Les va-t-en-guerre américains montent d’un cran

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Le Dr Warwick Powell soutient que la rhétorique et la politique américaine croissantes à l’égard de la Chine reflètent un militarisme américain enraciné qui vise la contention plutôt que la résolution des conflits. Il situe l’escalade récente — illustrée par la rhétorique de Shangri‑La du secrétaire Austin et l’obsession autour d’un prétendu calendrier 2027 — dans le cadre d’une stratégie plus large visant à pousser les alliés régionaux à se militariser et à perpétuer la présence américaine. Powell retrace cet élan à un schéma ancien d’interventions qui entretiennent le conflit pour justifier des bases, des transferts d’armements et une influence géopolitique, renforcé par des récits d’exceptionnalisme américain. Il oppose les hypothèses occidentales selon lesquelles la Chine agirait comme les États‑Unis à des scénarios où Pékin privilégierait des mesures défensives et non invasives (un cordon maritime/zone d’exclusion aérienne rapide) et des protestations diplomatiques, imposant des choix difficiles aux États‑Unis et aux États régionaux. Powell avertit qu’une erreur de calcul pourrait entraîner l’implication de la RPDC et de la Russie, risquant une escalade multi‑nucléaire, tout e

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## Une pente vers la guerre de plus en plus glissante La conversation met en lumière une tendance inquiétante : une partie importante de l’establishment politique et militaire américain semble de plus en plus déterminée à envisager la confrontation avec la Chine comme une politique d’État normale, sinon inévitable. Cette logique ne relève plus du simple avertissement verbal ; elle se traduit par une rhétorique de mobilisation, des pressions sur les alliés régionaux pour accroître leurs capacités militaires et par des mesures concrètes—livraisons d’armes, exercices, postures—qui structurent un cycle d’escalade. Le risque majeur n’est pas seulement une erreur de calcul ponctuelle, mais la normalisation d’une stratégie qui entretient le conflit comme raison d’être d’une présence géopolitique prolongée. ## Montée des va-t-en-guerre et rhétorique d’urgence La séquence qui a déclenché la récente inquiétude publique fut un discours qui appelait littéralement les alliés à « s’armer » contre une menace chinoise présentée comme imminente. Tel que l’a rappelé Dr. Warwick Powell, ce type de déclarations fonctionne comme un appel aux armes : l’ennemi est décrit non seulement comme puissant mais pressant, ce qui légitime une accélération des préparatifs militaires. Quand la diplomatie cède la place à la dramaturgie sécuritaire, les politiques publiques se modèlent sur une logique d’alerte permanente. Cela se traduit par une double stratégie américaine : d’une part, renforcer la capacité de projection militaire et, d’autre part, persuader ou contraindre des États régionaux (Japon, Philippines, Australie, Taïwan) de « partager » la charge de l’affrontement. ## La date magique : 2027 et la fabrication d’un horizon d’hostilité Une illustration frappante de cette mobilisation discursive est l’apparition obsédante de l’année « 2027 » dans les analyses et les rapports occidentaux. Dr. Warwick Powell souligne que cette date n’est pas un jalon officiel annoncé par Pékin mais l’invention d’acteurs militaires occidentaux et de commentateurs, réappropriée ensuite par le débat public comme une prophétie auto-réalisatrice. Le phénomène est instructif : en fabriquant un horizon temporel, les stratèges occidentaux donnent aux politiques d’armement un point focal qui facilite le financement, la rhétorique de l’urgence et la normalisation d’une posture coercitive. La conséquence est que la préparation devient en soi une justification de la menace, et la menace justifie encore davantage la préparation. ## Le militarisme américain comme mécanisme systémique Au-delà des discours, le propos de Dr. Powell rappelle des données alarmantes : les États-Unis ont mené un nombre exceptionnel d’interventions depuis la Seconde Guerre mondiale, avec une intensification marquée après 1991. Les interventions ne semblent pas seulement répondre à des crises, elles les prolongent et parfois les provoquent. Cette dynamique