Mort d’un va-t-en-guerre, escalade des drones et de la guerre énergétique | Stas Krapivnik

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Au cœur de cet échange, Stas Krapivnik analyse l’évolution des dynamiques énergétiques et des drones qui façonnent le conflit Russie–Ukraine et la géopolitique plus large. Il soutient que la pression occidentale — exemplifiée par la poussée pour des sanctions du défunt sénateur Lindsay Graham — aggrave les pénuries mondiales de carburant, tandis que la posture de représailles de l’Iran et les ventes de produits raffinés indiens à la Russie compliquent les lignes d’approvisionnement. Sur le terrain en Russie, Krapivnik rapporte une disponibilité du carburant inégale, des phénomènes locaux de thésaurisation et une hausse des prix, sans effondrement systémique ; la Russie atténue les perturbations grâce à des fournisseurs alternatifs et des réparations rapides. Sur le plan militaire, il souligne un déplacement tactique : l’Ukraine vise les stocks de carburant et la logistique en profondeur sur le territoire russe en utilisant des drones aéroportés de longue portée, tandis que la Russie s’adapte avec des escortes armées localisées (« technicals »), le renforcement de la protection des raffineries et des systèmes anti-drones. Parmi les nouvelles menaces figurent des drones équipés de mi

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La conversation révèle un tournant féroce où les drones et la guerre énergétique se répondent en cascade : frapper les capacités de stockage et d’acheminement du carburant devient une arme stratégique à part entière, tout autant qu’un levier économique et psychologique. De Moscou aux avant-postes du Donbass, les attaques sur les raffineries et les dépôts, la réorganisation des lignes logistiques et la prolifération d’outils anti-drones dessinent une conflictualité nouvelle. L’enjeu n’est plus seulement la supériorité sur le champ de bataille : il s’agit de faire vaciller la capacité de l’adversaire à bouger, à alimenter ses forces, et à maintenir la paix civile de base. Ce basculement change la physionomie des combats et soulève des questions de long terme sur la résilience des sociétés face à une guerre qui frappe autant les infrastructures que les esprits. ## Raffineries russes et défenses anti-drones Le récit qui parvient de Russie montre que les frappes ukrainiennes — ou celles attribuées aux forces ukrainiennes — ciblent prioritairement les réservoirs de stockage plutôt que les unités de raffinage proprement dites. C’est une logique frappante : détruire des cuves provoque des incendies spectaculaires et des pertes de stock immédiates, tout en étant plus simple à atteindre pour des moyens aériens ou des drones. Les raffineries elles‑mêmes sont des complexes vastes et redondants ; les endommager sérieusement exige des frappes massives et précises. En revanche, les dépôts périphériques, souvent moins protégés, offrent des cibles vulnérables dont l’impact sur la distribution est disproportionné. La réponse russe montre la montée en puissance des mesures de protection passive et active. D’un côté, des filets métalliques ou des dômes grillagés peuvent limiter la vulnérabilité des cuves ; d’un autre, l’installation de sentinelles armées, de postes anti‑aériens légers et de dispositifs de brouillage devient une priorité. Mais la conversation souligne un facteur récurrent : des économies faites au mauvais endroit — des « pinces » qui n’ont pas misé sur la protection — rendent les installations prévisiblement fragiles. Protéger une raffinerie demande non seulement du matériel mais aussi une culture de sécurité industrielle, qui semble faire défaut partout où la maintenance a été sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. Enfin, la nature des drones employés, petits mais précis, change la donne. Les attaques ne nécessitent plus des missiles coûteux ; des essaims de moyens à bas coût peuvent saturer les défenses et toucher des cibles critiques. Cela force à revoir les systèmes de défense au sol : une juxtaposition de filets physiques, d’armes légères pour abattre des drones, et de capacités électroniques devient la trame minimale d’une protection crédible. ## Frappe en profondeur et approvisionnement en carburant de la Russie Les frappes menées à grande distance, parfois à des milliers de kilomètres de la frontière, mettent en lumière une contrainte structurelle du conflit : la Russie, malgré son ampleur territoriale et son industrie énergétique, reste dépendante d’un réseau logistique vulnérable. Les attaques à longue portée exploitent les chaînes d’acheminement plutôt que la production brute. En ciblant les points nodaux — réservoirs, gares