Les États-Unis ont déjà perdu la guerre navale | Commodore Steve Jermy

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Le commodore Steve Jermy soutient que les récentes frappes iraniennes mettent au jour des vulnérabilités fondamentales des systèmes de défense aérienne et maritime américains, sapant la projection de puissance des États‑Unis. Il souligne la perte des « vigies » radar avancées et la dépendance conséquente aux AWACS aéroportés, qui offrent une défense terminale limitée contre les missiles, laissant ainsi les bases et les navires de surface exposés aux menaces balistiques et hypersoniques. Jermy met en évidence le changement stratégique : des armées occidentales concentrées sur la supériorité aérienne et maritime deviennent moins déployables, tandis que la volonté de l’Iran d’accepter des pertes et sa détermination encadrée religieusement produisent des capacités de seconde frappe résilientes. Il avertit que les porte‑avions et les navires de soutien — même s’ils ne sont pas facilement coulés — pourraient être rendus inopérants au combat, limitant les options américaines dans le Golfe et menaçant la logistique mondiale (notamment le détroit d’Ormuz). Jermy observe une ambivalence européenne croissante, juge la réflexion stratégique et la capacité industrielle occidentales insuffisante

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## La guerre navale déjà perdue : un basculement stratégique aux conséquences lourdes La conversation avec le commodore Steve Jermy met en lumière une réalité brutale : la capacité américaine à projeter une puissance maritime incontestée a subi un choc structurel. L’effondrement des réseaux d’alerte précoce et la montée en puissance des menaces balistiques et hypersoniques ont redistribué les avantages tactiques et stratégiques vers des acteurs capables de frapper à distance et à haute vitesse. Ce n’est pas seulement une question d’engagements ponctuels au Moyen‑Orient ; c’est une redéfinition de la façon dont la force navale opère, protège ses flottes et pèse sur les équilibres globaux. La discussion expose comment la perte des « yeux » en amont, la difficulté de défendre les groupes aéronavals contre des menaces nouvelles et la détermination idéologique de l’adversaire iranien produisent un ensemble d’effets combinés qui affaiblissent la liberté d’action habituelle des États‑Unis. ## Défense en couches et la disparition des radars en amont Un des points clés soulignés dans l’échange est la logique de la défense en couches : radars lointains, veille avancée et systèmes intermédiaires permettant d’allouer le temps et les munitions là où il faut. Le commodore Steve Jermy rappelle l’origine historique de ce principe — la guerre du Pacifique et l’emploi des navires‑piquets équipés de radars — pour expliquer pourquoi la neutralisation des stations radar sur le terrain change totalement la donne. La destruction de ces « yeux » en amont ne réduit pas seulement la qualité de l’information, elle réduit de façon drastique le temps d’alerte dont disposent les défenses au sol et en mer. Moins de temps signifie une moindre capacité à attribuer des menaces à tel ou tel système, et une plus grande probabilité d’être submergé par des salves coordonnées. Lorsque ces radars terrestres sont neutralisés, la conséquence immédiate est pratique et cruelle : les batteries SAM, les systèmes de défense pointés vers le ciel et les unités au sol reçoivent des avertissements si brefs qu’ils deviennent inefficaces. Le commodore explique que, sans ces capteurs avancés, même des systèmes performants perdent de leur valeur opérationnelle. Il attire l’attention sur la compounding effect : c’est la somme des pertes sensorielles, logistiques et décisionnelles qui crée une vulnérabilité systémique plutôt qu’un simple recul tactique. ## AWACS, rotation permanente et limites face aux menaces modernes Face à la perte des installations au sol, la réponse mécanique et visible consiste à déléguer la surveillance longue portée aux avions AWACS. Ceux‑ci peuvent étendre la bulle de détection à plusieurs centaines de miles et fournir — en théorie — la coordination qui manquait. Mais la solution est coûteuse, exigeante et fragile. Le commodore Jermy insiste sur l’obligation de maintenir des missions 