Larry C. Johnson soutient que les récents développements au Moyen‑Orient ont imposé une recalibration stratégique : des pénuries croissantes de pétrole, des perturbations logistiques et la pression des États du Golfe poussent les États‑Unis vers des négociations urgentes avec l’Iran. Johnson affirme que Téhéran a envoyé un signal crédible de « démonstration nucléaire » pour obtenir des concessions, tandis que l’épuisement des Réserves stratégiques de pétrole américaines et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz rendent une confrontation prolongée intenable. Les États du Golfe, le Pakistan et le Qatar sont présentés comme exerçant une pression active sur Washington pour qu’il retire ses bases et bride Israël ; la posture militaire américaine dans la région a été réduite, diminuant la capacité de frappe rapide. Parallèlement, la riposte résiliente de l’Iran a érodé le soutien régional et intérieur d’Israël, accélérant un changement générationnel dans l’opinion publique américaine. Johnson relie ces évolutions à une géopolitique plus large : la Russie et la Chine exploitent l’affaiblissement de l’influence occidentale pour remodeler les architectures de sécurité
Article
La discussion menée dans la vidéo fait ressortir un diagnostic cru : les choix politiques et stratégiques récents ont fragilisé la capacité des États-Unis et de leurs alliés à gérer simultanément des crises militaires, énergétiques et diplomatiques. Entre la menace iranienne explicite, une crise pétrolière qui s’aggrave et une politique extérieure qui semble perdre de son levier, les lignes de vulnérabilité se multiplient. L’échange soulève l’idée que la combinaison d’un approvisionnement énergétique sous pression, d’une logistique militaire mise à l’épreuve et d’une diplomatie vacillante pourrait transformer des tensions locales en chocs globaux à court terme.
## Pression sur Israël et le cessez-le-feu
La conversation montre clairement que la pression exercée par Washington sur Israël a joué un rôle décisif pour ramener momentanément un cessez-le-feu. En expliquant le mécanisme matériel du soutien militaire, Larry C. Johnson souligne que les États-Unis détiennent un levier puissant : l’armement et les systèmes de défense fournis — Patriots, THAAD, et d’autres intercepteurs — peuvent être retirés pour contraindre des décisions stratégiques. Cette réalité opérationnelle remet en perspective la narration politique selon laquelle Tel‑Aviv agit toujours de façon autonome ; en pratique, la dépendance en matériel et en logistique crée des marges de manœuvre pour ceux qui approvisionnent.
Au‑delà de la simple pression, le dialogue révèle un autre facteur trop souvent négligé : la capacité américaine à maintenir un effort opérationnel continu. Les cellules d’action de crise, les centres d’opérations conjointes et la posture 24/7 ont été décrits comme diminués, ramenant la posture américaine à un mode « plus normal ». Ce retrait de la disponibilité immédiate change la dynamique sur le terrain — il réduit la crédibilité d’une riposte instantanée et augmente l’espace de manœuvre des acteurs régionaux. Pour Israël, cela signifie qu’il peut se retrouver contraint de négocier non pas seulement par calcul politique interne, mais parce que la logistique de soutien n’est plus assurée à l’identique.
Enfin, la discussion met en lumière un lien direct entre choix politiques et risques d’escalade : si les États‑Unis retirent ou limitent leur appui, on observe non seulement un effet immédiat sur les opérations militaires, mais aussi une recomposition des calculs des acteurs régionaux qui peuvent être tentés de tester ces limites, d’où le besoin pressant d’un cadre diplomatique stable et vérifiable.
## États du Golfe, Pakistan et retrait américain
Le débat révèle que les États du Golfe et le Pakistan jouent un rôle bien plus actif que de simples observateurs. Selon les éléments présentés, la crise pétrolière et la menace d’une confrontation avec l’Iran incitent ces acteurs à pousser Washington vers le retrait ou la désescalade. L’argument central est économique : pour les monarchies du Golfe, la stabilité des exportations d’hydrocarbures est vitale ; elles ont donc intérêt à désamorcer un conflit qui paralyserait les flux et ferait grimper les primes d’assurance et les coûts de transport. Ce levier économique devient un outil de pression politique.
Le rôle du Pakistan est évoqué à travers une source qui aurait informé des menaces directes de Téhéran — un signal que des Etats régionaux pourraient être consultés, voire impliqués, dans des médiations ou des avertissements dissuasifs. L’existence de canaux d’information régionaux et de réseaux d’influence informalise la diplomatie : les actions et menaces se font autant par des voies non officielles que par des négociations internationales formelles.