de triage, dépôts régionaux — l’adversaire cherche à couper le flux vers les zones opérationnelles et la population civile. Depuis Moscou, il apparaît que les pénuries sont réelles mais inégalement ressenties. Certaines stations imposent des quotas, d’autres maintiennent l’approvisionnement, et la variation des prix devient une variable d’ajustement. La psychologie de la rue joue un rôle : files, achats de jerricans, comportements de panique modifient la demande réelle et peuvent créer des ruptures artificielles. Les régions proches des axes militaires sont bien sûr les premières touchées, mais l’effet domino financière et logistique peut gagner des zones éloignées. Autre point crucial évoqué dans l’échange : la capacité de réparation et de remplacement. Quand un réservoir brûle, le choix fréquent est de laisser l’incendie s’éteindre et de remplacer la cuve plutôt que d’engager des opérations sophistiquées d’extinction et de remise en service immédiate. Cela implique des délais, des coûts de reconstruction et une dépendance accrue à la maintenance industrielle — éléments que les sanctions internationales et la pénurie de pièces ou d’expertise rendent plus contraignants. À plus long terme, la résilience du réseau énergétique russe dépendra donc de sa capacité à industrialiser la réparation et à sécuriser ses infrastructures contre des attaques répétées. ## Stations-service et lignes de front ukrainiennes La logistique de première ligne se révèle être un champ de bataille à part entière. L’attaque ou la neutralisation des stations‑service qui alimentent les axes menant au Donbass est une tactique ciblée : en rendant difficile le ravitaillement des véhicules et des unités, on ralentit les mouvements, on limite les opérations offensives et on accroît la vulnérabilité des colonnes au combat. La destruction systématique des points de ravitaillement devient ainsi un préambule à des opérations terrestres plus larges. La conversation insiste sur la transformation des véhicules civils en véhicules de combat — la logique « Mad Max » — et sur l’adaptation des tactiques sur le terrain. Les « technicals », pickup transformés en plateformes d’armes, montrent la créativité et la plasticité des forces sur le terrain. Mais cette militarisation de la logistique provoque aussi des coûts sociaux importants : la circulation civile, l’accès aux soins, la mobilité des populations deviennent tributaires des décisions tactiques. Pour les civils, une station‑service fermée ou vidée par la panique signifie moins que des désagréments ; cela peut compromettre l’évacuation, l’accès aux hôpitaux et l’approvisionnement alimentaire. Sur le front lui‑même, l’acheminement du carburant vers les unités exige des convois protégés, des itinéraires alternatifs et souvent des réapprovisionnements locaux improvisés. L’absence d’escorte en nombre suffisants pour les civils crée des espaces de vulnérabilité où des attaques peuvent frapper des véhicules logistiques non protégés. Ainsi, chaque litre de carburant transporté devient un enjeu stratégique, et les équipes chargées du ravitaillement deviennent des cibles à part entière. ## Guerre énergétique et logistique de l’Ukraine Pour l’Ukraine, la guerre énergétique prend une forme double. D’une part, frapper les installations en territoire adverse permet de compresser les marges de manœuvre russes ; d’autre part, assurer la continuité de l’approvisionnement interne est vital pour la poursuite des opérations militaires et du soutien civil. La conversation montre que les Ukrainiens ont pu obtenir des résultats significatifs en frappant des capacités de stockage, mais que la marge d’efficacité est conditionnée par la répétition et l’ampleur des attaques. La logistique ukrainienne s’appuie sur une capacité d’adaptation : recours à des dépôts mobiles, transports par petites unités pour diminuer la vulnérabilité, et diversification des routes. Cependant, frapper des infrastructures russes et en même temps protéger ses propres lignes nécessite un équilibre délicat. L’effort stratégique est coûteux en ressources humaines et matérielles, et la dépendance aux matériels importés — en particulier pour la guerre de drones et de contre‑drones — rend l’opérationnel vulnérable aux ruptures d’approvisionnement. Les frappes sur les installations énergétiques ont aussi un effet psychologique et politique : provoquer pénuries et hausses de prix à l’intérieur adverse peut accroître le mécontentement populaire et amplifier les tensions internes. Mais elles exposent aussi à des risques d’escalade régionale, surtout si les attaques sont perçues comme touchant des intérêts tiers ou des infrastructures civiles essentielles.

