La chute de l’Empire
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Au cœur de cet échange, le Dr Michael Brenner soutient que la politique étrangère américaine relève bien plus de la continuité que de la rupture, retraçant des objectifs hégémoniques globaux persistants jusqu’au plan Wolfowitz de 1991. Il soutient que les États-Unis ont depuis longtemps poursuivi, de facto, un contrôle impérial — recourant à des moyens militaires, économiques et clandestins — pour empêcher l’émergence de puissances rivales, et que le mandat de Trump supprime principalement des contraintes rhétoriques antérieures, révélant une pratique plus impitoyable plutôt que des objectifs nouveaux. Brenner caractérise Trump comme inapte sur le plan tempéramental — narcissique malveillant et d’une vision fascisante — dont l’incohérence incite les conseillers à opérationnaliser ses slogans, tandis que les institutions intérieures glissent vers une autocratie oligarchique. Cette dégénérescence interne, avertit‑il, sape le soft power et la légitimité des États-Unis, tout en accroissant un comportement extérieur imprudent (tarifs, interception de navires, guerres par procuration). Les élites européennes, suggère‑t‑il, partagent une vision illusoire de la Russie et omettent de prendr
Article
## Aperçu & Introduction
La conversation enregistrée propose une lecture pénétrante de la posture internationale américaine et de sa dynamique intérieure : loin d’être un tête-à-tête isolé entre personnalités, elle décrit un système dont la logique stratégique a été remarquablement constante depuis la fin de la guerre froide, tout en montrant comment cette continuité se conjugue aujourd’hui avec une décomposition politique interne qui pourrait rendre la stratégie extérieure plus dangereuse encore. Le propos central tient à une double constatation : d’un côté, l’orientation hégémonique formulée dès 1991 demeure vivace et opérationnelle ; de l’autre, l’effondrement partiel des mécanismes démocratiques et la personnalité chaotique du dirigeant rendent la projection de puissance américaine plus imprévisible et moins adhérente aux contraintes du réel. L’échange mobilise ces deux axes pour interroger non seulement les choix concrets (ingérences, armements, alliances), mais aussi la légitimité et la viabilité d’un empire en déclin.
## Continuité de la stratégie dans le camp Trump
L’un des filaments récurrents de la discussion est l’idée que, malgré les apparences, Donald Trump n’a pas rompu avec la logique stratégique americaine post‑1991. La surprise d’un certain public, qui espérait voir émerger un artisan de paix ou au moins un retraitiste, s’est heurtée à la réalité des décisions : en pratique, les administrations successives — de Clinton et Obama à Trump, puis à Biden — ont gardé la même réticence fondamentale à accepter des compromis qui protégeraient réellement les intérêts stratégiques d’un rival comme la Russie. Cette continuité s’explique par une conception enracinée du rôle américain : maintenir une capacité d’influence globale, empêcher l’émergence de rivaux susceptibles de contester durablement la suprématie américaine, et, si besoin, utiliser tous les instruments du pouvoir pour atteindre ces objectifs. L’échange souligne que l’instrumentalisation de tiers (alliés européens, ONG, acteurs privés) pour déléguer les tâches les plus risquées relève d’une division du travail au service d’un impératif : préserver la position dominante des États‑Unis sur l’échiquier mondial.
## Ingérence américaine et point de vue russe sur les accords
La pièce maîtresse de la contestation russe, telle que présentée dans la conversation, est l’accusation d’ingérence systématique. Les dirigeants russes rappellent, de façon répétée, que des principes implicites — et, selon eux, explicités dans certains accords de l’après‑Guerre froide — auraient été violés par des interventions occidentales dans les affaires intérieures d’États tiers. Du point de vue évoqué dans l’échange, la réaction russe est moins une simple paranoïa qu’une réponse stratégique à une réalité perçue : l’expansion d’institutions de sécurité occidentales ou l’influence directe et indirecte sur les gouvernements voisins représentent, pour Moscou, une menace existentielle. Pour sortir de l’escalade, la conversation insiste sur la nécessité de concevoir des compromis minimaux réalistes — par exemple, une Ukraine neutre et militairement affaiblie, reconnue comme telle par les grandes puissances — qui répondraient aux préoccupations fondamentales de sécurité russe. Or ces options ont été largement écartées, non pas seulement par Trump mais par des administrations précédentes, ce qui alimente la thèse d’une politique occidentale déconnectée de la logique stratégique russe.
