insiste sur le fait que ces signes auraient pu et dû conduire à des réponses diplomatiques et logistiques calibrées (prépositionnement d’aide, engagement avec des acteurs locaux, dialogues préventifs) plutôt qu’à une préparation immédiate à l’emploi de la force.
Surgit également l’idée que certains des récits développés à l’époque ont été modelés par des interprétations sélectives des événements : des incidents spectaculaires ont servi de déclencheurs médiatiques et politiques alors que des solutions administratives ou humanitaires, moins dramatiques, restaient négligées. L’échange met en garde contre la tentation de voir toute crise comme une justification automatique d’une intervention militaire, surtout quand des options moins coûteuses en vies et en souveraineté sont disponibles.
## Objectifs de l’ intervention et l’ALK
La conversation met en lumière la coexistence de plusieurs objectifs — déclarés et implicites — derrière l’intervention : protection des populations civiles, changement de régime, et transformation politique de l’espace yougoslave. Le récit dominant d’une opération strictement humanitaire est interrogé ; l’échange avance que l’intervention visait aussi à remodeler le paysage politique des Balkans, créant un « laboratoire » d’ingénierie sociale et géopolitique destiné à promouvoir des modèles gouvernanciels favorables aux intérêts occidentaux.
Un point central ressort : l’existence d’un courant de pensée qui considérait les opérations militaires comme un moyen de diffusion de la démocratie et d’un ordre régional réorganisé. Cette lecture postule que la défaillance d’institutions locales et le traumatisme des guerres civiles pouvaient être corrigés par des interventions extérieures assorties d’un encadrement politique. L’ALK (Armée de libération du Kosovo) est ici replacée dans un contexte où ses actions et son rôle ont été interprétés différemment selon les objectifs stratégiques des puissances extérieures — entre rébellion nationale, instrument de pression et catalyseur d’une intervention internationale.
## La Russie, l’OTAN et la guerre aérienne
L’échange souligne combien la question russe a été sous-estimée dans des analyses initiales, pour réapparaître ensuite comme un facteur déterminant, à la fois symbolique et stratégique. La Russie est présentée non seulement comme un acteur diplomatique avec des intérêts historiques dans la région, mais aussi comme une référence psychologique dans l’esprit des stratèges occidentaux : une limite implicite à ne pas franchir ou, au contraire, un horizon d’expansion démocratique à atteindre selon certains.
Sur le plan militaire, la conversation met en relief la confiance — parfois excessive — placée dans la puissance aérienne comme outil décisif et peu coûteux. L’idée que des bombardements pouvaient contraindre des décideurs politiques sans engager de troupes au sol est analysée comme une illusion partagée : efficaces pour produire une pression, les frappes aériennes restent limitées pour résoudre des problèmes politiques complexes. L’échange invite à considérer la guerre aérienne non comme un substitut aux démarches politiques mais comme une composante qui peut, paradoxalement, compliquer la résolution politique en infligeant dommages collatéraux et ressentiment.
## Rambouillet et le règlement du Kosovo
Le traité de Rambouillet et les négociations qui l’ont précédé sont interrogés comme un moment clé où la dynamique politique a basculé. La discussion présente Rambouillet non seulement comme une tentative de règlement mais aussi comme un test de volonté : accepter des termes perçus comme humiliants pour les uns, ou subir la coercition militaire pour les autres. Ce rendez‑vous diplomatique révèle les limites des formats multilatéraux confrontés à des exigences contradictoires — garanties de sécurité, autonomie locale, amnisties et retrait des forces.
La conversation pointe une tension constante entre l’exigence d’un accord rapide et la nécessité d’un compromis durable. Là où la pression pour une action immédiate prévalait, la qualité de l’accord a parfois souffert. Les implications de Rambouillet dépassent le cadre local : elles témoignent d’un modèle de règlement où la diplomatie est parfois subordonnée à l’ultimatum militaire, avec des conséquences pour la légitimité de l’ordre international.
## La dépendance de l’Europe envers l’OTAN et le récit de la guerre
L’échange met en relief une conséquence stratégique majeure : l’affirmation d’une dépendance européenne vis‑à‑vis de l’OTAN et, par extension, des capacités militaires américaines. Cette dépendance s’est consolidée à mesure que la Seine de sécurité européenne s’est organisée autour d’instruments transatlantiques plutôt que d’initiatives strictement européennes. La Bosnie et le Kosovo ont servi de justification à une architecture de sécurité où l’autonomie stratégique européenne restait limitée.