Par ailleurs, la discussion insiste sur le fait que les États‑Unis ne disposent plus du même confort stratégique : capacités logistiques, stocks et volontés politiques se diluent. Dans ce contexte, un retrait de certaines forces ou une réduction de l’engagement devient non seulement possible, mais aussi souhaité par des partenaires régionaux inquiets de l’impact économique d’un conflit prolongé.
## La base de soutien d’Israël se rétrécit
Un point saillant de l’échange est la diminution perceptible de la base internationale qui soutient inconditionnellement Israël. La conversation relève que la pression américaine a contraint Tel‑Aviv à modifier ses opérations, signe d’un isolement diplomatique croissant. Deux dynamiques expliquent ce rétrécissement : d’abord, l’impact humanitaire des opérations militaires a érodé l’appui moral et politique dans de nombreux pays ; ensuite, les contraintes matérielles évoquées — dépendance aux systèmes de défense américains, besoins en carburant et munitions — mettent en lumière la réalité concrète du coût d’un conflit prolongé.
La rhétorique politique n’épuise plus l’effort de soutien ; les nations évaluent désormais les implications logistiques et économiques. Par exemple, la crise du carburant et la nécessité de choisir entre carburant pour avions de combat et diesel pour l’économie civile montrent que la solidarité militaire peut se heurter à des contraintes domestiques pressantes. Quand les populations ressentent directement la hausse des prix ou la rareté des biens, le soutien politique s’effrite plus vite.
Enfin, la perception que les États‑Unis peuvent retirer des systèmes critiques transforme la nature du soutien : il devient conditionnel et réversible. Cette réalité pousse Israël à peser davantage les coûts stratégiques et politiques de ses actions, sachant que les alliés peuvent imposer des limites effectives à leur appui.
## Russie, Ukraine et escalade de l’OTAN
La conversation élargit le cadre en reliant l’effort de distraction et d’épuisement geopolitique à l’orientation russo‑ukrainienne. L’argument avancé est que Moscou opère désormais en « mode guerre » — une posture qui, selon les intervenants, impose à l’OTAN et aux États‑Unis un dilemme : comment soutenir Kiev tout en étant affaiblis par des engagements multiples et une logistique en tension ? Cette multiplication des fronts fragilise la capacité occidentale à maintenir une politique cohérente et efficace.
Ce segment met aussi l’accent sur la manière dont les crises périphériques servent d’épreuves de résistance pour l’alliance transatlantique. La mise à l’épreuve de la chaîne d’approvisionnement, des stocks de munitions et des capacités de projection crée un espace stratégique que la Russie pourrait exploiter pour imposer de nouvelles réalités sur le terrain. L’échange signale la possibilité d’une escalade par étapes, où des actions limitées et adaptées aux vulnérabilités adverses rendent la désescalade plus compliquée.
Par ailleurs, la privation énergétique et l’épuisement des réserves stratégiques ont des répercussions directes sur la durée et l’intensité du soutien occidental à l’Ukraine. Si le financement et le matériel deviennent plus coûteux ou plus difficiles à acheminer, la capacité de l’OTAN à maintenir une posture ferme diminue, ouvrant des marges de négociation et de pression pour Moscou.
## Chine, SWIFT et le nouvel ordre financier
Le dernier volet de la conversation saisit la montée d’un nouvel ordre financier en gestation, catalysé par la Chine. La discussion rappelle que des alternatives au système SWIFT se développent — des systèmes de paiement transfrontaliers et des mécanismes de compensation qui cherchent à réduire la dépendance aux infrastructures financières occidentales. Ce basculement potentiel a des implications stratégiques profondes : en affaiblissant l’outil des sanctions, il réduit l’impact des politiques de pression économique et modifie les incitations des États tiers.
La vidéo met en lumière que la crise énergétique et les tensions géopolitiques poussent plusieurs pays à envisager des routes alternatives pour le commerce et le règlement des transactions. Lorsque des États exportateurs d’énergie ou des partenaires commerciaux importants adoptent des systèmes qui contournent SWIFT, l’effet des sanctions occidentales s’en trouve a
Transcript
Négociations avec l’Iran : désastre total, la
Russie en mode guerre totale | Larry C.