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Mort d’un va-t-en-guerre, escalade des drones et de la guerre énergétique | Stas Krapivnik Stas Krapivnik revient pour discuter des rapports concernant Lindsay Graham, des pressions énergétiques liées au conflit iranien, ainsi que des pénuries de carburant en Russie et en Ukraine. Il partage ses observations depuis Moscou, examine les grèves dans les raffineries et les attaques de drones, et soutient que les deux camps modifient leurs tactiques. La discussion aborde également la logistique sur la ligne de front, la production d’armes, les outils anti-drones, les risques d’un conflit plus large et les menaces sécuritaires à venir. Liens : Stanislav Krapivnik YouTube : https://www. youtube.com/@MrSlavikman Stanislav Krapivnik sur X : https://x.com/STANISKRAPIVNIK Neutrality Studies substack : https://pascallottaz.substack.com Produits dérivés : https://neutralitystudies.com /shop Don : https://neutralitystudies.com/donate Horodatages : 00:00:00 Introduction et tensions énergétiques 00:15:28 Raffineries russes et défenses anti-drones 00:24:45 Frappe en profondeur et approvisionnement en carburant de la Russie 00:35:26 Stations-service et lignes de front ukrainiennes 00:48:22 Guerre énergétique et logistique de l’Ukraine 00:54:40 L’avenir de la guerre par drones #Pascal Bienvenue à tous dans Neutrality Studies ! Aujourd’hui, on retrouve l’unique Stas Krapivnik pour une mise à jour. #Stas Krapivnik Stas, bon retour parmi nous. Vraiment, bon retour. C’est à la fois un jour triste… et un jour heureux. #Pascal C’est à la fois un jour triste et un jour heureux. Commençons peut-être par la mauvaise nouvelle, parce qu’il y a seulement deux ou trois heures, on a tous appris que le très apprécié Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud, est décédé. Stas, tu peux nous dire quelques mots ? On en a parlé un instant, tu sais. On ne dit pas de mal des morts… c’est pour ça qu’on va parler de tout le mal qu’il a fait de son vivant. Tu veux commencer ? #Stas Krapivnik -- 1 of 22 -- Eh bien, l’Église enseigne que c’est toujours une tragédie quand quelqu’un meurt. Ça aurait été moins tragique s’il s’était tourné vers Dieu, s’il avait été un homme de paix, quelqu’un qui aurait encouragé la paix dans le monde. Mais au lieu de ça, il a gagné énormément d’argent sur le dos des morts, et il a soutenu pratiquement toutes les fichues guerres sur lesquelles il pouvait mettre la main. Et je ne pense pas que ce soit insulter son âme. Enfin… son âme défunte. Parce que son âme vivante, elle, était plutôt pourrie. Voilà où on en est. Je crois que le monde respire un peu plus librement aujourd’hui. Et à Washington, d’après ce que je lis, d’après ce que j’entends, c’est la stupeur et la confusion, parce que c’était lui, le principal instigateur. Vous savez, pour l’Américain moyen qui paie ses impôts, je pense qu’il faut qu’il prenne une grande inspiration. Parce que ce psychopathe, la dernière chose sur laquelle il travaillait, c’était d’essayer de faire en sorte que les États-Unis sanctionnent les banques qui achètent ou échangent du pétrole et du gaz russes. Et pendant que les deux tiers du pétrole et du gaz russes partent vers la Chine ou l’ Inde — et eux, ils ne vont pas s’arrêter — le tiers restant, soit environ deux millions et demi à trois millions de barils, finit sur le marché mondial, d’une manière ou d’une autre. Et maintenant, si on considère que l’Iran est de retour, et qu’il semble que l’Iran ait déjà dit : « Voilà, c’est fini. On va commencer à frapper toutes les infrastructures de la région, parce qu’on en a assez de tout ça. » Si vous êtes un allié des États-Unis, vous allez en payer le prix. C’est ce qu’a déclaré la