Parallèlement, la conversation s’attarde sur la construction d’un récit moral de la guerre — l’intervention humanitaire comme acte vertueux — qui a façonné l’adhésion politique et populaire. Ce récit a facilité l’acceptation d’un usage régulier de la force au nom de la protection civile, tout en rendant plus difficile la critique ou l’évaluation froide des conséquences à long terme. Le mélange de moralisation et de stratégie a contribué à normaliser l’interventionnisme, en Occident, comme une option de politique extérieure légitime.
## Les Balkans comme répétition générale pour la Russie
La discussion avance que les opérations dans les Balkans ont constitué, pour la Russie, une sorte de répétition générale dans la construction de scénarios d’influence et de réaction face à l’expansion de l’OTAN. Affirmer que les Balkans servaient d’antichambre à des confrontations plus larges n’est pas exagéré : la région a rappelé l’existence d’espaces d’influence traditionnelle russe et a montré comment des décisions occidentales pouvaient être perçues comme provocatrices.
L’échange souligne que sous‑estimer la symbolique historique et culturelle des liens russo‑serbes a été une erreur stratégique. Ces liens ont donné à la Russie une base morale et politique pour s’opposer aux interventions perçues comme effaçant ses zones d’influence. Ici encore, la dynamique révèle une dialectique : l’intervention occidentale, pensée comme stabilisatrice, a parfois nourri en retour une rhétorique et des postures russes plus vigoureuses, préparant le terrain pour des confrontations ultérieures au niveau européen et au‑delà.
## Intervention, neutralité et réflexions finales
La conve
Transcript
Ce qui s’est vraiment passé en Yougoslavie
| Douglas Macgregor & David Gibbs
Les guerres de Yougoslavie ne portaient pas sur une intervention humanitaire. Voici le témoignage d’
un homme étroitement impliqué dans les opérations de l’OTAN et d’un historien qui a étudié cette
époque de près. Le professeur David Gibbs et le colonel Douglas Macgregor comparent leurs points
de vue sur les guerres yougoslaves, le rôle de l’OTAN en Bosnie et au Kosovo, et la réflexion qui
sous-tendait la campagne de bombardements de 1999. Macgregor évoque son travail au sein du
commandement de l’OTAN, tandis que Gibbs établit un lien entre les interventions dans les Balkans
et l’élargissement de l’OTAN, la dépendance militaire de l’Europe, la Russie et les conflits ultérieurs.
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00 Introduction et contexte de la guerre dans les Balkans 00:03:21 Le rôle de la Russie en Bosnie et
au Kosovo 00:09:58 Premiers avertissements concernant le Kosovo 00:18:56 Objectifs de l’
intervention et l’ALK 00:27:49 La Russie, l’OTAN et la guerre aérienne 00:41:20 Rambouillet et le
règlement du Kosovo 00:53:42 La dépendance de l’Europe envers l’OTAN et le récit de la guerre 01:
09:16 Les Balkans comme répétition générale pour la Russie 01:22:42 Intervention, neutralité et
réflexions finales
#Pascal
Bon retour à tous dans cet épisode très spécial de Neutrality Studies, car aujourd'hui, nous allons
faire un peu d'histoire orale en direct. Nous accueillons le professeur David Gibbs, professeur
d'histoire à l'université d'Arizona, ainsi que le colonel Douglas MacGregor. Ces deux hommes ont en
commun un vif intérêt pour ce qui s'est passé dans les Balkans dans les années 1990 et au début
des années 2000. Le colonel Douglas MacGregor, parce qu'il y était en service, et le professeur
Gibbs, parce qu'il étudie de très près cette région et cette période. Depuis quelques semaines, ils
réagissent aux vidéos l'un de l'autre, sur cette chaîne et sur d'autres. Et nous voulons maintenant les
réunir. David, puis-je vous demander de commencer, peut-être, par ce que vous considérez comme
la partie la plus intéressante des guerres balkaniques, celle à laquelle Douglas MacGregor a déjà
réagi dans vos vidéos ?
#David Gibbs
Je vais simplement donner un peu de contexte, je suppose. Un contexte historique, et aussi
quelques éléments sur nous deux, au-delà de ce que vous avez dit. La Yougoslavie s’est disloquée
en tant qu’État en mille neuf cent quatre-vingt-onze. Cela a entraîné une série complexe de guerres
et de guerres civiles, notamment en Bosnie-Herzégovine. Le conflit y a été réglé en mille neuf cent
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quatre-vingt-quinze par une intervention militaire de l’OTAN, puis par un accord négocié sous l’égide
des États-Unis. Ensuite, il y a eu le Kosovo, en mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit et mille neuf cent
quatre-vingt-dix-neuf, là encore avec une intervention militaire de l’OTAN, suivie d’un accord négocié
par les États-Unis. Le colonel MacGregor a été impliqué de l’intérieur, et nous allons parler de son
expérience en tant que conseiller militaire auprès des participants américains à ces deux
événements. Pour ma part, j’ai écrit un livre sur ce sujet en deux mille neuf : « First Do No Harm:
Humanitarian Intervention and the Destruction of Yugoslavia ».