Johnson
Juste au moment où l’on pense que les États-Unis ne peuvent pas creuser une tombe plus profonde
pour eux-mêmes, les gens à Washington vous surprennent avec une pelle encore plus grande. La
guerre contre l’Iran est en train de passer d’une guerre de choix, à une éventualité, à une crise, puis
à une véritable urgence économique nationale, et il n’y a RIEN que l’armée américaine puisse faire
pour améliorer la situation. Oh là là. Larry C. Johnson me rejoint aujourd’hui pour faire le point sur l’
Iran, la crise pétrolière et la manière dont les États du Golfe pourraient faire pression sur
Washington pour qu’il prenne du recul. Il analyse également la situation en Israël, en Russie, en
Ukraine, ainsi que la montée d’un nouveau système de paiement dirigé par la Chine, avec le
Transition Protocol de Pepe Escobar et Sonar21 dans la discussion. Liens : Larry C. Johnson :
https://sonar21.com Larry C. Johnson Substack : https://larrycjohnson.substack.com Transition
Protocol : https://www.youtube.com/@Transition_Protocol Neutrality Studies Substack :
https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com/shop Donations :
https://neutralitystudies.com/donate Chapitres : 00:00:00 Introduction et Transition Protocol 00:01:
38 La menace nucléaire iranienne et la crise pétrolière 00:15:19 Détroit d’Ormuz, transport maritime
et assurances 00:17:38 Pression sur Israël et le cessez-le-feu 00:21:22 États du Golfe, Pakistan et
retrait américain 00:33:46 La base de soutien d’Israël se rétrécit 00:36:07 Russie, Ukraine et
escalade de l’OTAN 00:51:46 Chine, SWIFT et le nouvel ordre financier
#Pascal
Bienvenue à tous dans Neutrality Studies, pour une nouvelle mise à jour avec l’unique Larry
Johnson. Larry, ravi de te retrouver. Merci, Pascal. Tu es un homme très occupé, toujours en voyage
aux quatre coins du monde. Eh bien, toi aussi, tu n’es pas en reste. D’ailleurs, avant qu’on
commence, tu as lancé un projet avec Pepe Escobar, et vous avez maintenant une nouvelle chaîne
qui tourne, c’est bien ça ? Tu veux nous en parler un peu pour commencer ?
#Larry C. Johnson
Oui, le Protocole de Transition. En fait, on avait commencé sous le nom de PowerShift. Mais ensuite,
Marco Rubio a appelé Google et a dit : « Fermez-les, ils disent trop de vérités. » Alors oui, on a
relancé la chaîne.
#Pascal
-- 1 of 18 --
Alors, si vous voulez suivre Larry, essayez le Transition Protocol. Franchement, c’est fantastique, et
moi, j’adore. Tes discussions avec Pepe sont excellentes. Mais entrons maintenant dans le vif du
sujet. J’aimerais vraiment avoir ton avis sur l’Iran et sur les négociations en cours. En fait, je suis en
Suisse en ce moment, donc juste à côté, à Lucerne. Oui. Tu as écrit sur ton Substack… non, pardon,
pas ton Substack, sur Sonar21, que tu avais de bonnes raisons de penser que les Iraniens
menaçaient en réalité de procéder à une détonation nucléaire. Tu as écrit ça le quatre juin, et je
crois qu’on est le vingt-deux aujourd’hui. Où en est-on de ce côté-là ? Tu penses toujours que c’est
vraiment une option ? C’est, disons, leur option nucléaire. D’accord.
#Larry C. Johnson
Oui, sans vouloir mélanger les métaphores. On s’appuie sur une source pakistanaise dont Pepe et
moi savons assez bien de qui il s’agit. Donc, ce n’est pas juste quelqu’un assis dans un café qui dit :
« J’ai une opinion là-dessus. » Non, c’est quelqu’un directement impliqué, qui sait qu’il y a bien eu
une menace de l’Iran envers les États-Unis. En gros, le message, c’était : si vous ne négociez pas de
manière honnête et directe, alors nous n’aurons pas d’autre choix que de prouver qu’on est capables
de fabriquer une arme nucléaire, et qu’on ira jusqu’à en faire exploser une.
#Pascal
À l’intérieur de l’Iran, c’est bien ça ? Comme un test… un essai nucléaire, c’est ça ?