24/7, avec des rotations permanentes d’appareils, d’équipages et de capacités de soutien. Autrement dit, la couverture AWACS est viable, mais elle épuise des ressources extrêmement limitées et crée des dépendances logistiques nouvelles. Surtout, les AWACS posent la question de leur efficacité face aux menaces balistiques et hypersoniques. Ces armes changent la nature du « problème » : elles compressent davantage la fenêtre temporelle d’interception et, en recourant potentiellement à des phases terminales de guidage plus autonomes, elles réduisent l’utilité d’une détection éloignée. Jermy signale ainsi une incertitude technique majeure : même des systèmes d’alerte aéroportés très sophistiqués pourraient se révéler inadéquats pour contrer des attaques à haute vitesse et à trajectoire quasi‑ballistique, ouvrant une faille dont profiteront les assaillants. ## Porte‑avions : symboles intacts, capacités contestées La place centrale des porte‑avions dans l’imaginaire de la puissance maritime est remise en question par l’échange. Le navire‑porteavions conserve des avantages — mobilité, massivité, capacités aériennes — mais il cesse d’être l’outil d’intervention « libre » qu’il fut pendant des décennies. Jermy nuance : couler un porte‑avions demeure difficile ; l’enjeu réel est de le rendre opérationnellement inutile. Endommager le pont d’envol, neutraliser les systèmes d’appontage ou créer des fenêtres de vulnérabilité peut priver un groupe aéronaval de sa fonctionnalité, même sans le faire sombrer. Au‑delà des porte‑avions, la vulnérabilité s’étend à l’ensemble des navires de surface : bâtiments amphibies, pétroliers, ravitailleurs et escorteurs. Les frappes précises ou même les dégâts limités sur ces unités peuvent interrompre des opérations, couper les lignes logistiques et entraîner un retrait stratégique. Le commodore évoque une réalité pragmatique : les États‑Unis peuvent choisir de projeter leurs flottes à distance, mais cette prudence réduit l’effet coercitif et la capacité à empêcher des blocages maritimes, par exemple dans des détroits stratégiques. ## La logique Iranienne : martyre, résilience et calcul existentiel Un autre volet indispensable de l’analyse porte sur la nature même de l’adversaire. Le commodore Jermy attire l’attention sur la combinaison de rationalité militaire et de motivations idéologiques profondément ancrées — où le sacrifice collectif et le récit historique confèrent une résilience politique et opérationnelle difficile à évaluer depuis l’extérieur. Les dirigeants et les forces iraniennes, selon l’échange, intègrent la notion de remplaçabilité des cadres et l’apologie du martyre comme facteur d’endurance. Cette structure de gouvernance et de mobilisation rend moins crédible l’hypothèse d’une coercition par coûts progressifs. Là où des adversaires occidentaux peuvent flancher sous la pression politique ou économique après des pertes élevées, l’approche iranienne peut se traduire par une capacité de seconde frappe non conventionnelle. Jermy rappelle qu’il faut lire ces actions à travers des prismes religieux et historiques — par exemple la commémoration de Karbala — pour comprendre que la logique de justice et de sacrifice peut faire diverger la stratégie iranienne de calculs purement utilitaristes. ## Conséquences économiques et diplomatiques : le monde entre vulnérabilité et hésitation Le blocage prolongé de passages maritimes stratégiques comme le détroit d’Ormuz impose des coûts économiques globaux potentiellement catastrophiques. La conversation met en évidence la difficulté pour les alliés de Washington d’endosser un risque élevé pour rouvrir ces passages, car le danger pour leurs propres navires et équipages est réel. L’appel à une coalition internationale pour « rouvrir » les détroits se heurte à une réalité politique : peu d’États veulent voir leurs unités exposées à des frappes modernes capables d’infliger des dégâts substantiels. Sur le plan diplomatique, la perte de liberté d’action navale affaiblit aussi le levier américain. La capacité à imposer des blocus, protéger les routes d’approvisionnement ou démontrer une force crédible s’érode. Dans le même temps, des puissances comme la Chine et la Russie, qui possèdent des systèmes anti‑accès/zone‑interdite (A2/AD) et des capacités