## Le plan Wolfowitz pour l’ hégémonie mondiale
Un moment clé de l’analyse prend appui sur le mémo de Paul Wolfowitz de 1991, présenté comme l’expression documentaire la plus limpide de la visée hégémonique américaine après la disparition de l’URSS. Même si le document fut officiellement désavoué, il incarne une ambition : empêcher toute montée en puissance susceptible de menacer la prééminence américaine et institutionnaliser un contrôle politique global. La conversation soutient que, loin d’être un reliquat marginal, ce schéma a façonné la culture des élites de la politique étrangère américaine et continue d’orienter les choix — expansion d’alliances, pressions économiques, interventions militaires indirectes et directes. La logique est simple et implacable : pour maintenir l’ordre global selon les intérêts américains, il faut contrôler les principaux terrains géopolitiques et neutraliser les trajectoires d’autonomie stratégique d’acteurs émergents. Les conséquences sont visibles : confrontation prolongée en Europe de l’Est, compétition ouverte en Asie, et tentatives de préserver un réseau d’États et d’institutions alignés sur Washington.
## Mécanismes de contrôle américains et contre-pouvoirs émergents 00: 19:26 Trump : véritable rupture ou continuité du système ?
L’échange dissèque aussi les instruments par lesquels l’empire exerce son influence : pressions économiques (tarifs, sanctions), campagnes d’influence menées par des ONG et opérateurs privés, et recours aux proxy wars — c’est‑à‑dire l’utilisation d’alliés et de partenaires pour conduire des opérations à moindre coût politico‑militaire. Ces mécanismes permettent de fractionner la charge politique et de prolonger l’emprise américaine sans engager pleinement ses forces. Paradoxalement, la prétendue rupture promise par certains discours « America First » s’est traduite, concrètement, par une exposition plus nette des méthodes de coercition : Trump a parfois levé le voile sur des pratiques déjà existantes, les rendant plus visibles. Mais le plus important n’est pas tant la méthode que la réaction qu’elle suscite. La croissance d’alternatives structurées — rapprochement sino‑russe, renforcement des BRICS, et recomposition d’institutions régionales hors du giron occidental — manifeste un contre‑pouvoir international qui remet en cause la méthode de contrôle héritée de la Guerre froide. La montée de ces alternatives inquiète profondément ceux qui pensent la politique étrangère américaine en termes de maintien d’une hiérarchie mondiale.
## Révolution interne américaine : de la démocratie à l’autocratie
La seconde grande ligne de force de la discussion porte sur la transformation interne des États‑Unis. Selon l’analyse présentée, la société américaine est traversée par des ressentiments et des obsessions culturelles exploitées par des forces politiques qui ont réussi à transformer une part significative de l’électorat en base identitaire plus qu’en électorat programmatique. La figure du dirigeant, décrite dans le propos du Prof. Michael Brenner, sert à mettre en lumière cette mutation : l’ascension d’un leader personnel, chaotique dans son style et autoritaire dans ses appels, traduit une fragilisation des garde‑fous institutionnels et une possible dérive vers un autoritarisme « à l’américaine ». Le diagnostic est sévère : un pays avec une longue tradition constitutionnelle peut, en période de déstabilisation culturelle et médiatique, s’orienter vers des formes politiques moins libérales. La personnalité du dirigeant n’explique pas tout, mais elle catalyse et accélère des tendances préexistantes — polarisation, personnalisation du pouvoir, affaiblissement des normes institutionnelles.
Cette révolution interne n’est pas seulement symbolique ; elle a des effets tangibles sur la politique étrangère. Un exécutif moins contraint, plus impulsif et davantage susceptible de se laisser guider par des conseillers opportunistes rend la projection du pouvoir plus erratique. L’argument avancé dans l’échange est que Trump, de par son incapacité à organiser une stratégie cohérente, ouvre des fenêtres de pouvoir pour des acteurs au sein de son équipe qui peuvent instrumenter sa rhétorique pour pousser des décisions alignées sur des intérêts profonds — continuant ainsi la politique d’hégémonie tout en en modifiant le vernis démocratique.