#Larry C. Johnson
Oui, et très probablement, ce ne serait pas une explosion en surface, avec un champignon nucléaire
visible et des retombées radioactives qui se dispersent autour. Ce serait plutôt du genre à dire : « Le
premier juillet à onze heures, heure de Téhéran, nous ferons exploser un engin de cinq kilotonnes »,
quelque chose comme ça. Parce que là, les capteurs sismiques enregistreraient l’événement. C’est
comme ça qu’on convaincrait le monde : oui, vous allez voir un tremblement de terre à ce moment-
là, mais ce ne sera pas un tremblement de terre. Donc, selon notre source pakistanaise, l’Iran a
formulé cette menace directement contre les États-Unis.
#Pascal
Pensez-vous que c’est l’une des raisons pour lesquelles, au final, les États-Unis ont signé le protocole
d’accord ? Parce qu’honnêtement, quand on le lit, on a presque l’impression d’un document de
reddition. Et l’ironie, bien sûr, c’est que Trump l’a signé à Versailles. Mais je crois que ce détail lui a
complètement échappé. Enfin bref, on est maintenant dans ce processus de négociation. Et selon
vous, est-ce que ça joue, quelque part, dans l’esprit de l’équipe américaine ?
#Larry C. Johnson
-- 2 of 18 --
Je pense que c’était un facteur, oui, mais en réalité, le facteur le plus important, c’est la crise
pétrolière qui est en train de frapper, qui frappe déjà le monde, même si le monde ne s’en rend pas
encore compte. On est un peu dans la phase du poulet sans tête. Si vous avez déjà vu quand on
abat un poulet et qu’on lui coupe la tête, il continue à courir un moment avant de comprendre qu’il
est mort… et puis, d’un coup, il s’effondre. Il y a environ deux semaines, apparemment, un groupe
de hauts dirigeants du secteur pétrolier a rencontré Trump. Et je ne sais pas s’il a été informé par les
services de renseignement ou par le secrétaire à l’Énergie, Wright, mais on lui a dit qu’une crise se
profilait, une crise inévitable.
Et là, ça devient un peu plus compliqué. Tout commence avec la Réserve stratégique de pétrole. En
gros, c’est comme si on mettait du pétrole à la banque, pour pouvoir en utiliser un jour de besoin. C’
est un compte d’épargne, en quelque sorte. Ce pétrole est stocké dans des cavernes de sel situées
dans le sud des États-Unis. Il y a quatre grandes zones où se trouvent ces cavernes. Et ce que j’ai
appris, c’est qu’il ne s’agit pas d’une seule grande caverne, mais de plusieurs cavités laissées par l’
extraction du sel. Donc, à chaque site, on peut avoir trois ou quatre cavités différentes au même
endroit. La capacité totale de stockage est d’environ sept cent cinquante millions de barils de
pétrole. Et à mesure qu’elles se remplissent, chaque cavité est surveillée.
La raison pour laquelle on utilise les cavernes de sel, c’est que le pétrole ne se mélange pas avec le
sel. Il ne devient pas du pétrole salé. Alors que si on y met de l’eau, on obtient de l’eau salée. L’eau
douce devient de l’eau salée. Mais pour extraire le pétrole, quand on décide de le pomper, il faut
injecter de l’eau à l’intérieur. Le pétrole, lui, reste au-dessus de l’eau. Il remonte à la surface, et c’est
comme ça qu’on le récupère. Donc, ce qui était à l’origine une capacité de sept cent cinquante
millions de barils est maintenant réduit à un peu plus de la moitié, parce qu’une grande partie a déjà
été retirée. Et en ce moment, on en retire environ seize millions de barils par semaine. Alors on se
dit : oui, mais il nous en reste trois cent quarante millions, donc tout va bien.
Alors, attends, arrêtons-nous là. Parce que si on met trop d’eau dans ces cavernes de sel, elles
peuvent s’effondrer, et du coup, elles ne peuvent plus stocker de pétrole. On estime qu’à partir d’
environ cent quarante millions de barils, on atteint ce qu’ils appellent le point de déstabilisation. Ça
veut dire qu’à partir du quinze juin, il restait à peu près deux cents millions de barils exploitables.