J’ai fait un podcast sur ce sujet il y a environ un an. Le colonel MacGregor l’a écouté, et c’est ce qui
nous a mis en relation. Je veux simplement souligner, au passage, que l’importance de la
Yougoslavie, autant que je puisse en juger, a été de fournir une formidable justification à l’OTAN,
ainsi qu’une nouvelle raison d’être à l’OTAN. Elle a aussi permis de justifier entièrement l’intervention
militaire comme un acte humanitaire, et de créer, tant aux États-Unis qu’en Europe, toute une
nouvelle base politique favorable à l’intervention militaire. Je dirais que cela a été particulièrement
vrai à gauche, sur le plan politique, où le recours à la force militaire est devenu presque un acte
idéaliste. Mais quoi qu’il en soit, le colonel MacGregor dispose évidemment de beaucoup d’
informations sur ce sujet, qui vont bien au-delà de ce que je viens de présenter.
Permettez-moi de commencer par ce qui est peut-être l’aspect le plus intéressant. C’est bien sûr la
guerre actuelle entre l’OTAN et la Russie, qui se déroule sur le théâtre ukrainien. Quand j’ai écrit
mon livre, en deux mille neuf, il y avait une faiblesse dans cet ouvrage. Et je vais être franc, je vais
faire un peu mon autocritique. Je n’ai pas vraiment beaucoup traité la question de la Russie. À l’
époque, je considérais la Russie, je pense à tort, comme une question périphérique, compte tenu de
son extraordinaire faiblesse dans les années quatre-vingt-dix. Je pensais que, pour cette raison,
personne ne prêtait vraiment beaucoup d’attention à la Russie. Avec le recul, je pense que c’était un
traitement insuffisant de cette question. J’aimerais donc vous demander, colonel, quelle est votre
opinion sur le rôle joué par la Russie, tant en termes d’implication directe que, plus important
encore, dans l’esprit des responsables américains et des responsables de l’OTAN ? Et comment la
question russe a-t-elle influencé la conduite des États-Unis et de l’OTAN en Bosnie et au Kosovo ?
#Douglas Macgregor
Eh bien, tout d’abord, je pense que votre livre est excellent, et que votre intervention dans le
podcast était de tout premier ordre. Je peux aussi plaider coupable : à l’époque, je n’ai pas compris
toute la portée de ce qui se passait. J’y ai d’abord été impliqué en 1995, pendant plusieurs mois,
avant les accords de Dayton. Puis j’y suis retourné pour ces accords. J’ai donc sillonné toute la
Bosnie-Herzégovine et j’ai rencontré beaucoup de gens intéressants. Et, à ce moment-là, je n’ai pas
perçu certaines choses que vous avez déjà évoquées : le fait qu’il s’agissait en réalité d’un terrain d’
essai pour de futurs recours à la force par les États-Unis et leurs soi-disant alliés, dans d’autres
endroits, justifiés par ces prétentions d’intervention humanitaire, et ainsi de suite. Je dis «
prétentions » parce qu’elles n’étaient pas toutes exactes ni vraies.
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Je n’avais pas mesuré à quel point la Russie occupait une place importante dans l’esprit des gens
avant que tout soit presque terminé au Kosovo. Et c’est là que j’ai commencé à en prendre
conscience. Mais moi non plus, je n’en étais pas pleinement conscient, parce que les deux sont liés,
mais très différents. À mon sens, la deuxième série d’interventions au Kosovo a commencé sur des
bases bien plus fragiles que ce qui s’était passé en Bosnie-Herzégovine. En Bosnie, on pouvait
évoquer quelque chose comme Srebrenica, qui n’était pas nécessairement le massacre de masse qu’
on a présenté, mais qui était important. C’était évident. C’était visible. Les Néerlandais ont
lamentablement échoué à protéger les gens. Ils sont partis, ils ont laissé tomber, ils ont abandonné
la population locale. Un grand nombre de personnes ont ensuite été abattues inutilement.
Il y avait bien des camps de viols, où des femmes étaient détenues jusqu’à ce qu’elles soient
finalement enceintes, afin qu’elles aient des enfants. Je crois que le terme était « petits Tchetniks ».