tient à un double récit : d’un côté, l’exceptionnalisme qui fonde une prétention morale à intervenir (« nous devons sauver / stabiliser ») ; de l’autre, une rationalisation stratégique selon laquelle la présence militaire américaine crée un « équilibre » que les acteurs locaux ne sauraient atteindre seuls. Le résultat est un appareil d’intervention qui tend à perpétuer l’instabilité parce qu’il tire sa légitimité et ses ressources de la persistance de la menace. ## Les mécanismes par lesquels la politique extérieure alimente la conflictualité La conversation met en lumière plusieurs mécanismes concrets par lesquels la politique extérieure américaine peut transformer des tensions gérables en conflits prolongés. Le premier est la militarisation des relations : bases permanentes, ventes d’armes et exercices conjoints augmentent les chances d’incidents. Le second est la stratégie de rivalité technologique et économique—sanctions, tentatives d’isoler des chaînes d’approvisionnement stratégiques—qui creuse des vulnérabilités et crée des réponses coercitives. Troisièmement, il y a la manipulation de récits : attribuer des intentions belliqueuses à l’adversaire ou inventer des échéances (comme 2027) crée un discours qui polarise et verrouille les options diplomatiques. Ensemble, ces leviers transforment la politique étrangère en machine à produire des conditions de confrontation. ## Résilience et limites des autres acteurs : la retenue comme frein aux excès Face à cette poussée, la réaction des autres grandes puissances est significative : jusqu’à présent, Pékin et Moscou ont souvent affiché une retenue stratégique, cherchant à moderniser leurs moyens sans céder à la provocation systématique. Dr. Powell note que cette prudence a jusqu’ici évité une remontée en tension irréversible. Mais la patience nationale a des limites ; si Washington pousse trop loin—par la rhétorique, par l’élargissement des alliances militaires ou par des actes provoquant des réponses—la situation pourrait basculer. Les alliés régionaux, eux aussi, ne sont pas des acteurs neutres : poussés ou encouragés par les États-Unis, ils peuvent devenir les instruments délégués d’une politique d’affrontement, accroissant la probabilité d’un incident majeur par procuration. ## Comment éviter la guerre : pistes politiques et stratégiques Prévenir un affrontement d’ampleur exige de désamorcer les mécanismes d’escalade qui ont été identifiés. Première piste : remettre en cause la logique d’urgence construite par des dates et des prophéties militaires. Les décideurs et les médias devraient exiger des évaluations transparentes et diversifiées des capacités et des intentions, en n’accordant pas une foi automatique aux batteries d’experts militaires qui fournissent des scénarios catastrophes. Deuxième piste : rééquilibrer le poids des instruments non militaires dans la politique extérieure—développement économique, coopération scientifique, dialogues institutionnels pérennes—afin que la sécurité ne devienne pas l’unique mesure de la santé des relations internationales. Troisième piste : renforcer des mécanismes régionaux de gestion des crises, impliquant des acteurs asiatiques sans exclusive américaine systématique, pour créer des canaux locaux capables d’absorber les tensions. Enfin, promouvoir des normes internationales claires contre la militarisation des différends (contrôles de crise, lignes directrices pour les exercices, accords sur les incidents en mer) peut réduire les risques d’escalade accidentelle. ## Les enjeux éthiques et durables d’une stratégie de confrontation Au plan moral et politique, il est crucial de questionner la légitimité d’une diplomatie qui fait de la préparation au conflit sa boussole. L’argument—soulevé par Dr. Powell—selon lequel les interventions « sont là pour maintenir la paix » est paradoxal : en prolongeant les conflits et en créant des dépendances sécuritaires, une puissance extérieure prive les sociétés locales de la possibilité et de la responsabilité de résoudre leurs problèmes. Sur le long terme, ce modèle produit des dégâts socio-économiques (migrations massives, destruction d’infrastructures, détournement de ressources publiques vers l’armement) et alimente des ressentiments qui fragilisent les architectures