Mais là-dedans, ce n’est pas tout le même type de pétrole. Il y a du brut léger et du brut lourd. Et c’
est sur le brut lourd, ce qu’on appelle les distillats moyens, que ça devient intéressant. J’ai un ami
qui m’a un peu formé là-dessus depuis un an. Je me disais : « Tiens, regarde ce que Larry sait ! »
Mais franchement, c’est un truc que je ne réalisais pas. Et quand tu le comprends, tu te dis : « Oh la
vache ! »
#Pascal
Salut, juste une petite note rapide. La meilleure façon de soutenir cette chaîne, c’est de t’abonner à
ma newsletter gratuite sur Substack. Tu peux aussi aider avec un abonnement payant là-bas, ou en
achetant quelques-uns de nos nouveaux produits sur neutralitystudies.com. Les liens sont juste en
-- 3 of 18 --
dessous. À tout de suite là-bas. Tu m’as gentiment envoyé ce PDF ce matin, je l’ai lu, et en gros, ça
revient à une chose : le brut est partagé, tu vois ? Une partie sert à faire l’essence qu’on met dans
nos voitures, une autre va dans le carburant d’aviation, une autre encore dans le kérosène, et une
partie dans le diesel.
Le diesel, c’est ce qui fait tourner toute l’économie. Et c’est un compromis, non ? En gros, ça veut
dire que, si on commence à manquer de certaines choses, on manquera aussi de pétrole destiné à la
guerre, celui qui sert à faire voler nos avions de chasse, et ainsi de suite. Du coup, ça devient de
plus en plus coûteux de maintenir un effort de guerre. Et l’armée américaine, y compris la marine et
tout le reste, est bien sûr un grand consommateur de pétrole américain, surtout de brut lourd. Or, ce
n’est pas de celui-là que les États-Unis sont indépendants. Vous êtes indépendants du brut léger,
mais pas du brut lourd.
#Larry C. Johnson
Exactement. C’est celui-là qu’on doit importer. Oui, c’est bien celui-là qu’on doit importer. Alors, vous
prenez ce baril de pétrole, et là, environ trente pour cent, c’est du distillat moyen. Et là, il faut faire
un choix : est-ce qu’on en fait du diesel, ou est-ce qu’on en fait du carburant pour les avions, aussi
bien les avions militaires que l’aviation civile ? On ne peut pas faire les deux à la fois. Il faut choisir l’
un ou l’autre. Et c’est là que le problème se pose, parce que l’approvisionnement habituel en pétrole
plus lourd, celui qui venait du Golfe persique, a été coupé. La Russie, en gros, on a essayé de la
couper aussi, et certaines de ses raffineries ont subi des dégâts.
Mais du coup, il reste le Canada, le Mexique et le Venezuela. Et encore une fois, l’infrastructure
vénézuélienne a du mal à soutenir une production plus élevée. Donc, en résumé, et Trump l’a dit
lors de sa conférence de presse au G7, il nous reste quatre semaines. Dans quatre semaines, on
sera à court. Et c’est là que ça devient vraiment intéressant, parce qu’on entend dire : « Il faut ouvrir
le détroit d’Ormuz », en laissant entendre, à tort, que si on dit « le détroit d’Ormuz est ouvert »,
alors, d’un coup, tout le pétrole va se remettre à couler, et tout ira bien. Eh bien non. Ça n’arrivera
pas.
Premièrement, ces navires qui sont restés là, dans ces eaux chaudes et salées, accumulent des
coquillages, des bernacles, et Dieu sait quoi d’autre sur leurs coques. Ces bateaux doivent en gros
être remis en état. Il faut les nettoyer à fond avant qu’ils puissent reprendre le transport de
marchandises. On estime qu’environ douze pour cent de la flotte mondiale de cargos commerciaux
de ce type sont actuellement à l’arrêt. Donc, rien que ça, c’est déjà un vrai problème. Et puis, il y a
la question de l’assurance. Comme on ne peut pas garantir que le détroit d’Ormuz et le golfe
Persique soient totalement exempts de mines, Lloyd’s of London dit tout simplement : « Eh bien,
dans ces conditions, on n’assure pas vos navires. »
Vous savez, il faut qu’on ait une garantie que ce soit clair. Ensuite, l’armée américaine, en
témoignant devant le Congrès, a dit : oui, on pense pouvoir régler ça en environ six mois. Alors on
-- 4 of 18 --
se dit, d’accord, ça veut dire déjà six mois de retard. Et une fois que les navires repartent, il peut
encore y avoir deux mois de plus pour tout remettre en état. Donc, au fond, ce qu’il faut
comprendre, c’est que même si l’objectif, c’est de rétab