de renseignement, disposent d’un intérêt stratégique à voir diminuer la capacité US à opérer sans contrainte. L’effet cumulé est une réévaluation de la crédibilité de certaines garanties de sécurité, ce qui pourrait pousser des alliés à diversifier leurs dépendances stratégiques. ## Conclusions : repenser la projection navale et éviter l’illusion de l’invulnérabilité La synthèse de la conversation suggère une double exigence. D’abord, un réexamen profond des doctrines de projection de puissance : il faut prendre au sérieux la réalité des menaces hypersoniques et balistiques, repenser la valeur de la détection distribuée, et développer des architectures de résilience qui ne reposent pas sur un seul maillon (terre, air ou mer). Ensuite, une remise en question politique : accep

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Les États-Unis ont déjà perdu la guerre navale | Commodore Steve Jermy La guerre contre l’Iran devient de plus en plus désastreuse pour les États-Unis. Leur marine ne peut même pas s’approcher du « théâtre » des opérations, et l’insuffisance de leurs moyens navals est désormais évidente. Mon invité aujourd’hui, l’officier de la marine britannique (commodore) Steve Jermy, explique les différents aspects de l’impasse maritime américaine. Soutenez-nous sur Substack : https://pascallottaz.substack.com Boutique et dons : https://neutralitystudies-shop.fourthwall.com #Pascal Bienvenue à tous. Ici Pascal Lottaz de *Neutrality Studies*. Je suis professeur à l’Université de Kyoto, et je parle aujourd’hui à nouveau avec le commodore Stephen Jeremy, officier retraité de la Marine britannique. Steve, bienvenue à nouveau. #Steve Jermy Ravi d’être de retour, Pascal. J’ai écouté certains de tes récents podcasts — particulièrement fascinants, surtout celui sur les origines des néoconservateurs et sur la manière dont le sionisme et le sionisme chrétien américain y ont contribué. J’ai trouvé cela absolument passionnant. #Pascal Beaucoup de choses se rejoignent en ce moment. Le sujet du sionisme reviendra dans un jour ou deux dans un autre podcast. Mais avec vous, je pense que nous devrions vraiment parler des implications militaires de la guerre avec l’Iran. Plus tard, peut-être un peu de ce qui se passe en mer, puisque vous êtes capitaine et avez servi dans la Marine britannique. Mais commençons par tout ce qui s’est passé sur le terrain — comment l’Iran a pu détruire une grande partie, voire la totalité, du système radar américain dans la région. Qu’est-ce que cela signifie ? Et si vous étiez là, si vous en étiez responsable, comment l’interpréteriez-vous ? J’imagine que cela doit être effrayant pour le personnel militaire américain sur le terrain, non ? #Steve Jermy Oui, tout à fait. Ce dont il s’agit ici, c’est de ce que nous appelons, dans la défense aérienne, la défense en couches. Comme je l’ai dit, l’un de mes postes dans la Marine était celui de capitaine d’ un destroyer de défense aérienne, Pascal. Dans cette fonction, on est en fait ce qu’on appelle le coordinateur de la lutte antiaérienne. C’est un rôle défensif. Mais l’élément clé de la défense aérienne, c’est que le principe général repose sur une défense en couches. Par exemple, si l’on -- 1 of 17 -- prend un porte-avions, la manière de le défendre consiste à déployer des navires de veille — des bâtiments équipés de radars longue portée positionnés à une certaine distance. Grâce à leurs radars, ils peuvent voir très loin. Puis, à mesure que l’on se rapproche, la défense se renforce. L’intérêt d’ avoir ces navires de veille, comme nous les appelions, c’est qu’ils vous donnent beaucoup plus de temps. Et le temps vous permet d’allouer vos ressources. #Pascal Désolé, qu’est-ce qu’un piquet de grève ? #Steve Jermy Oui, un piquet est un navire positionné en amont de la menace — c’est-à-dire dans la direction d’où l’ on s’attend à ce que la menace vienne. Son rôle est de vous donner beaucoup plus de temps. Cela a vraiment commencé pendant la guerre du Pacifique, Pascal. Au cours de cette guerre, les Américains ont commencé à développer des navires équipés de radars capables d’alerter les porte-avions avant l’ arrivée des attaques. Cela signifiait que s’ils se trouvaient, disons, à 40 milles en amont de la menace — vers l’endroit d’où ils