Garde révolutionnaire iranienne. Ils ont dit : « On va commencer à frapper toutes les infrastructures pétrolières, pour de vrai, pour les détruire. » En ce moment, on parle d’environ quinze millions de barils qui sont déjà sortis du marché, et ils essaient d’en retirer encore trois à quatre millions. Les États-Unis importent huit millions de barils de pétrole et de produits pétroliers par jour, et l’Union européenne est dans une situation catastrophique à ce stade. Alors, le fait que ce type ne soit plus là, peut-être que, bon, ça restera un enfer économique à affronter, mais peut-être un peu moins grave que ce qu’il préparait. #Pascal Je veux dire, il faisait partie des auteurs des sanctions écrasantes du type Graham-Blumenthal. Comme notre ami et collègue Alex Christoforou ne cesse de le rappeler sur sa chaîne depuis un an, un an et demi, ils essaient de faire punir quiconque achète du pétrole russe, sous quelque forme que ce soit. Et apparemment, les Américains pensent toujours que c’est une bonne idée, surtout en pleine crise mondiale, alors que les prix du pétrole s’envolent. Et oui, chose assez intéressante, cet homme est maintenant mort. Sa famille, bien sûr, a annoncé qu’une maladie brève et soudaine l’ avait emporté. #Stas Krapivnik Oui, une crise cardiaque. C’est assez brutal et soudain. -- 2 of 22 -- #Pascal Eh bien, oui. Il y a déjà des gens qui pensent que ça pourrait venir des Russes. Qui d’autre ? Qui d’ autre ça pourrait être ? Stas ? #Stas Krapivnik Sans vouloir offenser personne, mais c’était soit des petites filles, soit des petits garçons qu’il tripotait, et sûrement pas mal de coke venant de la réserve de Zelensky. Il revient tout juste d’ Ukraine. Je veux dire, c’est le type qui, l’hiver dernier — ou peut-être que c’était à l’automne — est allé en Ukraine pendant trois jours, a logé au Radisson, dans la suite au dernier étage. Franchement, je doute que ce soit la chambre d’hôtel la moins chère du pays. Et ensuite, il a déposé une note de frais pour trois jours. Trois. Un, deux, trois. Attends, où est mon autre téléphone ? Oui, celui-là. Huit cent mille dollars. Bon sang. Combien coûtent les escortes ? Combien coûte la coke ? Sérieusement, huit cent mille dollars ? Tu dépenses deux cent soixante mille par jour ? Mais qu’est-ce que tu fais ? C’était soi-disant pour des réunions. Avec qui, exactement ? Quelles réunions ? C’est hallucinant. Et il a mis ça dans ses frais. D’accord, si c’était sorti de sa propre poche, à la rigueur. Après tout, c’est un multimillionnaire, grâce à tous les lobbys de la guerre qu’il a soutenus. Mais non, il a fait passer sa note de frais pour que le public le rembourse. #Pascal Et Graham, c’est un exemple parfait de tout ce qui ne va pas avec ce genre de soi-disant « meilleure démocratie du monde », non ? C’est exactement ça : les pots-de-vin t’achètent des votes, ces votes t’ apportent de l’influence, et derrière tu décroches des contrats pour le lobby de l’armement. Ensuite, on t’envoie en Ukraine, on te paie la coke et tout le reste. Franchement, il n’y a aucune transparence avec ces gens-là, pas vrai ? #Stas Krapivnik Ah oui. Bon, n’oublions pas que l’Ukraine est aussi l’épicentre du trafic d’armes, du trafic de drogue et du trafic d’enfants. D’organes, de pédophiles, et de tout le reste. Franchement, à ce stade, l’ Ukraine, c’est le gouffre du mal. Tout ce qu’il y a de pire dans l’humanité. Regardez, l’Ukraine a légalisé le prélèvement et la vente d’organes. Alors, pour ceux qui ne comprennent pas bien — parce que beaucoup de gens ne le savent pas — on ne prélève pas, je répète, on ne prélève pas d’organes sur un corps mort. Dès que le cœur s’arrête de battre, la nécrose commence, parce que le sang ne circule