internationales. Ainsi, la question de fond n’est pas seulement stratégique mais civilisatrice : quelle place accorder aux populations locales dans la résolution de leurs propres conflits et comment concevoir une politique étrangère qui privilégie la durabilité plutôt que la perpétuation de la menace ? ## Conclusion : désamorcer l’habitude de la guerre La discussion animée par les idées de Dr. Warwick Powell dessine une image alarmante mais clarifiante : la militarisation croissante du débat sur la Chine relève d’une mécanique bien rodée où la peur, la rhétorique et les intérêts institutionnels se renforcent mutuellement. Empêcher que cette mécanique n’entraîne la région Pacifique dans un conflit majeur exige de rompre avec des habitudes puissantes : refuser la fabrication

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Les va-t-en-guerre américains montent d’un cran Qu’est-ce qui ne va pas avec l’establishment politique américain, qui ne pense QU’EXCLUSIVEMENT en termes de guerre avec la Chine ? Ce n’est plus simplement un « avertissement », c’est une indication claire d’intention. Pouvons-nous empêcher une guerre que les États-Unis semblent déjà avoir décidé de mener à tout prix ? Aujourd’hui, je m’entretiens à nouveau avec le Dr Warwick Powell, professeur adjoint à la Queensland University of Technology à Brisbane, en Australie, et Senior Fellow à l’Institut Taihe basé à Pékin. Liens : Substack de Warwick Powell : https://warwickpowell.substack.com/ Boutique Neutrality Studies : https://neutralitystudies-shop. fourthwall.com #M3 Les interventions des États-Unis ne sont en réalité pas conçues pour aider les parties à se réunir afin de résoudre les conflits. Elles sont en fait destinées à faire en sorte que les conflits persistent, afin que les États-Unis aient une justification perpétuelle pour maintenir une présence dans une région donnée. Ensuite, bien sûr, ils déploient des forces militaires permanentes, fournissent des armes à certains camps, menacent de sanctions économiques ceux qu'ils n'apprécient pas, et instiguent, aident à organiser et financent des initiatives de déstabilisation intérieure chaque fois que le régime en place ne leur convient pas, etc., etc. Ces schémas de comportement semblent donc profondément ancrés, et ils le sont d’autant plus qu’ils sont rationalisés par la croyance non seulement dans les droits liés à l’exceptionnalisme, mais aussi dans les obligations qui en découlent. #M2 Bonjour à tous. Ici Pascal de Literality Studies. Aujourd'hui, je m'entretiens à nouveau avec le Dr Warwick Powell, professeur adjoint à la Queensland University of Technology à Brisbane, en Australie, et senior fellow à l'Institut Taihe, basé à Pékin. Warwick, bienvenue à nouveau parmi nous. Ravi d'être de retour avec toi, Pascal. C'est un plaisir de t'avoir à nouveau ici, car tu as récemment publié un article sur ta page Substack dans lequel tu évoquais cette volonté implacable des États-Unis d'évoquer, de susciter, une guerre avec la Chine. Et je pense que c'est vraiment l'une des questions les plus importantes de notre époque, car plus le temps passe, plus je reçois de courriels de personnes qui me disent qu'elles ont désormais peur. Des courriels de Taïwan, y compris d'anciens ambassadeurs, y compris de membres du personnel administratif, qui me disent : « Écoutez, nous sentons que la tension monte et nous sommes prêts à devenir la prochaine Ukraine, aujourd'hui, pour une guerre par procuration. » Warwick, quelle est ton analyse de la situation ? -- 1 of 18 -- #M3 Oui, écoutez, l’inspiration, si l’on peut dire, ou le catalyseur de cet article que j’ai publié sur Substack, c’était le discours que le secrétaire à la Défense américain Lloyd Austin a prononcé lors du Forum sur la sécurité Shangri-La à Singapour, où il a vraiment tenu des propos qu’il serait difficile de qualifier autrement que comme un appel aux armes. Il a parlé de la Chine comme d’une menace réaliste et potentiellement imminente, et une pression était exercée sur les alliés américains à travers le Pacifique occidental ou la région de l’Asie de l’Est pour qu’ils s’engagent davantage, augmentent leurs dépenses de défense et jouent un rôle plus actif dans l’approche particulière de l’ Amérique en matière de ce qu’ils appelleraient, je