Conclusion — Implications et risques
La combinaison d’un impératif stratégique ancien et d’une crise politique interne crée un cocktail dangereux. D’un c
Transcript
La chute de l’Empire
Alors que l’Occident reste prisonnier d’un monde imaginaire qu’il s’est lui-même imposé à propos de
la Russie, s’accrochant à des visions dépassées de Moscou tout en abandonnant simultanément les
normes internationales à travers des actes de « piraterie », la structure interne des États-Unis subit
une transformation révolutionnaire vers une autocratie à l’américaine. Cette décomposition interne
rend-elle la politique étrangère américaine encore plus imprudente et déconnectée de la réalité ?
Aujourd’hui, je m’entretiens à nouveau avec le Dr Michael Brenner. Michael est professeur émérite d’
affaires internationales à l’Université de Pittsburgh et chercheur au Center for Transatlantic Relations
de l’université Johns Hopkins. Nous explorons pourquoi il existe bien plus de continuité que de
changement dans la politique étrangère américaine, en retraçant la stratégie jusqu’au plan Wolfowitz
de 1991 pour l’hégémonie mondiale. Nous analysons la nature de Donald Trump — décrit comme un
fasciste et un psychopathe clinique incapable de planification cohérente — et comment son
administration ne fait que lever le voile sur la prétendue démocratie constitutionnelle américaine. De
plus, nous décryptons l’illusion collective partagée par les dirigeants occidentaux, qui ignorent les
besoins stratégiques déclarés de la Russie tout en poursuivant des confrontations dangereuses
risquant de déboucher sur des conséquences catastrophiques. Liens : Substack Neutrality Studies :
https://pascallottaz.substack.com Boutique : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com Chapitres
: 00:00:00 Aperçu & Introduction 00:01:41 Continuité de la stratégie dans le camp Trump 00:05:39
Ingérence américaine et point de vue russe sur les accords 00:08:00 Le plan Wolfowitz pour l’
hégémonie mondiale 00:14:13 Mécanismes de contrôle américains et contre-pouvoirs émergents 00:
19:26 Trump : véritable rupture ou continuité du système ? 00:27:02 Révolution interne américaine :
de la démocratie à l’autocratie
#Guest
Les gens en Occident, les soi-disant dirigeants — et tu as tout à fait raison, je parle des Européens —
, bien qu’ils ne soient pas des psychopathes ou des fascistes déclarés comme Trump, vivent dans
leur propre monde imaginaire et sont incapables d’affronter Poutine personnellement et la Russie
telle qu’elle est objectivement, plutôt que la Russie telle qu’ils l’imaginent — comme une sorte de
menace redoutable à l’horizon.
#Pascal
Bonjour à tous. Ici Pascal des Études sur la Neutralité, et aujourd'hui je m'entretiens avec le Dr
Michael Brenner. Michael est professeur émérite en affaires internationales à l'Université de
Pittsburgh et chercheur au Centre pour les Relations Transatlantiques de Johns Hopkins. Michael,
bienvenue à nouveau sur la chaîne.
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#Guest
Eh bien, Pascal, je suis ravi d'être de retour avec vous.
#Pascal
Toujours ravi de vous parler. Vous êtes l'une des voix et des esprits qui analysent réellement la
situation actuelle sous un angle très réaliste. J'aimerais donc recueillir votre avis sur les événements
les plus récents aux États-Unis en matière d'affaires internationales. Par exemple, nous avons eu la
récente annonce ou le discours de Donald Trump et Pete Hegseth devant quelques centaines de
généraux et d'amiraux. Et maintenant, il y a la promesse des États-Unis de fournir des missiles
Tomahawk. Pouvez-vous me dire, de votre point de vue, en étant aux États-Unis, comment tout cela
vous apparaît ?