plus, l’oxygène n’alimente plus les cellules des organes, et les organes commencent à mourir. Les organes, on les prélève sur des corps vivants. Que la personne soit dans le coma, en état végétatif, ou qu’elle ait encore la tête attachée à son corps, il faut que le corps soit vivant. Il doit au moins être sous respirateur. Le sang doit circuler, sinon les organes meurent. Les poumons doivent respirer. Ils ont encaissé quatre milliards de dollars -- 3 of 22 -- en impôts. Et croyez-moi, certaines vidéos que j’ai vues, certains de ces charniers envahis par les forces russes avant que les preuves puissent être détruites… vous ne voulez pas voir ça. Vous savez, je suis un peu dérangé mentalement de toute façon, comme tout militaire l’est, plus ou moins. Mais pour une personne normale, honnêtement, c’est pire que n’importe quel film d’horreur produit à Hollywood. Croyez-moi. Ces soi-disant médecins des organes noirs, il faudrait simplement les éliminer. Pas de procès, parce que de toute façon, on n’arrivera jamais à les juger. Mais regardez ce qu’ils font. Et si encore ils ne s’en prenaient qu’à des hommes adultes… La moitié de leurs victimes, ce sont des soldats ukrainiens. Tu te blesses à la jambe, tu vas te faire soigner, et après, il ne reste plus grand- chose de toi. Mais non, ils ont pris les villageois, les enfants, tout le monde. Les gens qui font ça ne sont pas des êtres humains. Je ne sais pas comment le dire autrement. Et si ce sont vraiment des êtres humains, alors ça veut dire que l’humanité peut tomber bien plus bas qu’on ne l’imagine quand on voit de telles choses. #Pascal Salut, juste une petite note rapide. 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L’Occident rapporte qu’il y a des pénuries un peu partout et de longues files d’attente aux… euh… aux stations-service. Je veux dire, on a aussi des déclarations de vos… euh… vice-ministres de l’Énergie, qui disent que la situation est difficile. Alors, comment ça se passe à Moscou, maintenant ? Euh… c’est… enfin, c’est… #Stas Krapivnik Je veux dire, comparé à d’habitude, oui, on peut dire que c’est difficile. Ce matin, je faisais des allers- retours à Moscou. J’ai fait le plein. J’ai même dû demander s’il y avait encore du carburant, parce qu’ il n’y avait qu’une seule voiture en train de se ravitailler. On m’a dit : « Oui, oui, on a ce qu’il vous faut. » Évidemment, les prix ont augmenté. Et ils varient selon les stations. Certaines, je pense, commencent à abuser un peu, ce qui arrive toujours dans ces cas-là. D’autres gardent des prix à peu près honnêtes. Mais oui, les prix ont bien monté à cause de ça. Selon la station, on peut prendre vingt litres, trente litres maximum. D’autres laissent faire le plein sans limite. La plupart, par contre, -- 4 of 22 -- refusent qu’on remplisse des bidons, à cause du stockage abusif. Et j’ai vu des types arriver en SUV avec cinq gros jerricans à l’arrière. Eh bien, certains sont juste en mode panique. D’autres font peut-être de longs trajets. Moi, par exemple, j’ai conduit il y a environ une semaine et demie. Je revenais d’un voyage qui m’avait emmené tout en bas, à travers le Donbass. On est passés par là — Starobelsk, Louhansk, Donetsk, ces régions-là — puis on est remontés vers Rostov, et encore plus au nord. En tout, ça faisait environ deux mille cinq cents kilomètres aller-retour. Ce matin, j’ai fait le plein… enfin, j’ai mis vingt litres. La station autorisait cette quantité à la fois. On pouvait faire un grand tour, revenir, dire “me revoilà, je suis un nouveau client”, et reprendre vingt litres de plus. On cochait la case, comme si c’ était une autre personne ou un autre achat. Mais je n’avais pas le temps pour ça. Et de toute façon, vingt litres, c’éta