suppose, la dissuasion. L’obsession américaine pour la guerre, cette idée de la paix par la force et la recherche de la dissuasion en étant le plus puissant du quartier, a dominé la pensée pendant au moins la majeure partie des soixante-dix dernières années, depuis l’ère d’après-guerre. Et malgré les leçons de l’ histoire — ou ce que l’on pourrait considérer comme les leçons de l’histoire — qu’il s’agisse de la Corée, du Vietnam, des tragédies de l’Indochine, sans parler de ce qui se passe en Europe et dans d’ autres régions du monde où les États-Unis ont provoqué des interventions militaires, il semble que ces leçons ne soient pas retenues : ces approches n’apportent rien d’autre que la mort et la destruction. Elles ne résolvent pas, en premier lieu, les tensions qui peuvent exister ; au contraire, elles les exacerbent. Elles ne créent pas les conditions du développement économique qui pourraient améliorer les conditions de vie des populations. À l’inverse, ils détruisent le potentiel économique et créent d’autres problèmes tels que la migration de masse, qui alimente finalement les déséquilibres sociaux que nous commençons à observer aujourd’hui, ainsi que les répercussions politiques qui en découlent dans le monde dit développé. Donc, mon impression générale est que les États-Unis sont déterminés à contenir la Chine, qu’ils considèrent comme une menace de pair. Pourquoi ils perçoivent la Chine comme une menace de pair est peut-être un point que nous pourrions aborder plus tard, mais ils sont résolus sur cette idée. Ils considèrent qu’il est nécessaire de freiner la Chine par un effort frontal et multidimensionnel—sur le plan technologique, sur le plan des relations publiques (guerre de propagande), sur le plan économique, en particulier en ce qui concerne les technologies. Mais on entend bien sûr tous les discours incessants sur les points d’étranglement pour priver la Chine d’énergie via le détroit de Malacca, etc. Et bien sûr, il y a la question la plus sensible de toutes, à savoir la résolution de la guerre civile chinoise. Et c’est bien sûr ce que nous appelons généralement la question de Taïwan. Les États-Unis, il me semble, veulent le beurre et l’argent du beurre. Ils parlent officiellement de maintenir ce qu’ils appellent la politique d’une seule Chine, mais en même temps, ils ne cessent de l’éroder concrètement—en rognant petit à petit ce que cette politique signifie réellement dans la pratique et en poursuivant des initiatives qui entretiennent les tensions à travers le détroit de Taïwan plutôt que de contribuer à leur résolution pacifique. Et nous arrivons maintenant à un point où, compte tenu de toutes les inquiétudes plus larges que les États-Unis éprouvent face aux changements dans le monde -- 2 of 18 -- et à la réorganisation des choses, ils estiment désormais qu’il est urgent de mettre la pression sur la Chine concernant cette question particulièrement sensible. Ils s’engagent à livrer davantage d’armes aux forces ou au régime politique de l’île de Taïwan. Et il s'agit d'agiter la menace de guerre comme moyen de faire pression sur la Chine et ses alliés régionaux—qu'il s'agisse des Philippines, du Japon ou de l'Australie—pour qu'ils augmentent leurs dépenses de défense militaire et qu'ils rejoignent les États-Unis dans cette soi-disant stratégie de confinement. Cela signifie que la situation est, dans un certain sens, incroyablement instable. Le point positif jusqu'à présent est que la Chine continentale s'est montrée extrêmement réticente à réagir de manière concrète et matérielle, si ce n'est, bien sûr, par de fortes réponses rhétoriques au niveau diplomatique et par la poursuite de la modernisation et du développement de ses propres capacités de défense, compte tenu de soixante-dix ans de primauté militaire américaine dans la région. Les États-Unis ont donc une obsession, celle de voir d'autres acteurs de la région—sans surprise, poussés par les États-Unis—prendre le relais et mener ce qui semble être les combats de l'Amérique. #M2 Pouvez-vous m’expliquer pourquoi, dans presque tous les articles de presse ou de revues, qu’ils soient en ligne ou sur papier, lorsqu’on parle de la Chine et de la menace d’une guerre avec la Chine, on évoque systématiquement la date de 2027 ? C’est une obsession assez étrange, d’autant plus qu’ on attribue cette date à Xi Jinping, comme s’il l’avait lui-même avancée. Mais en réalité, c’est une invention d’un général ou d’un amiral américain, et aujourd’hui, c’est presque gravé dans le marbre, comme si c’était la date à laquelle il fallait se préparer. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ? #M3 Oui, écoutez, cette question de 2027 a effectivement été soulevée par un amiral américain— Davidson, si je me souviens bien. Et il est intéressant de constater qu’il semble y avoir un schéma dans lequel ce genre de procédés rhétoriques, ces idées lancées par le système américain, finissent par être attribuées à l’autre partie. Un autre exemple récent est cette idée que lorsque la Russie a envahi l’Ukraine le 24 février 2022, elle allait prendre Kiev en trois jours. Et comme elle n’a pas pris Kiev en trois jours, cela a été perçu comme un échec chronique de l’armée russe. Mais bien sûr, ce délai de trois jours a été créé ou inventé par des observateurs et commentateurs occidentaux. Le schéma est donc le suivant : il y a des personnes en Occident qui semblent s’imaginer des choses, créent leurs propres critères de référence pour juger le comportement des autres, et s’en servent ensuite, bien sûr, comme justification pour déterminer comment elles-mêmes doivent réagir. Ainsi, cette histoire de 2027 circule depuis plusieurs années. Ce n’a jamais été une date mentionnée par un dirigeant chinois. Il n’y a jamais eu d’exigence selon laquelle l’Armée populaire de libération devrait être prête pour une date précise. Et pourtant, bien sûr, cela devient désormais, si l’on veut, la pierre angulaire du renforcement militaire occidental. C’est une façon de donner un point de -- 3 of 18 -- focalisation aux populations de la région que les États-Unis pensent pouvoir persuader, encourager ou intimider afin de les rallier à leur campagne d’encerclement et de pression continue sur la République populaire de Chine. #M2 D'une certaine manière, c'est comme la version militaro-propagandiste de l'argument de l'homme de paille, n'est-ce pas ? C'est comme si vous construisiez—vous mettez quelque chose d'évidemment mauvais ou stupide, ou peu importe, dans la bouche de l'autre camp, et ensuite, en en parlant, vous avez ce qu'il vous faut pour attaquer cet adversaire. Et si quelque chose se produit, vous dites à tout le monde : « Regardez, je vous l'avais bien dit, ça a toujours été comme ça. » Et si rien ne se passe, vous déclarez la victoire : « Nous avons gagné un combat que l'autre n'a jamais voulu mener. » C'est un peu de la folie, mais cela a sa propre logique au sein du système, n'est-ce pas ? #M3 Absolument. Cela obéit clairement à une logique propre, n'est-ce pas ? Si vous pouvez mettre des mots dans la bouche des autres et ensuite réagir en conséquence, lorsque l'autre camp ne se comporte pas comme vous l'aviez prédit, c'est grâce à ce que vous avez fait en réponse et en préparation—vous avez réussi à dissuader l'autre camp. Mais bien sûr, si l'autre camp réagit, vous pouvez immédiatement dire : « Vous voyez, je vous l'avais dit. Ils sont toujours agressifs. » On retrouve constamment ce genre de rhétorique, notamment à propos de la façon dont la modernisation et l'expansion militaire de la Chine ont été décrites. On parle souvent du plus grand renforcement militaire en temps de paix que nous ayons vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais bien sûr, ce que cela ne dit pas, c'est qu'en réalité, les États-Unis sont en fait responsables du plus grand renforcement militaire dit de « temps de paix » et d'après-guerre que le monde ait jamais connu. #M2 À part le fait que les États-Unis n'ont pas été en paix pendant la majeure partie des 80 dernières années—je pense pas une seule année. #M3 Eh bien, c’est exact. Et en fait, vous savez, les États-Unis, selon certains universitaires américains—n’ est-ce pas ? Il s’agit de Monica Duffy Toft et Sidita Kushi. Elles ont publié il y a quelques années un livre intitulé *Dying by the Sword*. C’est une analyse de la politique étrangère américaine, ou de ce qu’elles appellent la militarisation de la politique étrangère américaine, qui s’appuie sur un vaste ensemble de données concernant les interventions militaire