Et ce n’est pas nouveau dans les Balkans. Le viol de masse est très courant dans l’Histoire, pour
transformer des populations en quelque chose qu’elles n’étaient pas. Et, bien sûr, cela avait
beaucoup à voir avec l’avancée des forces soviétiques. Ce n’était pas seulement, vous savez, un loisir
pour les troupes qui avançaient. C’était aussi fait délibérément pour essayer de détruire l’identité
nationale, et ainsi de suite. Le Kosovo, en revanche, était un peu différent. C’était plus difficile à
lancer, disons-le ainsi. Et lorsque le général Clark, pour qui je continue d’avoir de l’affection et une
grande estime sur le plan personnel, m’a abordé pour la première fois, il m’a dit : « Écoutez, je veux
que vous y alliez et que vous fassiez ça. »
Au départ, je devais être directeur de la stratégie ou de la planification stratégique, puis, avec un
peu de chance, passer directeur des opérations interarmées, parce que c’était un poste d’officier
général. J’étais colonel, donc ce poste était au grade de général de brigade. Évidemment, je n’allais
jamais être promu, mais à ce moment-là, il essayait encore. Et le Britannique qui m’avait précédé est
parti, donc j’ai pu suivre tout le processus. Mais ce qui commence avec le Kosovo est très différent
de ce que vous pourriez imaginer. Quand je suis allé rencontrer ce général de division de l’Armée de
l’air, pour lequel j’allais théoriquement travailler, il n’avait jamais entendu parler du Kosovo. L’un de
mes premiers points avec lui a donc été : « Est-ce que quelqu’un se penche sur le Kosovo ? »
Il faut comprendre que toute ma formation porte sur les études européennes. Les gens me
demandent : « Qu’est-ce que vous avez étudié en troisième cycle, pour votre doctorat et tout ça ? »
Je réponds : « Les Allemands et les Russes. » C’est la façon la plus simple de le dire. Ce sont les
deux domaines sur lesquels je me suis concentré, avec, à côté, quelques Polonais et Tchèques, et,
dans une moindre mesure, les Hongrois. Mais, vous savez, on ne peut pas travailler sur le sujet sans
s’intéresser aussi, dans une certaine mesure, aux Balkans. Et je connaissais très bien les Slovènes et
les Croates, parce qu’ils ont une relation millénaire avec les Allemands catholiques romains qui vivent
en Autriche et dans le sud de l’Allemagne. Là-bas, tout le monde parle allemand. C’était donc une
autre raison pour laquelle on m’a choisi pour y aller : je parlais couramment allemand.
#Pascal
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Juste une petite précision, très rapide. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c’est de vous
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dessous. À bientôt.
#Douglas Macgregor
Alors, quand tout ça a commencé, j’ai demandé : « Et le Kosovo ? Il est où, le Kosovo ? » Personne
n’en avait entendu parler. Au bout d’environ trois mois sur place — on était en janvier, février, mars
— l’un de mes officiers, un homme très brillant qui s’appelait Cricks, est venu me voir. C’était un
major de l’armée américaine. Il est à la retraite aujourd’hui, et il était venu auprès de moi comme
officier du renseignement. Nous avions des officiers du renseignement canadiens, britanniques et
français. Nous avions des officiers d’état-major allemands. Dix-neuf nations différentes étaient
représentées dans les opérations conjointes, toutes concentrées sur les Balkans. Et il est venu me
voir et il m’a dit : « Voici un article de journal qui avait été traduit du bulgare — qui était, à toutes
fins utiles, la langue de la Macédoine — puis traduit en anglais. » Et je l’ai lu.
Tout tournait autour d’une proposition du président de la Macédoine. Lorsque tous les Albanais
fuyaient le Kosovo, on allait leur ouvrir un passage pour entrer en Macédoine, contourner la chaîne
de montagnes, puis descendre en Albanie. Parce qu’on l’avait dit très clairement : nous avons déjà
plus d’Albanais que nous n’en voulons en Macédoine. Nous n’en voulons pas davantage. C’est donc
un bon moyen pour eux de passer en Albanie, qui est, après tout, l’endroit où tous les Albanais ont
leur place. Alors j’ai regardé ça. Je me suis dit : c’est intéressant. J’ai donc ouvert les livres. J’ai
commencé à tout lire, y compris, croyez-le ou non, des rapports de la Waffen-SS sur les Albanais
envoyés s’entraîner. Et les SS les considéraient comme les pires personnes, les plus horribles, les
plus atroces qu’ils connaissaient, et parlaient de la manière dont ils avaient arrêté les Albanais.
#David Gibbs
Les SS les considéraient ainsi ?
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