pensaient que l’attaque viendrait — ils gagnaient environ 20 minutes d’alerte supplémentaire. Cela leur permettait de lancer leurs propres patrouilles aériennes de combat et d’être prêts à intercepter ces avions avant qu’ils n’atteignent le cœur de la force de porte-avions, si tu vois ce que je veux dire. Ce principe s’applique généralement. La façon dont je vois ces radars que les Américains ont fait détruire, c’est qu’ils sont généralement ce que j’appellerais « en amont de la menace » — en particulier du côté d’Israël. Ils fournissent une alerte précoce afin que ceux qui sont au sol puissent réagir. Il s’agit donc d’un système d’alerte anticipée pour les troupes au sol, mais aussi d’un moyen d’ aider à répartir les ressources de défense aérienne. À mesure que l’on commence à voir la situation aérienne — d’où viennent les missiles et lesquels représentent la plus grande menace —, on peut les attribuer à différents systèmes d’armes. Mais si ces yeux ne sont plus là — et d’après ce que j’entends, ils ne le sont plus — alors soudainement, vous vous retrouvez dans une position bien plus difficile. Non seulement vos équipes sur le terrain reçoivent très peu d’avertissement, mais l’efficacité de vos missiles de défense aérienne est bien moindre — euh, beaucoup moins efficace — parce que les missiles arrivent avec un préavis si court. Il est très difficile de les répartir efficacement. Il y a aussi un problème de quantité : si le nombre de missiles entrants est élevé, cela devient extrêmement compliqué. Donc je dirais qu’à l’ heure actuelle, les bases américaines sont presque à découvert, et cela doit être une sensation extrêmement inconfortable. Ce n’est pas tout à fait le cas parce que, bien sûr, ce qui va se passer, Pascal, c’est que les Américains disposeront d’avions AWACS — ce sont des avions de détection et de contrôle aéroportés. Ils n’ont pas été pris pour cibles, et il serait difficile pour les Iraniens de les viser. Ils -- 2 of 17 -- opéreront probablement à une centaine de miles en arrière, je dirais, au-dessus des zones clés. Ils possèdent de très grands radars — les gens se souviennent peut-être de leur apparence, avec ce grand dôme en forme de soucoupe sur le dessus. Ils assurent une couverture radar à longue portée, probablement jusqu’à quatre ou cinq cents miles, ce qui permet à nouveau d’allouer les missiles et les systèmes. Donc, il y a une certaine couverture dans ce système. Mais encore une fois, ce que nous devrons faire, c’est maintenir l’un de ces avions en vol 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est une rotation continue de cet appareil, car on ne peut pas baisser la garde et créer une fenêtre sans radar. Ce n’ est donc pas une situation totalement désastreuse, mais ils sont dans une position bien, bien plus défavorable. Et encore une fois, ce que j’ignore, c’est la capacité des avions AWACS face aux missiles balistiques et surtout aux missiles hypersoniques, qui représentent une menace extrêmement exigeante. C’est donc une situation bien pire pour les Américains sur le terrain. Et je suis attristé qu’ils aient perdu des hommes, mais je ne suis pas surpris. #Pascal Pourquoi n’ont-ils pas prévu cela ? Je veux dire, je me demande — ce ne sont pas des cibles évidentes qui seraient frappées en premier ? Avaient-ils mis en place leurs systèmes de défense antimissile et pensaient-ils que cela suffirait à protéger les radars ? #Steve Jermy Je pense qu’il y a deux réponses à cette question. C’est une question que je me suis moi-même posée. Je veux dire, lorsque l’on m’a d’abord demandé si je pensais que cette campagne aurait lieu — environ trois ou quatre jours avant qu’elle ne commence réellement — j’ai dit qu’il y avait une chance sur deux. Mais si j’avais dû parier, j’aurais parié que cela n’arriverait pas. Mon pari reposait sur le fait que je pensais que les gens seraient très peu enclins à réellement se lancer dans la campagne, compte tenu des risques très élevés qu’elle comporterait et des très faibles avantages que je pouvais y voir. J’ai bien peur de m’être trompé. Ils ont pris la décision d’assumer le risque. Ce que j’ignore, c’est s’ils ont évalué les risques par rapport à leurs propres radars de défense aérienne ou s’ils les ont complètement négligés. Il n’est pas impossible