#Guest
Eh bien, commençons par quelques points élémentaires mais fondamentaux. Premièrement, je ne
crois pas qu’il y ait eu de changement dans la perspective stratégique, la vision générale de Donald
Trump—dans la mesure où il réfléchit de manière cohérente et logique—ou parmi ses principaux
collaborateurs. Je pense que, durant le premier mois ou deux, ou disons les premières semaines de
son administration, il y a eu beaucoup de malentendus quant aux véritables objectifs ou buts
principaux de Trump, notamment en ce qui concerne l’Ukraine. Beaucoup étaient prêts à le voir
comme un artisan de paix, ou du moins un médiateur, même si les États-Unis étaient alors, et sont
restés, une partie belligérante dans la guerre. Et l’impossibilité de concilier ces deux rôles—alliés et
belligérants d’un côté, et prétendu médiateur de l’autre—semble avoir échappé à beaucoup,
beaucoup de gens.
Mais gardons à l’esprit que, dès le départ, il n’y avait aucune preuve tangible ni aucune déclaration
de la part de Trump ou de ses principaux collaborateurs indiquant une volonté d’accepter ce qui
constituait les termes fondamentaux—les termes minimaux—que les Russes accepteraient comme
base pour une forme quelconque de règlement. Vous savez, on a beaucoup entendu parler de soi-
disant cessez-le-feu, voire d’échanges de territoires—c’est-à-dire ces parties de l’Ukraine de 2014
occupées par la Russie—en échange d’un arrêt des hostilités sur place. Mais la vérité, c’est que, dans
la mesure où ce dernier ensemble de compromis a été envisagé, ils ne répondaient toujours pas aux
principales préoccupations stratégiques de la Russie, à savoir garantir que l’Ukraine ne soit plus
jamais utilisée comme plateforme pour attaquer, affaiblir ou saper de quelque manière que ce soit la
sécurité de la Russie.
Et cela demeure encore aujourd'hui, comme le répètent presque chaque semaine le président
Poutine et M. Lavrov, ce que M. Poutine a d'ailleurs réaffirmé aujourd'hui lors de la conférence de
Valdaï. Cela se traduit par une Ukraine neutre, militairement affaiblie, qui n'aurait aucune affiliation
institutionnelle avec une organisation de sécurité occidentale—et la reconnaissance formelle de cet
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état de fait par les États-Unis et toutes les puissances occidentales. En ce qui concerne
l'administration Trump, ainsi que son successeur, l'administration Biden—et il faut également
mentionner la première administration Trump et l'administration Obama après 2014—c'est quelque
chose qu'ils n'ont jamais été prêts à accepter. Ainsi, je pense que, dès le départ, toute perspective
de règlement négocié et de stabilité relativement durable n'a jamais été envisageable.
#Pascal
Puis-je simplement vous demander ici—je continue d’interpréter ce que font les États-Unis en ce
moment comme une tentative de façonner, ou d’ajuster, leur sphère d’influence : les endroits où ils
peuvent dicter aux autres comment les choses doivent se passer. L’Ukraine en est bien sûr un
exemple frappant, car nous savons à quel point il y a eu d’ingérence américaine dans le processus
politique interne, ce qui est explicitement quelque chose que les Russes considèrent comme une
violation directe des accords politiques de 1991 qui avaient été conclus—à savoir qu’il n’y aurait pas
d’ingérence mutuelle dans les États tiers. C’est l’argument principal que les Russes utilisent pour dire
: « Regardez, ce n’est pas nous qui avons rompu ces accords en premier ; ils ont été rompus par les
États-Unis. » Est-ce aussi ainsi que vous le voyez—que les États-Unis cherchent sans cesse à établir
le précédent selon lequel ils auraient le droit de dire à d’autres États, y compris ceux qui sont
immédiatement voisins de la Russie et de la Chine, comment leurs processus doivent se dérouler ?
#Guest
Eh bien, cela est désormais devenu manifestement vrai et s’est fait au grand jour, alors que par le
passé, je ne crois pas que les prédécesseurs de M. Trump se soient privés d’une très large marge de
manœuvre quant aux moyens, aux lieux et aux objectifs pour lesquels les États-Unis pouvaient
exercer leur pouvoir ou leur influence coercitive—qu’elle soit militaire, économique, ou par des
moyens moindres ou plus tangibles. Ce que Trump a fait au cours des huit derniers mois, c’est, en
effet, tirer le rideau encore quelque peu opaque et révéler à quel point les États-Unis sont et ont été
impitoyables dans leur volonté d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour parvenir à leurs fins.
Que signifie « parvenir à ses fins » ? Eh bien, pensons-y d’abord en termes stratégiques généraux.
La ligne directrice de la pensée américaine sur le monde d’après la guerre froide, qui remonte
maintenant à près de 35 ans, est restée constante.
Et cela a été exprimé de manière très concise dans la célèbre note de Paul Wolfowitz, rédigée en
mars 1991 alors qu’il était haut fonctionnaire au sein du département de la Défense. Il s’agissait, en
quelque sorte, d’une note « strictement confidentielle » destinée au président et au secrétaire à la
Défense. Elle a fuité, et le président Bush l’a désavouée. Mais ce document, et son plan assez
détaillé—en fait, un véritable schéma directeur—expliquait comment les États-Unis devaient et
pouvaient, en pratique, non seulement conserver une position dominante dans les affaires
internationales, mais aussi parvenir à institutionnaliser une suprématie qui serait mondiale,
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géographiquement globale et durable. Il y avait un passage célèbre dans lequel il était préconisé que
l’un des aspects principaux de cette stratégie serait d’empêcher ou de prévenir l’émergence de toute
autre puissance susceptible de remettre en cause l’hégémonie américaine.
Et l’hégémonie, telle qu’elle est comprise et clairement énoncée dans le mémo Wolfowitz, signifiait
réellement un contrôle impérial—sinon un contrôle physique direct, alors un contrôle politique de
facto du système mondial. Officiellement désavouée par le premier président Bush—Bush l’Ancien,
appelons-le ainsi—, la perspective de Wolfowitz est en réalité devenue, au cours des trois décennies
et demie suivantes, largement acceptée, presque une sorte de vision universelle partagée par les
élites de la politique étrangère américaine, et l’on pourrait même dire par la classe politique
américaine en général. Ce que nous voyons sous Trump en est la manifestation la plus concrète et la
plus flagrante : la conviction que les États-Unis doivent, en effet, et peuvent dicter les termes des
relations avec tout autre pays qu’ils considèrent comme ayant une quelconque importance dans le
monde, afin d’assurer cette position dominante américaine.
Cela implique des ingérences de toutes sortes, qu'elles soient militaires—attaquer l'Iran—ou
commerciales. On peut citer comme exemple marquant la campagne tarifaire. Qu'il s'agisse
d'intimidation politique exercée non seulement sur des rivaux potentiels, non seulement sur des
parties neutres comme l'Inde, mais même sur ses soi-disant amis et alliés, qui, depuis la fin de la
Seconde Guerre mondiale, ont toujours adopté une attitude de déférence envers les États-Unis et se
voient maintenant, en fait, obligés—sous la pression de Trump (je dis "obligés" selon leur propre
point de vue ; je ne parle pas objectivement)—de certifier leur statut de vassal. Ainsi, il n'y a plus
grand-chose d'obscur quant aux intentions américaines, aux objectifs extrémistes des États-Unis, ou
aux moyens employés pour les atteindre.
#Pascal
Vous savez, ce que vous exposez est un argument que Brian Berletic avance également de manière
récurrente, et je pense que c’est pour de très bonnes raisons. Il appelle cela une continuité d’agenda
et une division du travail. Autrement dit, assurer la continuité de l’agenda—l’hégémonie des États-
Unis—par exemple, en confiant désormais la guerre par procuration en Ukraine aux Européens.
Ainsi, la division du travail permet à l’empire de se concentrer sur d’autres régions. Et ce que nous
avons vu récemment au Népal, ainsi que les émeutes en Indonésie, etc., sont des exemples de la
manière dont les États-Unis utilisent leur capacité d’action secrète, via des ONG, pour faire pression
sur d’autres États afin qu’ils se conforment à leur ligne. Et ce que nous voyons au Venezuela, par
exemple, c’est simplement un moment où ils recourent à la violence pure et simple pour reprendre le
contrôle de leur hémisphère.
Maintenant, la question que je me pose, cependant, c’est que, même s’il devient de plus en plus
évident que Donald Trump n’est pas une exception,