qu’ils les aient manqués, et il me semble qu’ils ont manqué d’autres choses également. Ils n’ont pas bien compris la nature de la campagne. Donc, il n’y a que deux explications possibles. S’ ils l’ont manquée, eh bien, ce n’est pas une manière compétente de faire de la réflexion stratégique, j’en ai bien peur. S’ils l’ont acceptée comme un risque, alors c’en est un très élevé — et pas seulement quelque chose qui va leur nuire, mais en réalité la preuve d’une certaine forme d’hubris, je pense, probablement au sein de l’establishment politique. Ils croient que, malgré ce que leurs conseillers militaires leur disent, l’Amérique l’emportera et qu’elle est, comme Trump le dit souvent, la plus grande force de combat que le monde ait jamais connue. Ce n’est pas vrai. Mais si c’est ainsi qu’ils raisonnent, on peut imaginer que des gens se laissent séduire par leur propre récit politique au -- 3 of 17 -- point de prendre une décision qui, à mon avis, sera finalement catastrophique pour la position de l’ Amérique dans le monde. #Pascal Oui, si je devais deviner, je dirais que certaines des personnes qui ont dû être les plus choquées par cette décision sont probablement les militaires sur le terrain là-bas, qui comprenaient ce que cela signifiait pour eux même avant que les premiers missiles ne frappent Téhéran. Vous savez, si nous en sommes maintenant à une situation où les États-Unis et Israël se retrouvent réduits à, disons, une couverture radar d’urgence — très coûteuse et loin d’être aussi efficace que les systèmes qu’ils avaient sur le terrain — si nous en sommes là, et que nous voyons aussi où la marine américaine stationne réellement ses navires, n’est-ce pas ? Oui, le porte-avions est bien mis à l’abri, quelque part en Méditerranée — pas du tout dans le Golfe, n’est-ce pas ? Et la distance que les États-Unis mettent entre leurs moyens navals… et aussi l’idée lancée hier par Donald Trump — et nous parlons aujourd’hui du 16 mars — hier, il a proposé ceci : « Hé, que diriez-vous que la Chine, le Japon, la France, tout le monde vienne, amène ses navires et rouvre le détroit d’Ormuz ? Vous savez, pourquoi ne pas le faire ? Et nous, on vous aidera énormément », en majuscules. On dirait qu’ils sont bien conscients que ces moyens navals courent un réel danger s’ils s’approchent trop de l’Iran, non ? #Steve Jermy Oui, je pense que c’est juste. #Steve Jermy Un élément essentiel est un changement totalement fondamental dans notre manière de concevoir la guerre. Soudainement, en raison de la difficulté que nous avons à intercepter les missiles balistiques et hypersoniques, l’avantage s’est déplacé vers ceux qui possèdent ces capacités. Or, si l’ on observe les forces armées américaines, elles sont largement axées sur l’aérien et le maritime, avec une armée relativement réduite par rapport à la taille et au budget de la défense américaine. Mais ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que ces forces aériennes et maritimes sont désormais beaucoup moins déployables — elles doivent être utilisées avec bien plus de prudence. Et cela signifie que la capacité des Américains à exercer leur puissance à travers le monde est considérablement réduite. Je pense que si l’on prend les deux porte-avions — je ne sais pas où se trouve le Ford. Le Ford était, je crois, en Méditerranée, et il se peut qu’il ait été déplacé vers la mer Rouge. Je n’en suis pas totalement sûr, mais j’ai entendu dire qu’il se dirigeait vers la mer Rouge. Il me semblait qu’il se trouvait en Méditerranée principalement pour offrir une capacité défensive à Israël — ainsi, ses destroyers et leurs systèmes, ainsi que ses propres avions, assureraient une couverture aérienne défensive au-dessus d’Israël. Je soupçonne que c’était la réflexion initiale. -- 4 of 17 -- J’avais entendu dire, cependant, qu’ils allaient la déployer en mer Rouge en raison des inquiétudes concernant les oléoducs saoudiens et leur débouché dans cette mer. Ce serait tout à fait logique si c’ était le cas, mais honnêtement, je ne sais pas encore s’ils l’ont fait. La mer Rouge ne sera pas forcément un endroit facile pour eux, car la dernière fois qu’un groupe de porte-avions s’y est trouvé, ils ont fini par déclarer la victoire et battre en retraite. Cela ne m’étonnerait pas qu’ils se r